Revue du Crieur N°18

LA DÉCOUVERTE/MEDIAPART

L’anthropologie est une discipline paradoxale : science de l’altérité en ce qu’elle décrit les modes de vie et de pensée de collectifs humains auxquels n’appartient généralement pas l’ethnographe, elle est aussi une écriture du commun, qui s’attache à décrire les grands invariants et mythes fondateurs structurant les sociétés. Au XXIe siècle, les cartes ont été rebattues : peut-on continuer à penser le commun alors que ce qui nous unit n’est rien d’autre que la perspective du désastre ? Comment encore exprimer l’altérité lorsque les premiers mondes dévastés par la catastrophe écologique sont précisément ceux que les anthropologues étudient, quand eux-mêmes appartiennent aux sociétés responsables du délabrement du monde ? De quelle manière garder vivante l’anthropologie et pour quelles raisons ? Refusant de conclure à l’obsolescence d’une telle démarche, l’anthropologue Nastassja Martin répond que ce sont la langue, l’attention à la parole, le souci de traduire la diversité des êtres qui permettront de résister à la perte des mondes. «Une terre qui était belle a commencé son agonie, sous le regard de ses sœurs voltigeantes, en présence de ses fils insensés.» Les «fils insensés» du poète René Char, nous dit Nastassja Martin, se doivent désormais de protéger la dignité des vivants.

Version papier : 15 €
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Détails techniques
Collection : Revue du crieur
Parution : 18/03/2021
ISBN : 9782348067389
Nb de pages : 160
Dimensions : 170 * 240 mm

LA DÉCOUVERTE/MEDIAPART

Revue du crieur : Mediapart et La Découverte se sont associés pour créer une revue ambitieuse et novatrice destinée à un large lectorat. Si son nom sonne comme une évidence – les deux maisons ont un crieur de journaux pour logo –, sa ligne s’impose par leurs forces complémentaires : le journalisme d’investigation et l’édition d’idées engagée.

Extraits presse

Un an après le début de la pandémie, quelle meilleure approche que l’anthropologie pour raconter la fragilité du monde, des êtres humains et de leur société ? Car l’anthropologie est plus que jamais l’écriture du commun, raconte Nastassja Martin en ouverture du nouveau numéro de la Revue du Crieur. […] Dans le trimestriel d’enquête sur les idées et la culture, il est aussi question de poésie avec le théoricien de la littérature Yves Citton, de la mainmise de Pékin sur la culture chinoise, de « penser le Brésil avec Bruno Latour », de l’abandon politique des bédéistes alors même que le secteur de la BD va bien ou encore d’interroger l’écoféminisme face à sa marchandisation et sa récupération politique. Bref, il y en a pour tous les goûts. Même les fans de David Graeber y trouveront leur compte à travers un texte posthume et caustique sur la cravate. Les inconditionnels d’Alain Badiou sont eux aussi gâtés avec un article signé du philosophe Ivan Segré. Tentant, non ?

2021-03-18 - Libération

 

Table des matières

Ouverture
Dire la fragilité des mondes - L’anthropologie ou l’écriture du commun, par Nastassja Martin
Têtes de nœud - Une résolution du paradoxe de la cravate, par David Graeber
La santé autrement - Expériences communautaires, féministes et antiracistes, par Claire Richard
Dérouter la politique par la poésie, par Yves Citton
Portrait
William Morris - La révolution au service de l’art, par Guillaume Ollendorff
Les Gobelins, une institution royale à l’heure néolibérale - L’artisanat ou l’éloge de la lenteur, par Ève Charrin
Le bulldozer culturel chinois - De Confucius aux nouvelles routes de la soie, par Antoine Pecqueur
Penser le Brésil avec Bruno Latour - Où atterrir sous Bolsonaro ? Par Alyne Costa
2020, année de la bande décimée - La BD va bien, les bédéistes vont mal, par Anne-Laure Pineau
Position
L’écoféminisme aux abois - Marchandisation, manipulation et récupération d’un mouvement radical, par Anna Berrard
Monde des idées
La philosophie d’Alain Badiou : un manuel pour notre temps, par Ivan Segré.