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L'empowerment, une pratique émancipatrice
Marie-Hélène BACQUÉ, Carole BIEWENER
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L'empowerment, une pratique émancipatrice
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Attention, livre important pour toutes celles et ceux qui questionnent l'incapacité des politiques et des experts à répondre aux défis de notre époque troublée. Et qui s'interrogent sur la façon dont les citoyen(ne)s peuvent construire des alternatives. Ce questionnement est en effet à l'origine, dans les États-Unis d'après-guerre, du concept d'empowerment, désignant le « pouvoir d'agir » des individus et des collectifs. Ce concept a connu depuis un succès planétaire dans le monde anglophone. Mais il n'a percé que plus récemment dans les autres espaces culturels, dans les milieux du travail social comme dans la littérature du management.
D'où l'utilité de ce livre très pédagogique, qui synthétise la foisonnante littérature anglophone sur la notion d'empowerment. Il retrace sa genèse, l'histoire de ses multiples variantes - conservatrices ou progressistes - et celle des pratiques sociales qu'elles ont nourries. Des mouvements féministes du Nord et du Sud jusqu'aux programmes de la Banque mondiale et de l'ONU, la notion est utilisée aussi bien dans une perspective radicale d'émancipation que pour conforter les visions néolibérales ou social-libérales. Défendant résolument sa version émancipatrice, les auteures en expliquent les limites, mais aussi son importance pour éclairer les débats contemporains sur la démocratie.

Introduction. Pourquoi l'empowerment ?
Une traduction difficile
Les différentes vies de l'empowerment
Le tournant des années 1970 : du pouvoir à l'empowerment
L'empowerment sous les feux du néolibéralisme
Trois modèles d'empowerment
Une enquête
1. L'empowerment, un nouveau paradigme pour l'intervention sociale
Les racines paradoxales de la notion dans les États-Unis des années 1970
Le travail social en débat
Une tradition ancienne et diverse : Saul Alinsky et le pouvoir - L'empowerment, une notion empruntée aux mouvements sociaux : un exemple de méthode d'empowerment : Violence Against Women ; Un exemple d'atelier : atelier 8, comment trouver ce que l'on veut auprès des structures de conseil ? - L'adoption de l'empowerment par le travail social : le black empowerment aux États-Unis - Transformer les pratiques professionnelles
La psychologie communautaire, une discipline naissante
Une réaction aux pratiques conventionnelles de la psychiatrie - L'empowerment comme paradigme de la psychologie communautaire : les expériences cliniques de Julian Rappaport - Vers une rhétorique professionnelle conservatrice de la responsabilisation des individus ?
2. De la conscientisation à l'émancipation, une vision féministe de l'empowerment
La critique féministe des politiques de développement
Une approche féministe
L'empowerment en Asie du Sud : le contexte indien - Des réseaux féministes transnationaux : Trois approches d'empowerment en Asie du Sud - Une diversité d'expériences, une démarche et des défis communs : les cinq étapes de l'empowerment des femmes ; le Self-Employed Women's Association (SEWA) en Inde
3. La normalisation de l'empowerment : entre néolibéralisme et libéralisme social
Genre et empowerment dans le vocabulaire de l'ONU
Les objectifs du millénaire pour le développement
L'empowerment dans la rhétorique de la Banque mondiale
Une prise en compte tardive et néolibérale des questions de genre : empowerment et microfinance - La gouvernance dans un « régime néolibéral inclusif de développement » - La réduction de la pauvreté : de la capabilité à l'empowerment
L'internationalisation n'est pas l'homogénéisation
4. L'empowerment dans les politiques publiques : conservatisme et troisième voie
L'État au centre de la critique
L'empowerment, un paradigme conservateur ?
Comment la troisième voie a refaçonné l'empowerment
De l'entitlement à l'empowerment - Empowerment, community, capital social :l''Empowerment Zone de Boston : un « partage du pouvoir » ou se gérer entre « pauvres »
L'empowerment instrumentalisé
Le black empowerment en Afrique du Sud : ouvrir des opportunités économiques
5. En France, une importation tardive du concept
Les précurseurs oubliés des années 1950 et 1960
Le « projet inachevé » des années 1970
La politique de la ville, « rendez-vous manqué » des années 1980 et 1990
La diversité des modalités françaises de l'importation de l'empowerment
Conclusion. L'empowerment, un projet d'émancipation ?
Transnationalisation et internationalisation
Les conditions d'un retour à l'empowerment conne outil de transformation sociale
Liste des entretiens
Bibliographie sélective
Notes de référence


vendredi 10 mai 2013

Entretien avec M.-H. Bacqué par laviedesidees


 

dimanche 3 février 2013
Marie200lène Bacqué,167role Biewener - L'empowerment, une pratique émancipatrice aux éditions La Decouverte


 

Les réflexions actuelles autour d'une réinvention de la politique de la ville mettent en relief l'engouement, dans le champ politique et social, pour la notion d'empowerment. Comme le storytelling ailleurs, le concept anglo-saxon s'est imposé en France au cours des années 2000. Mais la difficulté de traduction illustre ses ambivalences. Dans une passionnante réflexion, Marie-Hélène Bacqué et Carole Biewener soulignent que "la notion - et c'est ce qui rend difficile sa traduction - permet de saisir ensemble l'accès au pouvoir comme état ou comme objectif et le processus pour y arriver".

23/01/2013 - Jean-Marie Durand - Les Inrockuptibles

 

Le terme anglais empowerment - traduire (peu ou prou) "pouvoir d'agir" - occupe les sciences sociales et les luttes outre-Atlantique depuis lis d'un demi-siècle. Il ne s'est pourtant, pour l'instant, que peu diffusé en France, en dehors peut-être des membres d'Act Up-Paris, l'inventive association de lutte contre le sida, qui a fait sienne dès sa naissance en 1990 cette manière pour des individus ou des collectifs de construire des formes d'action et des alternatives. Cet ouvrage synthétise utilement l'abondante littérature anglo-saxonne sur la notion, non sans pointer ses utilisations parfois perverses par le management ou en faveur du néolibéralisme.

