Homo Domesticus
Une histoire profonde des premiers États

James C. SCOTT

Aucun ouvrage n’avait jusqu’à présent réussi à restituer toute la profondeur et l’extension universelle des dynamiques indissociablement écologiques et anthropologiques qui se sont déployées au cours des dix millénaires ayant précédé notre ère, de l’émergence de l’agriculture à la formation des premiers centres urbains, puis des premiers États.
C’est ce tour de force que réalise avec un brio extraordinaire Homo domesticus. Servi par une érudition étourdissante, une plume agile et un sens aigu de la formule, ce livre démonte implacablement le grand récit de la naissance de l’État antique comme étape cruciale de la « civilisation » humaine.
Ce faisant, il nous offre une véritable écologie politique des formes primitives d’aménagement du territoire, de l’« autodomestication » paradoxale de l’animal humain, des dynamiques démographiques et épidémiologiques de la sédentarisation et des logiques de la servitude et de la guerre dans le monde antique.
Cette fresque omnivore et iconoclaste révolutionne nos connaissances sur l’évolution de l’humanité et sur ce que Rousseau appelait « l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes ».

La préface de cet ouvrage est rédigée par Jean-Paul Demoule, spécialiste du Néolithique et de l’âge du Fer, professeur émérite de protohistoire européenne à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, parmi lesquels Mais où sont passés les Indo-Européens ? Aux origines du mythe de l’Occident et, avec Dominique Garcia et Alain Schnapp (dir.), Une histoire des civilisations. Comment l’archéologie bouleverse nos connaissances.

Version papier : 23 €
Version numérique : 15,99 €
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Détails techniques
Préface de Jean-Paul DEMOULE
Traduit par Marc SAINT-UPÉRY
Collection : Hors collection Sciences Humaines
Parution : janvier 2019
ISBN : 9782707199232
Nb de pages : 302
Dimensions : 135 * 220 mm
ISBN numérique : 9782348042379
Format : EPUB

James C. SCOTT

James C. Scott est professeur émérite de science politique et d’anthropologie à l’université Yale. Il est l’auteur de nombreux livres, dont trois ont été traduits en français : La Domination et les arts de la résistance (Amsterdam, 2009), Zomia ou l’art de ne pas être gouverné (Seuil, 2013) et Petit Éloge de l’anarchisme (Lux, 2013).

Extraits presse

Le « récit standard »sur la genèse de l’Etat a été forgé au sein des premiers Etats-nations de l’Europe des Lumières, notamment par Hobbes qui expliquait que l’Etat offre la sécurité à ses sujets en échange de leur liberté. Au fond, l’ouvrage de James Scott est une longue réponse à Hobbes pour dire qu’au contraire, l’Etat est source de servitude mais aussi d’insécurité. Son apport décisif pour le lecteur contemporain est d’en dévoiler le substrat agricole. Car, alors que l’humanité est face à des choix environnementaux et agricoles cruciaux, veillons à ne pas répéter les erreurs de nos ancêtres en fonçant tête baissée vers des formes d’agriculture en apparence plus efficaces, mais dont les conséquences politiques peuvent être désastreuses. En matière de végétaux comme dans d’autres domaines, il faut se méfier de ce qui est trop rectiligne, trop aligné, trop domestiqué !

10/01/2019 - Éric Aeschimann - L'Obs

 

Le livre de cet anthropologue américain est très original et très éclairant : il n'a pas pour autre objet que d'expliquer comment est née la notion d'État au Néolithique. Inattendu et passionnant.

25/01/2019 - Le Courrier français Gironde

 

Pourquoi sommes-nous devenus sédentaires ? Pour le « récit standard », la réponse tient en un mot : l’État. En puisant dans ce qu’il appelle l’«histoire profonde» - de 4 000 à 2 000 avant J-C. -, l’anthropologue américain invalide ce scénario. […] Cette synthèse savante mais accessible se demande si Homo sapiens n’est finalement pas autant dominé par ses céréales qu’il ne les a dominées et repense la question du lien civilisation-État.

31/01/2019 - Laurent Lemire - L'Obs

 

II n'y a que les Anglo-Saxons pour avoir le culot de labourer les millénaires les plus obscurs (de 6500 à 1600 avant notre ère) pour en bouleverser l'approche traditionnelle. À la manœuvre, l'Américain James C. Scott, professeur à l'université Yale. Après avoir mouliné nos connaissances (très) fragmentaires des civilisations mésopotamiennes, il balaie les (trop) logiques causalités économiques qui font se suivre l'agriculture, la sédentarité puis les cités-États […]. L’intuition centrale de l’auteur : les temps préétatiques, considérés comme « barbares », ont sans doute été, pour le plus grand nombre, un âge d’or. Même si c’est forcément discutable, ça fera gamberger et hurler l’Internationale des jacobins. Il faut donc se précipiter sur cette « histoire profonde des premiers États » !

01/02/2019 - Guillaume Mallaurie - Historia

 

Les récits que nous apprenons à l'école retracent souvent l'histoire des États. Nous avons ainsi l'impression que cette forme de société, caractérisée par la sédentarité et l'agriculture, serait une aspiration universelle qui s'est manifestée tout au long de l'histoire humaine. James C. Scott, politologue et anthropologue, entreprend ici de nous montrer que ce n'est pas (forcément) le cas [...] Un livre original et convaincant.

01/02/2019 - La Recherche

 

Table des matières


Préface : Diaboliques céréales, de Jean-Paul Demoule
I / Avant-propos
Introduction. Un récit en lambeaux : ce que je ne savais pas
Les paradoxes du grand récit de l’État et de la civilisation
Remettre l’État à sa juste place
Un bref itinéraire
1. La domestication du feu, des plantes, des animaux et... de nous-mêmes
Concentration démographique et sédentarité : l’hypothèse des zones humides
Zones humides et sédentarité
Une histoire sous-estimée
Un hiatus à expliquer
Pourquoi se mettre à cultiver ?
2. Le complexe de la domus et le réaménagement du monde naturel
De la plantation néolithique au zoo floral : les conséquences de l’agriculture
La domus comme module d’évolution
De la proie du chasseur à l’enclos du berger
Existe-t-il des phénomènes analogues chez les humains ?
Notre autodomestication
3. Zoonoses : la tempête épidémiologique parfaite
De la pénibilité croissante du labeur humain
Le camp de regroupement plurispécifique du Néolithique récent : une véritable tempête épidémiologique
Fécondité et population : une observation
4. Agroécologie de l’État archaïque
L’agrogéographie de l’émergence de l’État
Quand les céréales font l’État
Quand les murailles engendrent l’État : protection et confinement
Quand l’écriture engendre l’État : comptabilité et lisibilité
5. Contrôle des populations, servitude et guerre
L’État et l’esclavage
Esclavage et servitude en Mésopotamie
Égypte et Chine
L’esclavage comme stratégie de « ressources humaines »
Capitalisme de rapine et construction de l’État
La spécificité de l’esclavage et de la servitude en Mésopotamie
Une note spéculative sur la domestication, le travail pénible et l’esclavage
6. Fragilité de l’État archaïque : effondrement et désagrégation
Morbidité de l’État archaïque : aiguë ou chronique ?
L’origine des maladies : hypersédentarité, mobilité et État
Politicide : guerres et exploitation du noyau central
Plaidoyer pour l’effondrement
7. L’âge d’or des barbares
Les civilisations et leur pénombre barbare
Géographie barbare, écologie barbare
Logique de la razzia
Routes commerciales et noyaux céréaliers imposables
Les barbares, jumeaux cachés de la civilisation
Un âge d’or ?
Notes
Bibliographie.

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