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Catalogue / Sociologie, société / Rester bourgeois     
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Rester bourgeois
Les quartiers populaires, nouveaux chantiers de la distinction

Anaïs COLLET

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extraits presse


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Les anciens faubourgs populaires sont à la mode. Population, boutiques, prix des logements, réputation : tout change dans ces quartiers autrefois ouvriers des grandes villes françaises. La pression immobilière y joue un rôle central et les politiques urbaines, bien souvent, l’accompagnent ; mais ce sont des habitants qui, au jour le jour et à leur échelle, transforment ces lieux. Ce livre leur est consacré et entend montrer, à partir d’enquêtes menées à Montreuil-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis et à la Croix-Rousse, à Lyon, les ressorts sociaux qui se cachent derrière les mutations urbaines.
Disputer des usines désaffectées à des marchands de biens ou des entrepreneurs chinois, transformer un pavillon de banlieue en « vieille maison pleine de charme », se constituer un groupe d’amis-voisins ou travailler à rendre les écoles fréquentables, implique un fort investissement humain et financier ; mais cela procure aussi des bénéfices symboliques et économiques appréciables lorsque le statut social n’est plus garanti. En transformant d’anciens espaces ouvriers à l’image dévalorisée en lieux désirables, les gentrifieurs – ceux que la presse nomme les « bobos » – travaillent à reclasser ces lieux mais aussi à consolider leur propre trajectoire sociale, bref, à « rester bourgeois ».
Introduction
Un changement social et urbain qui débute dans les années 1970
Recompositions de la structure sociale et des villes depuis les années 1980
Explorer les mutations de la gentrification et des gentrifieurs depuis le début des années 1980
Les habitants comme producteurs d’espaces gentrifiés
1. Des centres-villes aux banlieues ouvrières : la frontière mobile des quartiers désirables
Les Pentes de la Croix-Rousse des années 1970 aux années 1990 : de l’alternative politique à la spéculation immobilière
Les années 2000 : la consécration des quartiers anciens
Le Bas-Montreuil : de la banlieue repoussoir au faubourg appropriable
2. Travail, valeurs et engagements : héritages et recompositions au sein des classes moyennes-supérieures
Les « pionniers » : diversité et unité de la « classe d’alternative »
À la Croix-Rousse, des « jeunes bien portants » dans la lignée des « nouvelles classes moyennes »
Dans le Bas-Montreuil, des professionnels de la culture aux trajectoires incertaines
3. Réhabiliter, transformer, convertir : le logement au secours de la trajectoire sociale
L’attrait des rebuts du marché
« Se faire un loft » : la mobilisation de ressources et de dispositions particulières
Les convertisseurs : des chevaux de Troie du capitalisme immobilier ?
4. Changer l’image des lieux : production symbolique et pouvoir esthétique
Le travail matériel et esthétique sur les logements : jouer avec des formes architecturales distinctives
De la banlieue au faubourg : la construction symbolique d’un quartier désirable
5. Mobilisations collectives et vie sociale locale
La première génération : travailler sur le quartier
La deuxième génération : prendre place dans le quartier
Conclusion. Les gentrifieurs des années 2000 : des bourgeois ?
Un groupe à la frontière entre classes moyennes et classes supérieures
Héritages et recompositions au sein des « nouvelles classes moyennes »
Un groupe capable de s’approprier l’espace
Annexe 1. Cartes de localisation des quartiers
Annexe 2. La gentrification des Pentes de la Croix-Rousse : quelques données statistiques
Annexe 3. La gentrification du Bas-Montreuil : quelques données statistiques
Annexe 4. L'enquête de terrain et la construction des populations enquêtées

Un double objectif de connaissance
Les enquêtés du Bas-Montreuil et de la Croix-Rousses : caractéristiques du corpus
Annexe 5. Tableaux de présentation des enquêtes.
La ville est le théâtre de rapports sociaux sans cesse rejoués. L’enquête de la sociologue Anaïs Collet, Rester bourgeois, décape quelques idées reçues sur ceux que l’on nomme improprement les bobos et analyse la façon dont leur choix d’habiter dans des quartiers populaires, bien que souvent contraint, s’inscrit aussi dans une stratégie de distinction sociale.

27/02/2015 - Julie Clarini - Le Monde des Livres

 

C’est l’histoire de Julien, sculpteur et artisan qui achète à Montreuil, une ancienne usine bourrée de produits chimiques abandonnés, pour la rénover et y vivre. C’est le pari de Rémi, technicien de l’audiovisuel qui acquiert un garage en dépit d’un marchand de biens sans scrupule et parvient à le reconvertir en « loft de magazine ». Ces choix de vie ont été saisis par la sociologue Anaïs Collet, dans le cadre d’une longue enquête de terrain consacrée à la mutation de deux quartiers populaires : le Bas-Montreuil, et la Croix-Rousse à Lyon. La chercheuse a étudié le phénomène de gentrification, déclenché par l’arrivée de classes moyennes dans des secteurs déshérités et vieillissants. Elle en a fait une thèse, devenu un livre intituléRester bourgeois, qui vient de paraître aux éditions La Découverte. Le lecteur croise une cinquantaine de trajectoires, comme celle de Bérengère et Loïc. Fonctionnaire et photographe, ils sont devenus propriétaires d’un sinistre pavillon avec des barreaux aux fenêtres, que la verdure et des travaux métamorphoseront au bout de sept ans. De générations différentes, les habitants suivis dans cette enquête ont emménagé entre 1987 et 2005

26/03/2015 - Le Parisien

 

En 1960, dans son livre London Aspect of Change, la sociologue britannique Ruth Glass utilisait pour la première fois le terme « gentrification ». Il désignait sous sa plume l’éviction des classes laborieuses du centre-ville de Londres en faveur des couches supérieures. Popularisé et utilisé à foison, le concept traîne depuis une mauvaise réputation. Aujourd’hui, gentrification rime avec expropriation de l’habitat et spoliation de la mémoire ouvrière. Selon Anaïs Collet, cette condamnation morale empêche souvent de saisir le phénomène dans son ensemble. Rester Bourgeois entend combler ce manque. Pour comprendre la gentrification, la sociologue a enquêté sur les pentes de la Croix-Rousse à Lyon, puis à Montreuil, deux quartiers qui ont connu un important mouvement de population ces vingt dernières années. Elle y a rencontré les habitants, visité des logements, étudié les habitudes de consommation et observé les intérieurs. Elle constate la cohabitation parfois compliquée entre anciens et nouveaux habitants, et relève les transformations profondes qui sont intervenues. Étudier la gentrification c’est selon l’auteure toucher « des problématiques plus sociologiques que territoriales ». 
Au gré d’entretiens directs, elle dresse le portrait des nouveaux occupants des lieux. Membres de la « nouvelle classe moyenne », jeunes, travaillant souvent dans le secteur culturel ils « cherchent à monnayer ailleurs que sur le marché du travail un capital culturel qui y est dévalorisé ». Et il s’avère que s’ils achètent dans des quartiers populaires, c’est autant par goût que par stratégie économique.

01/04/2015 - Sciences Humaines

 

 
 
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