Slut shaming
Faire payer les femmes

Ovidie

De la fin des années 1990 jusqu'au milieu des années 2000, les mondes du cinéma, de la télévision, de l'art, de la mode et de l'édition s'enthousiasment pour le sexe explicite : c'est la période du " porno chic ". Durant cette poignée d'années, des cinéastes, hommes comme femmes, introduisent des scènes pornographiques dans leurs films. Des directrices de casting écument les clubs échangistes et les soirées BDSM. Les artistes inondent les galeries d'oeuvres pornographiques. Les marques font appel aux égéries de films pour adultes pour leurs campagnes de pub. Le public découvre, éberlué, l'arrivée de la téléréalité et le sexe en direct. Les textes explicites écrits par des femmes battent tous les records de vente. Il ne se passe pas une semaine sans qu'une star du X soit invitée sur un plateau TV. C'est ainsi que des mondes qui n'auraient jamais dû se côtoyer ont fini par fusionner.
Ovidie a participé à cette parenthèse du porno chic, un moment charnière antérieur à internet qui a inspiré ce que les millenials nommeront plus tard la " culture porn ". Mais tout change en octobre 2017, lorsque #MeToo vient bouleverser nos regards en nous amenant à relire ces années à travers le prisme des discriminations sexistes et sexuelles. Et, pour une fois, l'industrie du X n'est pas la seule sur le banc des accusés. Car derrière la starification des actrices, il y a eu la stigmatisation, le jugement, le slut shaming. Dans cet ouvrage qui mêle récit intime et réflexions politiques, Ovidie décrypte ce mécanisme marquant au fer rouge les femmes qui, à un moment ou à un autre de leur vie, ont été sexualisées – et l'ont payé très cher.

Version papier : 18.00 €
Version numérique : 13.99 €
Détails techniques
Collection : Nouveaux cahiers libres
Parution : 08/01/2026
ISBN : 9782348072925
Nb de pages : 160
Dimensions : 14 * 20.5 cm
ISBN numérique : 9782348075797

Ovidie

 Ovidie
Autrice, réalisatrice et documentariste, Ovidie est spécialiste de l'intime et du rapport au corps. Elle a notamment réalisé Là où les putains n'existent pas (2018), Tu enfanteras dans la douleur (2019), la série Libres ! sur Arte (2021), publié avec succès La chair est triste hélas (Julliard, 2022) et a remporté un Emmy Award pour sa série Des gens bien ordinaires (2022).

Extraits presse

À l'ère du " porno chic ", les milieux de la télévision, de la publicité, du cinéma et de l'édition s'enthousiasmaient pour les représentations explicites du sexe. Un âge d'or de la sexualité et de l'ouverture d'esprit ? En réalité, cela ne trompe personne. Armée de son regard féministe, Ovidie relit 25 ans plus tard cette époque qu'elle a vécue de l'intérieur, à travers le prisme des violences sexistes et sexuelles. En s'appuyant sur le destin de plusieurs actrices et écrivaines, elle montre comment la sexualité était infamante pour les femmes qui y étaient associées. Et comment ce constat vaut encore aujourd'hui.

2025-12-26 - Alvaro Goldet - L'Eclaireur

 

Une émancipation à reconquérir. La sortie du livre événement de Gisèle Pelicot en février ne doit pas écraser la parution d'autres ouvrages évoquant les violences faites aux femmes, la culture dite " du viol " et l'impact de la pornographie. (Ovidie a été) au premier rang de cette culture qu'elle rêvait moins violente, et fait de (son) expérience et de celle de (ses) consœurs les témoignages d'un XXIe siècle pas si libérateur pour la sexualité. (...) Fascinante plongée dans l'histoire de cette libération ambiguë, faite d'un style tout en nuances,
Slut Shaming montre comment l'injonction à la performance et l'humiliation ont frappé au fer rouge des femmes célèbres de la période, malgré l'essor d'un féminisme pro-sexe aujourd''hui cruellement mis en défaut par son incapacité à prendre en compte l'ampleur des violences sexistes et sexuelles.

2026-02-01 - Eugénie Bourlet - Lire Le Magazine littéraire

 

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Table des matières

Introduction. La putain savante
Là d'où je parle : le féminisme pro-sexe
Recherche jeune femme naïve pour faux casting
Et pour les scènes de sexe on fait comment ?
De la " putasserie " à l'autofiction
Le suicide comme seule issue
Grandeur et décadence du porno chic
Porno et téléréalité, les cousins germains
La rédemption
2003-2004 : la fête est finie
Elle l'a bien cherché
La mort du féminisme pro-sexe ?
Conclusion. Après #MeToo, peut-on encore filmer le sexe ?