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Nouvelle édition

La globalisation de la surveillance
Aux origines de l'ordre sécuritaire

Armand MATTELART

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La globalisation de la surveillance - Armand MATTELART
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Vidéosurveillance, fichage, empreintes génétiques, écoutes, puces RFID… Dans les régimes démocratiques, les différentes techniques d’intrusion dans la vie quotidienne des individus se multiplient, au nom de la lutte contre les « nouvelles menaces ». La « guerre contre le terrorisme » n’a fait que rendre plus oppressant ce monde qui nous rapproche de celui imaginé par George Orwell dans 1984.
Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Comment les sociétés démocratiques ont-elles accepté que leurs droits et liberté soient peu à peu amputés par des dispositifs de surveillance de plus en plus sophistiqués ?
De l’anthropométrie du XIXe siècle au Patriot Act, en passant par l’analyse des doctrines militaires et du projet Echelon, Armand Mattelart construit une généalogie de ce nouveau pouvoir de contrôle et étudie sa dynamique de mondialisation. Il montre qu’au nom de la défense de la liberté et des impératifs de sécurité nationale, les États ont construit et imposé une définition de l’ennemi de plus en plus floue, tellement floue qu’elle a permis et permet encore tous les abus.
Ce livre invite à une prise de conscience indispensable à l’heure où le seuil de tolérance des sociétés démocratiques à l’égard de la surveillance ne cesse de baisser.

Introduction - I / Discipliner/gérer - 1. Surveiller : la délinquance comme observatoire politique - Surveillance/sécurité : deux concepts, une société - De l’art des biotypes - L’anthropométrie : du corps mesuré au corps politique - La photographie judiciaire - L’empreinte digitale ou l’invention de l’idéal mathématique de l’identité - Défense sociale : sécurité et identification biométrique précoce - 2. Punir : la multitude appréhendée - Controverses sur le biotype du sauvage moderne - Du criminel-né au crime des foules - Gustave Le Bon : la psychologie des foules et la « populace » - Gabriel Tarde : modernité et opinion publique - 3. La gestion de la Société de masse, leçons de la guerre totale - Agir sur l’opinion : la démocratie américaine revisitée - Naissance de la technocratie - La guerre perdue, laboratoire précoce de l’exception permanente - II / Hégémoniser/pacifier - 4. La guerre froide et la religion de la sécurité nationale - L’ « ennemi global », première édition de la croisade contre le mal - La nouvelle frontière stratégique, le système des bases militaires - Une matrice techno-militaire - La sanctuarisation des services secrets - Le grand déballage : les auditions du Sénat - Echelon : prototype du système planétaire d’écoutes - La guerre psychologique en « temps d’urgence déclarée » - Communication-développement-sécurité, une équation stratégique - 5. L’ « action civique » ou la réappropriation de la doctrine de la sécurité nationale - L’armée comme agent de modernisation - Le Brésil, formalisation d’une doctrine hybride - Un projet géopolitique - L’endoctrinement de masse à l’épreuve de la culture de masse - Chili, l’autre 11-Septembre - 6. La contre-insurrection, carrefour des corps expéditionnaires - La « pacification »,l’expérience française - De la Bataille d’Alger aux « postes-villages » - La prise de conscience tardive du Pentagone - Retour sur la pacification - Le logiciel contre-insurrectionnel - Irak, l’amnésie pérenne ou le retour à la case départ - 7. L’internationalisation de la torture - L’École des Amériques - L’Intelligence militaire : droit de vie et de mort - La construction d’une police musclée - La filière française - Manifeste contre la torture - « Security cooperation », la reconversion post-guerre froide -III / Sécuriser/insécuriser - 8. Le nouvel ordre intérieur - Le chamboulement des « modes traditionnels de contrôle social » - Maîtriser l’informatisation pour sortir de la crise - La loi « Informatique, fichiers et libertés » - L’entreprise post-fordiste, citadelle assiégée - L’insécurité d’État : la dramatisation de la criminalité - Nouveaux régimes d’urgence - Guerre globale et marché global, un discours théologisant - 9. La guerre sans fin, le paradigme techno-sécuritaire - Qu’appelle-t-on terrorisme ? - À nouvel ennemi global, recyclage de la sécurité nationale - Le USA Patriot Act - La concentration, alliée de la guerre - Retour à l’idéologie de la modernisation - Le gendarme des flux globaux - Israël, la genèse d’une société-garnison - 10. L’espace policier européen - Europol, un service de renseignement - Une « culture de la sécurité », surchauffe de l’espace Schengen - Les projets d’identification biométrique - La fragilisation des principes de protection des citoyens - L’étranger et ses « complices » - Le terrorisme, catalyseur des peurs - 11. La traçabilité des corps et biens - La convergence des mouchards - Flashback sur les cartes de paiement - Le parcours du navigateur - Les « étiquettes intelligentes »,la tentation de la démesure - Vers une gestion génétique des populations ? - Épilogue - Bibliographie générale - Index des noms.

