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Enquête sur les modes d'existence
Une anthropologie des Modernes

Bruno LATOUR

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Enquête sur les modes d'existence
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Le spectre de la modernisation hante la planète. On compare les sociétés en s’interrogeant sur les avancées ou sur les reculs de ce front apparemment irréversible de modernisation. Or, chose étrange, on manque toujours d'une description anthropologique de ceux qui se désignent comme étant à l'origine de ce mouvement. Dans un précédent livre, Bruno Latour avait fait l’hypothèse que « nous n'avons jamais été modernes » : le développement des sciences et des techniques nous aurait entraînés dans une histoire d’attachements chaque jour plus intimes entre humains et non-humains. Une histoire tout à fait contraire de celle des Modernes s’émancipant toujours davantage de la nature.
Pour repérer les valeurs multiples et contradictoires auxquelles tiennent ceux qui se disent Modernes, il faut accepter qu'il y ait plusieurs régimes de vérité, plusieurs types de raison, plusieurs modes d'existence dont l'enquêteur doit dresser avec soin les conditions de félicité et d'infélicité. On peut alors revisiter le cœur de notre vie collective : les sciences, les techniques, mais aussi le droit, la religion, la politique et, bien sûr, l'économie, la plus étrange et la plus ethnocentrique des productions. Et se poser autrement ces questions : Que nous est-il donc arrivé ? De quoi pouvons-nous hériter ? Qu’avons-nous en propre ? L'enjeu n'est pas mince au moment où les crises écologiques obligent toutes les sociétés à repenser ce qu'elles ont en commun.
Pour avancer dans ces questions, l’auteur a mis au point un dispositif original qui s’appuie sur une enquête collective auquel le livre sert d’introduction, de rapport provisoire. Grâce à un environnement numérique monté tout exprès, les lecteurs pourront participer au recueil des expériences multiples repérées par l’enquête, avant de devenir coproducteurs des versions finales. C’est par cet exercice d’« humanités numériques » que l’auteur prétend renouveler, avec ses lecteurs, l’anthropologie philosophique des Modernes.

