L'imposture océanique - Catherine LE GALL

L'imposture océanique
Le pillage « écologique » des océans par les multinationales

Catherine LE GALL

Depuis les années 2000, des ONG accusent les pêcheurs bretons de surpêche et de massacre des dauphins. Mais braquent-elles les projecteurs au bon endroit ? Les menaces qui pèsent sur les océans sont de natures multiples et elles ne cessent de croître : dérèglement climatique, invasion des plastiques, pollutions terrestres… Auxquelles s’ajoute l’appétit croissant des multinationales qui en convoitent les richesses, comme les minerais, le vent, les courants, la capacité à stocker le carbone, les génomes ou les baleines.
Pour exploiter les mers, ces multinationales brandissent une solution miracle : l’« économie bleue ». Cette formule magique promet que l’on peut tirer profit des ressources maritimes tout en les préservant. Et oriente au passage les critiques vers le bouc émissaire de la pêche artisanale. Comme le montre Catherine Le Gall dans cet essai percutant, il s’agit là d’une redoutable imposture, élaborée par les multinationales et leurs lobbyistes. Son enquête révèle le rôle méconnu joué par trois armes de persuasion massive : les associations professionnelles transnationales, les fondations philanthropiques créées par des hommes d’affaires pour imposer leur vision dans les sommets climatiques, et les ONG nord-américaines pro-marché qui proposent de vendre et acheter la nature. Toutes préconisent de monétiser les ressources maritimes pour les « protéger », en vérité pour permettre leur pillage tous azimuts. Mais peut-on sauver les océans en faisant confiance au marché ?

Version papier : 18,50 €
Version numérique : 11,99 €
Facebook Twitter Google+ Pinterest
Détails techniques
Collection : Cahiers libres
Parution : 21/10/2021
ISBN : 9782348059360
Nb de pages : 240
Dimensions : 140 * 205 mm
ISBN numérique : 9782348059483
Format : EPUB

Catherine LE GALL

Catherine LE GALL

Catherine Le Gall, journaliste, est notamment co-auteure de Dexia, une banque toxique (avec Nicolas Gori, La Découverte, 2013) et de Les Prédateurs. Des milliardaires contre les États (avec Denis Robert, Cherche-Midi, 2018). Elle est également l’auteure d’enquêtes pour La Revue dessinée ou XXI et a coréalisé le documentaire Dexia, la Faute à personne (avec Alain de Halleux, 2016).

Table des matières

Introduction. La mer en héritage
I. La mer, nouvel eldorado
1. À bord du Cyrus, des pêcheurs en première ligne

Pêcheur, une profession mal aimée
L’ONG Bloom cible les pêcheurs
Pêcher moins et consommer mieux ?
2. Les « bergers de la mer »
Pour Sea Shepherd, les pêcheurs massacrent les dauphins
Des méthodes « extrêmes et polarisantes »
Conflits pour l’accès à la mer
3. L’économie bleue, « solution miracle » pour sauver les océans ?
Conflits croissants autour de l’« accélération bleue »
Aux origines de la formule de l’« économie bleue »
Un tour de passe-passe faussement « écologique »
4. Les faces cachées de l’économie bleue
Le tourisme global, monstre hors de contrôle
Nodules polymétalliques, hydrocarbures en mer, trafic maritime : dégâts assurés
II. À terre, aux origines de la pollution
5. Le message des « sentinelles » de la pollution

L’énigme du déclin des tellines
La piste des pesticides
6. Le plancton, victime oubliée des pesticides
Des études alarmantes, mais insuffisantes
Le plancton, ressource majeure et menacée
Quand la défense des dauphins occulte les dégâts des polluants chimiques
7. Les tulipes et les pesticides à la pointe de La Torche
La longue bataille des riverains
Les services de l’État se défaussent
III. Comment les multinationales ont volé le discours climatique
8. Les armes de persuasion massive des multinationales
Les « contre-feux environnementaux » du monde des affaires
Changing Course, 1992 : la « bible » climatique du business
Aux fondements de l’impossible concept de « développement durable »
9. Une belle fable climatique
Le mythe de la « firme en transition »
À l’assaut des sommets climatiques
Le succès du récit des pollueurs « écolos »
10. La « révolution » des philanthropes
Aux origines de la philanthropie étatsunienne
La formation d’une élite climatique
Le changement climatique vendu comme une opportunité économique
11. « Dis-moi qui te paye… »
Les dons des fondations, destinés… aux donateurs
Des ONG pro-business
De « petites » ONG qui font comme les grandes
IV. Le mouvement d’accaparement des océans
12. « L’océan vendu par petits bouts »

Donner une valeur à la nature pour être entendu par les « décideurs »
Découper la nature en « actifs » pour les investisseurs
WWF et TNC pactisent avec les assurances
Une assurance sur mesure pour les coraux
13. Le mirage des « forêts bleues »
Stocker du carbone en mer
Les mangroves, stars de la captation carbone
Les paradoxes de la « neutralité carbone »
14. Les « aires marines protégées », leurres du récit climatique ?
Protéger une partie pour mieux condamner le reste
« Échange dette contre nature » aux Seychelles
Un risque d’accaparement des océans
Conclusion. Et maintenant ?
Le tourisme contre la pêche ?
La « stratégie de flottille » des fondations néolibérales
Le hold-up écologique de l’économie bleue « durable »
Rendez-nous l’écologie
Notes.

Droits étrangers

DEFRAUDING OUR OCEANS
How Multinationals Plunder Marine Resources in the Name of the Environment

The market economy has stealthily made off with marine resources.
This hard-hitting investigation reveals the role played by three weapons of mass persuasion: transnational professional associations, philanthropic foundations created by businessmen to impose their vision at climate summits, and pro-market North American NGOs that buy and sell nature. All three advocate monetization and market instruments to “protect” marine resources in order to continue their full-scale plunder of our oceans.
Are we really going to save the seas by placing our trust in the market?


Reporter Catherine Le Gall has penned investigative comics journalism for La Revue dessinée and XXI. Among the works she has co-authored are Dexia, une banque toxique (Dexia: A Toxic Bank, with Nicolas Gori, La Découverte, 2013) and Les Prédateurs. Des milliardaires contre les États (Predators: Billionaires vs. Nations, with Denis Robert, Cherche-Midi, 2018). She also co-directed the documentary Dexia, la faute à personne (Dexia: Nobody to Blame, with Alain de Halleux, 2016).


Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com