1848, la révolution oubliée

Michèle RIOT-SARCEY, Maurizio GRIBAUDI

La révolution de février 1848 a mis fin à la monarchie de Juillet et inauguré la brève expérience de la IIe République. Mais trois mois après cet immense espoir, l’armée et les gardes mobiles ont brisé l’insurrection d’ouvriers et d’artisans parisiens, barricadés dans l’est de la ville. Pendant plusieurs jours, la République a bombardé et massacré les insurgés : 3 500 morts officiels, entre 12 000 et 13 000 selon les témoins. Plus de 12 000 déportés au bagne et ailleurs. C’est cette histoire tragique et oubliée que restitue ce livre.
À partir d'un étonnant corpus documentaire, les auteurs mettent en perspective l'ensemblede ces événements par la relation historique et montrent en quoi ceux de juin 1848, plus précisément, constituent un moment clé pour comprendre la mise en berne des utopies surgies de l’inachèvement de la Révolution française. En s’appuyant sur les récits méconnus de témoins, de George Sand à Karl Marx ou Pierre-Joseph Proudhon, ils rendent compte de ce temps d’ouverture exceptionnelle à l’espérance et à la liberté de penser, tout en retraçant la fatale succession des drames à travers lesquels cette société est passée du rêve au cauchemar. À la manière d’un reportage, ce livre met en scène la fabrique de l’histoire dans l’avènement de l’événement. Avec ses interprétations contradictoires à travers les perceptions qui se croisent, de manière souvent aveugle, dans le feu de l’action.

Version papier : 13 €
Facebook Twitter Google+ Pinterest
Détails techniques
Collection : La Découverte Poche / Sciences humaines et sociales n°306
Parution : septembre 2009
ISBN : 9782707158468
Nb de pages : 294
Dimensions : 125 * 190 mm
Façonnage : Broché

Michèle RIOT-SARCEY

Michèle Riot-Sarcey, professeure émérite d’histoire contemporaine et d’histoire du genre à l’université Paris-VIII-Saint-Denis, et historienne du politique et du féminisme, est notamment l’auteure de La Démocratie à l’épreuve des femmes. Trois figures critiques du pouvoir, 1830-1848 (Désirée Véret, Jeanne Deroin, Eugénie Ni-boyet) (Albin Michel, 1994), Le Réel de l’utopie (Albin Michel, 1998), Histoire du féminisme (La Découverte, 2002, 2015), 1848, la révolution oubliée (avec Maurizio Gribaudi, La Découverte, 2008, 2009).

Maurizio GRIBAUDI

Maurizio Gribaudi, directeur d’études à l’EHESS, est notamment l’auteur de Itinéraires ouvriers. Espaces et groupes sociaux à Turin au XXe siècle (EHESS, 1987) et Espaces, temporalités, stratifications (EHESS, 1999) et, avec Michèle Riot-Sarcey, de 1848, la révolution oubliée (La Découverte, 2008).

Extraits presse

« La révolution de février 1848 a mis fin à la monarchie de Juillet et inauguré la brève expérience de la II° République. Mais quatre mois après cet immense espoir, l'armée et les gardes mobiles ont brisé l'insurrection des ouvriers et artisans parisiens. Pendant plusieurs jours, la République a bombardé et massacré les insurgés, tuant plusieurs milliers d'entre eux. C'est cette histoire tragique et oubliée que restitue ce livre. Il s'appuie sur une impressionnante iconographie de l'époque, largement inédite, rassemblée par les auteurs: quelque 250 dessins, lithographies, estampes, gravures, et tableaux illustrent avec précision extraordinaire l'histoire de ces mois fatidiques. »
SUPPLÉMENT LE MONDE LIBÉRTAIRE

« De la campagne des banquets, qui précipita la chute de la monarchie en février 1848, aux sanglantes journées de juin, pendant lesquelles des centaines d'insurgés furent massacrés sur ordre du gouvernement, ce livre passionnant raconte au jour le jour les cinq premiers mois de la II° république. Soucieux de "rendre la parole aux auteurs", les auteurs ont habilement agencé les témoignages des contemporains célèbres ou non: les voix de Lamartine, de Tocqueville et de Louis Blanc font ainsi écho à celles du chimiste Louis Ménard, du journaliste Hippolyte Castille ou de l'étudiant François Pardigon. Le tout est accompagné d'une iconographie peu connue: plus de 250 gravures, dessins, lithographies, affiches, professions de foi et articles de presse, où l'on saisit l'extraordinaire foisonnement de projets, d'idées et de rêves qui surgirent au cours de ce bref printemps. »
LE MONDE

« Le texte, solidement informé, fonctionne à la manière d'un reportage qui nous plonge dans l'atmosphère surchauffée du Paris insurgé. Le livre convoque une superbe iconographie, plus de 250 gravures, estampes, lithographies, toiles, ainsi que de nombreuses reproductions d'affiches et de documents. Il entend surtout, en confrontant les discours des témoins, restituer tout le potentiel d'expériences et d'espérances d'une "république sociale" trop vite disqualifiée. »
LIBÉRATION