Mode d'emploi de l'enquête
Remerciements
Plan d'ensemble
Introduction
Avoir à nouveau confiance dans les institutions ?
Une question choquante adressée à un climatologue — qui oblige à distinguer les valeurs des comptes rendus qu’en donnent les praticiens. — Entre moderniser ou écologiser, il faut choisir — en proposant un autre système de coordonnées. — Ce qui amène à définir une scène diplomatique imaginaire: — au nom de qui négocier — et avec qui négocier ?— L’enquête ressemble d’abord à celle sur les actes de langage — en apprenant à repérer différents modes d’existence. — Le but est d’abord d’accompagner un peuple errant entre l’économie et l’écologie.
I / Comment rendre possible une enquête sur les modes d’existence des Modernes
1. D’abord définir l’objet de l’enquête
Une enquêtrice part faire du terrain chez les Modernes — sans respecter les limites des domaines grâce à la notion d’acteur-réseau… —…qui permet de distinguer le réseau comme résultat du réseau comme processus. — L’enquête définit un premier mode d’existence, le réseau [RES], par une passe particulière. — Mais le réseau [RES] a une limite : il ne qualifie pas les valeurs. — Le Droit offre un point de comparaison par son mode particulier de déplacement. — Il existe donc une définition de la limite qui ne dépend ni de la notion de domaine ni de celle de réseau. — La comparaison devient possible avec le mode d’extension de la connaissance objective. — Ce qui permet de définir une situation, par une saisie de type [RES], plus un rapport particulier entre continuités et discontinuités.— Grâce à un troisième type de passe, le religieux, l’enquêtrice comprend pourquoi les valeurs sont difficiles à détecter — à cause des liens très particuliers avec l’institution — ce qui va obliger à prendre en compte une histoire des valeurs et de leurs interférences.
2. Recueillir les documents de l’enquête
L’enquête commence par la détection des erreurs de catégorie — à ne pas confondre avec les erreurs du premier degré — seules les erreurs du second degré nous importent. — Un mode possède un type de véridiction qui lui est propre — comme on le voit en reprenant l’exemple du droit. — Vrai et faux se disent donc à l’intérieur et à l’extérieur d’un mode — à condition de définir d’abord les conditions de félicité et d’infélicité de chaque mode — et ensuite sa clef d’interprétation ou sa préposition. — Ainsi, on va pouvoir parler de chaque mode dans sa tonalité propre — ce qu’implique l’étymologie de catégorie — et dont témoigne le contraste entre les exigences du droit et de la religion. — L’enquête joint les prises de type réseaux [RES] aux prises de type prépositions [PRE]— en définissant des croisements qui forment un Tableau Croisé. — Un croisement [RES/PRE] assez particulier — qui pose un problème de compatibilité avec la théorie de l’acteur-réseau. — Récapitulation des conditions de l’enquête. — Est rationnel ce qui suit le fil des différentes raisons.
3. Un périlleux changement de correspondance
Commencer par le plus difficile, la question de la Science — en appliquant les principes de méthode par repérage des passes — qui permettent de désamalgamer deux modes d’existence distincts. — Description d’un cheminement ordinaire : l’exemple d’une excursion sur le Mont Aiguille — va servir à définir les chaînes de référence et les mobiles immuables — en montrant que la référence n’est accrochée ni au sujet connaissant ni à l’objet connu. — La notion de correspondance objet/sujet mélange deux passes — puisqu’il est clair que les existants ne passent pas par les mobiles immuables pour persister dans l’être. — Bien qu’il n’y ait pas de limite à l’extension des chaînes de référence [REF]— il y a bien deux modes d’existence qui se co-répondent en effet. — Il faut donc enregistrer de nouvelles conditions de félicité — qui vont autoriser une autre répartition entre langage et existence — particulièrement claire dans l’exemple princeps du laboratoire. — D’où la saillance d’un nouveau mode d’existence : [REP] pour reproduction — et d’un croisement [REP/REF] difficile à maintenir au jour — surtout quand il faut résister à l’irruption de Double Clic.
4 . Apprendre à faire de l’espace
Pour donner assez d’espace aux différents modes — il faut d’abord tenter de saisir les existants selon le mode de la reproduction [REP]— en faisant de ce mode une trajectoire parmi les autres — afin d’éviter l’étrange notion d’un espace matériel envahissant. — Si ceux qui ont occupé tout l’espace manquent pourtant de place — c’est faute d’avoir pu désamalgamer la notion de matière — par un bon usage du croisement [REP/REF]. — Or, dès que l’on commence à distinguer deux sens du mot « forme » — la forme qui maintient les constantes et la forme qui réduit l’hiatus de la référence — on commence à obtenir une description non formaliste du formalisme — qui se trouve hélas effacée par un troisième sens du mot forme. — Dès lors on risque de se tromper sur le parcours des êtres de la reproduction — en risquant de confondre dans l’idée de matière deux parcours distincts. — Une description formaliste de l’excursion sur le Mont Aiguille — produit la démonstration par l’absurde d’un dédoublement des choses — qui entraînerait la division en qualités premières et secondes. — Mais une fois que l’origine de cette Bifurcation en qualités premières et secondaires est bien repérée — elle devient une hypothèse trop contraire à l’expérience — et la magie du rationalisme s’évanouit — puisqu’on ne peut plus confondre les existants avec la matière — matière qui ne rendrait pas plus justice au monde qu’au « vécu ».
5. Lever certains embarras de parole
