La gauche et les cités - Olivier MASCLET

La gauche et les cités
Enquête sur un rendez-vous manqué

Olivier MASCLET

Il y a vingt ans, l’élection présidentielle du 21 avril 2002 révélait le fossé entre la gauche et les électeurs des classes populaires. Dans les banlieues, le divorce était entériné : plus que l’élévation des scores du Front national, la montée de l’abstention et le désintérêt à l’égard de la politique institutionnelle sont devenus la norme. Pourquoi cette rupture entre la gauche et les cités ? À rebours des analyses misérabilistes sur les quartiers populaires, Olivier Masclet montre que, dans les cités, se produit et se renouvelle un certain rapport à la politique. Des porte-parole, souvent issus de l’immigration, continuent d’émerger, susceptibles d’incarner pour la jeunesse de ces quartiers un modèle de mobilisation et de promotion collectives par l’action politique. L’auteur s’interroge dès lors sur l’exclusion progressive de ces « militants de cité » du champ politique local. Cet ouvrage révèle les conditions du rendez-vous manqué entre la gauche municipale et les cités : les quartiers économiquement déshérités le sont aussi politiquement.
Alors que cette désaffection ne cesse de se confirmer, Olivier Masclet reprend son analyse, souligne les persistances de certains blocages et éclaire quelques évolutions notoires.

Version papier : 13,00 €
Version numérique : 8,49 €
Facebook Twitter Google+ Pinterest
Détails techniques
Collection : La Découverte Poche / Sciences humaines et sociales n°542
Parution : 09/09/2021
Format : EPub
ISBN papier : 9782348064739 ISBN numérique: 9782348064746

Olivier MASCLET

Olivier Masclet est professeur de sociologie à l’université de Limoges et membre du Groupe de recherches sociologiques sur les sociétés contemporaines. Il est notamment l’auteur d’une Sociologie de la diversité et des discriminations (Armand Colin, rééd. 2017) et co-auteur de Être comme tout le monde. Employées et ouvriers dans la France contemporaine (Raisons d’agir, 2020).

Table des matières

« Réparer le rendez-vous manqué »
Entretien avec Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers
La glaciation des relations entre la gauche et les cités
Une page s’est tournée…
Entretien
« On ne fait plus de différences sur les origines »
« On peut être battu par ceux qu’on défend »
« À Gennevilliers, les communistes c’est l’institution »
« Je rends visible une fin de discrimination »
« À l’époque, c’est vrai qu’on allait chercher les gens de la diversité à l’extérieur du PC »
« N’imaginez pas que les vieux communistes sont plus conservateurs que les autres »
« Ma mission n’est pas de lutter contre une religion mais d’œuvrer pour le bien commun »
Un changement sur trois fronts
Une solution à une partie du problème
Préface
Introduction
Les nouveaux exclus de la ville (1950‑1972)

L’extension du marché de l’insalubre
Un relogement au compte-gouttes des familles algériennes
Des familles dirigées vers les « cités de transit »
Mobiliser l’opinion pour « réduire le pourcentage d’immigrés à Gennevilliers »
Le grand ensemble du luth : une gestion ségrégative du peuplement
Les voies du relogement
La concentration des familles immigrées : logique de marché ou ségrégation ?
Une discrimination accrue à l’entrée des logements municipaux
La « bunkerisation » des immeubles municipaux
Du quartier à la cité : déclassement et xénophobie
Déclassement social et ressentiment
Les plaintes contre le trafic de drogue : un symptôme de l’affaiblissement des Français
Le vote PCF : un emblème statutaire perdu
Le vote FN : un acte qui ne va pas de soi
Une tentation frontiste contenue
Les conditions d’une suspension des hostilités
Les parents immigrés face aux « jeunes sans avenir »
Un sentiment de déshonneur
Pères et mères face aux désordres
La peur de la contamination par l’échec
Que faire des fils sans emploi ?
Le « poids » des attentes déçues
« Faire », « bouger », « sortir »
L’encadrement des adolescents

La promotion des animateurs « issus des quartiers »
L’attraction exercée par les animateurs
L’inégalité des cercles d’amis choisis
Des vacances un peu ratées
La rigolade
Loisirs « classe » et jeux bidons
Les conditions de l’équilibre des tensions
L’usure des militants de cité
L’engagement d’un « déclassé vers le haut » resté attaché au quartier
La défense d’un « nous »
Les animateurs ou l’armature du club
Les raisons d’une démission
Un président en quête de respectabilité
Le déclin du club
Le découragement des « promus scolaires »
La « reconquête » du quartier par la municipalité
Une clientèle à capter
Réconforter les « couches moyennes »
Réduire la visibilité des fils d’immigrés
La crainte du « communautarisme »
« S’en sortir » par la politique
Un porte-parole « en panne »
Un rassemblement forcé de porte-parole
« Attiser la base » :
L’instrumentalisation du combat de Charif
Le recentrage d’Abdel
Les quartiers contre la mairie
Pasqua et Tapie : les ressources des outsiders
« Des Arabes à la mairie »
La menace d’un vote « beur »
Des élus sans prétention
Des promotions inattendues
La valorisation d’un capital symbolique domestique
Azzedine : un élu marginalisé
Table
Épilogue
Conclusion

Les « banlieues rouges » et le nouveau prolétariat des banlieues
La clôture de l’espace politique
La voie communautaire
Postface à la deuxième édition
Bibliographie
Remerciements.