« "Journées nécessaires et funestes." C'est ainsi que Tocqueville résumait la révolution de 1848. C'était il y a 160 ans... La France n'en pouvait plus de la monarchie de Juillet, de Guizot et de ses amis récemment réhabilités par Alain Minc. Mais la révolution fut un remède terrible, une réponse sanglante et maladroite qui aboutit à la démocratie censitaire de Napoléon III. Michèle Riot-Sarcey, une de nos meilleurs spécialistes de l'utopie et du siècle de Louise Michel, signe avec Maurizio Gribaudi un très bel ouvrage sur ces événements. »
LE FIGARO LITTÉRAIRE

« De février à juin 1848, se déroule à Paris une révolution qui met fin à la monarchie de Juillet, proclame la II° République avant de se diviser entre radicaux et modérés, les seconds écrasant les premiers. Cinq mois souvent négligés. Les voici, racontés en direct, avec une admirable iconographie. Si les auteurs penchent vers cette "révolution démocratique et sociale" dont se moqua Flaubert dans l'Éducation sentimentale, leur récit reflète fidèlement la complexité et l'exubérance de ces folles journées animées par les espoirs et les utopies des quarante-huitards. »
VALEURS ACTUELLES

« Voici, avec 1848, la révolution oubliée, un livre exigeant et agréable à l'oeil. Maurizio Gribaudi et Michèle Riot-Sarcey appuient un texte fouillé par des illustrations nombreuses, souvent inédites et variées, qui font largement appel à la gravure et à la peinture. L'image illustre avec une terrible précision l'histoire. Les deux historiens s'appuient sur les textes d'écrivains comme Lamartine et Flaubert, mais aussi George Sand pour livrer les secrets d'une insurrection. »
CENTRE FRANCE

« Le récit n'est pas seulement alerte et coloré. Il est aussi conduit avec rigueur. Il suit un plan intelligemment charpenté, exploite habilement les documents, et s'achève par plusieurs pages de notes de référence, dont la précision minutieuse, compense l'absence de bibliographie. Sans doute l'ouvrage, qui ne renouvelle pas les connaissances, et reste superficiel sur plusieurs aspects du sujet, n'est-il pas à mettre sur le même plan que les autres études, de nature scientifique, des deux auteurs. il n'en mérite pas moins d'être salué comme une réussite dans la mesure où il atteint parfaitement son objectif d'une remise en mémoire de la Révolution de 1848, à travers une narration à la fois compétente, claire et attrayante. Sa présentation matérielle est également séduisante. Le grand format de 31 cm par 23 met bien en valeur l'iconographie et contribue à l'aération du texte. Le choix d'un papier glacé, d'une reliure cousue, et d'une couverture à la fois résistante et souple rend en outre la consultation agréable. »
L'OURS

« Les auteurs du livre ont eu ? trait de génie ? l’habileté d’appeler à la barre des témoins des deux bords. D’un côté, Tocqueville, ce veau-froid-mayonnaise de la littérature, grand propriétaire à qui le sanglant de la répression réussit à donner des couleurs? ; Mérimée qui préférera toujours une injustice à un désordre. De l’autre, Baudelaire qui se souviendra avec pitié des « pauvres assommés » dans ses Tableaux parisiens? ; Victor Hugo entamant sa marche en crabe de la droite à la gauche ? à l’inverse du schéma toujours en vigueur? ; Flaubert qui puisera, dans le tumulte, des éléments pour son Éducation sentimentale? ; George Sand qui ne désespère pas d’un arrangement. Et puis des inconnus, les inculpés des procès qui suivirent et aboutirent à la déportation d’une multitude qui est à inclure dans la note présentée au peuple. M Maurizio Gribaudi et Mme Michèle Riot-Sarcey libèrent leur parole jusqu’alors enfermée dans les cartons des archives dont la poussière ferait sans doute s’élever l’équivalent d’un champignon atomique au-dessus de la ville. On doit accepter leur ouvrage pour ce qu'il est, si sobre qu'il soit, et fort de cette sobriété même: un chapitre inédit des Misérables. »
BAKCHICH

« Le texte novateur d'un ouvrage illustré paru l'an dernier sort en format poche. Les auteurs signent une synthèse de grande qualité sur la révolution de 1848. C'est un récit très vivant des événements, grâce à la parole donnée aux différents acteurs, témoins et observateurs. C'est également un solide travail appuyé sur les derniers travaux de la recherche historique. [...] L'ouvrage donne à voir l'irruption, pour la première fois, des ouvriers et des femmes dans l'espace public. »
L'HUMANITÉ

PRESSE

 

