


2018-09-01 - Sonya Faure & Simon Bailly - Libération
Comment déconstruire nos cadres de pensée et les rapports de domination qu'ils charrient ? Depuis les années 1970, des universitaires – souvent nés en Inde, en Asie ou en Afrique – s'efforcent de souligner la persistance rétinienne d'imaginaires forgés au moment de la colonisation. En France, ces études dites " postcoloniales " sont longtemps restées en dessous des radars. Il faut dire que ces pensées sont complexes, peu traduites, et que l'universalisme républicain rechigne souvent à la déconstruction. Dans Décentrer l'Occident, Thomas Brisson retrace l'histoire des grandes figures des études postcoloniales, encore largement méconnues en France. Un livre, très pédagogique, qui permet de se mettre à jour et de retracer le développement de ces " studies ".
2018-09-19 - Remi Noyon - Bibliobs
À l'heure de la mondialisation, tous les modes de pensée qui peuvent être associés à la domination des Occidentaux sont remis en cause. C'est l'occasion d'une ratatouille conceptuelle dans laquelle on jette aussi bien le cynisme impérialiste et le racisme des colons blancs que le capitalisme financier, la modernité technique, voire l'universalisme rationaliste. S'il y a peut-être lieu de " décentrer l'Occident ", un tri s'impose si l'on ne veut pas ouvrir la porte à la violence irrationaliste. Thomas Brisson s'y livre avec les outils de la sociologie. [...] En présentant de façon détaillée les parcours suivis et les arguments avancés par des intellectuels de générations successives, Thomas Brisson fournit un matériau remarquable pour affiner la réflexion sur ce problème majeur qui, après la fin de l'ère coloniale, nous touche à notre tour très directement.
2018-09-25 - Marc Lebiez - En attendant Nadeau
Grâce à Thomas Brisson, on dispose de la première étude d'envergure sur les intellectuels " postcoloniaux ", indiens et arabes, de même que sur les " néoconfucéens chinois " dont les travaux ont été publiés dans les années 1970-1980 dans les grandes universités américaines. Il montre comment l'exil de ces penseurs les a conduits à construire une critique de la pensée occidentale dominante, et ce depuis le cœur de l'Occident.
2018-12-03 - Patrick Gallaud - Etudes

Introduction
Occidentalisation et critique de l'Occident
Pour une sociologie des acteurs et des critiques postcoloniaux
Déplacement géographique et déplacement théorique
Déplacement(s), circulations et lieux de la critique postcoloniale
Plan et visée de l'ouvrage
I / Le nouveau confucianisme, une modernité asiatique en Amérique
1. Aux origines du confucianisme américain
Science, politique et générations du confucianisme au XXe siècle
Effondrement et reconstruction du confucianisme à l'époque moderne
En diaspora : une génération néoconfucéenne sur les terres américaines
2. Le " retour " vers l'Asie (années 1970 - 1980) : confucianisme et modernité asiatique
Modernisation et changements sociaux : confucianiser Singapour
Dragons asiatiques, confucianisme et capitalisme
3. Le débat sur les droits de l'homme : le tournant politique du nouveau confucianisme
De Tiananmen à Bangkok : droits de l'homme et fin de la guerre froide en Asie
Concilier universalité des droits humains et spécificité confucéenne
Usages critiques et alternatifs de la philosophie confucéenne
II / Un nouveau regard sur les mondes non occidentaux : intellectuels arabes et indiens aux Etats-Unis
4. Continuité et rupture de la critique arabe
Edward Said et L'Orientalisme
L'Orientalisme, un héritier de la pensée tiers‑mondiste ?
5. Les " études subalternes " indiennes et le " tournant saidien "
Une trajectoire de rupture : Ranajit Guha et la naissance des études subalternes
De Gayatri Spivak à Edward Said : vers une relecture américaine du projet subalterne
Historiographies alternatives : Partha Chatterjee, Gyan Prakash, Dipesh Chakrabarty
Conclusion.