L'État face à la révolte de 1907 - André FERRAN

L'État face à la révolte de 1907
Le traitement par la justice de la colère des vignerons du Midi

André FERRAN

Dans les années 1900, le monde viticole du Midi de la France bascule dans la crise : la surproduction provoque pauvreté et désespoir, tandis que la fraude sur les vins, illégale mais largement tolérée, aggrave la colère des vignerons. De mars à juin 1907, c’est la révolte : meetings, rassemblements et manifestations se succèdent à Béziers, Perpignan, Carcassonne, Montpellier… Des centaines de milliers de personnes adhèrent au mouvement, que ses initiateurs ont voulu pacifique, relayé par les démissions des maires.
L’État n’intervient pas et c’est l’institution judiciaire, instrumentalisée par le gouvernement Clemenceau, qui se retrouve en première ligne dans la gestion de la crise : les infractions à l’ordre public – fraudes sur le vin, actes délinquants en marge des manifestations, affront des maires démissionnaires ou mutinerie du 17e régiment d’infanterie d’Agde en faveur des vignerons – doivent être sanctionnées, sans pour autant jeter de l’huile sur le feu. C’est cette page méconnue de la révolte de 1907 que révèle André Ferran dans ce livre. En s’appuyant sur d’étonnantes archives judiciaires, restées à ce jour inédites et inexploitées par les historiens, il apporte un regard neuf sur les facteurs constitutifs de la crise viticole, mais aussi sur les réponses données par la justice à la tumul-tueuse dynamique de la révolte dans les départements les plus dramatiquement concernés : l’Aude, l’Hérault et les Pyrénées-Orientales.

Version papier : 13,70 €
Facebook Twitter Google+ Pinterest
Détails techniques
Préface de : Jean HUILLET
Collection : Hors collection Essais & Documents
Parution : 14/06/2007
ISBN : 9782707152992
Nb de pages : 180
Dimensions : 135 * 220 mm
Façonnage : Broché

André FERRAN

André Ferran est ancien bâtonnier du barreau de Montpellier, où il a exercé sa profession d’avocat pendant quarante ans. Diplômé de sciences criminelles et de législation viticole, spécialisé en droit pénal, avocat devant le Tribunal pénal international pour le génocide rwandais, il a été le défenseur des viticulteurs devant les tribunaux correctionnels et la cour d’appel de Montpellier. Il est l’auteur de Les Grandes Affaires criminelles de l’Hérault, 1868-1968 (Privat, 1998).

Extraits presse

« L'ouvrage original qui paraît pour le centenaire de la révolte, apporte un éclairage utile sur le rôle de la justice et son lien au pouvoir occupé alors par Clemenceau. Le livre constitue un réquisitoire contre la justice de l'époque. Avec une justice "dépassée et impuissante à remplir sa mission", ou "laxiste face aux fraudeurs", avec des magistrats "informateurs des préfets" et "aux ordres" du gouvernement, nous apprenons beaucoup sur les moeurs judiciaires d'alors, sur les collusions entre les procureurs, le préfet et la police. Où l'on vérifie aussi "les agissements des fauteurs de troubles à la solde du pouvoir". »
L'HUMANITÉ

« Ce livre fait atterrir à nos pieds un grand morceau de passé, tout palpitant de vie encore, tout chargé d'odeurs, de sons, traversé du fracas des chevaux, des clameurs de foule sans nombre, de détonations des fusils. De 1907, en ce mois de juin commémoratif, on a dit beaucoup, on a montré beaucoup. Mais on avait laissé en friche un champ sur lequel le bâtonnier Ferran s'est précipité, celui de la justice confrontée à la dernière - et gigantesque - jacquerie d'Europe. Ce champ, il l'a labouré, fouillé. Il en a exhumé des dossiers depuis longtemps oubliés, des correspondances perdues... Et c'est une justice dont on n'a plus idée qui surgit de ces fouilles. [...] Frémissement de moustaches d'André Ferran: le voilà qui, à cent ans de distance, retrouve la cour d'assises. Sa plume en frémit à l'unisson. Et le lecteur avec, qui suit mutins, meneurs, petit peuple dans cette fresque judiciaire où s'animent des hommes, des femmes, un peuple depuis longtemps figés dans les photos jaunies. »
MIDI LIBRE