S’il fallait commencer par le plus difficile — c’est à cause d’une volonté de parler droit qui lie le formalisme avec la clôture des discussions. — Bien que ce parler droit ne puisse pas s’appuyer sur les exigences de la référence [REF]— il entraîne la disqualification de tous les autres modes — en créant un dangereux amalgame entre la connaissance et la politique [REF/POL]— qui oblige à abandonner le fil de l’expérience pour mettre fin aux discussions. — Heureusement, la méthode qui permet de reconnaître un croisement — va parvenir à dégager dans la politique une véridiction propre [POL]— qui tient à la reprise continuelle d’un Cercle — que le parcours de la référence ne peut pas juger correctement. — Il faut donc admettre un pluralisme des types de véridictions — pour déjouer l’étrange amalgame des « faits indiscutables » — et rendre ainsi à la langue naturelle ses capacités d’expression. — Reste le plus difficile : revenir sur la division des mots et des choses — en se libérant de la matière, c’est-à-dire de la res ratiocians — et en se donnant ainsi de nouvelles capacités d’analyse et de discernement — pour parler des valeurs sans mettre la réalité entre parenthèses. — Le langage est bien articulé, comme le monde dont il se charge — à condition de se méfier de la notion de signe. — Il s’agit bien de modes d’existence et il y en a plus de deux — ce qui oblige à prendre en compte l’histoire des interférences entre modes.
6 . Remédier à un léger défaut de fabrication
La difficulté d’enquêter chez les Modernes — vient de l’impossibilité d’entendre positivement la fabrication des faits — ce qui entraîne une curieuse connivence entre l’esprit critique et la recherche des fondements. — Il faut donc revenir sur la notion de construction en distinguant trois traits : — 1. l’action est redoublée — 2. la direction de l’action est incertaine — 3. l’action est qualifiée de bonne ou de mauvaise. — Or le constructivisme ne parvient pas à retenir les traits d’une bonne construction. — Il faut donc passer au concept d’instauration — mais pour pouvoir instaurer il faut des êtres qui aient du répondant — ce qui implique une distinction technique entre l’être-en-tant-qu’être et l’être en tant qu’autre — et donc plusieurs formes d’altérité ou d’altération. — On se trouve alors devant un embarras de méthode — qui oblige à chercher une autre origine aux échecs du constructivisme : — l’iconoclasme et la lutte contre les fétiches. — Tout se passe comme si l’extraction de la valeur religieuse avait mécompris les idoles — à cause de l’injonction contradictoire d’un Dieu non fait de main d’homme — ce qui a entraîné un culte nouveau : l’anti-fétichisme — ainsi que l’invention de la croyance dans la croyance des autres — qui a fait du mot rationnel un mot d’ordre de combat. — Il faut tenter d’en finir avec la croyance dans la croyance — en détectant la double racine du double langage des Modernes — venue de l’improbable lien entre connaissance et croyance. — Bienvenue aux êtres de l’instauration. — Rien que l’expérience, mais pas moins que l’expérience.
II / Comment bénéficier du pluralisme des modes d’existence
7. Restituer les êtres de la métamorphose
Nous allons profiter du pluralisme ontologique — en tentant d’aborder certains êtres invisibles. — Il n’y a pas plus de monde invisible que de « monde visible » — si l’on s’efforce de saisir les réseaux [RES] producteurs d’intériorités. — Puisque l’autonomie des sujets leur vient de l’« extérieur » — mieux vaut se passer de l’intériorité comme de l’extériorité. — Retour à l’expérience de l’émotion— qui permet de repérer l’incertitude sur la cible — et la puissance des tourne-psychismes et autres « psychotropes ». — Ces êtres sont bien instaurés dans les dispositifs thérapeutiques — et en particulier dans le laboratoire de l’ethnopsychiatrie. — Les êtres de la métamorphose [MET]— ont une forme exigeante de véridiction — et des exigences ontologiques particulières — qui peuvent être rationnellement suivis — à condition de ne pas leur appliquer le jugement de Double Clic [DC]. — Leur originalité vient d’un certain prélèvement d’altération — qui explique pourquoi l’invisibilité fait partie de leur cahier des charges. — Le croisement [REP/MET] a une importance capitale— mais il a été surtout travaillé par les autres collectifs — offrant ainsi une nouvelle base de négociation pour l’anthropologie comparée.
8 . Rendre visibles les êtres de la technique
Le singulier silence fait sur les techniques — et sur sa forme particulière de transcendance — exigent en plus d’une analyse en terme de réseaux [TEC/RES]— la détection d’un mode d’existence original — différent de la reproduction [REP/TEC]. — Il faut en revenir à l’expérience du détour technique — que dissimulent Double Clic et le rapport forme/fonction. — En tirant les leçons du croisement [REP/REF] sur la matière — on ne va plus confondre la technique avec les objets laissés dans son sillage. — La technique offre une forme particulière d’invisibilité : — le labyrinthe de la technique. — Son mode d’existence dépend de la ruse [MET/TEC]) — autant que de la persistance des êtres de la reproduction [REP/TEC]— La véridiction propre à [TEC]— dépend d’un pliage original — détectable grâce à la notion clef de débrayage. — Le dépliement de ce mode donne de nouvelles marges de manœuvre.
9. Situer les êtres de la fiction
