À paraître
Jeunes, vieux et vieilles, de la ville ou de la campagne, croyant·es ou non, en France de longue date ou nouvellement venu·es, marié·es ou célibataires, libres ou enfermé·es dans des institutions, elles et ils ont en commun des conditions d'existence façonnées par de fortes contraintes matérielles et symboliques. Adopter l'échelle du quotidien permet de plonger dans le privé souvent très politique des classes populaires et d'avoir accès à des expériences généralement mal comprises et pourtant centrales comme l'exigence de dignité, la nécessité de la solidarité pour joindre les deux bouts ou encore la partition genrée des activités.
Si les stratégies économiques pèsent lourd au jour le jour, elles ne résument pas tout. L'histoire racontée ici, nourrie de recherches féministes comme d'écrits populaires, de sources du contrôle social ou des grandes enquêtes qui, depuis le XIXe siècle, documentent la vie des classes populaires, s'incarne dans une vaste gamme de pratiques individuelles et collectives. Les lecteurs et lectrices découvriront ainsi le feu des contestations collectives comme le plaisir de la pêche, le stigmate de la vulgarité comme la figure de la " daronne ", les travaux d'aiguilles, les " enfants gâtés ", ou encore le rôle de l'eau dans les croyances subalternes rurales... Autant de scènes et de motifs pour restituer les manières d'être et les savoir-faire qui éclairent un quotidien profondément ambivalent, entre domination et capacité d'agir.
Cet ouvrage, écrit à douze mains, est le fruit du travail au long cours du groupe Genre et classes populaires (Anaïs Albert, Fanny Gallot, Anne Jusseaume, Eve Meuret-Campfort, Clyde Plumauzille et Mathilde Rossigneux-Méheust). Ce collectif fait dialoguer l'histoire et la sociologie, enseigne et fait de la recherche ensemble depuis 2010.





