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School business
Comment l'argent dynamite le système éducatif

Arnaud PARIENTY

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School business - Arnaud PARIENTY
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Lorsque après avoir enseigné en ZEP l’auteur est muté dans le lycée prestigieux d’un quartier chic, il découvre à quel point l’école est gangrenée par l’argent. Quand on a été élevé dans l’idée que l’école française se devait d’être publique, gratuite et méritocratique, c’est un vrai choc culturel.
Il faut dire que la compétition pour accéder aux meilleures formations est devenue féroce. Elle angoisse les parents, prêts à de lourds sacrifices pour assurer l’avenir de leurs enfants. Dans cette course effrénée, tous les moyens sont bons : déménager pour intégrer les établissements réputés, payer des formations coûteuses, privées ou publiques, du soutien scolaire et autres coaching, stages à l’étranger et préparations aux concours. Quant au tourisme scolaire, il permet de contourner la sélection – moyennant finances – pour obtenir des diplômes prestigieux.
Certes, « petits cours » et écoles payantes ne datent pas d’hier. Mais un inventaire systématique montre que nous avons changé d’échelle et que notre système éducatif en est complètement transformé. Des groupes financiers achètent et revendent des écoles par dizaines. Les universités elles-mêmes multiplient les formations payantes. La mue a été rapide, mais discrète, sauf pour ceux qui y sont directement confrontés. L’énorme pression du chômage des jeunes, l’appauvrissement de l’État et le dynamitage des diplômes par la construction européenne sont passés par là. Un état des lieux édifiant qui s’adresse aux parents d’élèves, aux enseignants, comme à tous ceux qui veulent comprendre les nouvelles règles du jeu et l’ampleur de la révolution en cours.
Introduction
Des études de haut vol
Des prépas en très bonne santé
L’école de l’argent
1. De l’inégalité des établissements
Des résultats très hétérogènes
La tête de l’emploi
Les meilleures écoles ont-elles les meilleurs enseignants ?
Progresse-t-on davantage dans une bonne école ?
Le poids des parents
2. La loi d’airain de l’adresse
Les bonnes écoles font les quartiers chers
Des ghettos en France ?
La carte et le territoire
Vers une suppression de la carte scolaire ?
3. Les béquilles du soutien scolaire
« Un enfant en difficulté est un enfant ignorant… ses points forts »
Le coaching, prestation haut de gamme
Le rôle des avantages fiscaux
Droit et Sciences Po jouent à cache-cache avec le privé
Internet : l’aide ou la triche ?
4. La découverte du monde
We are the cancres
Stages et séjours linguistiques à foison
Des écoles mondialisées et Erasmus à la rescousse
Le grand (et coûteux) départ
Une expérience rentable
5. Après le bac, TSF (tout sauf la fac) !
Quels élèves pour quelles écoles ?
Un sentiment d’injustice
L’attractivité en chute libre de l’université
Les « malgré-nous » : étudiants par défaut et faux étudiants
I ♥ Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines
6. Le grand bond en avant des écoles privées
Dès la maternelle
La demande crée l’offre
Des écoles professionnelles
D’où vient l’argent ?
Branding
7. Le marché global du savoir
La première mondialisation
L’éducation, industrie mondialisée
Des zones franches éducatives
L’Asie à la conquête de l’Asie
8. L’envolée des frais de scolarité
Chères écoles de commerce
La course aux étoiles
Des études rentables
Quid des étudiants étrangers ?
Des business profs ?
9. Comment financer ses études ?
La hausse des prix va se poursuivre
Comment payer ?
Emprunter, mais ensuite ?
45 % d’étudiants salariés
Enrichir son CV
Conclusion
L’école de l’ombre
Comment en sommes-nous arrivés là ?
Fatalitas ?
Cours privés, coaching, tutorat, soutien scolaire durant les week-ends ou les petites vacances, voyages linguistiques, prépas spécialisées à plusieurs milliers d’euros… Mais aussi contournement des formations complexes ou à numerus clausus (dentaire, médecine, vétérinaire…) via de coûteuses universités privées espagnoles roumaines ou belges, grâce à la reconnaissance des diplômes dans toute l’Europe. Bien des parents ne peuvent se permettre de tels « investissements ». Agrégé de sciences économiques et sociales, Arnaud Parienty a été de nombreuses années professeurs en ZEP. Lorsqu’il rejoint un établissement parisien d’un quartier chic, il découvre des élèves gâtés qui bénéficient ou vont bénéficier de toutes ces onéreuses voies parallèles. L’enseignant va donc observer au plus près « l’influence de l’argent sur le parcours semé d’embûches qui mène du berceau à l’emploi ». Lui qui avait été élevé « dans l’idée que l’école française se devait d’être publique, gratuite et méritocratique » décide alors d’enquêter sur notre système éducatif « complètement transformé » par cette intrusion de l’argent.