Multiplier les modes d’existence suppose de désamorcer l’importance du langage — qui est l’autre face de la Bifurcation des mots et du monde. — Pour ne pas confondre sens et signe — il faut revenir à l’expérience des êtres de fiction [FIC]. — Des êtres survalorisés par l’institution de l’œuvre d’art — et pourtant privés de leur poids ontologique. — Or, l’expérience propre aux êtres de [FIC]— invite à leur reconnaître une consistance propre — une trajectoire originale — ainsi qu’un cahier des charges particulier. — Ces êtres proviennent d’une altération nouvelle : la vibration matériau/figure — qui leur donne un mode de véridiction particulièrement exigeant. — Nous sommes les fils de nos œuvres. — L’envoi de l’œuvre suppose un débrayage — différent de celui des êtres de la technique [TEC/FIC]. — Les êtres de fiction [FIC] règnent bien au-delà de l’œuvre d’art — ils peuplent en particulier le croisement [FIC/REF]— où ils subissent une petite différence dans la discipline des figures — qui va causer le malentendu de la correspondance. — On peut alors revenir sur la différence du sens et du signe — et retrouver un accès au monde articulé.
10. Apprendre à respecter les apparences
Pour rester sensible au moment comme au dosage des modes — il faut que l’anthropologue résiste aux tentations de l’occidentalisme. — Y a-t-il un mode d’existence propre à l’essence ? — Le plus répandu de tous, celui qui part des prépositions en les omettant : — l’habitude [HAB] aussi est un mode d’existence — avec ce hiatus paradoxal producteur d’immanence. — En suivant l’expérience d’une habitude attentive — on voit comment ce mode d’existence parvient à tracer des continuités — grâce à des conditions de félicité particulières. — L’habitude possède une dignité ontologique propre — qui provient de ce qu’elle voile mais qu’elle ne cache rien. — On comprend alors tout autrement la distance entre théorie et pratique — ce qui permet de donner une définition plus charitable de Double Clic [HAB/DC]. — À chaque mode sa manière de jouer avec l’habitude. — Ce mode d’existence peut aider à définir positivement les institutions — à condition de prendre en compte la génération de ceux qui parlent — et d’éviter la tentation du fondamentalisme.
Conclusion de la deuxième partie
Ranger les modes d’existence
Où l’on rencontre un problème imprévu de rangement. — Le premier groupe ignore l’Objet comme le Sujet. — Les lignes de force et les lignées [REP] insistent sur la continuité — comme les êtres de la métamorphose [MET] sur la différence — et ceux de l’habitude [HAB] sur l’envoi. — Un deuxième groupe tourne autour des quasi-objets — [TEC], [FIC] et [REF], à l’origine des plans n+1 de l’énonciation — produisent par effet de retour un plan n-1. — Ce rangement offre une version pacifiée de l’ancien rapport Objet/Sujet — et donc une autre position possible pour l’anthropogenèse.
III / Comment redéfinir les collectifs
11. Accueillir les êtres sensibles à la Parole
S’il est impossible de ne pas parler du religieux — il ne faut pas se fier aux limites du domaine de la Religion — mais plutôt revenir à l’expérience de la crise amoureuse — qui permet de découvrir des anges porteurs de bouleversements d’âmes — à condition de distinguer soigner et sauver en explorant le croisement [MET/REL]— On découvre alors un hiatus propre — qui permet de reprendre la Parole — sans pour autant quitter les cheminements du rationnel. — [REL] définit des êtres au cahier des charges particulier — parce que ces êtres apparaissent et disparaissent — et possèdent des conditions de félicité particulièrement discriminantes —puisqu’ils définissent une subsistance qui ne s’appuie sur aucune substance — mais qui se définit par une altération propre : « les temps sont accomplis » — et par un mode de véridiction propre. — Une institution puissante mais fragile à protéger — aussi bien contre les malentendus du croisement [REL/PRE]— que ceux du croisement [MET/REL]— …et le croisement [REF/RE] producteur de rationalisations indues. — C’est la rationalisation qui produit la croyance en la croyance — et fait perdre aussi bien la connaissance que la foi — entraînant la perte conjointe des prochains et des lointains — ainsi que l’invention superflue du surnaturel. — D’où l’importance de toujours préciser les termes du métalangage.
12. Invoquer les fantômes du politique
Un contraste peut-il se perdre, le cas du politique ? — Une institution légitimement fière de ses valeurs — mais sans prise sur la description pratique — ce qui exige un retour nécessaire sur soi avant de pouvoir l’universaliser. — Pour éviter d’abandonner trop vite la raison en politique [POL]— et pour comprendre qu’il n’y a pas crise de la représentation — il ne faut pas non plus surassumer la déraison de [POL]— mais plutôt suivre l’expérience du parler politique. — Une politique orientée-objet — permet de déceler la quadrature du Cercle politique — à condition de bien distinguer parler de politique ou parler politiquement. — On découvre alors un type particulier de passe qui trace l’impossible Cercle — qui inclue ou qui exclue selon qu’il est repris ou non. — Une première définition du hiatus de type [POL] : la courbe — et une trajectoire très particulière : l’autonomie. — Une nouvelle définition du hiatus : la discontinuité — et un type particulièrement exigeant de véridiction — que mécomprend le croisement [REF/POL]. — [POL] pratique une extraction très particulière de l’altérité — qui définit un public fantôme — contre la figure de la Société — qui rendrait le politique encore plus monstrueux qu’il ne l’est déjà.— Pourra-t-on jamais réapprendre la langue du bien parler courbe ?
13. Le passage du droit et les quasi-sujets
