La sociologie de la délinquance juvénile

Gérard Mauger

Comment et pourquoi distinguer la « délinquance » de la « déviance », la « délinquance juvénile » de la délinquance, la délinquance des jeunes des classes populaires de la délinquance juvénile ? Répondre à ces questions, c’est d’abord construire l’objet de la sociologie de la délinquance juvénile.
Dans une perspective délibérément cumulative, ce livre propose ensuite une sorte d’inventaire raisonné des schèmes d’interprétation « utiles » empruntés aux diverses théories sociologiques, pour l’essentiel anglo-saxonnes. Il permet de présenter, à partir des enquêtes disponibles, une analyse sociologique de la délinquance des jeunes des classes populaires en France en distinguant deux configurations successives depuis la fin des années 1950. La première, associée aux stéréotypes médiatiques des « blousons noirs » puis des « loubards », correspond à la période qui s’étend de la fin des années 1950 à la fin des années 1970. La seconde, associée à la figure médiatique des « jeunes des cités », apparaît au début des années 1980 et perdure jusqu’à aujourd’hui.

Version papier : 11 €
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Détails techniques
Collection : Repères n°508
Parution : 08/01/2009
ISBN : 9782707149718
Nb de pages : 128
Dimensions : 11 * 18 cm
Façonnage : Broché

Gérard Mauger

Gérard Mauger, sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS, est chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique (CNRS-EHESSParis-I).

Extraits presse

« Travaillant depuis plus de trente ans sur la jeunesse dans les milieux populaires, le sociologue Gérard Mauger, jadis très proche de Pierre Bourdieu, a vu évoluer les images associées à la délinquance juvénile, depuis les bandes de "blousons noirs" jusqu'aux "jeunes des cités". Recensant les divers schémas théoriques d'interprétation, ce petit livre se propose d'abord de construire un véritable objet sociologique. et de balayer les clichés médiatiques sur lesquels s'appuient les politiques sécuritaires. »
POLITIS

« La crédibilité de la sociologie est fréquemment mise en cause au nom de la nécessité d'apporter des réponses immédiates aux problèmes de société. C'est notamment le cas lorsqu'il est question de "délinquance juvénile". Or, comme le montre ici Gérard Mauger, celle-ci est avant tout une construction, au croisement de deux types de récits, statistique et médiatique, ce dernier obéissant souvent à un impératif de rendement (sensationnalisme, etc.). La "concurrence politique" a aussi sa part de responsabilité dans la prédominance de telle ou telle théorie de la délinquance dans le débat public. Seront favorisées celle "qui n'impliquent pas de changements structurels" dans l'organisation sociale. Par une approche historique (des "blousons noirs" aux "jeunes des cités"), l'auteur déconstruit les lieux communs et interroge l'efficacité des réponses conjoncturelles. »
L'HUMANITÉ

« La délinquance juvénile, une délinquance à part ? C'est l'objet de l'étude du sociologue Gérard Mauger dans La sociologie de la délinquance juvénile. Les enquêtes mettent en évidence la surreprésentation des jeunes parmi les auteurs de pratiques délinquantes. Outre les statistiques, qui conduisent à faire de la délinquance juvénile une catégorie distincte au sein de la population délinquante, les dispositions juridiques arrêtées à l'égard des mineurs les soumettent depuis longtemps à une réglementation pénale partiellement spécifique. [...] Après avoir abordé la question de la mesure des pratiques délinquantes et les problèmes qu'elle soulève, ce livre propose une analyse de la délinquance des jeunes des classes populaires en France, qui distingue deux configurations successives depuis la fin des années 1950. La première est associée aux stéréotypes médiatiques des "blousons noirs" et la seconde, apparue au début des années 1980, à ceux des "jeunes des cités". »
ACTUALITÉS SOCIALES HEBDOMADAIRES

« 128 pages en forme de géniale synthèse, denses et claires, avec double entrée: la sociologie de la délinquance juvénile, donc (dans les classes populaires), via notamment de stimulants allers-retours entre les époques de la seconde moitié du XX° siècle, et une sociologie de la sociologie du sujet. Indispensable pour prendre du recul et comprendre comment fonctionne la recherche. »
LE POPULAIRE DU CENTRE

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Table des matières

Introduction
Statistiques et faits divers
La fiabilité des représentations
Les effets des représentations
Délinquance, délinquance juvénile, bandes de jeunes
I.La délinquance juvénile : construction d’objet
Déviance et délinquance
Pratiques déviantes et contrôle social
Pratiques délinquantes
Mesures de la délinquance
Statistiques policières et judiciaires
« Enquêtes de victimation » et « enquêtes par autorévélation »
Les grandes tendances mesurées par la statistique

Délinquance et délinquance juvénile
La surreprésentation des jeunes hommes
La justice des mineurs
La responsabilité
Les délimitations théoriques de la « jeunesse »

La délinquance des jeunes des classes populaires
II. Les théories de la délinquance juvénile
Criminologie et sociologie de la délinquance
Les tendances de la recherche aux États-Unis
Les tendances de la recherche en France
Théories savantes, doctrines professionnelles et représentations profanes
Classements des théories savantes
Classements académiques
Classements professionnels (1) : juristes et médecins
Classements professionnels (2) : médecins et sociologues

Un inventaire raisonné des schèmes d’interprétation
Territoires de la délinquance
Socialisations délinquantes
L’espace des pratiques délinquantes
La sous-culture « conflictuelle »
La sous-culture « criminelle »
La carrière délinquante

III. Des « blousons noirs » aux « loubards »
La morphologie du monde des bandes
L’âgeet le sexe
Les origines sociales
Le cursus scolaire
Le cursus professionnel
L’espace résidentiel

La « culture » du monde des bandes
Une forme de sociabilité des jeunes des classes populaires
Un univers d’apprentissage des conduites de virilité
Un univers de restaurationde l’« estime de soi »
Le monde des bandes et la culture populaire
Le monde des bandes et le « milieu »
Drogues et « bohème populaire »
Les bandes, le milieu et la bohème populaire
IV. Des « loubards » aux « jeunes des cités »
Une « crise de reproduction » des classes populaires
Les transformations du marché du travail ouvrier
Les transformations de l’espace résidentiel
Les transformations du système scolaire
Les transformations de l’encadrement des jeunes des classes populaires
L’apparition d’une « économie souterraine »
La focalisation sur les immigrés

Sociogenèse de la « culture de rue »Les héritages du pauvre
Échec scolaire et culture de rue
Culture de rue et « inemployabilité »

Les transformations de l’espace des styles de vie déviants
Le monde des bandes : inaffectation, virilité et « bizness »
Le milieu : les professionnels du « bizness »
La nouvelle « bohème populaire »
Une nouvelle configuration

Luttes pour la reconnaissance et économie du capital symbolique
La lutte pour la reconnaissance
Le désengagement des pratiques délinquantes

Conclusion
Neutralisation, dissuasion, réhabilitation
La neutralisation
La dissuasion
La réhabilitation

Travail social et conversion des habitus
Repères bibliographiques.