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Catalogue / Sociologie, société / Voyage de classes     

Voyage de classes
Des étudiants de Seine-Saint-Denis enquêtent dans les beaux quartiers

Nicolas JOUNIN

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Voyage de classes
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Une demi-heure de métro sépare les quartiers parmi les plus pauvres de France de ses zones les plus riches. Partis de Saint-Denis, dans la banlieue nord de Paris, une centaine d’étudiants ont enquêté sur trois quartiers bourgeois du VIIIe arrondissement de la capitale. Pour s’initier à la démarche sociologique, ils ont dû se familiariser avec un monde nouveau et étrange, dont les indigènes présentent des coutumes et préoccupations insolites.
Boire un café dans un palace pour observer ce qui s’y passe (et être traité comme un client illégitime), stationner dans les boutiques de luxe pour décrire leur organisation (et se faire mettre dehors), apprendre à manger un mille-feuilles à 14 euros avec des « bourgeoises », approcher des institutions prestigieuses où les femmes n’ont pas le droit de vote, se faire expliquer le Bottin mondain et l’arrangement des mariages, interviewer dans son hôtel particulier un grand dirigeant qui « fait partie de ces familles qui ont des châteaux un peu partout » : ce sont quelques-unes des expériences que ces étudiants du 93 ont vécues. En même temps qu’il leur a fallu dompter l’exotisme pour bien comprendre le milieu dans lequel ils pénétraient, ils ont dû encaisser l’humiliation des multiples rappels à l’ordre social que suscitait leur démarche.
Des premières incursions anonymes et timides jusqu’aux face-à face sans échappatoire, ce livre raconte de manière crue et joyeuse les batailles livrées pour mieux connaître un monde social dominant. L’enjeu : renverser l’habitude qui veut que ce soit « ceux d’en haut » qui inspectent l’existence de « ceux d’en bas ».
Introduction
1. En éclaireurs

Les territoires cossus de la République
Entre timidité et insolence
Conjurer le risque de la généralisation
2. L’observateur observé
L’anonymat du parc et l’observation des « nounous »
Observer la police, être observé par la police
Tenir (dans la) boutique
S’imposer le temps d’un café
L’ambivalence de l’invité
Ni Dieu ni caméléon
3. Compter avant de raconter
Hommes et femmes dans le 8e arrondissement
Repérer la surveillance
Observer et compter la race
Mesurer la timidité sociale
Le râteau et le tableau : les deux moments du questionnaire statistique
4. Interroger : accueillir l’exotisme
Trouver à qui parler
L’anonymat impossible
Une vie de quartier bien différente de celle de Saint-Denis
Si loin dans l’espace social
Mises en commun et distinctions des comités de commerçants
Sexisme de prestige
5. Interroger : encaisser l’humiliation
Entendre la stigmatisation de là d’où l’on vient
Faire face aux vexations
Quand l’interviewé dessaisit l’intervieweur de son entretien
Faire face aux rappels à l’ordre social
Conclusion
Sonder un fossé qui se creuse
Une forme pédagogique à contre-courant
Notes.

On se souvient de Ma ligne 13 (Le Rocher, 2003) de Pierre-Louis Basse ou de Voyage en grande bourgeoisie des Pinçon-Charlot (Puf, 1998). Nicolas Jounin a opté pour une forme intermédiaire, entre le témoignage et l'investigation. Le sociologue a demandé à ses étudiants de l'université Paris-8 Saint-Denis d'aller examiner les beaux quartiers parisiens. De 2011 à 2013, trois promotions de première année ont donc investi les zones huppées des Champs-Elysées, de Monceau et de la Madeleine. D'habitude, ce sont des chercheurs confirmés qui étudient les riches pour limiter les situations de dépendance lors des entretiens. Dans le cas présent, une demi-heure de transport suffit à mettre en évidence la distance sociale qui sépare les quartiers les plus pauvres du triangle d'or où s'imposent les palaces et les boutiques de luxe. Les étudiants sont mal à l'aise, le plus souvent. "Nous sommes pris dans les limites de notre corps socialisé", constate Nicolas Jounin. Ils ne sont pas non plus les bienvenus dans ce havre de la profusion, d'autant qu'une des étudiantes est voilée. Ces trois enquêtent imbriquées se lisent comme un reportage. Nicolas Jounin nous immerge avec ses apprentis sociologues dans le monde de l'opulence. Il montre aussi les moyens de dépasser l'exotisme et le manichéisme pour entre dans la compréhension. Chacun part sur des a priori, puis il affine. Nicolas Jounin n'est pas un pédagogue sadique. Il expose la méthode sociologique pour explorer ce gouffre social et explique à es jeunes du 93 qu'il existe un outil pour réduire cette faille. Cela s'appelle l'université...

