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Catalogue / Sociologie, société / La domination     

La domination

Max WEBER

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La domination
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Près d’un siècle après sa publication en allemand, La Domination est enfin disponible en traduction française, sur la base de l’édition critique de référence. Il s’agit d’une pièce fondamentale de la sociologie politique de Max Weber.
Ces manuscrits, rédigés avant la Première Guerre mondiale, sont fascinants par leur érudition et leur inventivité conceptuelle. C’est en les rédigeant que Weber forge des notions qui restent aujourd’hui encore des références incontournables pour toute sociologie politique : les trois modes de domination légitime, le passage de la domination des notables à la domination des partis de masse, l’opposition groupe de statut (Stand)/classe (Klasse), le patrimonialisme, la hiérocratie, la domination charismatique et le charisme de fonction n’en sont que les exemples les plus célèbres.
Weber se lance dans une sociologie historique comparative qui préfigure l’histoire globale. Brossant un tableau impressionnant par son ampleur de vue, l’auteur construit les idéaux-types des différents régimes de domination pour mettre le monde occidental moderne en perspective : les dominations bureaucratique, patrimoniale, féodale et charismatique sont ainsi passées en revue. Il étudie aussi les relations entre domination spirituelle et domination temporelle.
Cette sociologie historique place le projecteur « par en haut », adoptant le point de vue des dominants et de leur appareil de domination. Elle jette une lumière sans fard sur la réalité des rapports sociaux et pose en retour une série de défis : comment penser l’action des dominés ? Comment articuler le rôle de savant et celui de politique ? Comment bâtir des idéaux-types de la politique qui dépassent radicalement l’eurocentrisme ?

Note éditoriale sur les éditions de Wirtschaft und Gesellschaft et leurs traductions françaises
Note éditoriale sur la présente traduction de La domination
Introduction, par Yves Sintomer

Le contexte de la rédaction
Une approche sociologique
De la domination
Typologies de la domination
Une conception élitiste de la politique
Le savant et le politique
Quel comparatisme ?
I / La domination
1. Pouvoir et domination. Formes de transition
2. Domination et administration. Nature et limites de l’administration démocratique
3. La domination par l’« organisation ». Raisons de sa validité
II / La domination bureaucratique
1. Le mode de fonctionnement spécifique du fonctionnariat moderne
2. La position du fonctionnaire
3. Les présupposés sociaux et économiques du fonctionnariat moderne
4. La domination bureaucratique
III / La domination patrimoniale
1. De la domination patrimoniale
La domination patriarcale - La domination patrimoniale - L’armée patrimoniale - Les « sujets politiques » du prince patrimonial - Les groupements liturgiques
2. L’administration patrimoniale
Les fonctionnaires patrimoniaux - Les prébendes - Entre stéréotypisation et arbitraire
3. Le fonctionnement des administrations patrimoniales
L’Égypte ancienne - L’Empire chinois - Domination patrimoniale et décentralisation - L’administration des juges de paix en Angleterre - L’administration fondée sur le rang social dans la Russie tsariste
4. Patrimonialisme et féodalisme
IV / Le féodalisme
1. Le système féodal
Fief et féodalisme : définitions - Fiefs et prébendes - Féodalismes orientaux - L’armée féodale - Le lien vassalique - Honneur et statut social - Le droit féodal - Les tendances à la stéréotypisation - L’État des Stände - Les tendances à la bureaucratisation - L’éducation féodale
2. Les formes structurelles des dominations patrimoniale et féodale dans leur relation avec l’économie
Structure économique et organisation politique - Le rôle du commerce dans le patrimonialisme et le féodalisme - Patrimonialisme patriarcal et capitalisme (1) - Féodalisme et capitalisme - Patrimonialisme patriarcal et capitalisme (2) - Puissances politiques et frappe de monnaie - Les types de conduite de vie dans le féodalisme et le patrimonialisme patriarcal et leur rapport au capitalisme
V / La domination charismatique
1. Le charisme
Le charisme comme relation extra-quotidienne - Charisme et royauté
2. La transformation du charisme
Le charisme dans son rapport à la tradition, à la bureaucratie et au communisme - La quotidianisation du charisme - La domination charismatique : la question de la succession - La succession par élection : démocratie, domination des notables et bureaucratisation partidaire - La quotidianisation du charisme, source d’émergence de l’État et de la royauté - La quotidianisation du charisme : la succession héréditaire - Le charisme de fonction - L’éducation au charisme
3. Préservation du charisme et discipline
La discipline - La discipline guerrière - Du communisme de guerre à la rationalisation de la discipline guerrière - La discipline d’entreprise - Le charisme institutionnalisé : la monarchie parlementaire
VI / L’État et la hiérocratie
1. La hiérocratie : charisme de fonction religieux et pouvoir politique
Le césaropapisme - L’Église et le charisme de fonction - Le monachisme - L’ascèse monastique et sa rationalisation - Monachisme et pouvoir politique - Monachisme et charisme de fonction hiérocratique - Charisme politique et charisme religieux - Hiérocratie et théologie
2. La hiérocratie et sa relation à l’économie
Hiérocratie, bourgeoisie et noblesse féodale - L’impact de l’activité économique de la hiérocratie sur le développement économique en général - L’impact de la conduite de vie hiérocratique sur l’économie - Le communisme charismatique - Les accommodements éthiques de l’Église avec le capitalisme - L’impact du capitalisme et de la démocratie modernes sur la domination hiérocratique
3. Le pluralisme religieux occidental dans son rapport avec le capitalisme et la démocratie modernes
Églises luthériennes et capitalisme - Calvinisme, ascèse intramondaine et capitalisme - Religion juive et capitalisme - Les sectes protestantes, le capitalisme et le système moderne des droits
Index.

