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Bien que les médias ne lui portent qu'un intérêt à éclipses, la question des sans-papiers est désormais posée de façon permanente à la société française et à l'Europe. Et ce ne sont pas les régularisations partielles et temporaires intervenues ces dernières années qui peuvent laisser espérer une solution. Comme le montrent les auteurs de cet essai, le problème tient à des facteurs structurels, dont rien ne permet de penser qu'ils pourraient disparaître dans un avenir prévisible par un simple bricolage institutionnel : la persistance d'une offre significative de travail clandestin liée aux profits substantiels de la « délocalisation sur place », encourageant une « Clandestinité officielle » -, l'illusion entretenue de la maîtrise étatique des phénomènes migratoires, au prix de l'insécurisation des populations d'origine étrangère ; le marasme de la coopération et l'ignorance dans laquelle notre système juridique tient les dispositions du droit international ; la tentation croissante d'un apartheid européen. Dans tous ces domaines, les auteurs proposent un « état des lieux », procèdent au recensement critique des idées reçues, avancent des contre-propositions nouvelles. Et, sur la base de ce solide argumentaire, ils dénoncent avec vigueur les contre-vérités du discours gouvernemental justifiant le maintien dans la précarité de dizaines de milliers de sans-papiers.
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Collection : Sur le vif
Parution : mai 1999
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Prix : 6,40 €
ISBN : 9782707130501
Dimensions : 115 * 190 mm
Façonnage : Broché
Nb de pages : 0
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 | | Étienne Balibar, né en 1942, philosophe, est professeur émérite à l’université de Paris-X-Nanterre et professeur à l’université de Californie à Irvine. Il est notamment l'auteur de Spinoza et la politique, Les Frontières de la démocratie, Lieux et noms de la vérité, La Philosophie de Marx, La Crainte des masses, Droit de Cité. | Monique Chemillier-Gendreau est professeur de droit public et de sciences politiques à l'université Paris VII-Denis Diderot. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont Introduction générale au droit (Eyrolles, 1990). Jacqueline Costa-Lascoux est directrice de recherche au CNRS. Emmanuel Terray, anthropologue, directeur d'études à l'EHESS, a pris depuis 1996 une part active au mouvement de soutien aux sans-papiers.
Introduction : rien n'est fini - 1. Le travail des étrangers en situation irrégulière ou la délocalisation sur place - Travail illégal et travail des étrangers sans titre - La délocalisation - La délocalisation sur place - Une formule très avantageuse - Législation répressive : de la théorie à la pratique - Application souple et tolérance de fait - Une politique délibérée ? - Pour conclure - 2. L'illusion de la maîtrise, la politique migratoire en trompe-l'œil - Une planète migrante - Équilibre et consensus républicain - L'obsession de la forteresse assiégée - Sortir des archaïsmes - L'objet insaisissable - comment gouverner sans prévoir - L'Europe dans les turbulences - Une autre logique - 3. Droit international ignoré, relations internationales de la France compromises - la liberté de circulation selon le droit international, composante essentielle de l'État de droit - Le renouveau des relations de coopération internationale de la France obéré par une gestion contestable de l'immigration - 4. Le droit de cité ou l'apartheid ?- l'officialisation du national-républicanisme - L'immigration recolonisée ? Vers un « apartheid » européen ? - Les sans-papiers, des citoyens actifs - Conclusion :les sept contrevérités du gouvernement.
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