26/09/2014 - Livres Hebdo

 

Dans les années 60, Lévi-Strauss conseillait à ses jeunes disciples: "La Papouasie - Nouvelle-Guinée est un nouveau paradis pour les anthropologues." Plus besoin aujourd'hui de braver le Pacifique pour étudier les coutumes d'un monde exotique: le VIII° arrondissement de Paris offre ce qu'il faut. Une demi-heure de métro sépare les quartiers du 9-3 parmi les plus pauvres de France du "triangle d'or" délimité par les avenues Montaigne, George-V et des Champs-Elysées, où il est plus facile pour l'indigène de trouver un sac Gucci qu'une baguette de pain. Comme Miguel, une centaine d'étudiants en sociologie à l'université Paris-VIII Saint-Denis, ont quitté, entre 2011 et 2013, la banlieue nord pour enquêter dans trois quartiers cossus de la capitale, ce territoire de la République où se concentrent les puissants (l'Elysée, Matignon), les riches familles, les cabinets d'avocats et les banques. [...] De cette incursion en terra incognita, nourrie par le travail de trois promotions, Nicolas Jounin a tiré un récit savoureux, cruellement drôle, jamais larmoyant: Voyage de classes, qui retrace les péripéties de ses étudiants en première année partis à la conquête de cette France du Bottin mondain.

03/10/2014 - Marie Huret - Marianne

 

Entre pamphlet, récit et essai, son Voyage de classes se lit d'une traite, comme un roman documenté et jubilatoire. Le coeur clairement à l'extrême gauche, Nicolas Jounin s'est fait plaisir. Il nous régale d'observations vachardes - comme l'étrange absence de toilettes publiques dans ces zones privilégiées; histoire de tenir à l'écart les sans-abri, ou encore les remarques pseudo-humoristiques du maire du 8° d'alors, sous couvert de sollicitude pour ses étudiants.

09/10/2014 - Véronique Radier - Le Nouvel Observateur

 

L’humour comme outil pour que tout un chacun puisse accéder à un ouvrage (un manuel, même !) de sociologie, c’était l’un des paris de Nicolas Jounin, avec son Voyage de classes, publié aux éditions la Découverte. Pari réussi ! Oh, certes, il lui sera sans doute reproché de caricaturer les « indigènes », les boutiques de luxe et les lieux institutionnels (Élysée, Matignon, ambassades…) du 8e arrondissement de la capitale. Mais, l’auteur le souligne, l’objectif de ce livre n’est pas de décrire la classe bourgeoise. Il est de questionner sur la manière de se préparer, de se consolider, quand on souhaite explorer le monde des riches, et qu’on étudie, à Saint-Denis. Même si une demi-heure de métro sépare ces deux mondes ! Le livre ne lésine pas sur les données chiffrées, mêlées aux observations et aux entretiens réalisés par les étudiants, qui ne sont pas sans rappeler celui de Stéphane Beaud et Florence Weber, intituléGuide de l’enquête de terrain, bâti pour sa part autour d’une enquête menée par des étudiants de Normale sup amenés à sillonner des villes de province et des quartiers populaires.

09/10/2014 - Laurence Mauriaucourt - L'Humanité

 

Voyage de classes offre un triple niveau de lecture. Le premier, qui transparaît dans le titre, est une plongée dans la vie bourgeoise du 8e arrondissement parisien, dans le prolongement des travaux du couple de sociologues Michel et Monique Pinçon-Charlot. Le lecteur pourra se délecter d’anecdotes triviales sur cet arrondissement. On apprend ainsi que le 8e est l’un des moins pourvus en toilettes publiques… pour éviter les SDF. Le deuxième niveau de lecture proposé est celui d’un guide d’enquête pour jeunes sociologues. De nombreuses anecdotes livrent quelques « ficelles du métier », dans le prolongement du travail de Stéphane Beaud et de Florence Weber dans Le Guide de l’enquête de terrain (1997). Maître de conférences, Nicolas Jounin relate avec humour les aventures de ses étudiants apprentis‑
chercheurs du 93 (Seine-Saint-Denis) parachutés dans les quartiers chics parisiens. C’est l’occasion de rappeler les techniques d’enquête et de livrer quelques astuces sur le savoir-faire de chercheur, comme lorsque l’auteur souligne au sujet des désistements des enquêtés que si « le questionnaire est l’outil du sociologue, le râteau est son plus fidèle compagnon ». Les expériences plus ou moins malheureuses des étudiants illustrent habilement l’un des principes de survie fondamental pour tout apprenti : « L’observateur en sociologie est une espèce d’omnivore qui se nourrit de toutes les péripéties, y compris de ses propres déboires. » En conclusion, un dernier niveau de lecture se révèle : celui de l’engagement de l’auteur pour un enseignement supérieur moins clivé entre grandes écoles et universités de banlieue. Voyage de classes se termine par un vivant plaidoyer pour une pédagogie universitaire dynamique et égalitaire : « N’importe qui devrait pouvoir étudier n’importe qui », rappelle N. Jounin, s’inspirant du sociologue américain Everett C. Hughes.

