Le libéralisme n'a pas d'avenir
Big business, marchés et démocratie

Guillaume DUVAL

Sommes-nous condamnés à vivre désormais dans une société de marché ? Non, car contrairement à ce qu’affirment les libéraux, un tel avenir est très peu probable. Telle est la thèse, provocante mais convaincante, développée par Guillaume Duval. Il montre combien le fonctionnement même du marché est dépendant d’un tissu de plus en plus dense de rapports non marchands. Et comment la concentration accélérée des entreprises réduit constamment le rôle du marché concurrentiel ? une concentration souvent socialement utile, tant la concurrence coûte cher. Quant aux marchés financiers, ils ont prouvé leur immaturité et leur incapacité à jouer le rôle central que les libéraux prétendaient leur confier. La « société post-marché » qui se dessine ainsi ne garantit cependant aucun lendemain qui chante. Elle oblige à repenser les modes d’intervention politique en économie. L’auteur explore les moyens d’exercer un contrôle social effectif sur les grandes entreprises multinationales dans un contexte où la généralisation du salariat bouscule le mouvement ouvrier et le schéma classique de la lutte des classes. Il plaide notamment pour que la « responsabilité sociale des entreprises » devienne un des leviers privilégiés d’une profonde transformation démocratique du système économique. Un plaidoyer à la fois lucide et mobilisateur.

Version papier : 17 €
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Détails techniques
Collection : Cahiers libres
Parution : septembre 2003
ISBN : 9782707141033
Nb de pages : 180
Dimensions : 135 * 220 mm
Façonnage : Broché

Guillaume DUVAL

Guillaume Duval est rédacteur en chef adjoint du mensuel Alternatives économiques. Il a publié récemment Made in Germany. Le modèle allemant au-delà des mythes (Le Seuil, 2013)

Extraits presse

« Il est plus que temps d'avoir un large débat permettant de redéfinir les conditions de gestion des entreprises, ainsi que les principes d'organisation de nos économies. L'avenir de nos sociétés développées en dépend. Guillaume Duval a l'immense mérite de rentrer dans cette confrontation indispensable avec une hypothèse forte, le besoin de promouvoir des rapports économiques non marchands. Ce contre-pied est particulièrement stimulant.
Guillaume Duval dépasse la simple condamnation, cherche à comprendre les contradictions et ouvre sur de véritables alternatives. [Il] montre qu'il est possible d'agir dans le processus de développement économique pour tenter d'y construire une société vivante et solidaire. »
ALTERNATIVES ÉCONOMIQUES

« Et si l'avenir du capitalisme ne résidait pas dans la "marchandisation du monde" dénoncée par certains, mais dans le développement croissant du secteur non-marchand ? Telle est la thèse développée par Guillaume Duval, qui met en avant les contradictions des libéraux et les paradoxes du capitalisme. Dans son ouvrage, Guillaume Duval tord ainsi le cou à de nombreuses idées reçues, qu'elles soient défendues par les tenants d'un libéralisme exacerbé ou par leurs détracteurs. Il fournit là un formidable travail pédagogique de démystification des processus économiques, permettant à tout un chacun d'en saisir les mécanismes, les enjeux et les limites. Un travail de vulgarisation peu commun qui a en outre le mérite de proposer une approche constructive et critique du capitalise. »
LE BLEU DE PROFESSION POLITIQUE

« Une lecture vivement conseillée. »
LE MONDE INITIATIVES

« Guillaume Duval ne rejette pas le libéralisme, mais il soutient qu'en réalité le libéralisme se condamne tout seul : son développement naturel, explique-t-il astucieusement, conduit inexorablement vers un autre monde postlibéral. Certains pourront trouver là des échos du vieux Marx, mais le constat qu'il fait de l'accroissement de ce qu'il nomme le "secteur non marchand" est incontestable. »
L'EXPANSION

« Intéressant. »
TÉMOIGNAGE CHRÉTIEN

« Fortiche, de démarrer sur l'incroyable progression du non-marchand dans le monde ! Vraiment l'économie telle qu'elle doit être racontée. »
CHARLIE HEBDO

« [Ce] livre décrit avec des arguments décisifs une montée ininterrompue de l'économie non-marchande et un capitalisme qui a lui-même réduit l'espace du marché. Cette thèse, provocante mais convaincante, s'appuie, entre autres, sur quelques tendances lourdes des pays développés. »
POLITIS