Heureusement, il n’y a pas de problème pour parler du droit juridiquement — puisque le droit est à lui-même sa propre explication. — Il offre cependant des difficultés particulières — par son étrange mélange de force et de faiblesse — par son autonomie très peu autonome —et parce qu’on l’a chargé de trop de valeurs. — Il faut donc établir un protocole particulier pour suivre — le passage du droit tapissé par les moyens — et reconnaître des conditions de félicité terriblement exigeantes. — Le droit rattache les plans de l’énonciation — grâce à un formalisme très particulier. — On peut maintenant comprendre la particularité des quasi-sujets — en apprenant à respecter leurs contributions : d’abord des êtres de la politique, [POL]… — …des êtres du droit [DRO]… — …et enfin les êtres de la religion [REL]— Les quasi-sujets sont tous des régimes d’énonciation sensibles à la tonalité. — Classer les modes permet de bien articuler ce qu’on doit dire — et d’expliquer enfin cette obsession moderniste pour la différence Sujet/Objet. — Nouvel effroi de l’anthropologue : le quatrième groupe, le continent de l’Économie.
14. Parler l’organisation dans sa langue
La seconde Nature résiste tout autrement que la première — ce qui rend difficile de circonvenir l’Économie — à moins de déceler trois décalages avec l’expérience ordinaire. — Un premier décalage de température : le froid au lieu du chaud. — Un deuxième décalage : une place vide au lieu d’une agora bondée. — Troisième décalage : aucune différence décelable de niveaux. — Ce qui permet de supposer l’amalgame de trois modes distincts : [ATT], [ORG] et [MOR]. — La situation paradoxale de l’organisation [ORG]— se repère mieux en partant d’un cas faiblement équipé — qui permet de repérer comment les scripts nous mettent « sens dessus dessous ». — Organiser c’est nécessairement ré/désorganiser. — Il y a bien là un mode d’existence propre — avec ces conditions explicites de félicité et d’infélicité — et son altération particulière de l’être-en-tant-qu’autre : le cadre. — On peut alors se passer de la Providence pour écrire les scripts — à condition de bien distinguer l’empilement de l’agrégation — et d’éviter le métarépartiteur fantôme de la Société — en maintenant la décision de méthode que le petit mesure le grand — seul moyen de suivre les opérations de dimensionnement. — Du coup on peut faire passer au premier plan les dispositifs d’économisation — et distinguer deux sens distincts de la propriété — en comprenant la légère addition des dispositifs de calcul. — Deux modes à ne pas confondre sous l’expression de raison économique.
15. Mobiliser les êtres de l’intérêt passionné
Alors que le tout est toujours inférieur aux parties — on a plusieurs raisons de se tromper sur l’expérience de l’organisation : — la confusion avec le Cercle politique [POL/ORG]— la confusion de l’organisation et de l’organisme [REP/ORG]— le lestage technique des scripts [TEC/ORG]— la confusion de l’inégale répartition des scripts avec le dimensionnement — tout cela entraîne une expérience inversée du social. — En revenant à l’expérience de ce qui met les scripts en mouvement — on mesure ce par quoi il faut passer pour subsister — en découvrant les êtres de l’intérêt passionné [ATT]. — Mais il faut lever plusieurs obstacles au rendu de cette nouvelle expérience : d’abord la notion d’encastrement — puis la notion de calcul des préférences — puis l’obstacle d’une relation Objet/Sujet — quatrièmement, l’obstacle de l’échange — enfin, cinquième obstacle : le culte de la marchandise. —Alors apparaît un mode particulier d’altération de l’être — avec une passe originale : l’intérêt et la valorisation — et des conditions de félicité propres. — Ce pétrissage des existants — mène à l’énigme du croisement avec l’organisation [ATT/ORG]— qui va permettre de désamalgamer la matière de la seconde Nature.
16. Aviver l’expérience du scrupule
La détection du croisement [ATT/ORG]— devrait amener à faire l’éloge des dispositifs comptables. — Pourtant l’Économie prétend calculer les valeurs par des faits value free — ce qui transforme l’expérience d’être quitte — en un décret de la Providence capable de calculer l’optimum — et de vider la scène où se répartissent les biens et les maux. — Si la question morale s’est déjà posée pour chaque mode — il y a pourtant dans l’incertitude sur les fins et les moyens une source nouvelle de morale. — Est responsable celui qui répond à un appel — qui ne peut être universel sans expérience de l’univers. — On peut donc dresser le cahier des charges des êtres moraux [MOR]— et définir leur mode propre de véridiction : la reprise du scrupule — et leur altération particulière : la quête de l’optimum. — L’Économie se transforme en une métaphysique — quand elle amalgame deux types de calculs dans le croisement [REF/MOR]— ce qui lui fait confondre une discipline avec une science — qui ne ferait que décrire une matière économique. — Alors l’Économie met fin à toute expérience morale. — C’est le quatrième groupe qui lie quasi-objets et quasi-sujets — que mécomprend l’interminable guerre des deux mains visibles et invisibles. — Les Modernes peuvent-ils devenir agnostiques en matière d’Économie — et refonder l’institution de l’économie-discipline ?
Conclusion
Peut-on faire l’éloge de la civilisation qui vient ?
Pour éviter l’échec, il faut définir par une série de tests l’épreuve que l’enquête doit passer : — Premier test : les expériences détectées sont-elles partageables ? — Deuxième test : la détection d’un mode permet-elle de respecter les autres modes ? — (Au fait, pourquoi douze modes plus trois ?)— Troisième test : peut-on proposer d’autres comptes rendus que ceux proposés par l’auteur ? — Quatrième test : l’enquête peut-elle se muer en un dispositif diplomatique — pour redessiner des institutions ajustées aux modes — en ouvrant un nouvel espace à l’anthropologie comparée — par une série de négociations sur les valeurs ? — À nouvelles guerres, nouvelles paix.


