Une Atlantide russe - Elisabeth GESSAT-ANSTETT

Une Atlantide russe
Anthropologie de la mémoire en Russie post-soviétique

Elisabeth GESSAT-ANSTETT

La disparition subite de l’URSS au début des années 1990 a favorisé au sein de la société russe un retour réflexif sur le passé. Mais le rapport au passé soviétique se révèle particulièrement difficile à élaborer et bien souvent escamoté au profit d’une sur-valorisation des temps prérévolutionnaires. Comment, alors, se construisent et se perpétuent désormais en Russie les souvenirs ? Quel regard les Russes portent-ils sur leur XXe siècle ?
Pour progresser au cœur d’une anthropologie des façons de faire la mémoire, cet ouvrage explore l’histoire des milliers de familles originaires de la petite ville de Mologa, au cœur de la Russie centrale : à la fin des année 1930, dans le cadre des grands travaux staliniens, la création d’un barrage sur la Volga entraîna leur déplacement forcé, la destruction de leur ville et de 700 villages et l’inondation de près de 4 500 km2 de terres. Ces familles, encore aujourd’hui liées par une communauté de destin, restituent ici une expérience exemplaire de la période soviétique, par la démesure et l’arbitraire qu’elle révèle. Et elle permet de s’interroger sur l’empreinte d’un passé qui, à plus d’un égard, ne passe pas.
Partant d’une interrogation sur la signification du « retour du néant » que la communauté affirme avoir accompli, l’auteur décrypte les « bricolages » à l’œuvre dans la mémoire des gens de Mologa. Elle s’interroge ainsi sur l’invocation de la légende de l’Atlantide dans la construction de leur histoire, sur la signification de cette « Atlantide russe » désormais figure de référence des déplacés, ce qu’elle révèle et ce qu’elle contribue aussi à cacher.

Version papier : 30,00 €
Version numérique : 19,99 €
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Détails techniques
Collection : Recherches / Terrains Anthropologiques
Parution : 27/02/2020
Format : EPub
ISBN papier : 9782707153067 ISBN numérique: 9782348057199

Elisabeth GESSAT-ANSTETT

Élisabeth Gessat-Anstett, née en 1968, ethnologue européaniste, collabore avec les universités de Bordeaux-II et de la Sorbonne. Elle a été l’une des premières Occidentales à pouvoir réaliser, dès 1991, des enquêtes de terrain en Russie après la chute de l’URSS. Spécialiste de la société russe, auteur d’une thèse sur les usages sociaux des relations de parenté en Russie, elle poursuit actuellement des recherches sur la mémoire du Goulag. Elle a notamment publié Liens de parenté en Russie post-soviétique : une enquête ethnographique, 2004 (L’Harmattan, « Nouvelles études anthropologiques », Paris).

Table des matières

Remerciements - Introduction - Prologue - Un événement traumatique fondateur - Une conjoncture géographique et sociologique complexe - Des espaces imbriqués - Une superposition de communautés - I / Les acteurs du souvenir -1. Les vivants… - À propos des générations et du témoignage - Les anciens - Les modernes - Le genre des souvenirs - Hérauts et marginaux - 2. … et les morts - L’ancêtre fondateur - Des lignées d’hommes illustres - Les fantômes de la mémoire - II / Les territoires de la mémoire - 3. Les lieux de l’origine -Dom : la maison - Pereselenie : le déplacement - 4. Des contrées de légende et d’oubli - 5. Une mémoire de pierres - Bâtiments et statues - De la tombe au cénotaphe - III / Les pratiques commémoratives - 6. Ensemble -Les réunions du zemlâčestvo - Au musée - Retourner à Mologa - 7. Les choses et les mots - Jeter pour mieux sauvegarder - Archéologie du souvenir et fonction sociale du secret - Épilogue - Bibliographie - Liste des acronymes et sigles.

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