« Derrière ce titre provocant se cache un argumentaire plus subtil. Des conclusions politiques assez originales à gauche. »
LES ÉCHOS

« Cet essai est intéressant parce qu'il permet d'y voir clair dans un monde où les repères et les frontières, dit-on, vacillent. Il fait mouche lorsqu'il souligne les dangers d'un libéralisme souvent autodestructeur. »
LE MONDE

« Ce livre redresse quelques idées reçues en économie. »
LIBÉRATION

« Peser sur le monde, c'est d'abord le connaître. Le connaître vraiment, loin des idées reçues. Le libéralisme n'a pas d'avenir est, à cet effet, d'une efficacité redoutable. Contre ces principes véhiculés par les libéraux, et qui, outre qu'ils sont contraires à la réalité, faussent la connaissance de notre environnement et donc les choix permettant de le faire évoluer. »
SYNDICALISME HEBDO

« "Le libéralisme n'a pas d'avenir." Le slogan aura été martelé, parmi d'autres, pendant les quatre jours du Forum social européen qui se termine demain à Paris. Mais, au-delà de la formule, Guillaume Duval livre avec pédagogie une analyse critique de la mondialisation, qui prend à contre-pied une thèse centrale des altermondialistes : la marchandisation du monde. »
LA TRIBUNE

« Voici un petit livre décapant, au sens littéral du terme. Guillaume Duval démontre, chiffres à l'appui, nombre d'idées reçues sur la dynamique du capitalisme. »
ALTERNATIVES INTERNATIONALES

« Publié à la veille du deuxième Forum social européen de Paris, le livre de Guillaume Duval prend le contre-pied des thèses sur le libéralisme triomphant; la marche inéluctable vers la société de marché et la diabolisation des entreprises multinationales qui étendent leur emprise sur l'ensemble des rapports sociaux en contraignant l'État à céder du terrain. La thèse se veut rigoureuse, un brin provocatrice mais argumentée. »
CADRES CFDT

« Un livre décapant. »
LA NOUVELLE VIE OUVRIÈRE

« Sous ce titre provocateur, Guillaume Duval, rédacteur en chef adjoint d'Alternatives économiques, montre les limites du système actuel. Dont la régulation pourrait venir de la Responsabilité sociale des entreprises... »
L'ALSACE LE PAYS

« Les idéologues libéraux nous le répètent : le marché est l'indépassable horizon de l'humanité ! Une antienne que les hérauts de la pensée unique traduisent à leur manière en disant que l'Histoire est désormais finie... La mouvance protestataire qui fulmine aux quatre coins de la planète opère un peu dans le même registre lorsqu'elle dénonce la "marchandisation du monde". Guillaume Duval, proche des altermondialistes, propose, lui, une analyse qui tourne le dos à ce pessismisme en affirmant que les rapports marchands vont, à l'avenir, jouer un rôle toujours plus restreint dans la vie de nos sociétés et de nos économies. »
LE VIF/L'EXPRESS

« Le mérite de [ce] livre est de s'en prendre, fort opportunément, à un certain nombre des "évidences" des années récentes. Il est urgent de ne jamais cesser de penser. »
PROJET

PRESSE

 

