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Tueuses, ogresses, sorcières, pédophiles, hystériques, criminelles, délinquantes, furies, terroristes, kamikazes, cheffes de gang, lécheuses de guillotine, soldates, policières, diablesses, révolutionnaires, harpies, émeutières, pétroleuses, viragos, guerrières, Amazones, boxeuses, génocidaires, maricides... Qu'y a-t-il de commun entre toutes ces figures ? Pour le comprendre, il importe d'exhumer, de dénaturaliser, d'historiciser et de politiser la violence des femmes. Telle est l'ambition de cet ouvrage qui propose une approche pluridisciplinaire sur un sujet trop longtemps ignoré des sciences sociales.
Cette somme inédite, réunissant des études historiques, anthropologiques, sociologiques, linguistiques et littéraires, révèle combien la violence des femmes est au coeur d'enjeux d'ordre à la fois politique et épistémologique. Penser la violence des femmes, c'est en faire un véritable levier pour considérer autrement la différence des sexes, la violence et, par-delà, l'ordre social.
| Préface de Arlette FARGE |
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Collection : Sciences humaines
Parution : août 2012
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Prix : 32 €
ISBN : 9782707172969
Dimensions : 155 * 240 mm
Nb de pages : 448
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Coline Cardi est maîtresse de conférences en sociologie à l’université Paris-VIII, cher-cheuse au CRESPPA-CSU. Geneviève Pruvost, médaille de bronze du CNRS, est sociologue, chargée de recherche au CESDIP. Elle est l’auteure de Profession : policier. Sexe : féminin (Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2007).
Préface,par Arlette Farge Introduction générale. Penser la violence des femmes : enjeux politiques et épistémologiques, par Coline Cardi et Geneviève Pruvost I / Violences politiques Introduction, par Dominique Godineau 1. Femmes en armes au XVIe siècle, par NicoleDufournaud 2. Des émeutières passées sous silence ? L'invisibilisation de la violence des femmes au prisme du genre (Paris, 1775), par Clara Chevalier 3. De la violence des femmes pendant la période révolutionnaire : un paradoxe persistant , par Jean-Clément Martin 4. Des communardes sur les barricade, par Quentin Deluermoz 5. Femmes du Liban et de la Palestine dans la lutte armée, par Sonia Dayan-Herzbrun 6. La « terroriste », la « milicienne » et la « policière » : implication des femmes dans la violence armée au Pérou, par Camille Boutron 7. Stigmatisation du quotidien des femmes engagées dans la lutte armée au Pérou et en Irlande du nord : transformation et continuité des rapports sociaux, par Maritza Felices-Luna 8. La politique du singe au Rwanda. Les femmes génocidaires et la parole, par Violaine Baraduc II / Le privé et le politique Introduction. Sociétés matrilinéaires et violence des femmes, par Marie-Élisabeth Handman 9. Violence symbolique, violence fantasmée, l'exemple de la « scandaleuse » Violette Morris (1893-1944), par Marie-Josèphe Bonnet 10. La violence pédophile au féminin : une figure sociale impensable, par Jean-Raphaël Bourge 11. La violence dans les relations lesbiennes : recension des écrits, par Vanessa Watremez 12. Violence domestique des femmes au Mali, par Nehara Feldman 13. La violence des femmes, entre démesure et ruptures, par Clothilde Lebas
14. Comment parlent-elles de la violence ? Récits de jeunes filles brésiliennes engagées dans des activités criminelles, par Dominique Duprez III / Traitement institutionnel de la violence des femmes Introduction. La criminologie féministe et la question de la violence des femmes, par Colette Parent 15. La femme (criminelle) sous le regard du savant au XIXe siècle, par Martine Kaluszynski 16. « Bad girls ». La violence des filles : généalogie d'une panique morale, par David Niget 17. Une femme peut-elle être jugée violente ? Les représentations de genre et les conditions de leur subversion lors des procès en comparution immédiate, par Maxime Lelièvre et Thomas Léonard 18. La violence des femmes pendant les conflits armés et la (non)-réaction des organisations internationales, par Jane Freedman IV / Figurations et défigurations des femmes violentes Introduction. Représenter la violence des femmes : performance et fantasme, par Éric Fassin 19. La baignoire et le couteau. L'assassinat de Marat (13 juillet 1793), par Guillaume Mazeau 20. La médiatisation. Le cas des militantes d'Action directe, par Fanny Bugnon 21. La violence des femmes saisies par les mots. « Sorcière », « Tricoteuse », « Vésuvienne », « Pétroleuse » : un continuum toujours vivace ?, par Dominique Lagorgette 22. « Unsex me ! » Littérature et violence politique des femmes, par Raphaëlle Guidée 23. Qu'est-ce qu'une femme ? Évolution du personnage féminin dans la série Terminator, par François-Xavier Molia Postface,par Rose-Marie Lagrave Bibliographie générale Liste des sigles.
