La démocratie post-totalitaire

Jean-Pierre LE GOFF

Vivons-nous dans un univers orwellien, conditionnés et surveillés en permanence par les « nouveaux maîtres du monde » ? On pourrait le penser à la lecture de certains discours critiques dénonçant le nouveau « totalitarisme » du marché et des médias. Dans cet essai stimulant, Jean-Pierre Le Goff rompt avec ce schématisme. En s’appuyant sur Hannah Arendt et Claude Lefort, il propose une étude comparative particulièrement éclairante du phénomène totalitaire et du mouvement de modernisation de la fin du xxe siècle. Il montre ainsi que les sociétés européennes démocratiques connaissent un processus spécifique de déshumanisation et de désagrégation, bien différent du totalitarisme. Ce phénomène « post-totalitaire » constitue le point aveugle des démocraties. C’est dans ce cadre qu’il convient de resituer le mal-être existentiel et social et la confusion des médias : le basculement historique des trente dernières années a débouché sur une vision fantasmagorique du pouvoir et un antitotalitarisme galvaudé. Pour l’auteur, le renouveau implique d’en finir avec le manichéisme et l’illusion de la table rase : les démocraties européennes doivent enfin accepter l’ambivalence de leur propre histoire, inscrire la modernisation dans une vision de l’avenir et un projet cohérent. C’est à ce prix qu’elles éviteront le repli maladif sur elles-mêmes et la rupture avec le reste du monde.

Version papier : 9,90 €
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Détails techniques
Collection : La Découverte Poche / Essais n°147
Parution : novembre 2003
ISBN : 9782707142528
Nb de pages : 210
Dimensions : 125 * 190 mm
Façonnage : Broché

Jean-Pierre LE GOFF

Jean-Pierre LE GOFF

Jean-Pierre Le Goff, philosophe de formation, est sociologue. Il préside le club PolitiqueAutrement, qui explore les conditions d'un renouveau de la démocratie dans les sociétés développées.

Extraits presse

« Jean-Pierre Le Goff n’a de cesse de décoder son environnement. […] C’est une nouvelle fois à une explication de texte qu’il se livre, afin de disséquer le discours ambiant autour de la dictature des marchés et des médias tout-puissants. […] Le militant humaniste qu’est Jean-Pierre Le Goff prend la parole pour appeler à ne pas renoncer. »

LE MONDE-ÉCONOMIE

« Le constat d’insignifiance de notre société et de la vie démocratique qui la sous-tend, loin de pousser à baisser les bras, se veut un appel volontaire au sens, voire au bon sens, ce dont nos contemporains semblent, selon Jean-Pierre Le Goff, singulièrement dépourvus. Qu’on ne cherche pas ici une expertise plus ou moins scientifique, mais plutôt le recul réflexif d’une quête des raisons anciennes et des nouveaux moyens du vivre ensemble. »

LIBÉRATION

« [Une] réflexion décapante sur les blocages et les conditions du renouveau des démocraties européennes. »

TÉLÉRAMA

« Critique impitoyable du discours managérial au sens large, l’auteur inscrit ce thème dans une réflexion plus large sur l’évolution de nos démocraties. Il décèle, au cœur des sociétés démocratiques, un phénomène de désagrégation qui, sous l’apparence d’un discours de la modernisation, emprunte certaines formes au discours totalitaire. »

LIAISONS SOCIALES

« [Jean-Pierre Le Goff] s'efforce de montrer que les nécessités d'une vie collective, et donc d'un équilibre meilleur pour les personnes, suppose de sortir d'un prêt à penser de certains mouvements contestataire par une réanimation du débat public. »

CULTURES EN MOUVEMENTS

PRESSE

 

Table des matières

Introduction - De la « dictature des marchés » au « nouveau totalitarisme » - L'irréductibilité du phénomène totalitaire - Une nouvelle modalité de négation de la démocratie ? - Quelle démarche critique ? - I. Totalitarisme et idéologie de la modernisation : traits communs et différences - 1. Une société en perpétuel mouvement, un univers de certitudes - L'idéologie de la modernisation - L'instabilité permanente et la loi du mouvement - « Création sociale permanente » et « transparence » - Un nouveau discours de certitude - La nouvelle langue de bois et la création d'un monde fictif - 2. Le pouvoir informe - Le brouillage des places et des statuts - Le « pouvoir informe » du totalitarisme - Un nouveau mode de domination - Performance sans faille et homme-machine - La réduction de l'être humain à des comportements élémentaires - La société comme matière amorphe à transformer - 3. Logique de survie contre promesse de bonheur - S'adapter pour survivre - Histoire incertaine, présent flottant - L'absence de « Grand Savoir » - Une société « complexe » et « ouverte » - 4. Incohérence et dénégation du pouvoir - La logique implacable du totalitarisme - Quelle fiction cohérente ? - Injonctions paradoxales et discours incohérents - La domination totale du parti unique et du chef - Un pouvoir qui se fait invisible - 5. Totalitarisme et barbarie douce - Négation des conflits et inversion du « phantasme de l'Un » - Un jeu de miroir brisé - 6. Des conditions de possibilité semblables ? - Une masse d'individus atomisés ayant soif de fiction cohérente - Les mêmes conditions ? - Un même type d'individualité ? - La filiation paradoxale du totalitarisme et de la démocratie - La naissance de l'idéologie - Modernisation et indétermination - 7. L'« idéologie invisible » - Une nouvelle logique de dissimulation - Un même phénomène ? - Une « ruse de l'imaginaire » ou sa décomposition ? - II. Genèse d'une décomposition - 8. Le basculement - Mai 68 : quel héritage ? - Sommes-nous encore en démocratie ? - Un règlement de comptes historique - Autonomie autoréférentielle et subjectivité désirante - Ruptures dans la transmission : l'école et la famille en question - 9. Quelle prise de conscience antitotalitaire ? - Les résistances de la gauche - Prise de conscience ou culpabilisation ? - 10. Une nouvelle donne sociale-historique - L'« ère du vide » et du « narcissisme » - Des pathologies nouvelles - Libéralisme et modernisation - Le nouvel imaginaire libéral - 11. « Nouvel esprit du capitalisme » et banalisation du nazisme - Un nouvel « esprit du capitalisme » ? - Quelle récupération ? - De la « banalité du mal » à sa banalisation - III. Un antitotalitarisme dévoyé - 12. La fantasmagorie du pouvoir - Les impasses du mouvement antimondialisation - Le nouvel économisme - Les « nouveaux maîtres du monde » - Un modernisme inversé - 13. Des médias tout-puissants - Les « nouveaux chiens de garde » - Mimétisme et « hyperémotion » - Propagande et opium des peuples : l'américanisation des esprits - Une conception pavlovienne et totalitaire des médias - La méconnaissance de la démocratie - L'impasse - 14. Sommes-nous entrés dans le « meilleur des mondes » ? - De la contre-utopie à la réalité ? - Quel conditionnement de masse ? - Sexe, drogue et conformisme - « Communauté, identité, stabilité » - 15. Big Brother is watching you ? - L'envers du Meilleur des mondes - Sortir des clichés - « Au pays du mensonge déconcertant » - La destruction du langage - Le fantasme de la toute-puissance - 16. Le point aveugle des démocraties - Au-delà de la propagande et de la manipulation - Un jeu de miroir morcelé - Insignifiance et déliaison - Démocratie et barbarie douce - L'inhibition de l'affirmation et de l'action - Conclusion : Affronter le présent - Quelles leçons tirer des totalitarismes ? - Quelle ouvertureà l'autre ? -Sortir des faux dilemmes - Quelle démocratie ? - Quelle politique ?

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