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Catalogue / Littérature, récits, voyages / La condition littéraire     

La condition littéraire
La double vie des écrivains

Bernard LAHIRE

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Bien que les écrivains soient l'objet d'une grande attention publique, force est de constater qu'on les connaît en réalité très mal. Faute d’enquêtes sérieuses, on se contente bien souvent de la vision désincarnée d’un écrivain entièrement dédié à son art. Et l’on peut passer alors tranquillement à l’étude des textes littéraires en faisant abstraction de ceux qui les ont écrits. Ce livre fait apparaître la singularité de la situation des écrivains. Acteurs centraux de l'univers littéraire, ils sont pourtant les maillons économiquement les plus faibles de la chaîne que forment les différents « professionnels du livre ». À la différence des ouvriers, des médecins, des chercheurs ou des patrons, qui passent tout leur temps de travail dans un seul univers professionnel et tirent l'essentiel de leurs revenus de ce travail, la grande majorité des écrivains vivent une situation de double vie : contraints de cumuler activité littéraire et « second métier », ils alternent en permanence temps de l'écriture et temps des activités extra-littéraires rémunératrices. Pour cette raison, Bernard Lahire préfère parler de « jeu » plutôt que de « champ » (Pierre Bourdieu) ou de « monde » littéraire (Howard S. Becker) pour qualifier un univers aussi faiblement institutionnalisé et professionnalisé. Loin d'être nouvelle, cette situation de double vie – dont témoignaient Franz Kafka et le poète allemand Gottfried Benn - est pluriséculaire et structurelle. Et c'est à en préciser les formes, à en comprendre les raisons et à en révéler les effets sur les écrivains et leurs œuvres que cet ouvrage est consacré. Il permet de construire une sociologie des conditions pratiques d'exercice de la littérature. En « matérialisant » les écrivains, c’est-à-dire en mettant au jour leurs conditions d’existence sociales et économiques, et notamment leur rapport au temps, il apparaît que ni les représentations que se font les écrivains de leur activité ni leurs œuvres ne sont détachables de ces différents aspects de la condition littéraire.