en librairie le 9 janvier 2014
Max W200r - La domin167on aux ditions La Decouverte


 

Au fond, l’organisation de l’Europe à socle franco-allemand, dont on nous vante (nous vend ?) aujourd’hui les mérites, aurait pu être confiée en un autre temps aux deux pères fondateurs de la science sociale opérant main dans la main, soit le Français Émile Durkheim et l’Allemand Max Weber. Durkheim plutôt progressiste et Weber plutôt conservateur (malgré sa femme militante féministe et prénommée… Marianne) : cela eût donné un beau duo. Encore aurait-il fallu marier deux conceptions méthodologiques bien différentes, même si la même inventivité inspirait l’une et l’autre. Mais, s’agissant du seul Weber et pour sortir de l’utopie rétroactive, réjouissons-nous de voir les éditions la Découverte donner aujourd’hui une traduction et édition critique de sa « sociologie de la domination ». Cette partie d’Économie et Société (Wirtschaft und Gesellschaft) qui, avec ses 400 pages, forme un chapitre du grand ensemble, n’existait pas en français jusqu’ici. La voilà à notre portée sous le titre de La Domination. C’est évidemment un ouvrage savant et qui fait état chez son auteur d’une immense culture, le voyant parcourir âges et civilisations. Mais c’est aussi un ouvrage qui nous intéresse tous — quitte à ce que nous le lisions parfois en diagonale— , et ce pour trois raisons : 1° le concept de domination wébérien a été repris depuis lors et avec éclat par Michel Foucault et par Pierre Bourdieu, se voulant dépassement des notions marxistes d’aliénation ou d’exploitation ; 2° la partie historique de l’ouvrage est foisonnante d’exemples magnifiques et parfois amusants (voir tel gardien de harem perçu comme haut fonctionnaire) ; 3° Weber nous y parle continument de politique même s’il préfère ne pas trop le laisser apparaître, préférant mener un travail distancié sur de grande formes sociales dont il ne perçoit les implications secondes que de loin.
Mediapart