27/08/2015 - Politis - Olivier Doubre

 

L’éducation est désormais une « activité de service à haute valeur ajoutée », un bon moyen de gagner très vite beaucoup d’argent. Se pourrait-il que ce phénomène touche un jour la France ? C’est déjà le cas. […] La France, si fière de son école gratuite et méritocratique, ne résiste pas au phénomène mondial de marchandisation du savoir. C’est l’un des enseignements les plus frappants de School Business, l’enquête d’Arnaud Parienty sur l’argent dans le système éducatif. Fort de trente ans de carrière, en ZEP comme dans les lycées cossus de la capitale, ce professeur de sciences économiques et sociales observe toutes les conséquences des inégalités financières. Son ouvrage chemine de l'inévitable analyse de la carte scolaire jusqu'au marché mondialisé des études supérieures. La structure même du livre met en perspective ce constat vertigineux: de la maternelle à la vie active, l'argent oriente les parcours, sur tous les plans. Contournement de la carte scolaire, enseignement privé, cours particuliers, réseaux... Pour la plupart ces phénomènes ne sont pas nouveaux mais l'ouvrage d'Arnaud Parienty remet à plat, sans passion, les problèmes concrets de l'inégalité scolaire: qu'est-ce qui fait un bon établissement ? Progresse-t-on mieux dans une bonne école ? Pourquoi les enfants riches, même mauvais élèves, sont-ils généralement sauvés par les langues étrangères ? Le cœur de l’enquête est cependant l’étude d’une course au profit inédite. L’éducation est devenue un marché lucratif. […] Dans ce tableau peu reluisant d’un système dominé par l’argent, l’auteur ne porte jamais de jugements sur les familles. Au contraire, il analyse avec finesse l’engrenage qui les pousse à dépenser. […] L’une des véritables forces de cette cartographie du système éducatif est de démonter, chiffres à l’appui, que les classes moyennes font les frais de cette différenciation par l’argent.

28/08/2015 - Violaine Morin - Le Monde des livres

 

On sait depuis Bourdieu que le système éducatif, sous son apparence méritocratique, est un outil de reproduction sociale qui repose sur la détention d’un capital intellectuel et social. Dans School Business, Arnaud Parienty agrégé en sciences économiques et sociales, pousse plus loin l’analyse. Pour cet enseignant dans un « grand » lycée parisien, la compétition scolaire ne passe plus seulement par la culture générale, les codes sociaux, le réseau ou la maîtrise des arcanes du système. Tout ce capital immatériel est nécessaire mais plus suffisant. Désormais, il faut y ajouter du capital tout court.

01/09/2015 - L'Expansion

 

Ce n’est malheureusement plus un scoop : la France possède l’un des systèmes scolaires où l’origine sociale des parents compte le plus dans la réussite des enfants. Être né dans un milieu social favorisé est un passage quasi obligé pour avoir accès aux bons établissements et aux formations d’excellence. Et pour cause : dans cette compétition exacerbée, les cours particuliers, les « coachings » de langues et autres prépas privées, au coût astronomique, tiennent désormais un rôle crucial. Ce constat inquiétant a sauté aux yeux d’Arnaud Parienty, professeur d’économie passé d’une ZEP à un des lycées d’Île-de-France les plus huppés. Durant des mois, il a observé ce qu’il appelle le « school business », véritable course effrénée à la réussite qui accentue les inégalités avec les élèves des classes populaires et plus largement avec ceux qui n’auront pas les moyens de suivre financièrement. Un phénomène qui gangrène le système scolaire.

09/09/2015 - Sylvie Ducatteau - L'Humanité

 

Préparations aux grandes écoles, soutien scolaire, initiation à l'anglais dès la crèche, coaching pour le bac ou l'orientation... Le marché privé de l'éducation, pléthorique, forme une « école de l'ombre » à laquelle Arnaud Parienty, professeur d'économie dans un lycée huppé de l'Ouest parisien, vient de consacrer une enquête minutieuse dans un livre. « Une offre privée diverse et efficace a explosé ces dernières années », constate l'auteur. Une offre nourrie par « la volonté désespérée de faire entrer son enfant dans l'ascenseur social ». Il n'y a pas que les riches qui payent des cours particuliers à leurs enfants. Mais seuls certains possèdent suffisamment pour offrir, en plus du soutien scolaire, des séjours linguistiques à l'étranger (garantie de quelques points supplémentaires pour de futurs oraux), une prépa à côté de la fac de droit ou de médecine, ou encore une prépa avant des écoles de commerce pas forcément très sélectives scolairement mais dont le diplôme promet une bien meilleure insertion professionnelle que l'université. Au bout du compte, tous ces coups de pouce « font système », pense-t-il, en introduisant « une discrimination par l'argent ». Au bout de ces chaînes se trouvent les prépas aux concours et aux examens de l'enseignement supérieur. Il en existe de deux types, selon Arnaud Parienty : celles qui donnent accès « aux métiers qui font rêver, comme médecin, journaliste, les professions du Web ou du design, énumère-t-il. Et celles qui forment à des professions où le taux de chômage est très faible, comme le commerce ou le paramédical ». Leur développement ressemble à une fuite en avant : « A partir du moment où il y a un concours, il y a une pression concurrentielle, résume Arnaud Parienty. Si certains élèves prennent des cours à côté de la fac de médecine, par exemple, les autres vont se sentir obligés de faire la même chose, pour ne pas être désavantagés. » Un réflexe d'autant plus important en France, « un pays obsédé par les diplômes, qui définissent plus qu'ailleurs presque toute la carrière ».

16/09/2015 - Christel Brigaudeau - Le Parisien - Aujourd'hui en France

 

Vous voulez que vos enfants réussissent. Très simple : sortez le carnet de chèques. Tout est désormais prévu : écoles maternelles bilingues, cours de soutien, lycées huppés, école de kiné ou d’aides-soignantes où les frais de scolarité peuvent atteindre des milliers d’euros par an… A condition d’en avoir les moyens, il est désormais possible de s’acheter une scolarité complète, y compris en contournant les obstacles trop « scolaires » qui se dresseraient sur la route de vos chérubins. Témoin ces jeunes des beaux quartiers qui vont faire leurs études de médecine en Espagne, où les diplômes sont plus facile à obtenir, à condition tout de même d’être capable de verser les 50000 euros que cela représente au total… Voilà le tableau effrayant dressé par Arnaud Parienty dans son ouvrage School business.

23/09/2015 - Jacques Littauer - Charlie Hebdo

 

 
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