Table des matières

Introduction : L’improbable marchandisation du monde ? Le non-marchand progresse partout ? La concentration des entreprises étouffe le jeu du marché ? L’archaïsme des marchés financiers ? Un continuum entre marchand et non-marchand ? Plus que jamais l’heure de la politique ? Schumpeter avait raison ? Pas de lendemains qui chantent ? 1. L’incontournable non-marchand ? Le Japon champion de l’État light ? L’idéal libéral vire au cauchemar économique ? Les avantages impériaux des États-Unis ? L’importance du secteur non-profit américain ? Un système moins libéral qu’il en a l’air ? Le non-marchand continue à progresser ? De l’utilité des prélèvements obligatoires ? La logique des biens publics ? Socialiser les pertes et privatiser les profits ? La fiction des « prélèvements » obligatoires ? Un rôle croissant du « tiers secteur » - Les difficultés de la délégation de service public ? La spécificité française du clivage public/privé ? Une régulation publique de plus en plus plurielle ? Les défis de l’internationalisation ? Le Sud souffre surtout de la faiblesse du non-marchand ? La responsabilité des institutions internationales ? L’Europe et le non-marchand ne font pas bon ménage ? L’incohérence du capitalisme ? 2. Entreprises:big is beautiful ? Le monopole est plus économique que la concurrence ? L’entreprise contre le marché ? De l’automobile à l’ordinateur, un changement de monde ? Une start-up n’est pas une PME ? L’innovation reste la seule forme de concurrence ? Ce ne sont pas les PME qui créent l’emploi ? Le rôle clé des technologies de l’information ? L’emprise des groupes ? Le contraste entre Europe et États-Unis ? L’entreprise virtuelle n’est pas pour demain ? L’intégration verticale progresse ? Les dérives de l’externalisation ? Les fusions créent une situation irréversible ? Coûts fixes et coûts variables ? Des modèles économiques radicalement différents ? De multiples conséquences pour l’environnement économique ? Comment maîtriser le big business ? ? La dynamique du capitalisme creuse la tombe du marché ? Les effets pervers des politiques pro-PME ? Davantage de contrôle démocratique sur les grandes entreprises ? 3. L’immaturité des marchés financiers ? La financiarisation de l’économie vient de loin ? Sphère financière et économie réelle ? Le rôle positif de la finance ? Vingt ans de folie ? Démythifier la finance ? Le choix politique de développer les marchés financiers ? Entreprises : le capital plutôt que le crédit ? Les marchés font aussi l’affaire des acteurs financiers ? Ménages : des patrimoines de plus en plus financiers - La fin de la belle harmonie autour des marchés financiers ? L’aléa moral, au cœur des crises financières ? Éviter l’écroulement du système financier international ? Le sentiment d’impunité des spéculateurs ? Obliger les spéculateurs à payer ? Le mythe de la dictature des actionnaires ? Une hausse exceptionnelle et en partie rationnelle des cours des actions ? Le rôle central des taux d’intérêt ? Un jeu de vases communicants ? Les actionnaires trois fois moins exigeants en 2000 qu’en 1990 ? 15 % de rentabilité sur fonds propres ? ? La concentration à venir des acteurs financiers ? Mettre les mains dans le cambouis ? Protéger les ménages du risque financier ? Le déclin de l’actionnariat individuel ? Responsabiliser les gestionnaires de fonds ? Un autre gouvernement d’entreprise ? Le capitalisme actionnarial est une utopie ? Stakeholder au lieu de shareholder ? 4. La lutte des classes est finie et pourtant elle continue ? La généralisation du salariat ? L’exception italienne ? Le changement de statut des femmes ? L’extension du salariat, cœur de la mondialisation ? Le salariat n’est plus le prolétariat ? La financiarisation croissante des patrimoines ? L’illusion de la fin du conflit capital/travail ? Le rapprochement capital-travail, de Pétain à de Gaulle ? L’idée stupide de l’actionnariat salarié ? Les managers sous pression ? Stock-options et actionnariat salarié ? Un luxe réservé aux salariés les mieux payés ? La nationalité du capital : un réel enjeu de pouvoir ? Trop de risque pour les salariés ? La mort du mouvement ouvrier ? L’unité du salariat, une utopie dépassée ? L’inertie des représentations sociales ? Une réelle opposition Nord/Sud ? Gérer les contradictions ? 5. Que faire ? ? Les déséquilibres s’accroissent ? La mondialisation n’a profité à personne ? Une situation d’échec classique ? La croissance est indispensable ? L’échec annoncé de la « social-démocratie » mondiale ? L’improbable État mondial ? La RSE une dynamique qui se déploie au cœur du système ? Le symbole Nike ? La bataille des mots ? La question du reporting ? Ne pas prendre des vessies pour des lanternes ? RSE : pas de handicap pour la rentabilité de l’entreprise ? Le RSE n’est pas un substitut à l’action publique ? L’encadrement public de la RSE a commencé ? Un bouleversement de la logique du capitalisme ? Conclusion : Exit et voice ? Un monde « post-marché » peu rassurant ? Oligopoles privés et bureaucraties publiques, même combat ? La démocratie, une lutte incessante ? À chacun de jouer.

Droits étrangers

Capitalism versus liberalismOn the subject of globalisation's paradoxes


The real challenge of global economy, explains Guillaume Duval here, is that of social and collective control over global companies. He convincingly demonstrates that this aim is within reach. Firstly, politicians are far from being powerless. Secondly, the demand for “company social responsability” is a step towards recognizing that workers, consumer associations, local communities and ecological NGO’s should have a say on company activity.


Guillaume Duval is an engineer and the author of L’entreprise efficace. La seconde vie du taylorisme (La Découverte, 1998).


Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com