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Au bonheur des morts
Récits de ceux qui restent

Vinciane DESPRET

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Au bonheur des morts - Vinciane DESPRET
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« Faire son deuil », c’est l’impératif qui s’impose à tous ceux qui se trouvent confrontés au décès d’un proche. Mais se débarrasser de ses morts est-il un idéal indépassable auquel nul ne saurait échapper s’il ne veut pas trop souffrir ?
Vinciane Despret a commencé par écouter. « Je disais : je mène une enquête sur la manière dont les morts entrent dans la vie des vivants ; je travaille sur l’inventivité des morts et des vivants dans leurs relations. »
Une histoire en a amené une autre. « J’ai une amie qui porte les chaussures de sa grand-mère afin qu’elle continue à arpenter le monde. Une autre est partie gravir une des montagnes les plus hautes avec les cendres de son père pour partager avec lui les plus beaux levers de soleil. À l’anniversaire de son épouse défunte, un de mes proches prépare le plat qu’elle préférait, etc. »
L’auteure s’est laissé instruire par les manières d’être qu’explorent les morts et les vivants, ensemble ; elle a appris de la façon dont les vivants qu’elle a croisés se rendent capables d’accueillir la présence des défunts. Chemin faisant, elle montre comment échapper au dilemme entre « cela relève de l’imagination » et « c’est tout simplement vrai et réel ».
Depuis un certain temps les morts s’étaient faits discrets, perdant toute visibilité. Aujourd’hui, il se pourrait que les choses changent et que les morts deviennent plus actifs. Ils réclament, proposent leur aide, soutiennent ou consolent… Ils le font avec tendresse, souvent avec humour.
On dit trop rarement à quel point certains morts peuvent nous rendre heureux !
Chercher les bonnes questions à poser, tel est l’art de Vinciane Despret. Et de préférence à ceux qui ne peuvent pas répondre : parce qu’ils ne parlent pas (comme les animaux, qu’elle a longtemps étudiés en éthologue) ou parce qu’ils n’existent pas… du moins selon une ontologie sérieuse : les morts, par exemple, sont des non-êtres quand les vivants sont des êtres. C’est dans ces « brèches dans l’opposition entre être et non-être » qu’a enquêté la philosophe. Contre la vulgate psychologisante du « travail de deuil », qui consiste au fond, pour ceux qui restent, à se débarrasser de leurs défunts, elle observe au con­traire les modalités inventives par lesquelles, aujourd’hui, morts et vivants élaborent leurs relations. Ce sont tous ces signes que font les morts, les messages qu’ils adressent en rêve, la manière dont les vivants se laissent accompagner par eux, jusqu’aux séances de spiritisme. Avec une démarche scrupuleusement empirique, qui l’a menée, au fil des témoignages, d’un récit à un livre, d’une série TV à un polar, Vinciane Despret prend au sérieux ce que, ordinairement, on relègue au rayon de l’irrationnel ou des « croyances populaires ». Le résultat est étonnant, bienveillant… et fait vaciller bien des certitudes.

01/10/2015 - Philosophie Magazine

 

"Faire son deuil" est devenu un dogme; Et sans doute une façon de se débarrasser des morts, lesquels ne l'entendent pas toujours de cette oreille. Avec les précautions universitaires d'usage, Vinciane Despret, philosophe à l'université de Liège, ouvre un gouffre sous nos pieds: "Les morts ne le sont que si on cesse de s'entretenir avec eux (...), la mort n'est pas une question de tout ou rien." Un bon livre pour faire le deuil de nombreux préjugés.

14/10/2015 - Frédéric Pagès - Le Canard enchaîné

 

Riche d’anecdotes tout aussi belles qu’étranges, la lecture de cette passionnante enquête est en elle-même un bonheur.

01/11/2015 - Le Point

 

TO THE DELIGHT OF THE DEAD
Tales from those who remain

\"Getting through the mourning process\" is an almost banal imperative considered necessary after the death of a loved one. But is it really self-evident ? Is letting go of those who have died a normal and inescapable ideal if we do not want to suffer too much ? No, says Vinciane Despret, in this beautiful book of accounts from those who, on the contrary, have chosen not to completing the mourning process and invented a thousand different ways to live with their dead.


Vinciane Despret, a philosopher and ethnologist, teaches at the Université de Liège. She is notably the author, by the same editor, of Que diraient les animaux si on leur posait les bonnes questions ? (2012, 2014) and, with Isabelle Stengers, of Les faiseuses d’histoires. Que font les femmes à la pensée ? (2011).


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