Remerciements - Avant-propos - Entrée en jeu - Mythographie ou sociologie ? - Matérialiser les écrivains - I / Théorie du jeu littéraire et méthodes - 1. La littérature comme un jeu - Un univers social pas comme les autres - De quelle autonomie parle-t-on ? - Une autonomisation littéraire avant le marché - Les deux types d’autonomie - Double vie des écrivains et intermittences littéraires - Champ et hors champ - Le jeu littéraire - 2. Des populations d’écrivains et de leurs constructions - Les « auteurs » et « écrivains » affiliés à l’AGESSA - Les « auteurs littéraires » vus par l’INSEE - Délimitation de la population enquêtée - Construction, passation et réception du questionnaire - Des échelles de scores pour différencier les écrivains - II / Situations socio-économiques et littéraires des écrivains - 3. De quelques propriétés sociales des écrivains - Genre et origine sociale - Socialisation familiale, socialisation scolaire - Un capital de connaissances littéraires - 4. De la nécessité du second métier - Difficultés pluriséculaires à vivre de sa plume - Division du travail et position sociale - Les conditions économiques d’une littérature non commerciale - Ancrages socioprofessionnels et trajectoires sociales - Le difficile cumul d’un temps d’écriture et d’un temps plein extralittéraire - La variété des sources de revenus .- 5. Être ou ne pas être « écrivain » - Les représentations et leurs conditions de possibilité - Une activité centrale et secondaire - Des signes d’intégration professionnelle - 6. Publications et reconnaissances - Publier - Écrire sur commande - Des degrés de reconnaissance littéraire - Être reconnu par un éditeur reconnu - Les différentes formes de médiatisation - Prix et concours - Bourses et résidences - Reconnaissance sans résidence parisienne - 7. Des activités paralittéraires - Le rapport aux activités paralittéraires - Comment préserver son autonomie lorsque les frontières sont invisibles ? -Du complément problématique au risque d’autonomisation- III / Portraits d'écrivains à second métier - 8. L’enseignement sous toutes ses formes - Annie Zadek : organiser sa vie pour écrire - Claudie Gallay : mener une vie en dehors de la vraie vie - « Alexis Icare » : hyperactif à l’écriture en flux tendu - Enzo Cormann : le long chemin vers des conditions idéales d’écriture - Alain Piolot : poète en temps de surveillances - Bernard Jadot : trois mondes différents - 9. Le journalisme : du pigiste au grand reporter - Olivier Saison : la schizophrénie de l’auteur - Nathacha Appanah-Mourriquand : à la recherche d’un temps d’écriture serein -Catherine Simon : le polar comme respiration - Jean-Louis Roux : de l’écriture littéraire dans le journalisme - 10. Des métiers dans le monde littéraire mais hors jeu littéraire - Marcelin Pleynet : l’exercice régulier de l’écriture - Pierre Charras : entre traduction et traduction de soi - Patrick Drevet : créer les conditions d’une « cellule monacale » - « Florence Piette » : des certitudes aux doutes - Alain Blanc : les scènes de ménage intérieures d’un éditeur-poète - Brigitte Giraud : des vies en parallèle - Paul Fournel : perdre l’illusion de pouvoir vivre de sa plume - 11. Des métiers paralittéraires - Malika Bey-Durif : penser à survivre avant de publier - Maryvonne Rippert : une professionnelle de l’écriture - Jean-Yves Loude : l’écrivain dans la double pratique - 12. Des métiers de la création - « Arnaud Basch » : segmenter sa semaine - Fernand Garnier : le conflit productif entre écriture et contraintes extra-littéraires - Alain Gagnol : intermittent du spectacle et de l’écriture - Caroline Sagot-Duvauroux : une vie réservée à l’écriture - Laura Desprein : l’écriture comme « danseuse » - 13. Des métiers hors culture - Marc Lambron : marcher sur quatre jambes - Emmanuel Venet : l’écriture comme carburant existentiel - « Cécile Artière » : une existence compartimentée - Brigitte Varel : conteuse « par hasard » - Yves Bichet : entre maçonnerie et écriture - André Bucher : écrivain multiactif - IV / Portraits d'écrivains sans second métier - 14. Écrivains sans second métier… ou presque - L’exception qui confirme la règle - L’écrivain professionnel qui vit de sa plume - Nicole Avril : romancière à temps plein - Charles Juliet : écrire pour vivre - Maxence Fermine : écrivain entreprenant - Ayerdhal : un écrivain à temps plein et en plein doute - Driss Chraïbi : « gagner du temps » - Jacques-A. Bertrand : du journalisme à l’écriture - Hubert Mingarelli : des petits boulots au métier d’écrivain à plein temps - « Paul Reeve » : vivre de ses écritures - Malek Abbou : tenter de vivre de l’écriture - 15. Précarité et incertitudes - Absence de second métier - Des seconds métiers précaires - Le déséquilibrage de situations incertaines - Passage à la retraite - Les problèmes de santé - Bohème ou précarité ? - Fin de partie -16. Dispositions et dispositifs littéraires - Disposition à l’indépendance et au contrôle - Écrivains réguliers, écrivains séculiers - Disposition solitaire et retrait physique et mental - Disponibilité littéraire d’esprit - 17. Visions littéraires de la double vie - Théories implicites ou explicites de la double vie - L’« existence double et terrible » de Franz Kafka - Le jeu littéraire et « la vraie vie » - 18. Diversité des expériences sociales et variété des oeuvres - Les sens du second métier : temps, styles et thèmes - Une question délicate maltraitée par les réductionnismes - Les effets littéraires d’une situation économiquement contrainte - Annexes - Liste des actes de recherche - Paru dans Livre & Lire d’avril 2004 - Questionnaire - Construction des échelles de scores - Tableaux de données. Enquête 2004 - Bibliographie - Index des noms propres.