« Un avocat, André Ferran, a plongé dans les archives et dévoile, dans L'État face à la révolte de 1907 (La Découverte), une justice soumise, défaillante dans la sanction de la fraude, puis alignée sur les desiderata de l'homme alors au pouvoir, Georges Clemenceau. Un siècle plus tard, face à la mévente, la Commission européenne ordonne l'arrachage et l'encourage à coups de subventions. Une autre manière d'éteindre les révoltes qui couvent. »
MARIANNE

0000-00-00 - PRESSE

 

Table des matières

Préface - Introduction - I / La révolte du Midi viticole devant les tribunaux locaux - 1. La crise du Midi viticole et la naissance de la révolte - Le rapport alarmant du procureur de Béziers - Des magistrats locaux conscients de la crise naissante - Le Midi viticole frappé de plein fouet par la fraude sur les vins - Le laxisme coupable de la justice face à la fraude - Le Comité d’Argeliers et la montée de la colère des vignerons - Pousser le gouvernement Clemenceau à agir - 2. Le scandale de la fraude sur les vins : une justice laxiste - Les fraudeurs impunis -La dénonciation du laxisme judiciaire - Punir la fraude - La rocambolesque affaire Bouscaras-Boutet - Le rôle actif de la presse - Une justice plus rigoureuse - 3. Contenir les troubles quotidiens de la rue - Du pacifisme à la tension montante - La non-intervention du gouvernement - La justice veille - La manifestation du 9 juin à Montpellier - Les incidents de Narbonne et Lézignan - La justice vigilante - 4. Le respect de l’ordre public : priorité absolue - La répression de l’« attitude » politique - La protection de l’ordre public par la justice répressive - La fermeté des tribunaux correctionnels - 5. Les réfractaires, les élus et les prélats : la justice sur mesure - Les aléas de la justice - L’outrage à magistrat : une condamnation inégale - Les circonstances atténuantes à l’outrage à magistrat - L’acharnement haineux de la justice sans considération des événements - La définition de « circonstances exceptionnelles » - 6. La mutinerie du 17e régiment d’infanterie d’Agde - La mutinerie d’Agde - Le 17e régiment solidaire des vignerons - Les poursuites contre le 17e régiment - Les charges retenues - Le classement de l’enquête - Une explosion populaire non préparée -II / La révolte des vignerons du Midi et la cour d’assises - 7. Le renvoi devant la cour d’assises - Les membres du Comité d’Argeliers sur la sellette - La tentative de discrédit des membres du Comité d’Argeliers - Le profil sociologique des révoltés - La justice poursuit la démission des élus et la coalition des maires - Une justice pour l’exemple - 8. La poursuite des événements criminels de Béziers (mai 1907) - Incendie de la mairie de Béziers : l’ouverture d’une information judiciaire - L’identification des responsables - Un crime sans lien avec la révolte des vignerons - 9. La poursuite des événements criminels de Narbonne et Perpignan (juin 1907) - Narbonne, les 19 et 20 juin 1907 - Perpignan, le 20 juin 1907 - 10. Autres crimes et délits dans l’arrière-pays - Crimes commis le 21 juin 1907 dans l’arrondissement de Lodève - Délits d’usurpation de fonction. Olonzac, mai et juin 1907 - Outrages, menaces, violences. Azille, 9 juillet 1907 - Usurpation de fonctions. Fraisse-les-Corbières, mai-juin 1907 - Rébellion, violences,, outrabes. Fraisses-les-Corbières, 10 mai 1907 - Coalition de fonctionnaires. Loupia, 11 juin 1907 - Conclusion:L’instrumentalisation de la justice du Midi en 1907 -Bibliographie.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites