À paraître
Le fonctionnement de nos sociétés dépend désormais d'un flux continu de données, rendu possible par des infrastructures qui les produisent, les stockent, les gèrent et les font circuler à travers Internet. Ces infrastructures sont pourtant aussi vulnérables qu'elles sont devenues indispensables. Elles sont exposées à une diversité croissante de menaces, qu'il s'agisse d'opérations de manipulation, de sabotages stratégiques dans un contexte de tensions géopolitiques accrues ou encore d'incidents liés à l'accélération du changement climatique. Les contributions réunies dans ce numéro explorent les multiples dimensions géopolitiques des infrastructures et des données. Elles montrent que ces dispositifs techniques sont à la fois le produit et le support de rapports de pouvoir ; qu'ils sont source de risques comme d'opportunités pour des acteurs aux ressources inégales ; qu'ils favorisent la concentration du pouvoir au sein d'écosystèmes numériques toujours plus opaques ; qu'ils contribuent à redéfinir les contours de la souveraineté ; et enfin que les interdépendances qu'ils produisent deviennent des ressources stratégiques dans la compétition entre puissances. Puisse ce numéro contribuer à rendre plus visibles ces infrastructures et les rapports de pouvoir qu'elles façonnent, mais qui, le plus souvent, demeurent invisibles. Jusqu'à la prochaine panne.