La fabrication sociale d'un individu



 

« C'est l'enquête que l'on attendait. »
L'EXPRESS

« L'enquête menée en région Rhône-Alpes par le sociologue Bernard Lahire, et dont la passionnante synthèse paraît aujourd'hui sous le titre La condition littéraire, peut dès lors se lire, conformément au souhait de son auteur, comme une entreprise destinée à « matérialiser [...] des écrivains trop souvent considérés comme des créateurs désincarner. »
TÉLÉRAMA

« En cette rentrée littéraire, un excellent livre a le mérite - mais c'est loin d'être la seule de ses qualités - de remettre à l'ordre du jour la question des intermittents du livre. »
LES INROCKUPTIBLES

«
Sociologue, Bernard Lahire a recueilli les confidences de plus de 500 auteurs. De Charles Juliet à Nicole Avril, son livre dresse un tableau passionnant de leurs conditions d'existence. »
LE NOUVEL OBSERVATEUR

« Bernard Lahire enquête sur un métier qui nourrit rarement son homme. »
LIBERATION

« Assurément, son essai fera date. »
LIRE

« Au-delà de ces anecdotes, le travail magistral de Lahire s'impose évidemment comme une avancée majeure dans l'étude sociologique du métier d'écrivain... »
LE MONDE

« Difficile de vivre de sa plume. C'est ce que révèle une enquête du sociologue Bernard Lahire...»
LA VIE

« Une enquête d'une ampleur inédite qui montre des hommes et des femmes face aux difficultés matérielles, contraints le plus souvent à une "double vie" pour vivre leur passion. »
FRANCE SOIR

« ...ce livre, fruit de deux ans d'enquêtes et d'entretiens d'une équipe dirigée par Bernard Lahire, est peut être le véritable évènement de la rentrée littéraire. »
L'HUMANITÉ

« C'est l'intérêt et le mérite du gros livre de Bernard Lahire - La condition littéraire -, que de lever le voile sur la singularité de ce qui n'est pas considéré comme un métier ou une profession comme les autres. »
VALEURS ACTUELLES

« Dans La condition littéraire, Bernard Lahire explore le statut social et professionnel des auteurs d'aujourd'hui. Entre "métier" et "jeu", précarité matérielle et reconnaissance sociale. »
LE MAG

« Professeur à l'Ecole normale supérieure de Lyon-Lettres et sciences humaines (ENS-LSH), le sociologue Bernard Lahire vient de publier un ouvrage remarqué sur La condition littéraire, la double vie des écrivains.
LE MONDE DE L'EDUCATION

« Depuis Les régles de l'art de Pierre Bourdieu (1992), il n'était pas paru de livres aussi important sur la représentation et la situation des écrivains. Moins polémiques que le premier, La condition littéraire de Bernard Lahire propose une description très précise et documentée des situations matérielles vécus par les écrivains. »
LA QUINZAINE LITTÉRAIRE

« La pesanteur de la plume. »
LE VIF

« Un nouveau regard sur le métier qui, une fois n'est pas coutume, prend le parti de "matérialiser" l'homme de lettres. »
SCIENCES HUMAINES

« Dans La condition littéraire, la double vie des écrivains, le sociologue Bernard Lahire entame la vision commode d'un écrivain désincarné, surplombant les réalités matérielles. La vie de bohème est-elle vraiment choisie ? »
REGARDS

« Ces portraits de personnalités, aussi diverses qu'Yves Bichet, Nicole Avril, Charles Juliet ou encore Hubert Mingarelli, offrent une approche des conditions concrètes et matérielles de l'écriture, indissociables de toute forme de création littéraire. »
PAGE

« Ils sont écrivains, mais "avant tout" médecins, profs ou ouvriers. Dans La condition littéraire, Bernard Lahire se livre à une investigation approfondie sur l'envers de la plume. »
LE PROGRES

« Les développements théoriques très intéressant de Bernard Lahire sur "la littérature comme un jeu" se complètent au fur et à mesure du développement de son propos par une étude très concrète des tensions provoquées par cette situation de double vie: précarité matérielle... »
L'HUMANITÉ