01/01/2015 - Maud Navarre - Sciences Humaines

 

La sociologie vivante de Nicolas Jounin se lit comme un bon roman.

06/11/2014 - Isabelle Rey-Lefebvre - Le Monde

 

Voyage de classes n’est pas seulement un bon titre, c’est aussi un excellent ouvrage hybride, à la fois guide en creux de l’enquête de terrain et plongée, limitée mais néanmoins vertigineuse, dans le monde de la haute bourgeoisie. […] Si on en apprend au bout du compte autant, voire plus, sur les étudiants eux-mêmes que sur ceux qu’ils croisent, cette rencontre décapante entre classes sociales constitue une expérience sociologique de première classe.

21/10/2014 - Joseph Confavreux - Mediapart

 

Voyage de classes n’est pas seulement un bon titre, c’est aussi un excellent ouvrage hybride, à la fois guide en creux de l’enquête de terrain et plongée, limitée mais néanmoins vertigineuse, dans le monde de la haute bourgeoisie.

21/10/2014 - Joseph Confavreux - Mediapart

 

L’expérience du Voyage de classes retranscrite par Nicolas Jounin dans son dernier ouvrage s’inspire de tentatives pédagogiques déjà éprouvées sous la forme de « stages de terrain », notamment à l’École normale supérieure depuis les années 1980, ainsi que dans d’autres universités plus récemment. Le terrain d’enquête présenté ici s’en distingue toutefois par la position sociale des enquêteurs de l’Université de Paris 8. Les trois promotions d’étudiants en première année de sociologie se composent majoritairement de jeunes femmes, âgées de dix-huit à vingt ans, rarement blanches ; les deux tiers résident dans la banlieue nord de Paris et leurs parents sont majoritairement ouvriers ou employés. Une autre spécificité de cette enquête tient au retournement de la lunette d’observation, puisque des dominés participent ici activement de « la prétention » et de « l’insolence » des sciences sociales, en se focalisant sur les quartiers bourgeois du 8e arrondissement.

15/01/2015 - Félix Mazet - Liens socio

 

Voyage de classes offre le récit des étonnements et des déconvenues de trois cohortes d’étudiants en sociologie de l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis qui se rendent dans le très huppé 8ème arrondissement de Paris pour apprendre les techniques de l’enquête sociologique aux côtés de leur enseignant, Nicolas Jounin. Le titre joue sur le mot « classe », renvoyant aussi bien à l’expérience du décentrement social qu’à celle de l’excursion scolaire. L’objet du livre est, lui, tout aussi pluriel. Cet ouvrage est en effet tout à la fois un manuel de sociologie, le compte rendu d’une ethnographie de l’entre-soi de la grande bourgeoisie parisienne et le support d’une réflexion sur le statut de l’enquête sociologique. Il plaide pour que l’enquête sociologique constitue non seulement un travail d’accumulation de savoir mais également une expérience intrinsèquement politique indispensable à la construction d’une société d’égaux.

26/02/2015 - Jules Naudet - La vie des idées

 

CLASS TRIP
Students from the outskirts of Paris discover the strange habits and customs of the upper-class neighborhoods

A half-hour ride on the Paris métro separates some of France's poorest neighborhoods from its richest areas. Leaving Saint-Denis, a suburb to the north of Paris, a group of about one hundred students from that area conducts studies and inquiries in three well-off neighborhoods in the 8th arrondissement of the capital city. In order to become acquainted with the sociological process, the students must familiarize themselves with a strange, new world whose \"natives\" present their unusual customs and preoccupations. From the first anonymous, timid forays up to confrontations with no way out, this book recounts in an intense and joyful way the battles the students face in order to better understand the dominant social strata. The issue at hand : reversing the usual approach wherein \"those from above\" observe and decrypt the existence of \"those below\".


Nicolas Jounin is a sociologist and professor at the Université Paris-8-Saint-Denis. He is the author, at La Découverte, of Chantier interdit au public. Enquête parmi les travailleurs du bâtiment (2e éd., Poche, 2009), and, with Pierre Barron, Anne Bory, Sébastien Chauvin and Lucie Tourette, of On bosse ici, on reste ici ! La grève des sans-papiers: une aventure inédite (2011).


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