Peu de publications à destination du grand public sont consacrées à la révolution de 1848. Elle semble être la grande oubliée, d’où le titre de cet ouvrage écrit par Maurizio Gribaudi et Michèle Riot-Sarcey. La démarche des deux auteurs est originale. Ce livre se présente en effet comme une chronique au jour le jour des événements de l’année 1848. De nombreux extraits des interventions et écrits des acteurs principaux tels que Lamartine ou Louis Blanc rythment la description des journées où le pouvoir politique est en jeu. En parallèle, les réactions de Tocqueville illustrent la vision des libéraux. Elles sont confrontées aux écrit de l’historien peu connu Daniel Stern qui propose une analyse à chaud des événements plus favorables au peuple parisien. L’Éducation sentimentale est souvent citée, tant Flaubert a su exprimer les ambigüités et les tensions de la période. A côté de Flaubert, G. Sand, C. Baudelaire et le poète moins connu, L. Ménard, sont aussi cités. De riches illustrations et reproductions de journaux inédites enrichissent le récit et le rendent plus vivant.

22/03/2009 - Geneviève Royer - Les clionautes

 

Vidéos


Mercredi 30 juin à 19h30 à La Belle Etoile [Saint-Denis-La-Plaine]



 

Table des matières

I / L'insurrection, le temps des possibles
1. Prologue
Signes avant-coureurs - Les banquets de la contestation
2. Paris s'embrase
Mardi 22 février : le banquet interdit - Mercredi 23 février , matin : la révolution se trâme - Mercredi 23 février, 21 h 30 : la révolution éclate - Jeudi 24 février, petit matin : la révolution s'impose - Jeudi 24 février : l'abdication du roi.
3. La France bascule
Jeudi 24 février, fin de matinée - 13 heures : la prise des Tuileries - Début d'après-midi : le sac des Tuileries - On brûle le trône - Fin de matinée : le gouvernement de la presse - 13 h 30 : la dernière séande de la Chambre - La proclamation du gouvernement provisoire - Fin d'après-midi : à l'Hôtel de Ville ! - Un gouvernement singulier
4. Quelle République ?
Une nuit de veille - Le gouvernement légifère - Mardi 25 février : la République sociale en question - Le rejet du drapeau rouge - Le 25 février dans les rues de Paris : la mansuétude du peuple
II / De mars au 15 mai : de la république sociale à l'impossible République
5. Les premiers pas de la IIe République
26 février : la République victorieuse - 27 février : la proclamation solennelle de la République - 28 février : la Commission du Luxembourg - L'effervescence des assemblées ouvrières - De mars à mai : urgences et tensions sociales - L'expérience des Ateliers nationaux.
6. Attente et affrontements
2 mars : la nouvelle République enterre ses morts - La « grande crainte » du communisme - 16 mars : manifestation des « bonnets à poils » - 17 mars : contre-manifestation populaire - Des fêtes aux saveurs de conflits - La presse dans les clubs, la liberté dans tous ses états - 1848 en Europe : l'espoir du « printemps des peuples » - La mobilisation des « patriotes étrangers » à Paris - L'abolition de l'esclavage.
7. Les espoirs brisés
La rupture du 16 avril - Le spectre du communisme - 20 avril : la fête de la Fraternité - L'élection de l'Assemblée constituante : un enjeu décisif - Agitation et tensions en province - 23 avril : le triomphe de la République modérée - 4 mai : la proclamation de la République - 15 mai : l'invasion de l'Assemblée nationale - Un nouveau complot ? - 21 mai : la fête de la concorde.
III / Juin 1848, l'insoutenable émeute
8. L'insurrection de désespoir
Anxiété et « attroupements séditieux » - Au centre des tensions : les Ateliers nationaux - La mobilisation du club des Femmes - Le retour avorté de Louis-Napoléon Bonaparte - 21 juin : la fin des Ateliers nationaux - 22 juin : premières barricades - 23 juin : l'insurrection - 23 juin, matin : tout est encore possible - 23 juin, après-midi : vers l'irréparable - 23 juin, le soir : scènes de guerre et atrocités.
9. Vaincre ou périr
La Commission exécutive est démissionnée - Cavaignac, chef de l'exécutif - Samedi 24 juin : « Paris n'est plus qu'un champ de bataille » - Dimanche 25 juin : des barricades aux fusillades, la lutte continue - Les combats continuent - L'affaire Bréa - L'affaire Affre - Entre-temps, des tractations sont ouvertes... L'assaut du faubourg Saint-Antoine.
10. Mort aux vaincus !
Le massacre n'en finit pas - Et pendant ce temps, à l'ouest, on fait la fête - Combien de victimes ? - Les gêoles de la République - Derrière Cavaignac, l'ombre de la réaction - Honneur aux vaincueurs - Déportation ou « transportation » ?
Épilogue : l'amnésie de la révolution
La fin de la IIe République - Effacement de la « République sociale » -
Notes de l'ouvrage.