24/01/2013 - Politis

 

Empowerment. Ce mot rime avec management et évoque davantage l’anglais appauvri des affaires que la langue de Shakespeare. Pourtant, son origine étymologique n’est pas toute récente. Né au XIX° siècle, il « définit à la fois un état et une action, celle de donner du pouvoir », expliquent Marie-Hélène Bacqué, professeure d’études urbaines à l’université Paris-Ouest-Nanterre, et Carole Biewener, professeure d’économie et d’études du genre à Boston. À l’époque, l’action désignée renvoie à l’impulsion d’une puissance supérieure, étatique ou religieuse. Mais à partir des années soixante-dix, des mouvements comme celui des féministes américaines mobilisent l’empowerment dans le sens d’une prise en charge par la société civile de ses propres affaires. D’où le fait que la notion intéresse aujourd’hui en France les chercheurs travaillant sur les formes de démocratie participative, ou, comme ce fut déjà le cas également aux États-Unis dès les années soixante, des travailleurs sociaux soucieux d’aider les personnes en difficulté à reprendre leur vie en main. Il n’empêche. Comme le reconnaissent les deux auteures, c’est aussi conjointement dans le management d’entreprise que le terme se répand de notre côté de l’Atlantique. Au final, l’empowerment peut se repérer tant dans le lexique d’une gauche radicale à tendance libertaire, critique envers le pouvoir d’État, que dans le champ de l’idéologie néolibérale, dont les tenants invoquent eux-mêmes l’autonomie et la responsabilisation des individus, mais cette fois pour justifier les coupes dans les budgets sociaux. Une notion qui circule entre des courants a priori contradictoires n’est-elle pas vecteur de confusion ? Marie-Hélène Bacqué et Carole Biewener font un travail minutieux pour bien dissocier ces différents registres. « Le projet néolibéral d’autonomisation ou d’autoprise en charge vise à produire un individu entrepreneur et consommateur, (...) qui contribue à reproduire et à faire fonctionner le système capitaliste plus qu’à le questionner ou le transformer », conviennent-elles. Mais alors le recours à l’empowerment a-t-il vraiment un intérêt pour éclairer et renforcer les pratiques émancipatrices ? Si l’on veut bien considérer que la bureaucratie reste un point relativement aveugle à gauche, la réponse tendra à être positive. Reste à savoir si l’émancipation sociale ne suppose pas de créer une culture, et donc aussi des concepts, que ses ennemis ne puissent pas si facilement détourner.

04/02/2013 - Laurent Etre - L'Humanité

 

Apparue en France au cours des années 2000 en provenance des États-Unis, la notion d’« empowerment » apparaît dans de multiples domaines : entreprise, université, travail social, éducation, développement international. On la trouve, en France, associée à celle de « démocratie participative ». L’empowerment possède un double sens : celui de détenir un pouvoir mais aussi celui de se rendre capable de l’acquérir, un état donc tout autant qu’un apprentissage. De là la difficulté à le traduire en français (« empouvoirisation », et au Québec « pouvoir d’agir », ou « affiliation »). Par-delà les difficultés lexicales, c’est sans doute la difficulté d’acclimater l’idée à nos réalités sociopolitiques qui empêche que notre langue se l’approprie tout à fait. Aux États-Unis, le concept d’empowerment a connu une évolution notoire, employé à la fois par les libéraux et les conservateurs. Les auteurs distinguent donc trois modèles d’empowerment outre-Atlantique : radical, sociolibéral et libéral. Des premiers aux derniers, c’est la dimension individuelle qui s’affirme au détriment de celle, collective, qui prévalait à ses débuts.
L’empowerment radical « prend sens dans une chaîne d’équivalences qui lie les notions de justice, de redistribution, de changement social, et de pouvoir, celui-ci étant exercé par ceux “d’en bas” ». Le mouvement féministe des années 1970 l’utilise pour qualifier sa lutte contre les violences domestiques et le viol. Mais sa dimension critique perd de son tranchant à mesure qu’elle se diffuse. Son emploi par les institutions internationales a fini par en faire l’outil de l’individu entrepreneur de lui-même.
Or l’empowerment porte en lui une conception du pouvoir et du contre-pouvoir non plus vertical, mais distribué selon des formes inventives, créatives, toutes expérimentations collectives aptes à transformer les hiérarchies. Et le terme ne désigne pas seulement le « pouvoir sur », mais aussi le « pouvoir de » et le « pouvoir avec ».

01/03/2013 - Thierry Jobard - Sciences Humaines

 

EMPOWERMENT, A LIBERATING PRACTICE

Empowerment (the \"authority to act\"), was used by US social movements in the 1970s, and simultaneously adopted by feminists defending new development practices in the southern hemisphere. This concept has had a huge success since the 1990s in many very diverse social, intellectual and political circles.
This book offers the reader a critical outlook on the different uses of this concept and explains the many different interpretations. Resolutely defending the emancipation value of Empowerment, the authors shed light on the various viewpoints and highlight the issues at stake.

Marie-Hélène Bacqué is a lecturer in Urban Studies at the University of Paris-Ouest-Nanterre, where she directs the research unit Mosaïques LAVUE. Her studies focus on working class neighborhoods in France and North America and on participative democracy.
Carole Biewener is a lecturer in Economics and Gender Studies at Simmons College (Boston). Her previous work focused on the financial policies of the French socialist government in the 1980's and on community development and social economy in the USA and Canada.


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