mardi 18 septembre 2012

Bruno Latour par laviedesidees


 

mardi 18 septembre 2012

Les matins - Bruno Latour par franceculture


 
Bruno Latour : "Enqute sur les modes d'existence"



SciencesPo / Vido
 

lundi 8 octobre 2012



 

dimanche 22 septembre 2013
Bruno200TOUR - Enqu167sur les modes d'existence aux ditions La Decouverte


 

Essai quasi encyclopédique d'anthropologie des « Modernes », soit de nous-mêmes, par-delà le discours très éloigné de notre expérience concrète que nous en avons formé, et tentative de reformulation empirique de ce à quoi nous « tenons » vraiment dans chacun de nos « modes d'existence » la science, la religion, la politique, l'économie, etc., en vue d'ériger un monde matérialiste et immanent « pour de bon », pluriel et viable : voici la « somme », très attendue, de Bruno Latour, qui fait la synthèse de son oeuvre antérieure. Sous la limpidité de l'exposition, un ouvrage foisonnant auquel il faudra plus d'une lecture éclairée et critique pour en tirer toutes les implications. Avec ce livre, Latour prend date comme une voix majeure de la pensée française actuelle et peut-être l'opérateur de son tournant vers un pragmatisme enfin digéré, « autochtone ».

01/09/2012 - Patrice Bollon - Le Magazine littéraire

 

De tous les essais de la rentrée, c'est peut-être le plus fou, le plus difficile, et sans doute un des plus dérangeants: dans son Enquête sur les modes d'existence, fruit bien mûr d'une vingtaine d'années de travail, l'anthropologue et sociologue Bruno Latour passe les Modernes aux rayons X: quelles sont nos valeurs ? A quoi croyons-nous vraiment ? Le verdict est tombé: nous n'avons jamais été modernes au sens où nous l'entendons. Ce qui explique peut-être pourquoi nous avons tant de mal à comprendre ce qui nous arrive. Latour cherche, et ce qu'il trouve déchire nos certitudes, nos illusions, et surtout le discours par lequel nous nous berçons.

08/09/2012 - Olivier Pascal-Mousselard - Télérama

 

Spécialiste de la philosophie des sciences, Bruno Latour bâtit depuis trente ans une oeuvre originale autour de la question de la nature et de la culture. Avec Enquête sur les modes d'existence, sa réflexion opère un saut qualitatif et devient un système. En quinze chapitres haletants, il met à nu la contradiction centrale de la modernité, recense ses angles morts et en propose une nouvelle fondation. Il y est question de droit, de morale, mais aussi d'un sentier sur les hauts plateaux du Vercors ou de l'usage de l'aspirine. Car tout est bon pour alimenter l'énorme machinerie métaphysique qui s'élabore sous nos yeux - machinerie au demeurant provisoire, puisqu'un site internet va permettre de la soumettre à son tour à l'examen public (Modesofexistence.org).

20/09/2012 - Eric Aeschimann - Le Nouvel Observateur

 

Pour la postérité aussi, il y a des effets cliquets. Un auteur semble hésiter au seuil de l'éternité. Puis un livre vient, qui ne laisse plus aucun doute: on sait que la série des livres publiés jusqu'alors constitue une des grandes aventures intellectuelles de notre époque. L'Enquête sur les modes d'existence de Bruno Latour est de ceux-là. Elle impose Latour comme un de ces auteurs qui démentent l'idée reçue d'une décadence de la pensée française. Par son ampleur d'abord. voici un livre qui touche à presque tout ce qui nous importe: la science, la technique, la religion, la politique, les arts, la psychologie, l'économie, la morale, le management, le droit, la société, la nature et même l'habitude... Par son originalité ensuite: rien de ce que nous pensions quant à ces dimensions si fondamentales de notre existence ne tient en place sous la plume à la fois truculente et subtile de Bruno Latour: l'on découvre que les psychothérapies ne sont qu'une forme particulière de sorcellerie, que les objets techniques précèdent l'humain de plusieurs millénaires, que la religion se comprend mieux quand on la compare aux scènes de ménage, etc. Par sa cohérence enfin: on peut bien dire que Latour a mis au point dans ce livre sinon un système (l'idée lui déplairait), du moins une méthode, dont la rigueur et la puissance n'ont rien à envier à celles des grands philosophes du passé. [...] Il est certain qu'après l'Enquête sur les modes d'existence, on ne pourra plus ignorer que Latour est une des plus grandes figures intellectuelles de notre temps.

