À paraître
Les camps d'internement, la surveillance de masse, le travail forcé et la destruction méthodique de la culture ouïghoure n'ont pas surgi brutalement en 2016 et 2017. Ils s'inscrivent dans une histoire plus longue : celle d'une entreprise de conquête, de colonisation et de transformation d'un territoire que ses habitants nomment Turkestan oriental et que Pékin désigne comme le Xinjiang.
En replaçant les violences contemporaines dans cette profondeur historique, Dilnur Reyhan retrace plus de deux siècles de domination coloniale, y compris politique, démographique, économique et culturelle, exercée sur cette région stratégique d'Asie centrale. De la conquête mandchoue du XVIIIe siècle aux politiques actuelles d'internement, de surveillance, de travail forcé, de séparation des familles, de stérilisations imposées, de contrôle des naissances, d'effacement linguistique et de répression transnationale, elle met au jour les mécanismes qui ont conduit de nombreux États et institutions internationales à parler aujourd'hui de génocide.
Fondé sur des travaux académiques, des documents officiels chinois, des archives et des témoignages, ce livre éclaire les ressorts historiques et politiques de la politique menée contre les Ouïghours et donne des clés pour comprendre l'une des grandes questions géopolitiques et morales du XXIe siècle.


Introduction
I. Histoire coloniale sino-ouïghoure et genèse de l'ultranationalisme chinois : idéologies impériales et racialisation de l'espace
1. Histoire du Turkestan oriental (1759-1949)
2. Les origines de la zhonghua minzu, une idéologie racialiste
II. Politiques coloniales et stratégies de sinisation du Turkestan oriental
3. Du " Grand Bond " à la " Révolution culturelle " : destructions du Turkestan oriental
4. Processus colonial au Turkestan oriental/Xinjiang (1949-2016) : politiques démographique, linguistique, religieuse et sociétale
5. L'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et les nouvelles routes de la soie (BRI) : la fin de l'illusion d'une solidarité des États turciques
6. " Tu ne récolteras que ce que tu as semé " : là où il y a colonisation, il y a résistance
III. Génocide né d'un capitalisme racial de surveillance
7. Construction d'un système concentrationnaire : pire que le cauchemar orwellien
8. Technocolonialisme : capitalisme de surveillance et adhésion de masse chinoise
9. Élaboration d'un système économique fondé sur le travail forcé : capitalisme racial de surveillance
10. Stérilisation forcée, travail contraint, mariages arrangés, familles brisées : la double colonisation des femmes ouïghoures
11. Répression transnationale chinoise (RTC) : une composante de la politique génocidaire
12. Réactions internationales face aux crimes au Turkestan oriental/Xinjiang
Conclusion
Remerciements.