Ce recueil d'articles, publié pour la première fois en 1965 aux Éditions F. Maspero, a connu un succès exceptionnel pour ouvrage théorique : quinze tirages ( soit 45 000 exemplaires) et de très nombreuses traductions. Comme le notait Élisabeth Badinter dans Combat du 25 avril 1974 : « Les étudiants et les intellectuels marxistes découvrirent Althusser et à travers lui, sinon un nouveau Marx, du moins une nouvelle façon de le lire. Depuis la Critique de la raison dialectique de Sartre, Althusser est le seul philosophe à proposer une interprétation vraiment originale des œuvres de Marx ». Depuis les années soixante, les études marxistes n'ont pu ignorer cette approche qui établissait une « coupure épistémologique » dans l'œuvre marxienne, séparant les textes idéologiques du jeune Marx de ceux plus scientifiques du Marx de la maturité. Elle offrait aussi une autre évaluation de l'apport de Hegel à Marx et n'hésitait pas à s'inspirer des réflexions philosophiques de Mao Zedong pour nourrir sa propre philosophie. Rares sont les livres ayant suscité autant de passions théoriques et provoqué autant de débats.
Louis Althusser (1918-1990), diplômé de l’École normale supérieure,
« caïman » à l’École de la rue d’Ulm, a enseigné la philosophie. Sa pensée a
transformé l’analyse de l’œuvre de Marx. Il dirigea la collection « Théorie »
aux Éditions Maspero. Il a notamment publié Philosophie et philosophie
spontanée des savants (1974) et Positions (1976). Certaines de ses
œuvres ont également été publiées de manière posthume : Écrits sur la
psychanalyse (1993) et Écrits philosophiques et politiques 1 et 2 (1994, 1995).
« Des textes courts, peu nombreux, écrits dans une langue claire et dense.
Des articles ou des recueils d'articles plutôt que des livres proprement dits.
Des prises de position brèves mais précises, lucides, froides. (...) Comment
expliquer une telle influence? D' abord, évidemment, par la nouveauté qui
caractérise, dans les années 1960-1965, sa lecture de Marx. Lecture
"symptomale", au sens freudien du terme, c'est à dire attentive au non-dit tout
autant qu'au discours explicite... Il s'agit d'en finir avec la version
humaniste, bavarde et idéologique du marxisme vulgaire et de donner le jour à
une véritable pratique révolutionnaire, fondée sur un savoir rigoureux.
»
LE MONDE
« En s'efforçant de donner au marxisme ses lettres de scientificité, en
versant de l'acide dans la coupure épistémologique, Althusser émancipait la
théorie de la tutelle tatillonne et quotidienne du politique. Il nous libérait
du temps, encore proche, de la guerre froide, celui des "philosophes armés". Le
marxisme gagnait enfin cette précieuse reconnaissance de la paierie académique.
»
ROUGE
« Pour l'intelligentsia, Louis Althusser occupait la
place que Jean-Paul Sartre ne parvenait plus à assumer. Accompagnant l'essor du
structuralisme, Althusser a procédé à une relecture de Marx, finissant en somme
de parachever un processus qui venait de l'immédiate après-guerre et que les
disciplines dites de "sciences humaines" enregistrèrent toutes pour leur propre
compte. »
DAUPHINE LIBERE
« Louis Althusser publia en
1965, aux éditions François Maspero, Pour Marx , un recueil d'articles qui fut
un succès de librairie en France avant de connaître un grand retentissement à
l'étranger. L'ouvrage est réédité (...) avec une préface d'Etienne BALIBAR.
»
L'HISTOIRE
« Une des raisons qui expliquent le succès du
livre d'Althusser est sa tension interne. Il s'agit d'unbrûlot contre la misère
de la philosophie contemporaine en France. »
LE MONDE POCHES
« Soucieux de combattre l'idéologie dominante, [Althusser] entend
"conscientiser" les esprits par une lecture serrée de l'œuvre de Marx.
»
PARUTIONS.COM
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