« Vraiment de la belle ouvrage, qui passionnera tout lecteur au-delà des chiffres et statistiques. »
NVO

« Ce livre fait apparaître la singularité de la situation des écrivains. »
LIENS SOCIO

« Fruit d'une longue enquête en profondeur , remarquablement documenté , ce livre exceptionnel à pus d'un titre, permet de pénétrer les aspects les plus concrets du travail de dizaines d'écrivains contemporains...»
LA MARSEILLAISE

« Les 619 pages consacrées par Bernard Lahire à La condition littéraire , impressionnent par leurs nombres, leurs poids, le sérieux de l'information, la rigueur de l'enquête, la patience de l'enquêteur, sa méthodologie, etc. [...] Cette vaste étude, (est) appelée à faire date, par l'analyse sociologique et économique des situations de ceux qui souhaitent, ou souhaiteraient, se consacrer à la littérature, situations assez semblables finalement, mais aussi parce qu'elles induisent sur le contenu même des livres qu'écrivent nos contemporains, nos semblables, nos frères... »
BBF

« La présence de la parole des auteurs sur leur propre identité, toujours riche et complexe, fait l'intérêt d'une enquête qui a su prendre en compte beaucoup plus de cas que les précédentes, justement parce qu'est ici considérée comme écrivain toute personne qui affirme l'être, et pas seulement les auteurs enregistrés par les institutions et associations professionnelles. »
LA RECHERCHE

« Le livre est si copieux qu'on a scrupule à relever les lacunes; quand même, les éditeurs sont par trop absents dans les questions posées. Il peut être important pour un écrivain de se battre contre le bruit, il l'est plus encore d'avoir un rapport correct avec l'éditeur. Silence prudent. Reste que ce livre généreux apporte une information abondante et soulève des problèmes essentiels. »
ÉTUDES

« L'enquête porte sur 503 auteurs de la région Rhône-Alpes, au moyen de questionnaires et d'entretiens. Les écrivains n'auront donc pas de peine à y reconnaître les souffrances et le paradoxe propres à leur situation: pratiquer dans des conditions précaires une activité valorisée, voire mythifiée. C'est dire si l'ouvrage promet d'être bien accueilli par le monde littéraire, d'ordinaire réfractaire à la sociologie. »
A CONTRARIO

« Bernard Lahire a raison, il y a paradoxalement peu de recherches approfondies récentes sur la condition sociale des écrivains. De nombreuses enquêtes ont été conduites par le passé, mais sans présenter un travail méthodique et rigoureux. Pour cette raison, cette étude intitulée La condition littéraire, la double vie des écrivains est importante. »
BULLETIN CRITIQUE DU LIVRE EN FRANÇAIS

PRESSE

 

Dans cet entretien, le sociologue Bernard Lahire revient sur son parcours intellectuel. Il évoque les différentes étapes d’un travail de relecture des catégories forgées par Pierre Bourdieu et du projet d’élaboration d’une sociologie à l’échelle de l’individu.

24/11/2009 - Nicolas Duvoux - La Vie des idées

 

THE LITERARY BUSINESS


Bernard Lahire explores the little-known world of writers in this fascinating and comprehensive study. He reveals that writers often lead a double life, torn between their creative work and earning their living. The reasons for this situation, the forms it takes and its effects on authors and their work are analysed in detail in this book, giving us a precious insight into writers’ real lives.


Bernard Lahire est professeur de sociologie à l'École Normale Supérieure Lettres et Sciences humaines et directeur du Groupe de Recherche sur la Socialisation (CNRS/Université Lyon 2/ENS-LSH). Il est notamment l'auteur de Tableaux de familles (Gallimard/Seuil, 1995), L'Homme pluriel (Nathan, 1998), L'Invention de l'« illettrisme » (La Découverte, 1999, 2005), LaCulture des individus (La Découverte, 2004, 2006) et L'Esprit sociologique (La Découverte, 2005).


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