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Les refusants
Comment refuse-t-on de devenir un exécuteur ?

Philippe BRETON

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Les refusants
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Au terme d’un siècle marqué par plusieurs génocides et d’innombrables autres actes de violence contre des civils, une question reste en suspens : pourquoi certains hommes acceptent-ils d’être des « exécuteurs » de ces crimes, alors que d’autres le refusent ? Après que de nombreux travaux ont été consacrés aux victimes, aux bourreaux et aux résistants, Philippe Breton identifie, dans ce livre, une nouvelle catégorie d’acteurs : les « refusants ».
En dépit de leur quasi invisibilité - ils commentent rarement leur acte -, on trouve des refusants aussi bien parmi les SS durant la Seconde Guerre mondiale, parmi les génocidaires au Rwanda, dans les guerres du Viêt-nam ou d’Algérie, ou encore parmi les kamikazes islamistes. N’évoquant aucune idéologie politique, religieuse ou même humaniste, ces personnes ne sont pas des résistants. Alors que les tueurs en appellent à la vengeance - bien plus qu’à la haine raciste ou à la nécessité d’obéir aux ordres - pour que s’exerce une « légitime justice », les refusants se révèlent imperméables à cet argument. Dès lors, une nouvelle question se pose : pourquoi, dans des contextes de crise extrême, certains sont-ils accessibles à la problématique de la vengeance et d’autres non ?
Grâce à une longue enquête, Philippe Breton apporte une contribution inédite aux débats sur les mécanismes de la violence, insistant sur l’importance que revêt encore aujourd’hui le principe de vengeance dans l’éducation et la culture de la plupart des sociétés humaines.

Introduction
1. Qui sont les refusants ?
Dans l’œil du cyclone
Les massacres sur le front de l’Est
Les crimes de guerre du conflit vietnamien : My Laï (1968)
Torture et exécutions sommaires dans la guerre d’Algérie
Y a-t-il eu des refusants au Rwanda ?
La volte-face du kamikaze
2. Jusqu’ou peut-on étendre la notion de refusant ?
Le refus des crimes de guerre
Ne pas être complice de crimes en préparation
L’expérience de Milgram
La peur du sang : le refus de continuer à tuer
Combien y a-t-il de refusants ?
3. Comment expliquer le geste des refusants ?
Le silence sur cette réalité
La rivalité des acteurs
La fascination pour la question du Mal
Comment expliquer la bifurcation des destins ?
4. Un opposant à la sauvagerie ?
L’exécuteur est-il un sauvage ?
Les effets de la « division psychique »
5. Un sujet libre et antiraciste ?
Deux paradigmes explicatifs dominants
Une vision irénique du refusant
Un refusant libre et désobéissant ?
Un refusant humaniste antiraciste ?
6. La vengeance comme cadre d’action
L’hypothèse de l’argument vindicatif
Paroles de vengeance
Un nouveau cadre d’interprétation
7. Les raisons de la séparation des trajectoires
La « légitimité » du principe vindicatif
Le jeu des circonstances
Les effets de la socialisation par la violence
Profils croisés des exécuteurs et des refusants
Conclusion
Bibliographie

« Dans cet ouvrage, Philippe Breton, enseignant-chercheur en anthropologie à l’Université de Strasbourg, a pour ambition de traiter d’un objet qu’il désigne par un néologisme : la refusance. L’auteur se propose donc d’expliquer les actes de refusance et de dresser le portrait de ceux qui s’y livrent (les refusants. La problématique de l’ouvrage s’organise autour de deux énigmes dialogiques : l’acceptation de tuer des personnes en grand nombre et le refus de le faire alors même que tous les éléments poussent à le faire (aller à l’encontre de sa nature). Pourquoi les refusants qui « logiquement » auraient dû devenir des exécuteurs, se livrer à des « crimes de masse » refusent-ils de passer à l’acte ? Pourquoi certains individus qui n’ont rien de psychopathes (des gens « ordinaires ») deviennent-ils des exécuteurs, tuant de leurs propres mains des civils (hommes et femmes de tout âge et enfants), alors même que d’autres qui pourtant suivent une trajectoire similaire refusent de le faire et « font un pas de côté » ? »
Liens socio



« L'analyse de la violence criminelle forme un vaste corpus des sciences sociales. A la mesure de la fascination plus ou moins morbide qu'elle suscite; de nombreux chercheurs et romanciers ont tenté de saisir ce qui agite au fond de lui-même l'exécuteur, le bourreau, le complice de la torture ou l'individu soumis à l'autorité. Étrangement le contechamps de la violence - le refus obstiné d'y recourir - reste flou, comme si le passage à l'acte suscitait plus de curiosité que le fait de s'y soustraire. Il se cache pourtant autant de mystère dans ce refus discret de la violence que de haine dans l'état furieux qui y mène. C'est le grand mérite de l'anthropologue Philippe Breton, spécialisé dans l'étude de la parole, que de tenter de définir les contours psychologiques de ces individus qui, dans un contexte politique les poussant à commettre des crimes de masse, se rétractent. »
LES INROCKUPTIBLES

« Devant l'ordre de tuer, il y a, d'une part, ceux qui l'exécutent et, d'autre part, ceux qui s'y opposent et entrent en résistance. Ces deux catégories en masquent une troisième: ceux qui ne s'opposent pas, qui partagent le point de vue des exécuteurs, mais qui refusent néanmoins de tuer. Mal vus des exécuteurs, à qui ils donnent mauvaise conscience, comme des résistants qui les prennent pour des lâches, ils sont méconnus. Le refusant est une personne, à la fois, suffisamment intégrée à son groupe, pour ne pas s'en détacher (voire s'y opposer comme le fait le résistant), et suffisamment autonome pour ne pas agir comme lui. La fine analyse qui en est faite ici, solidement argumentée à partir de cas extrêmes, nous révèle à nous-mêmes, certains fondements de notre vie en société. Elle donne des principes pour comprendre notre vie et notre "monde" et pour nous y orienter: famille, politique, éducation, manipulation, autonomie, différence... et si le monde des refusants était le fondement de notre monde de demain ? »
SILENCE

PRESSE

 

THOSE WHO SAID NO


They could be found amongst the SS on the Eastern Front during the second World War and amongst the Hutus in Rwanda, amongst the killers of Sabra and Chatila, and amongst Islamic kamikazes. They are the ones who simply \"refused\" to carry out orders. And their choice gives rise to a new question : Why, when the concept of justice is toppled, are some people open to the idea of vengeance and others aren't. Through this wide-ranging study of individuals who \"said no\", Philippe Breton offers a fresh insight into the debate on the mechanisms of human violence and justice.


Philippe Breton is a researcher at the CNRS and lectures at the University Paris-I-Sorbonne and at the University of Strasbourg. He is one of the leading experts on speech and communication, especially when related to the issue of democracy. Amongst his books published at La Découverte : Argumenter en situation difficile (2004), L’Incompétence démocratique (2006) and Convaincre sans manipuler (2008).


Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com
 
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