Pour une archéologie de la Seconde Guerre mondiale - Vincent Carpentier

À paraître

Pour une archéologie de la Seconde Guerre mondiale

Vincent Carpentier

Après avoir raconté l’émergence et les évolutions récentes de l’archéologie de la Seconde Guerre mondiale, discipline scientifique qui met ses chercheurs et ses méthodes au service d’une histoire interdisciplinaire, Vincent Carpentier présente, dans une synthèse inédite, les grandes catégories de vestiges conservés ou mis au jour sur les théâtres de ce conflit majeur.
En premier lieu, il aborde les ouvrages défensifs ou logistiques – lignes fortifiées de l’Atlantique au Pacifique, aérodromes, bases de missiles, de U-Boote, abris, etc. –, dans lesquels le béton et l’acier occupent une place de choix. Puis il s’intéresse aux vestiges polymorphes des champs de bataille proprement dits, depuis les grains de sable d’Omaha Beach jusqu’aux épaves sous-marines, en passant par les théâtres d’affrontements ou le relèvement de corps de soldats. Enfin, il évoque les témoins matériels de la violence de masse, emblématique de cette guerre totale, à travers l’archéologie des destructions et les recherches dédiées aux camps d’internement, aux crimes de masse et à la Shoah.
Au fil de ce tour d’horizon international des traces matérielles de la Seconde Guerre mondiale et des réflexions qu’elles suscitent, Vincent Carpentier interroge les enjeux mémoriels ou idéologiques qui s’y rapportent, et souligne leur résonance avec une actualité marquée tant par les héritages géopolitiques du dernier grand confl it du XXe siècle que par la guerre qui fait rage aujourd’hui en Ukraine.

Version papier : 24,00 €
Version numérique : 17,99 €
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Détails techniques
Collection : Sciences humaines
Parution : 06/10/2022
Format : EPub
ISBN papier : 9782348055768 ISBN numérique: 9782348055775

Vincent Carpentier

Vincent Carpentier est archéologue à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), docteur en histoire et membre du centre Michel de Boüard (CNRS-université de Caen). Parmi les premiers archéologues français à s’être intéressés aux vestiges de la Seconde Guerre mondiale, il a cosigné un ouvrage novateur sur l’archéologie du Débarquement (2014) et organisé, au Mémorial de Caen, un colloque international sur l’archéologie des conflits contemporains (2019). Il a conduit de nombreuses fouilles d’établissements ruraux antiques et médiévaux dans le nord-ouest de la France, et s’est particulièrement intéressé à l’histoire des sociétés et des environnements littoraux.

Table des matières

Introduction. Sur les traces matérielles de la Seconde Guerre mondiale
L’archéologie des conflits à travers le monde — Genèse de la discipline en France — Face à la violence de masse : vers une archéologie de la Seconde Guerre mondiale — Objets en série, traces de l’internement ou de la Résistance, recherche des disparus — De nouveaux objets d’étude au service de la mémoire matérielle du conflit
I. Le béton et l’acier, grands témoins du conflit
1. Bunkers et bétonisation : les lignes défensives de l’entre-deux-guerres
Face à face sur le front Ouest : la ligne Maginot et le Westwall — Le long des Alpes : le Vallo Alpino
2. L’entrée en guerre et la mise en place de la défense allemande
Atlantikwall, Südwall
: deux lignes de défense titanesques, de l’Atlantique à la Méditerranée — Oubli et résurgence de l’après-guerre à nos jours — Archéologie des grandes lignes fortifiées — Aérodromes et défenses antiaériennes en Normandie — Sites logistiques en forêt et bases de missiles V1 et V2 dans le nord de la France — Les bases de U-Boote de la forteresse Europe
3. La défense de la Grande-Bretagne et les préparatifs du Débarquement
Le Home Front, un patrimoine très bien documenté — Les stations radars du Chain Home Low, des maillons essentiels pour la défense britannique — De nouvelles constructions modulaires : Nissen et Quonset huts — Le chantier colossal d’Overlord — Les ports artificiels Mulberries et leurs vestiges — Du pétrole sous l’océan : le pipeline PLUTO — Le By-Pass de Bayeux, premier boulevard périphérique français — La destinée des ponts Bailey sur le continent
4. Grands ouvrages militaires défensifs de la guerre du Pacifique
Rabaul et Watom, en Nouvelle-Bretagne — Saipan, dans l’archipel des Mariannes du Nord — Peleliu, dans l’archipel des Palaos
5. Protéger les populations et les cibles civiles : les défenses passives
Le Japon, l’Union soviétique, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la France s’organisent — Royaume-Uni : abris privés, communaux, préfabriqués — Les grandes infrastructures du Reich et les bunkers de Berlin — La défense passive en France : un important patrimoine à redécouvrir — Grottes et carrières refuges en Europe
II. Les vestiges des champs de bataille
6. Ce qu’il reste des combats : des grains de poussière emportés par le vent

