La cause semble entendue : le krach financier d'octobre 2008 incombe aux crédits hypothécaires du marché immobilier américain, les fameux subprimes. En réalité, comme l'expliquent dans ce livre lumineux deux éminents spécialistes de la finance internationale, les racines du mal sont beaucoup plus profondes.
Mus par une sorte d'ivresse technique et une avidité pécuniaire démesurée, les professionnels des marchés ont fait de la " finance pour la finance ", comme on fait de l'" art pour l'art ". Encouragés par les économistes théoriciens de la finance, dont plusieurs prix Nobel, ils ont succombé à un véritable péché d'arrogance. En apportant leur caution scientifique aussi bien au travail des " quants " (les experts des modèles mathématiques d'ingénierie financière) qu'à celui des équipes de gestion des risques, les théoriciens ont conforté les praticiens dans le fantasme d'avoir dompté tous les risques. Or, comme le montrent les auteurs, contrairement à ses prétentions, la théorie financière est bien loin d'offrir cette garantie.
Errements des marchés, perversion du " génome théorique " de la finance et carences de la régulation ont produit une véritable dislocation du système financier. Seule une refonte profonde de celui-ci peut le guérir. Elle risque fort de se révéler longue et douloureuse pour l'" économie réelle " et ses agents, salariés et entrepreneurs.




2026-05-06 - PRESSE

Introduction. La finance et la grande crise de 2007-2008
Résilience et services rendus des innovations financières
Les dérapages de la " part maudite de l'argent "
Péchés d'orgueil
Une théorie qui vit au-dessus de ses moyens
1. Le génome de la finance en crise
Avertissements avec frais
La preuve par le subprime
Le modèle " initier et transmettre "
Engouement et restrictions : la dérive des " produits dérivés "
De 2007 à 2008 : la contamination de la première phase
Après la quasi-faillite de Bear Stearns en mars 2008 : la rechute
Les effets dévastateurs du péché d'orgueil des professionnels de la finance
Le génome de la finance
Les OGM et les grains du risque
Une crise financière " globale " : une première
2. Feu la liquidité
Surliquidité et assèchement
Les ricochets de l'illiquidité
Les hedge funds : responsables mais pas coupables ?
L'activisme des banques centrales
Première tentative de sortie de crise à l'anglaise
L'objectif général de rétrécissement du spread
Vers une nouvelle philosophie de la politique monétaire ?
3. Les deux piliers de la valeur
Le nécessaire inventaire critique de la théorie financière
Le mariage de l'entrepreneur et du financier, pour le meilleur et pour le pire
La délicate question de l'espérance de gain de l'investisseur
Actualisation du risque et espérance mathématique
La gourmandise des investisseurs n'est peut-être pas un si vilain défaut
Gourmandise rime avec chemise (car, en Bourse, on peut la perdre)
La rationalité de l'homo œconomicus
La finance modeste
4. Petits et grands arrangements de la finance académique
La finance ambitieuse
La théorie des marchés efficients
Comment ne pas casser tous ses œufs en même temps : la prescription du bon docteur Markowitz
Mais que vaut un œuf, docteur Markowitz ?
Prime de risque et valorisation des actifs
Connaître le prix du risque
La victoire à la Pyrrhus de la théorie
L'impasse phénoménale du modèle de la finance élaboré par les prix Nobel
Investissement et consommation : l'œuf de Colomb de Mark Rubinstein
Les errements de la théorie financière
Saving consumption !
La chasse aux faux problèmes des théoriciens de la finance
5. La roublardise de la théorie
Quand roublardise rime avec gourmandise : l'invention de l'" espérance neutre au risque "
La " magie " des probabilités martingales : y a-t-il vraiment un lapin dans le chapeau ?
Les chefs étoilés de la nouvelle cuisine financière : Black, Scholes et Merton
Comment cuisiner (sans risque ?) une option d'achat d'actions
Les " quants " et le mistigri du risque financier : quand le cuisinier se fait chirurgien
La fuite en avant des banques dans les " dérivés de crédit "
L'effet " cygne noir ", ou l'échec programmé de la recette des options
Les fausses garanties de la fameuse " valeur à risque "
Les cuisines de la finance : fast food et ketchup...
Les investisseurs du monde réel et ceux des modèles : schizophrénie, quand tu nous tiens
Du connu connu à l'inconnu inconnu : une vaste escroquerie intellectuelle
6. Une régulation contingente
Reréglemention ou simples amodiations : deux voix opposées de sortie de crise
Juguler l'irrédentisme de la finance ?
La reprise en mains des mouvements de capitaux
La sanction du marché comme menace crédible ?
Le principe d'équité financière et l'aléa moral
Le bonus sans le malus
Le jeu du " qui perd gagne " des rémunérations
Les aménagements praticables
Une titrisation à décanter
La réintégration du hors bilan et la révisiondes accords de Bâle II
La réforme des agences de notation
Le glissement vers le risque de système
Le plan Paulson et ses zones d'ombre
Le quitte ou double du dispositif anti-krach de sauvetage des banques
Conclusion. En finir avec l'arrogance de la finance
La prise de conscience des errements
Discipliner la financiarisation
La menace d'une nouvelle " stagflation " ?
Édifier de vrais garde-fous pour brider l'avidité dévorante des acteurs de la finance
Glossaire.