Le management désincarné
Enquête sur les nouveaux cadres du travail

Marie-Anne DUJARIER

Des salariés ont pris une importance inédite dans l’encadrement du travail aujourd’hui. Consultants ou cadres de grandes organisations, Marie-Anne Dujarier les appelle les « planneurs », car ils sont mandatés pour améliorer la performance des entreprises et des services publics au moyen de plans abstraits qui ordonnent aux travailleurs ce qu’ils doivent faire, comment et pourquoi.
Management par objectifs, benchmarking, évaluation, lean management, systèmes informatiques, etc. cadrent ainsi l’activité quotidienne des travailleurs. Ces dispositifs instaurent un management désincarné que les salariés opérationnels jugent maladroit, voire « inhumain ».
D’après leur expérience, il nuit autant à leur santé qu’à la qualité des produits et à la performance économique.
Étonnamment, les planneurs et les dirigeants constatent eux aussi que cet encadrement joint trop souvent l’inutile au désagréable. Comment comprendre alors son succès ? Dans ce livre issu d’une longue recherche empirique, la sociologue Marie-Anne Dujarier analyse en détail le travail des faiseurs et diffuseurs de ces dispositifs, régulièrement accusés par les autres salariés de « planer » loin du travail réel. Elle montre qu’ils doivent accomplir une mission qui peut sembler impossible et dépourvue de sens, et explique comment ils y parviennent malgré tout, et avec zèle.

Prix du meilleur ouvrage sur le monde du travail Le toit citoyen 2016

Version papier : 11,00 €
Version numérique : 9,99 €
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Détails techniques
Collection : La Découverte Poche / Essais n°478
Parution : 16/11/2017
Format : EPub
ISBN papier : 9782707197689 ISBN numérique: 9782707198143

Marie-Anne DUJARIER

Marie-Anne Dujarier est professeure de sociologie à l'université Paris 7-Denis-Diderot , membre du LCSP (laboratoire du changement social et politique) et associée au LISE (CNAM-CNRS). Elle a notamment publiéL’Idéal au travail (PUF, 2006) et Le Travail du consommateur (La Découverte, 2014).

Table des matières

Introduction
1. L’activité encadrée par des dispositifs

Les dispositifs de finalités : le management par les nombres
Les dispositifs de procédés : ERP, sites internet, protocoles, etc.
Les dispositifs d’enrôlement
Les vertus du management par les dispositifs
L’enquête qualitative, clinique et quantitative
Travail et activité : définitions et conventions de langage
2. Joindre l’inutile au désagréable ?
Une activité jugée désagréable, voire pathogène
Des clients et citoyens moins bien servis ? La qualité vue d’en bas
Une performance questionnée à hauteur d’activité
Les cadres de proximité « tampons » ou « relais »
Les planneurs « pas dupes »
Des dirigeants critiques de la bureaucratisation
Le travail, porteur de grandes promesses
3. Un rapport social sans relation
La main invisible des planneurs : le management désincarné
Ni outils, ni techniques : des machines
L’homo dispositivus
Raisons de coopérer et manières de résister
4. Les cadres du capitalisme
L’activité dans le capitalisme néolibéral salarial
La fonction publique prend modèle sur le privé
La division verticale du travail de direction
L’éclatement horizontal, par spécialités : le management en miettes
La place sociale croissante des planneurs
Profil social des planneurs
Bernard, DRH dans l’informatique
Philippe, contrôleur de gestion dans une grande administration
Céline, consultante en fusions-acquisitions
Éric, directeur marketing d’une entreprise de transport
5. Planneurs : une mission impossible ?
Réduire les coûts, augmenter les revenus et mesurer, contrôler : le mandat des planneurs
Comment encadrer à distance et sans « feeling » ?
Une tâche impossible ? Ce que nous apprend l’activité des concepteurs et des ingénieurs
Un sale boulot ?
Des pratiquants non-croyants : des justifications contradictoires
6. Ce que font les planneurs
Imaginer, quantifier et adapter des dispositifs standards
Communiquer, inciter, faire participer, sanctionner
Des tâches rationalisées pour des rationalisateurs inexpérimentés
Les normes sociales de la mobilité dans un espace professionnel à trois dimensions
Ceux qui partent
Un rapport au travail qui révèle une double conception de l’activité humaine
7. À quoi jouent les planneurs ?
Un jugement ambivalent sur leurs conditions de travail
Précarité subjective et reconnaissance limitée
« Je suis pris au jeu »
Jouer pour arriver à travailler : la mise hors-jeu d’autres mondes
Un capitalisme ludique
Conclusion
Bibliographie
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