De la convivialité
Dialogues sur la société conviviale à venir

Marc HUMBERT, Patrick VIVERET, Serge LATOUCHE, Alain CAILLÉ

Tout le monde sent bien, sait bien que nos sociétés ne pourront pas continuer longtemps sur leur lancée actuelle, en ravageant toujours plus la nature, en laissant exploser les inégalités, en lâchant la bride à une finance folle qui dévaste et corrompt tout. Mais quelle alternative imaginer ? Les idéologies politiques héritées ne semblent plus être à la hauteur des défis de l'époque. C'est dans ce contexte qu'il convient d'examiner ce qui est susceptible de réunir certains des courants de pensée les plus novateurs de ces dernières années : décroissance, recherche de nouveaux indicateurs de richesse, anti-utilitarisme et paradigme du don, plaidoyer pour la sobriété volontaire, etc.
Confrontant ici leurs points de vue, en cherchant davantage ce qu'ils ont en commun que ce qui les oppose, certains des animateurs les plus connus de ces courants constatent que l'essentiel, dans le sillage de certaines analyses d'Ivan Illich, est de jeter les bases d'une société conviviale : une société où l'on où l'on puisse vivre ensemble et « s'opposer sans se massacrer » (Marcel Mauss), même avec une croissance économique faible ou nulle.

Version papier : 15 €
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Détails techniques
Collection : Cahiers libres
Parution : janvier 2011
ISBN : 9782707167149
Nb de pages : 196
Dimensions : 125 * 190 mm
Façonnage : Broché

Marc HUMBERT

Marc Humbert, professeur d’économie politique à l’université de Rennes1, collaborateur de La Revue du MAUSS, est actuellement directeur de l’Institut français de recherche sur le Japon contemporain (UMIFRE 19 MAEE-CNRS) à la Maison franco japonaise de Tokyo. Il est co-fondateur et président du conseil scientifique de PEKEA, ONG consultative auprès des Nations unies (réseau de un millier de chercheurs dans 60 pays), mise en place pour construire une approche politique et éthique des activités économiques (Political and Ethical Knowledge in Economic Activities). En dehors d’articles dans des revues de sciences sociales, il a publié et dirigé un certain nombre d’ouvrages, entre autres, avec Alain Caillé, La démocratie au péril de l’économie (Presses Universitaires de Rennes).

Patrick VIVERET

Patrick Viveret, philosophe et politologue, est un ancien conseiller à la Cour des comptes.

Serge LATOUCHE

Serge Latouche est un économiste et philosophe français. Professeur émérite à la faculté de Droit, économie et gestion Jean Monnet (Sceaux) de l’université Paris-XI, il est Objecteur de croissance et président de l’association des amis d’Entropia (Revue d’étude théorique et politique de la décroissance). Il est aussi l’un des « contributeurs historiques » de La Revue du MAUSS.
Il est notamment l’auteur de L’Occidentalisation du monde : Essai sur la signification, la portée et les limites de l’uniformisation planétaire (La Découverte, 1989), L’Autre Afrique, entre don et marché (Albin Michel, 1998), Justice sans limites (Fayard, 2003), L'invention de l'économie (Albin Michel, 2004), Survivre au développement : De la décolonisation de l’imaginaire économique à la construction d’une société alternative (Mille et une nuits, 2004), Décoloniser l'imaginaire. La pensée créative contre l'économie de l’absurde (Parangon, 2004), Le pari de la décroissance (Fayard, 2006), Petit traité de la décroissance sereine (Mille et une nuits, 2007).

Alain CAILLÉ

Alain CAILLÉ

Alain Caillé, professeur émérite de sociologie à l’université Paris-Ouest-La Défense, est le fondateur et directeur de La Revue du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste en sciences sociales). Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont, à la Découverte, La Quête de reconnaissance. Nouveau phénomène social total (2006), Anthropologie du don. Le tiers paradigme (Poche, 2007), ou encore Théorie anti-utilitariste de l’action (2009) ; et, aux éditions Le Bord de l’eau, Pour un manifeste du convivialisme (2011).