C'était un attribut patriarcal avec lequel il fallait en finir : les féministes françaises ont très majoritairement récusé la violence. Comme le dit Benoîte Groult, le féminisme n'a jamais tué personne. Position théorique et philosophique parfaitement justifiable, ce choix a contribué à maintenir sur la violence des femmes une chape de plomb, interdisant de penser son éventuelle dimension émancipatrice. L'ouvrage coordonné par deux sociologues, Coline Cardi et Geneviève Pruvost, et préfacé par Arlette Farge, n'en est que plus nécessaire. Offrant au lecteur des aperçus historiques, littéraires et sociologiques, allant des « femmes en armes du XVIe siècle » à la pédophilie féminine, il décline la nature des dénis qui entourent ces frasques ou ces déviances : violentes, les femmes ne sauraient l'être « vraiment » (et on continuera, malgré les évidences, à voir les bandes de filles comme des phénomènes nouveaux et contre-nature), ou du moins ne peuvent-elles en être tenues responsables (les femmes terroristes sont « manipulées » ou « amoureuses »). Passionnant. 31/08/2012 - Julie Clarini - Le Monde des Livres On découvrira dans cet ouvrage troublant un inventaire des violences exercées par les femmes, dont l'intensité, la cruauté et la récurrence sont comparables à celle de la violence des hommes, même si cette dernière est plus ample et traditionnellement plus acceptée. L'ouvrage porte aussi sur la représentation de cette violence, que l'on dénonçait dans le passé comme aberrante, tandis que les héroïnes de cinéma aussi sexy que violente se multiplient aujourd'hui. 01/11/2012 - Pour la Science En désirant qu’Arlette Farge préface cet ouvrage interdisciplinaire de 27 contributions, les sociologues Coline Cardi et Geneviève Pruvost l’inscrivent dans la continuité des travaux novateurs que l’historienne avait dirigés avec Cécile Dauphin en 1997 (De la violence et des femmes, Albin Michel) et soulignent la percée de cette thématique, longtemps impensable, voire tabou. Car penser la violence des femmes perturbe l’ordre des sexes, tout autant qu’il modère la victimisation féminine et desserre la relation dominant/dominée, deux crimes de lèse-majesté féministe. Ces dernières années, une plus grande visibilité de la violence féminine dans l’espace privé (infanticide, violences conjugales et parentales, inceste) et public (délinquance en «bande» de filles, terrorisme, violences de guerre) a émoussé cet interdit tacite. Seule la littérature n’y fut jamais soumise ; de fait, même les institutions chargées de la prise en charge des auteurs de violence de guerre l’ont intégré : leurs plans d’aide et de prévention ne s’adressent qu’aux seuls hommes. 22/11/2012 - Yannick Ripa - Libération "Tel un pavé dans la mare des sciences sociales et du féminisme", voilà comment Rose-Marie Lagrave présente, à juste titre, l'ouvrage codirigé par Coline Cardi et Geneviève Pruvost sur la violence des femmes dans la postface qui lui sert de conclusion. Ce pavé de 440 pages fait en effet exploser l'une des croyances les plus solidement ancrées dans le sens commun, y compris savant, sur la douceur des femmes, ou, à tout le moins, sur leur "nature" relativement moins violente que celles des hommes. 16/04/2013 - Delphine Dulong - La Quinzaine littéraire
REFLECTING ON WOMEN?S VIOLENCE
Murderers, ogresses, witches, pedophiles, hysterics, criminals, delinquents, furies, terrorists, suicide bombers, gang leaders, guillotine knitters, soldiers, police officers, devils, revolutionaries, harpies, rioters, pétroleuses, viragos, warriors, Amazons, boxers, mass murderers, husband killers... What do all these figures have in common ? In order to understand, it is important to exhume, denaturalize, bring a historical and political perspective on women's violence This book provides a multidisciplinary approach on a subject that has been long ignored by social science. Coline Cardi is Senior Lecturer in sociology at the University of Paris-VIII, a researcher at the CSU CRESPPA. Geneviève Pruvost holds a CNRS bronze medal. A sociologist, a research fellow at the CESDIP. She is the author of Profession : policier. Sexe : féminin (Éditions de la MSH, 2007) and of De la sergote à la femme flic. Une autre histoire de l'institution policière,1935-2005 (La Découverte, 2008).
Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com
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