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Au terme d'un siècle marqué par plusieurs génocides et d'innombrables autres actes de violence contre des civils, une question reste en suspens : pourquoi certains hommes acceptent-ils d'être des « exécuteurs » de ces crimes, alors que d'autres le refusent ? Après que de nombreux travaux ont été consacrés aux victimes, aux bourreaux et aux résistants, Philippe Breton identifie, dans ce livre, une nouvelle catégorie d'acteurs : les « refusants ». En dépit de leur quasi invisibilité - ils commentent rarement leur acte -, on trouve des refusants aussi bien parmi les SS durant la Seconde Guerre mondiale, parmi les génocidaires au Rwanda, dans les guerres du Viêt-nam ou d'Algérie, ou encore parmi les kamikazes islamistes. N'évoquant aucune idéologie politique, religieuse ou même humaniste, ces personnes ne sont pas des résistants. Alors que les tueurs en appellent à la vengeance - bien plus qu'à la haine raciste ou à la nécessité d'obéir aux ordres - pour que s'exerce une « légitime justice », les refusants se révèlent imperméables à cet argument. Dès lors, une nouvelle question se pose : pourquoi, dans des contextes de crise extrême, certains sont-ils accessibles à la problématique de la vengeance et d'autres non ? Grâce à une longue enquête, Philippe Breton apporte une contribution inédite aux débats sur les mécanismes de la violence, insistant sur l'importance que revêt encore aujourd'hui le principe de vengeance dans l'éducation et la culture de la plupart des sociétés humaines.
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Collection : Cahiers libres
Parution : décembre 2010
Format : EPub
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Prix : 10,99 €
ISBN : 9782707159915
Nb de pages : 0
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 | | Philippe Breton, professeur des universités, enseigne au Centre universitaire d’enseignement du journalisme à l’Université de Strasbourg. Il est directeur adjoint du la-boratoire CNRS « Cultures et sociétés en Europe ». Connu comme l’un des meilleurs spé-cialistes de la parole et de la communication, il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels, à La Découverte, L’Incompétence démocratique. La crise de la parole aux sources du malaise (dans la) politique (2006) et Convaincre sans manipuler (2008). |
Introduction 1. Qui sont les refusants ? Dans l'oeil du cyclone Les massacres sur le front de l'Est Les crimes de guerre du conflit vietnamien : My Laï (1968) Torture et exécutions sommaires dans la guerre d'Algérie Y a-t-il eu des refusants au Rwanda ? La volte-face du kamikaze 2. Jusqu'ou peut-on étendre la notion de refusant ? Le refus des crimes de guerre Ne pas être complice de crimes en préparation L'expérience de Milgram La peur du sang : le refus de continuer à tuer Combien y a-t-il de refusants ? 3. Comment expliquer le geste des refusants ? Le silence sur cette réalité La rivalité des acteurs La fascination pour la question du Mal Comment expliquer la bifurcation des destins ? 4. Un opposant à la sauvagerie ? L'exécuteur est-il un sauvage ? Les effets de la « division psychique » 5. Un sujet libre et antiraciste ? Deux paradigmes explicatifs dominants Une vision irénique du refusant Un refusant libre et désobéissant ? Un refusant humaniste antiraciste ? 6. La vengeance comme cadre d'action L'hypothèse de l'argument vindicatif Paroles de vengeance Un nouveau cadre d'interprétation 7. Les raisons de la séparation des trajectoires La « légitimité » du principe vindicatif Le jeu des circonstances Les effets de la socialisation par la violence Profils croisés des exécuteurs et des refusants Conclusion Bibliographie
« L'analyse de la violence criminelle forme un vaste corpus des sciences sociales. A la mesure de la fascination plus ou moins morbide qu'elle suscite; de nombreux chercheurs et romanciers ont tenté de saisir ce qui agite au fond de lui-même l'exécuteur, le bourreau, le complice de la torture ou l'individu soumis à l'autorité. Étrangement le contechamps de la violence - le refus obstiné d'y recourir - reste flou, comme si le passage à l'acte suscitait plus de curiosité que le fait de s'y soustraire. Il se cache pourtant autant de mystère dans ce refus discret de la violence que de haine dans l'état furieux qui y mène. C'est le grand mérite de l'anthropologue Philippe Breton, spécialisé dans l'étude de la parole, que de tenter de définir les contours psychologiques de ces individus qui, dans un contexte politique les poussant à commettre des crimes de masse, se rétractent. » LES INROCKUPTIBLES
« Devant l'ordre de tuer, il y a, d'une part, ceux qui l'exécutent et, d'autre part, ceux qui s'y opposent et entrent en résistance. Ces deux catégories en masquent une troisième: ceux qui ne s'opposent pas, qui partagent le point de vue des exécuteurs, mais qui refusent néanmoins de tuer. Mal vus des exécuteurs, à qui ils donnent mauvaise conscience, comme des résistants qui les prennent pour des lâches, ils sont méconnus. Le refusant est une personne, à la fois, suffisamment intégrée à son groupe, pour ne pas s'en détacher (voire s'y opposer comme le fait le résistant), et suffisamment autonome pour ne pas agir comme lui. La fine analyse qui en est faite ici, solidement argumentée à partir de cas extrêmes, nous révèle à nous-mêmes, certains fondements de notre vie en société. Elle donne des principes pour comprendre notre vie et notre "monde" et pour nous y orienter: famille, politique, éducation, manipulation, autonomie, différence... et si le monde des refusants était le fondement de notre monde de demain ? » SILENCE PRESSE
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