Près d’un siècle après sa publication, est disponible aujourd’hui la traduction française, établie à partir de l’édition critique allemande, d’une «pièce» majeure de la sociologie de Weber : la Domination. L’ouvrage est imposant. Mais si l’on est impressionné par l’étendue des analyses qu’il contient - des «féodalismes orientaux» à l’«administration des juges de paix en Angleterre», de l’ascèse monastique à la discipline guerrière et au fonctionnariat… - on reste toutefois en terre connue, justement parce que l’œuvre de Weber a fourni des catégories qui font désormais partie de la grammaire conceptuelle commune : la distinction entre éthique de la conviction et éthique de la responsabilité, le rapport entre morale calviniste et capitalisme, la conception des partis comme distributeurs de puissance au sein de la communauté, l’idée de monde voué au «désenchantement» parce que privé de ses racines magiques, religieuses ou métaphysiques, les notions de «pouvoir charismatique» ou d’«idéal-type»… [...] Les manuscrits qui composent la Domination, datés de 1911-1913, offrent la plus détaillée, la plus érudite, la plus inventive des analyses des types de pouvoir jamais donnée. Précision et profondeur exigées par le sujet lui-même, puisque «tous les domaines de l’agir communautaire sans exception attestent l’influence extrêmement profonde qu’exercent les configurations de la domination».

09/01/2014 - Robert Maggiori - Libération

 

Peu de personnalités intellectuelles ont connu post mortem une destinée aussi tourmentée que celle du sociologue Max Weber (1864-1920). L'homme était austère et complexe : conservateur nationaliste pour les uns, prophète révolutionnaire du temps présent pour les autres. Il continue de fasciner. L'oeuvre, enrichie aujourd'hui d'une nouvelle traduction sous le titre La Domination, est à l'image de cette complexité : exigeante, foisonnante, procédant souvent par un système savant de variations autour de quelques thèmes, comme les conditions d'émergence du capitalisme moderne ou celles de la liberté personnelle dans un monde dominé par la bureaucratie. [...] La publication de La Domination est une excellente nouvelle !

10/01/2014 - Gilles Bastin - Le Monde des Livres

 

On n’en finit pas de redécouvrir Max Weber (1864-1920). S’ajoutant à des traductions récentes de son œuvre, la Domination constitue une pièce de choix. Cette section d’Économie et Société, rédigée il y a maintenant un siècle, n’était pas disponible en français. Elle délivre de nouveaux aspects de la pensée du grand sociologue allemand.L’ouvrage révèle une sociologie ambitieuse, à la fois très théorique et méticuleuse dans la description des faits de domination.

19/03/2014 - Arnaud Saint-Martin - L'Humanité

 

Quarante-trois ans après la première parution partielle d'Economie et société, voici enfin la traduction française des manuscrits de Max Weber qui viennent compléter ses premières analyses consacrées aux différentes formes de domination, un cas particulier du pouvoir, que l'auteur tenait pour " l'un des éléments les plus importants de l'agir communautaire ". S'appuyant sur une érudition historique impressionnante, couvrant aussi bien les aires européennes, qu'asiatiques ou arabes, l'auteur y développe les grands idéaux-types de domination déjà présentés par ailleurs : bureaucratique, patrimoniale, féodale et charismatique. Il les ramène à deux grandes formes polaires, la domination fondée sur une autorité et la domination en vertu d'une configuration d'intérêts - dont le cas le plus pur est la détention d'un monopole sur un marché. Emaillé de considérations nombreuses sur le capitalisme - avec l'opposition bien connue de Weber au matérialisme marxiste -, l'ouvrage pourra intéresser autant les économistes que les sociologues et les politistes, déjà familiers ou non de l'oeuvre de Max Weber. Et confirme, s'il le fallait, qu'il s'agit bien d'un classique.

01/05/2014 - Igor Martinache - Alternatives économiques

 

 
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