À paraître
Comme il y a une dialectique de la raison, il y a une dialectique de la mémoire qui métamorphose le souvenir de la révolte en culte de l'ordre, les anniversaires des révolutions en défilés militaires, l'héritage de l'Holocauste en légitimation d'un État génocidaire ; ainsi s'affrontent les romans nationaux et la tradition des vaincus, le culte des héros et les traces laissées par les sans-nom, les monuments et les remémorations dissidentes. Face aux mémoires figées, passives et réactionnaires, qui semblent aujourd'hui dominer, les révoltes du passé sont des legs vivants à réactiver pour façonner notre présent.
