Chaque jour, à la Cour nationale du droit d'asile, des craintes bruissent par milliers, et chaque jour, à la Cour nationale du droit d'asile, des juges en jugent le bien-fondé. Dévisagent les exils. Accordent le refuge à une petite minorité. On dit qu'ils protègent.
Mais qui protègent-ils, au juste ?



2026-08-20 - Eric Loret - Libération
Knecht n'a pas choisi une narration classiquement linéaire, son texte tient du collage et de l'installation. L'autrice retranscrit des phrases attrapées au vol, recopie des rapports d'audience, isolant parfois un mot unique sur une page, et le répétant sur plusieurs pages. Un dispositif de mise en écriture radical pour un dépeçage implacable du langage du pouvoir. Parfois, elle écoute aussi sans intervenir. Se déploient alors la parole de requérant·es, avocat·es, traducteur·rices qui se confient, livrant ainsi plusieurs témoignages édifiants.
2026-08-26 - Sylvie Tanette - Les Inrockuptibles
De manière posée et ferme, Ainsi la Cour décide nous conduit à cheminer, faire migrer notre écoute, en nous déplaçant dans la langue, pour nous permettre de saisir les conditions de fabrication et d'évaluation de ces histoires. (...) pour les migrant·es, l'enjeu n'est pas de faire de la littérature, l'enjeu c'est leur vie. Mais peut-être la littérature a-t-elle encore le pouvoir de le faire entendre.
2026-08-27 - Lise Wajeman - Médiapart
Si le recours à la fiction permet de donner char à des personnages, le propos est entièrement nourri d'entretiens et d'observations de séances. Au fil des pages, le langage administratif de la juridiction se mêle aux paroles de ces hommes et de ces femmes qui avancent à la barre pour raconter les persécutions qu'ils ont fuies. (...) Alternant poésie de la langue et réalisme cru, Caroline Knecht fait entendre toute la tragédie de ces vies précaires.
2026-10-01 - Frédérique Letourneux - Sciences Humaines