21/09/2012 - Patrice Maniglier - Le Monde des Livres

 

Nous n'avons jamais été "latouriens" moins parce que l'oeuvre du philosophe Bruno Latour ne serait pas assez ambitieuse (elle l'est démesurément !) que parce qu'elle se heurte, en apparence, à un voile d'opacité décourageant souvent la tentative de s'y aventurer. Depuis les années 70, la difficulté de réception de son travail, à travers des ouvrages de plus en plus influents, comme Nous n'avons jamais été modernes (1991) ou Politiques de la nature (1999), tient d'abord à l'impossibilité de le situer clairement dans la pensée contemporaine. Héritier d'une tradition assez rare en France - la philosophie pragmatique, incarnée par William James, Alfred Whitehead ou John Dewey -, Bruno Latour nous joue souvent des tours de passe-passe, certes joyeux et fulgurants, qui prennent aussi la forme du casse-tête. Lui-même reconnaît la dimension ovni de ses écrits, qui pourrait expliquer la discrétion de la presse lors de la sortie de Nous n'avons jamais été modernes un livre pourtant traduit en 24 langues, qui infuse beaucoup de travaux dans le monde. Ne cessant de réinterroger la notion de modernité et d'en démonter les présupposés, la pensée de Latour qui se voit comme un "marginal central", nourrit les controverses autour de la réflexion écologique du discours sur les sciences et plus généralement sur la définition des catégories et du vrai et du faux, ce qu'il appelle des "régimes de véridiction". Sur ce point, de moins en moins isolé en France, il entretient des affinités intellectuelles avec des auteurs comme Philippe Descola, Isabelle Stengers, Luc Boltanski, Bruno Karsenti, François Jullien ou Quentin Meillassoux. Pour Latour, il n'existe pas de raison absolue, comme le pensent les Modernes, mais plutôt des "modes d'énonciation" propres à chaque "mode d'existence". C'est à un exercice de "rangement" qu'il se livre dans son dernier ouvrage, Enquête sur les modes d'existence. une anthropologie des modernes. Où il réfléchit sur notre rapport à la technique, à la science, à l'économie, au politique, à la religion, au droit... [...] Entre philosophie empirique, métaphysique expérimentale et anthropologie comparée, Bruno Latour invente une voie - une voix - assez renversante. Dépassés parfois par ce qui nous arrive et ce qu'il dessine de nous, nous pourrions devenir un jour latouriens, à défaut d'avoir été modernes.

26/09/2012 - Jean-Marie Durand - Les Inrockuptibles

 

Il y a trois raisons de lire le dernier livre de Bruno Latour. La première est l’attention due à celui qui prend la peine de présenter le résultat de vingt-cinq ans de travail. La deuxième est que celui qui l’apporte est B. Latour, c’est-à-dire un anthropologue, sociologue et philosophe qui a renouvelé depuis 1980 la façon de comprendre les sciences et la démarche de connaissance. La troisième enfin réside dans l’objet même qui est présenté, soit un livre qui se présente comme une introduction à un projet intellectuel particulièrement ambitieux auquel sont conviés tous ceux qui désirent y participer. Le livre pose le cadre d’une enquête à venir : le site dédié au projet (www.modesofexistence.org), sera l’interface numérique à partir de laquelle les commentaires, réflexions, critiques le développeront dans les années qui viennent. Reprenant et développant les analyses de ses précédents livres, B. Latour entend en préambule démonter la fable que se racontent, et à laquelle eux-mêmes succombent, les penseurs modernes sur les rapports entre théorie et pratique. Il y a le récit officiel, métaphysique, rationnel, les valeurs proclamées d’un côté ; de l’autre, la réalité de la pratique expérimentale, inventive, bricoleuse des sciences et techniques. Menant une enquête anthropologique, à la découverte de cette tribu des Modernes, B. Latour déconstruit progressivement cette façade de principe pour montrer à quel point la démarche scientifique est faite de bien autres choses que de méthode hypothético-déductive. À partir de là, ce sont les catégories même de la connaissance qui se révèlent poreuses, instables et hasardeuses. Quid du vrai et du faux, par exemple ? Quid des prétentions de l’économie scientifique dont les lois ne reposent en définitive que sur des arguments d’autorité ? Introduction à une vaste enquête collective dont l’ambition mérite d’être saluée, ce livre est un foisonnement d’idées, de questions, de surprises dans lequel se révèle tout le plaisir de penser. Cette gourmandise de l’esprit se veut pragmatique ; elle entend aider à penser vraiment les nouveaux rapports des hommes avec le monde qui vient.

01/11/2012 - Thierry Jobard - Sciences Humaines

 