Les lointains échos de la violence passée — L’interdisciplinarité pour appréhender la guerre totale
7. Archéologie des théâtres d’opérations, du Pacifique à la Normandie
Dans le Pacifique sud : le typhon de Peleliu — Prospections sur « Nowhere Atoll » — Traces et mémoires des vaincus — Sur le front Ouest : la bataille de Normandie — Le front britannique et canadien — Enquêtes archéologiques autour de la bataille de Caen — Fleury-sur-Orne et la gourmette de Harry Fox
8. Archéologie du quotidien des soldats sur le front
«Old soldiers never die, they dig !» — Pelles, pioches et pelles-pioches — Les abris de combattants, du manuel au terrain — Vivre et survivre au front — Les troupes et l’alcool
9. Le relèvement des corps et les cimetières mémoriaux
Soldats inconnus en Normandie — Les dépouilles des Marines oubliés du Pacifique — Les disparus du front de l’Est — Rendre une sépulture aux derniers fantômes de la guerre
10. Pêcheurs d’épaves
Les crashs d’aéronefs en France — Archéologie de l’aviation de guerre — Étudier les épaves dans les eaux françaises— Scapa Flow, dans l’archipel des Orcades — Les épaves du Pacifique, entre pillage, mémoire et larmes noires
III. Archéologie des ravages et violences de masse
11. La destruction de masse

Partout, des cratères — Misère et résurrection des villes bombardées au Royaume-Uni et en Allemagne — Ruines et strates de guerre en France — Archéologie et reconstruction : Le Havre et Varsovie — La béance en héritage
12. Les lieux d’internement des prisonniers de guerre
Des camps nazis dans les îles Anglo-Normandes — Traces matérielles du séjour de prisonniers de guerre — Prisonniers dans la forêt polonaise — Prisonniers en Allemagne et en Scandinavie — En France, Frontstalags du Reich et camps de prisonniers allemands
13. L’internement des civils
L’archéologie face au déni : violences et répressions japonaises et soviétiques — Le sort des Nikkei en Amérique du Nord — L’internement des civils en Europe : émergence d’une problématique — Esclaves du Reich à Berlin — Traces matérielles des camps de concentration allemands — En Autriche, Mauthausen et l’institut d’Hartheim — En République tchèque : Lety, Lidice et le ghetto de Theresienstadt — En France, la mémoire des camps — Témoignages de la Résistance : graffitis contre l’oubli — Une annexe concentrationnaire du Reich en Alsace-Moselle — Au Benelux : les caves de Bruxelles et le camp de Westerbork
14. Archéologie des crimes de masse et de la Shoah
Yahad-In Unum et la Shoah par balles — Vestiges de la Shoah des camps — Les fouilles de Bełżec — Auschwitz-Birkenau — Les fouilles de Chełmno — Quête de « reliques » à Majdanek — Treblinka — Sobibór— Archéologie et « mémoire des camps » : contre l’oubli et le négationnisme
Conclusion. Le creuset bouillonnant du présent
En dépit de sources pléthoriques, des béances subsistent — Protéger les sites, transmettre les savoirs — Fouiller, inventorier, étudier les traces avant leur disparition
Notes
Bibliographie
Index sélectif des noms de lieux
Remerciements

Droits étrangers

SECOND WORLD WAR ARCHAELOGY



A unprecedented synopsis on Second World War archaeology. Travel back in time from the shores of the D-Day landing in Normandy to the Pacific islands, passing through the internment and extermination camps. A scientific field that dedicates its researchers and most advanced tools to history and our duty to remember.


Vincent Carpentier is an archaeologist at the Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). He has a PhD in history and is a member of the Michel de Boüard Center (CNRS-University of Caen-Normandy). He is one of the first French archaeologists to have studied the remains of the Second World War. He published a pioneering work on the archaeology of the D-Day Landings and the Battle of Normandy (2014) and he organized an international symposium on the archaeology of contemporary wars at the Caen Memorial (2019).


Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com