« Dans ce livre documenté et accessible, Armand Mattelart, professeur des sciences de l'information et de la communication, fait le rapprochement entre nos régimes démocratiques lancés dans la "guerre contre le terrorisme" et celui imaginé par Orwell dans 1984. Il montre que les Etats ont établi et imposé une définition de l'ennemi de plus en plus floue qu'elle a permis et permet encore tous les abus contre les populations civiles. Ce livre se termine par un appel à la vigilance citoyenne pour maintenir l'équilibre entre les avancées de l'informatique et la préservation du droit à la vie privée et des libertés. Un combat indispensable à l'heure où le seuil de tolérance des sociétés démocratiques à l'égard de la surveillance ne cesse de baisser. On ressort un peu épouvanté de cette lecture, mais aussi, paradoxalement, plus conscient de la nécessité de contrôler le développement de ces techniques d'intrusion pour limiter leurs effets néfastes. »
ALTERNATIVES INTERNATIONALES

« Dans un ouvrage très documenté, Armand Mattelart, spécialiste de l'histoire des communications, suggère que, s'il s'est accru depuis le 11 septembre 2001 et la lutte contre le "terrorisme international", ce contrôle est une tendance de fonds de nos sociétés, qui a commencé au XIX° siècle avec l'anthropométrie judiciaire, puis avec l'instauration de la carte d'identité et enfin toutes les mises en fiche des individus. Une situation qui fait peser sur nous le spectre d'un véritable totalitarisme démocratique, aussi étouffant que les totalitarismes idéologiques du XX° siècle. »
LE MAGAZINE LITTÉRAIRE

« Si le développement massif des technologies de l'information et de la communication (TIC) posent des problèmes aux libertés publiques, rien ne serait plus criminel que de croire que ces questions sont nées avec Internet, l'ADN ou les puces RFID. l'un des mérites du dernier ouvrage d'Armand Mattelart, spécialiste des sciences de l'information, est de remettre ces faits en perspective - alors qu'ils sont habituellement assénés en continu et sans prise de recul - par une étude sur le long terme qui s'attache à en établir la généalogie. »
NONFICTION.FR

« Le besoin de liberté de l'individu moderne est allé de pair avec le renforcement de la surveillance. Puces, empreintes génétiques, fichage, RFID, vidéosurveillance, autant d'outils que l'auteur voit comme des intrusions dans la vie quotidienne. Comment les sociétés démocratiques ont-elles accepté d'aliéner à ce point leurs droits et leurs libertés ? Armand Mattelart établit l'archéologie, au sens foulcadien du terme, de la surveillance moderne lorsque la délinquance devient un observatoire politique. C'est au XVIII° siècle que l'anthropométrie construira les empreintes digitales, l'idéal mathématique de l'identité. Les foules sont aussi perçues comme des menaces contre l'ordre et leur gestion fera advenir les notions d'opinion dans les démocraties. L'intérêt du livre de A. Mattelart est de relier ces approches aux relations interétatiques, comme la guerre froide, la doctrine de sécurité nationale, l'internationalisation de la torture, autant d'approches nouvelles de l'individu en société. Le contrôle social se renforce dans tous les lieux, y compris l'entreprise. La guerre devient une "guerre sans fin". La traçabilité des corps et des biens annonce-t-elle une gestion génétique des populations ? Du contrôle à la suspicion, c'est le chemin que nos sociétés prennent jusqu'au risque de l'aliénation de notre liberté. Un essai brillant et convaincant. »
SCIENCES HUMAINES

« L'auteur s'applique à démontrer que les actuelles fureurs sécuritaires, l'amputation des libertés et des droits, les techniques de surveillance ultra sophistiquées ont pour origine les premiers dispositifs de sécurité et de contrôle des individus supposés dangereuxau dix-neuvième siècle. Il construit une véritable généalogie de "la sécurité qui s'est muée en obsession sécuritaire". De l'anthropométrie à la vidéosurveillance ou aux empreintes génétiques on assiste, là aussi, à une mondialisation. [...] Le mérite de Mattelard est d'alerter les citoyens sur ces techniques, de leur faire prendre conscience des risques encourus, de la nécessité de résister, d'être vigilant et de "participer à la gestion de la société" pour défendre la liberté. Une illustration poignante de la dérive de la société malheureusement fondée. »
SILENCE

« Le titre résume avec justesse le contenu de cet ouvrage brillamment construit autour du thème du contrôle social des individus à travers l'appareillage sécuritaire et coercitif dont disposent les États. »
BARRICATA

PRESSE

 

 
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