Extraits presse

« Issu d'une rencontre organisée en juillet dernier à Tokyo, ce petit ouvrage confronte les avis des quatre coauteurs sans se contenter de les juxtaposer. Car si tous partagent la volonté de rompre avec l'économicisme dominant, chacun défend un projet quelque peu distinct: l'antiutilitarisme, l'objection de croissance et la promotion d'indicateurs de richesse alternatifs. Sans occulter leurs dissensions - notamment autour desdits indicateurs -, ils convergent cependant autour de la promotion d'une "société conviviale", où l'homme contrôlerait son "outillage" (technique et institutionnel) et non l'inverse. Une vision portée en son temps par Ivan Illich, dont l'analyse, présentée, mérite d'être remise au coeur du débat actuel. Un texte clair et stimulant, qui soulève davantage de questions qu'il n'en résout, ce qui n'est pas en soi un défaut. Reste à trouver comment faire valoir politiquement la nécessité d'une autolimitation contre les démesures contemporaines tout en approfondissant la démocratie. Vaste entreprise s'il en est. »
ALTERNATIVES ÉCONOMIQUES


PRESSE

 

Table des matières

Introduction,par Marc Humbert
En guise de prologue. Vers le convivialisme ,par Alain Caillé
1. Stratégies de transition vers le bien-vivre face aux démesures dominantes,par Patrick Viveret
L’insoutenable démesure
Le mal-être, cause et produit de la démesure
Les stratégies de transition vers la convivialité avancée
2. La voie de la décroissance. Pour une société d’abondance frugale,par Serge Latouche
La faillite du plus grand bonheur quantifié
Du rêve au cauchemar
Le retour du refoulé : l’économie civile de la félicité
Le bonheur retrouvé dans la frugalité conviviale
L’autolimitation des besoins et l’abondance frugale
La place de la convivialité et l’esprit du don
Conclusion : le tao de la décroissance
3. Du convivialisme vu comme un socialisme radicalisé et universalisé (et réciproquement),par Alain Caillé
De quelques limites des conceptions actuelles de la bonne société et de la vie bonne
De quelques causes de tous nos maux
Vers un socialisme universalisé et radicalisé
En conclusion
4. Convivialisme, politique et économie. Ivan Illich et le « bien vivre ensemble »,par Marc Humbert
Renouveler les fondements de la société
La création et le partage des ressources
En conclusion
Annexe I ? Ivan Illich, une figure importante de la critique de la société industrielle,par Denis Clerc
Une vie hors du commun
Quelques concepts qui ont marqué, au XXe siècle, la critique de la société industrielle
Annexe II ? Quels indicateurs de richesse alternatifs ?
Annexe IIa ? Les indicateurs de richesse alternatifs : une fausse bonne idée ?, par Alain Caillé
Réflexions sur les incertitudes de la gestion par le chiffre - Prendre garde au chant des sirènes des indicateurs de richesse alternatifs - Premières conclusions -Quelques conclusions. Plaidoyer pour des mesures mesurées
Annexe IIb ? Élaborer ensemble des outils pour construire une société plus conviviale, par Michel Renault
D’une expérience de terrain à une réflexion théorique
Conclusion
Références bibliographiques.

Droits étrangers

CONVIVIALITY


Everyone intuits, everyone knows, that going on living as we have done is unsustainable, what with the wrecking of Nature, an ever more unequal society, an unbridled, crazy financial world corrupting and devastating everything it touches. What alternatives exist ? Political ideologies no longer seem equal to the issues at stake. In such a context it is crucial to study some of the most innovative ideas that have sprung up in the last few years: De-growth, new wealth indicators, anti-utilitarianism, the Gift paradigm, voluntary simplicity etc..


Alain Caillé is the director of the La Revue du M.A.U.S.S. (Mouvement anti-utilitariste en science sociale) and the author, at La Découverte, of Théorie anti-utilitariste de l'action (2009). MarcHumbert is one of the coordinators of Pékéa, a consultative NGO to the United Nations. Serge Latouche is president of the association La ligne d'horizon, an economist and philosopher and one of the best-known advocates of « convivial De-growth». Amongst his published works, : L'occidentalisation du monde (La Découverte, 1989). Patrick Viveret, philosopher and political scientist, is a former advisor to the National Audit Office. Amongst his recent published work : Pourquoi ça ne va pas plus mal ? (Fayard, 2005).


Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com