


2012-12-01 - La Décroissance
Un titre de la collection Repères qui se lit comme un roman, c'est peu courant. Mais l'auteur de ce titre a bien connu Ivan Illich et plusieurs de ses amis. Il jalonne d'anecdotes éclairantes sa présentation synthétique de l'oeuvre et du cheminement de cet intellectuel, ancien prêtre et théologien, professeur itinérant, par ailleurs linguiste, philosophe, mais aussi historien. Loin de se contenter de sa proximité personnelle, Thierry Paquot a lu et relu son oeuvre dans son intégralité, des classiques (Libérer l'avenir, Une société sans école, La convivialité...) jusque et y compris des publications plus confidentielles. Il revient sur son évolution en distinguant deux périodes : la première (1951-1980), marquée par sa critique de la société industrielle, des institutions (l'Eglise, l'école, l'hôpital...) et des effets contre-productifs de leur extension ; la seconde (des années 1980 à sa mort, en 2002), où il met davantage l'accent sur les effets symboliques de ces institutions, tout en prenant acte du changement de contexte lié notamment à l'émergence d'Internet. Tout sauf hagiographique, cette introduction à une oeuvre foisonnante aide à comprendre pourquoi aujourd'hui encore, il importe de relire, sinon de lire, cet auteur inclassable, irréductible à toute idéologie et autres pensées en "isme".
2013-01-01 - Sylvain Allemand - Alternatives Economiques
Si Ivan Illich connut après 1968 un grand intérêt de la part de certains intellectuels français dans la mouvance d'Esprit, il a été relativement négligé depuis, malgré l'édition de ses oeuvres complètes chez Fayard. Les collaborateurs du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste en sciences sociales) ont cherché à faire vivre sa pensée, et Jean-Pierre Dupuy, dans son travail sur le catastrophisme, a su attirer l'attention sur celui qui fut son maître spirituel et qui avait compris, bien avant d'autres, les dangers de la société postindustrielle. C'est pourquoi le présent ouvrage de T. Paquot est utile: il donne quelques clés de lecture.
2013-01-01 - Marie-José Minassian - L'Ecole Aujourd'hui
Comme le souligne fort à propos la présentation de l'ouvrage par l'éditeur, il est un paradoxe à propos d'Ivan Illich (1926-2002). Figure incontournable des débats intellectuels des années 1970, la pensée de cet auteur inclassable semble être tombée dans l'oubli au moment même où, face aux problèmes économiques, sociaux et environnementaux du XXIe siècle naissant, elle paraît révéler toute son acuité et que, par ailleurs, elle a légué de nombreuses thématiques et notions au sens commun : " les thèses sur la contre-productivité des institutions, le grignotage des communaux, le rétrécissement de la sphère d'autonomie, la " douce tyrannie " des professions " mutilantes ", etc. sont dorénavant connues, validées, acceptées et banalisées sans qu'on sache nécessairement ce qu'elles doivent à Illich " (p. 77). Assurément, Introduction à Ivan Illich répare cette " injustice " : voilà l'œuvre d'Illich en voie de réhabilitation, proposée de nouveau au public et, ce faisant, mise en débat. Conçu comme une " introduction ", l'ouvrage de Thierry Paquot marie savamment synthèse théorique, analyse de la réception, et biographie d'Illich. Sa proximité d'avec l'auteur teinte son propos d'une tonalité personnelle qui sert agréablement la présentation de l'œuvre et de l'homme. D'ailleurs, c'est sur ce dernier point que l'ouvrage de Thierry Paquot fait mouche et s'impose comme incontournable pour qui veut s'initier à la pensée d'Illich. C'est que celui-ci dispose d'un parcours atypique : polyglotte de naissance, prêtre défroqué, professeur érudit, animateur de séminaires, intellectuel cosmopolite, ami exigeant ; Illich se pose tout à la fois comme acteur de son existence et de l'histoire ‑ tant aux États-Unis, qu'au Mexique où il fonde un centre de recherche (le CIDOC) dont l'action sociale contribuera à sa renommée.
2013-01-21 - Thomas Le Guennic - Liens socio
Illich, s'il n'a pas réussi à refonder la société, sera parvenu à mettre en lumière de savoureux paradoxes, montrant par exemple que " les véhicules créent plus de distances qu'ils n'en suppriment ". Thierry Paquot, grand lecteur et proche d'Illich, livre un captivant " Repère " sur une " pensée pensante " qui a agité les années 1970 (avec des ouvrages célèbres comme Une société sans école, La Convivialité, ou encore Némésis médicale). Et cette pensée des limites de la contre-productivité retentit aujourd'hui avec éclat. Une introduction agréable, qui permet de saluer et d'ouvrir une oeuvre.
2013-02-19 - Julien Damon - Les Echos

Introduction
Un rebelle radical ?
I / Professeur itinérant, éléments biographiques
Jeunesse par gros temps
Un prêtre atypique
Cuernavaca
Un enseignant nomade
Un historien pour le présent ?
II / À l'assaut des institutions contre-productives (1) : l'Église, l'école, les transports
L'Église, matrice de la perversion des services ?
Déscolariser la société
Énergie et iniquité
III / À l'assaut des instituions contre-productives (2) : la convivialité et les méga-outils, l'hôpital et la santé
Qu'est-ce que la convivialité ?
Quand l'hôpital rend malade...
IV / Une trilogie pour la conquête de l'autonomie et la défense des communaux
La fin des genres ?
Autonomie et communaux
V / La perte des sens
La langue vernaculaire en danger
La lecture, chemin de l'amitié
Voir, est-ce regarder ?
Conclusion / Qu'espérer ?
Engagement chrétien
L'accueil d'Illich en France
Le parti de l'amitié
Vocabulaire illichien
Repères bibliographiques.