Malgré les perspectives ouvertes par la mondialisation des échanges économiques, l’avenir de la modernité occidentale n’a rien de transparent. Les violences nées d’inégalités récurrentes, les désordres écologiques sont autant de menaces. Certes, les Modernes que nous sommes les prennent au sérieux. Ils ne doutent pas des progrès que l’on peut attendre de la science et de son objectivité : ceux-ci permettront un ordre plus juste et plus universel. Mais ce faisant, les Modernes sous estiment quelque peu la complexité dans laquelle leur existence se trouve plongée. Il y a longtemps que Bruno Latour s’est inquiété du leurre et de ses avatars nés de critiques conventionnelles qui ne vérifient guère la pertinence de leurs objets. On connaît son hypothèse qui lie les méandres de la dynamique sociale à des acteurs-réseaux : il a ainsi rendu attentif à la vie propre d’objets techniques ou de fiction devenus nos partenaires dans l’action ; il a donné les moyens de repérer des inerties, des métamorphoses, des discontinuités. Les réseaux se créent, agissent, se cassent, survivent, selon des combinatoires touchant à l’infini. L’expérience des modernes est rarement celle de la continuité. C’est maintenant une étape nouvelle que Bruno Latour propose : il invite ses lecteurs à prendre connaissance de tous ces acquis afin de participer désormais à son enquête anthropologique sur la complexité du social (il suffit de s’inscrire dans un réseau dont l’adresse se trouve au début du livre). On est impressionné par la précision subtile des raisonnements que l’auteur propose, notamment ce qui met en relief les potentialités des mondes fictionnels ou l’hétérogénéité du monde de l’économie, là où beaucoup de dirigeants préféreraient trouver des règles objectivement contraignantes. Il y a là des outils qui font usage de la raison, non pour dire un ordre universel, mais pour rendre l’attention à l’autre féconde. L’auteur les espère durablement opérationnels par leur capacité même à se métamorphoser, mais cela suffira-t-il à la vigilance éthique qu’il veut aussi renforcer ?

01/01/2013 - Pascale Gruson - Etudes

 

Il y a trente ans, il avait déjà marqué les esprits américains en se penchant sur le cas d'un laboratoire de neuroendocrinologie comme si il s'agissait d'une tribu peule. Aujourd'hui, cet agrégé de philosophie est l'auteur français contemporain le plus traduit à l'étranger. Ses ouvrages se déclinent dans près de trente langues, y compris le finnois et le mandarin. Dans son dernier recueil, Enquête sur les modes d'existence, il questionne l'empire de la technique et de la sciences sur nos vies. En fin pédagogue, ce professeur à Sciences Po s'autorise parfois à citer les aventures de Gaston Lagaffe. En mai, il a reçu le prix Holberg, la plus haute distinction en sciences humaines. M'enfin ?!

01/12/2013 - Vanity Fair

 

Quelle place sur Terre pour les Modernes ? À l’occasion de la sortie de son Enquête sur les modes d’existence. Une anthropologie des Modernes, Bruno Latour s’entretient avec Arnaud Esquerre et Jeanne Lazarus sur la genèse et le dispositif de son ouvrage magistral qui, à partir de l’ensemble de ses précédents travaux, enquête sur quinze modes d’existence possibles qui permettraient aux Modernes de repenser leur place sur la Terre.

18/09/2012 - Arnaud Esquerre & Jeanne Lazarus - La vie des idées

 

D’un homme-bloc comme Bruno Latour, on ne pouvait pas s’attendre à de l’ordinaire. Et on était prévenu qu’il s’agirait de l’oeuvre-maître – on a pourtant passé par Cogitamus ou les Petites leçons de sociologie des sciences. C’est dangereux aussi, de publier le moteur même de la machine – on n’a plus que ses propres repères. Et le projet même évidemment en appelle à cette sorte de déraison qui est la marque Latour, Un site Internet, modesofexistence.org avec en slogan comment composer le monde commun ? On y retrouve le « livre papier » (bon signe, que cette appellation ait besoin désormais d’être spécifiée), présenté comme rapport d’enquête, à partir de quoi nous sommes nous-mêmes requis de pousser le jeu via notre propre expérience sur ce point précis.

01/10/2012 - Le tiers livre

 

AN INQUIRY INTO MODES OF EXISTENCE


At a time when our world’s very existence is under threat, this World-Book attempts to delve deeper than binary philosophical oppositions and the dividing up of reality into inoperative « domains » proposing instead multiverse rather than a Universe, drawing on fifteen « modes of existence » best able to reflect reality.
Bruno Latour has perfected a line of inquiry that enables him to identify multiple and contradictory values. To follow the thread of the experience, it is necessary to accept that several views of truth exist, several « ways of existence » must be accepted that there are several regimes of truth, \"ways of existence\", several types of reason which the author meticulously lists. shall prepare carefully the conditions of bliss and infélicité. In doing so, it revisits all the areas that form the heart of our collective life: Science, techniques, but also the right, religion, politics and of course, the economy, the strangest and the most ethnocentric productions.


Bruno Latour is a professor at Sciences Po. He has taught at Harvard University and the London School of Economics. His field work has had a deep impact on our understanding of science and he is a precursor of a new Anthropology – or sociology – of Sciences and now prevalent techniques. He then studied politics, religion, law and their way of existence. This book is a philosophical work, a synthesis based on investigations that could lead and it therefore represents a culmination. Bruno Latour is probably the living French philosopher the most referenced in the world. Amongst the dozen or so books he has published at La Découverte, Nous n’avons jamais été modernes, had been translated into 17 languages.


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