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La tyrannie de l'évaluation

Angélique del REY

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Dans la vie quotidienne de chacun, jeune ou moins jeune, cadre ou ouvrier, à l’école comme au travail, dans les organisations publiques et privées, au niveau des politiques publiques, etc., les évaluations se font de plus en plus pressantes, diffuses, continues. Rendre des comptes, être visible, mesurable et surtout compétitif devient l’injonction permanente, stressante et très peu mise en cause. Être évalué paraît généralement aller de soi, voire être désirable : « On m’évalue, donc je suis. » Or ces évaluations sont tout à fait paradoxales : au nom de la rétribution au mérite, elles dénient le mérite véritable et engendrent un climat délétère de concurrence et de sauve-qui-peut ; au nom de « plus d’efficacité », elles créent une forme inédite d’inefficacité ; au nom de l’objectivité, elles écrasent les différences, standardisent, normalisent.
De cette omniprésence de l’évaluation et de ses méfaits, ce livre propose une analyse originale, qui, au-delà de la critique, réfléchit aussi à des pistes alternatives en résonance avec une intuition largement répandue : la complexité de la vie sociale n’est pas respectée. Les nouvelles évaluations rendent unidimensionnelle une vie multiple, ignorent les conflits qui font le cœur de l’individu comme de la société et, surtout, prétendent être justes et efficaces en dehors de toute situation réelle, en dehors de toute territorialisation.
Une réflexion essentielle pour ne pas se soumettre à cette « évaluation qui tue ».

Introduction. Comprendre la « folie évaluatrice »
I / Le paradoxe des « nouvelles » évaluations
1. La méritocratie dévoyée

Deux grands principes de la méritocratie
Quand le capitalisme s’en mêle…
La généralisation de la méritocratie
L’évaluation managériale, ou comment déstabiliser le travailleur
Une caricature de méritocratie
2. Une efficacité aux effets pervers
Le NPM dans le collimateur
D’où vient l’évaluation des politiques publiques ?
Le mode d’évaluation « bureaucratique »
L’évaluation « technico-économique »
Vers l’évaluation managériale
3. Le pouvoir de l’objectivité
Derrière l’« objectivité » des statistiques : une interprétation
Quand le mot crée la chose
Aménager des espaces d’équivalence
Le modèle d’un homme normal
Ce qui a changé avec les nouvelles évaluations
II / Qu'implique notre soumission ?
4. Le panoptique

Que faut-il entendre par « pouvoir » ?
Tout voir, partout, toujours
Évaluation et servitude volontaire
Le panoptique version postmoderne
Une normalisation sans homme normal
5. Évalué, donc je suis
Comment le panoptique crée des individus
Du désir d’être évalué, ou l’intimité comme spectacle
« Ma » vérité ne me concerne plus
Chacun comme un petit entrepreneur de soi
III / « Évaluer tue » : une autre évaluation est-elle possible ?
6. Évaluer tue

« Le conflit est le père de toutes choses »
Complexité et mise en échec de la rationalité
L’impossible maîtrise
Quand le néolibéralisme prétend adopter un modèle complexe
La complexité dissoute dans l’information
Vers la déterritorialisation
L’artefactualisation de la vie
7. Pour une évaluation… reterritorialisée
L’alternative reste à inventer
La fin d’un paradigme
Être « chez soi » dans le monde
Une double évaluation
Quelle objectivité ?
Quant à la maîtrise…
Conclusion

Il y a incontestablement du souffle dans ce livre, et bien audacieux qui peut prétendre ne pas être remué par cette implacable démonstration. Angélique Del Rey touche juste lorsqu'elle évoque ce besoin absolu et vain de rationaliser l'ensemble des agissements humains. Même si le propos peut paraître parfois trop négatif, voire militant, ce petit texte fort intelligent nous interroge utilement.

05/02/2013 - Daniel Fortin - Les Echos

 

La philosophe Angélique del Rey porte un regard nouveau sur ce phénomène de société qu'est l'évaluation. En particulier ses nouvelles formes, comme le "New Public Management". L'auteure estime que l'important n'est pas de savoir si l'on est pour ou contre l'évaluation, mais de comprendre comment on en est venu à produire, là où il est question d'évaluer, une "telle diminution de la vie sociale". Cet essai convoque les points de vue sociologiques et psychologiques pour retracer la genèse de cette "folie évaluatrice" et en distinguer les pratiques. Le "rationalisme évaluateur" est ici en cause, "véritable tyrannie du visible et de l'explicite"

14/02/2013 - Politis

 

Que ce soit à l'école, dans les entreprises ou dans les administrations, l'évaluation incarne désormais la méritocratie. L'évaluation se présente comme un discours de vérité, une transparence incontestable dans nos sociétés gestionnaires qui entendent rapporter chaque chose à sa valeur et, partant, à son coût. Pourtant, au-delà de ces aspects si consensuels, l'évaluation comporte un enjeu de pouvoir dangereux, qui se fonde sur la prétention d'un contrôle général des personnes et des institutions. Il s'agit rien moins, selon la philosophe Angélique Del Rey, que d'une tentative d'inscrire la société toute entière dans une rationalité contraignante, obligeant chacun à rendre des comptes et à se soumettre au formatage économique et sociale.

19/02/2013 - Entreprise et carrières

 

Angélique Del Rey propose dans son ouvrage d’analyser la question de « l’évaluation » devenue aujourd’hui un leitmotiv des sociétés modernes néolibérales. Le titre même de l’ouvrage donne la tonalité du contenu qui s’inscrit dans une posture critique et s’inspire, entre autres, des apports théoriques de Michel Foucault ou encore d’Edgar Morin.

15/03/2013 - Gérard Creux - Liens socio

 

THE TYRANNY OF ASSESSMENT


Being assessed is generally taken for granted, even considered positive: “I am assessed, therefore I am”. However these assessments are quite paradoxical: in the name of \"greater efficiency\", they create a unique form of inefficiency. In the name of objectivity, they crush any attempt at difference, are an instrument of standardization, and normalization.
This book offers an original analysis of the omnipresence of the assessment and how it can be harmful, as well as suggesting alternative methods.
Essential reading for all those who do not wish to submit to the dogma of « lethal assessment ».


Angélique del Rey teaches philosophy at a postcare center for teenagers, in the Paris suburbs. She is the author of À l’école des compétences. De l’éducation à la fabrique de l’élève performant (La Découverte, 2010, paperback 2013) and, with Miguel Benasayag, of Plus jamais seuls. Le phénomène du téléphone portable (Bayard, 2006) and Éloge du conflit (La Découverte, 2007). She has also collaborated with the member of the Réseau Éducation sans frontières, to the writing of La Chasse aux enfants (La Découverte, 2008).


Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com
 
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