Conseil de lecture #5 - Jérôme Baschet

Cet été, les auteur.e.s se dévoilent à La Découverte !
Ils.elles ont tous.tes publié un titre marquant cette année, mais n'en restent pas moins des lecteur.trice.s avisé.e.s !

Quels ouvrages de la collection La Découverte/Poche vous conseillent-ils.elles de lire cet été ?

Un livre inspirant, forcément ! Un texte indispensable ou un livre qui a compté pour eux.elles, et qu'ils.elles aiment à relire. Ou encore un simple conseil de lecture !

 

Cette semaine, Jérôme Baschet, qui a publié en mars dernier Défaire la tyrannie du présent, nous parle de l'ouvrage d'Anselm Jappe Les aventures de la marchandise, une critique inédite de l'oeuvre de Marx.

 

Il est plus que temps de remiser définitivement la vulgate économiciste et étatiste à laquelle on réduit trop souvent la pensée de Marx, non sans laisser croire que le capitalisme se définirait par le conflit Capital/Travail ou la propriété privée des moyens de production. Pour ce faire, le livre d'Anselm Jappe analyse avec force et profondeur les catégories fondamentales qui, dans la pensée marxienne, permettent la pleine compréhension du monde capitaliste : la marchandise, la valeur, le travail, l'argent. C'est sur cette base seule que l'on peut juger - et débattre - des apports de cette théorie à la compréhension des dynamiques actuelles d'un monde que l'exigence de valorisation de la valeur entraîne dans sa course folle.

Jérôme Baschet est historien. Pendant vingt ans, il a partagé son enseignement entre l'École des hautes études en sciences sociales, à Paris, et l'Universidad Autónoma de Chiapas, à San Cristóbal de Las Casas (Mexique). Il a notamment publié La Rébellion zapatiste (Champs-Flammarion, 2005) et Adieux au capitalisme(La Découverte, 2016).        

 

Initialement publié en 2003, Les Aventures de le marchandise présente de manière à la fois précise et tranchante le courant de critique sociale connu sous le nom de « critique de la valeur » et initié en Allemagne par Robert Kurz dans les années 1980. Procédant à une relecture de l'œuvre de Marx bien différente de celle donnée par la quasi-totalité des marxismes historiques, ce courant propose des conceptions radicalement critiques de la société capitaliste, tout entière régie par la marchandise, l'argent et le travail.

Anselm Jappe insiste notamment sur un aspect aussi central que contesté de la « critique de la valeur » : l'affirmation selon laquelle, depuis plusieurs décennies, le capitalisme est entré dans une crise qui n'est plus cyclique, mais terminale. Si la société fondée sur la marchandise et son fétichisme, sur la valeur créée par le côté abstrait du travail et représentée dans l'argent, touche maintenant à sa limite historique, cela est dû au fait que sa contradiction centrale - qu'elle porte en elle depuis ses origines - est arrivée à un point de non-retour : le remplacement du travail vivant, seule source de la « valeur », par des outils technologiques de plus en plus sophistiqués.   

Anselm Jappe est notamment l'auteur de Guy Debord (1993, réédition 2001), L'Avant-garde inacceptable (2004) et Crédit à mort (2011). Les Éditions La Découverte ont publié en septembre 2017 son dernier ouvrage La Société autophage.    

 

Lire un extrait de "Les aventures de la marchandise"

 

Retrouver les conseils des semaines précédentes :

Jean-Pierre Filiu

Giulia Mensitieri

Bernard Lahire 

Michelle Zancarini-Fournel 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites