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Catalogue / Philosophie / Pourquoi désobéir en démocratie ?     
Nouvelle édition

Pourquoi désobéir en démocratie ?

Sandra LAUGIER, Albert OGIEN

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Les raisons de se révolter ne manquent pas. Mais en démocratie, s’engager dans un combat contre l’injustice, l’inégalité ou la domination est un geste qui doit s’exprimer sous une forme d’action politique acceptable. Parmi ces formes se trouve la désobéissance civile : elle consiste, pour le citoyen, à refuser, de façon non-violente, collective et publique, de remplir une obligation légale ou réglementaire parce qu’il la juge indigne ou illégitime, et parce qu’il ne s’y reconnaît pas. Cette forme d’action est souvent considérée avec méfiance : pour certains, elle ne serait que la réaction d’une conscience froissée, puisqu’elle n’est pas articulée à un projet de changement politique ; pour d’autres, elle mettrait la démocratie en danger en rendant légitime un type d’action dont l’objet pourrait être d’en finir avec l’État de droit.
Ce livre original, écrit par un sociologue et une philosophe, analyse le sens politique de la désobéissance, en l’articulant à une analyse approfondie des actes de désobéissance civile qui prolifèrent dans la France d’aujourd’hui – à l’école, à l’hôpital, à l’université, dans des entreprises, etc. Il montre comment ces actes s’ancrent avant tout dans un refus de la logique du résultat et de la performance qui s’impose aujourd’hui comme un mode de gouvernement. À la dépossession qui le menace – de son métier, de sa langue, de sa voix –, le citoyen ne peut alors répondre que par la désobéissance, dont le sens politique doit être pensé.

Introduction. Petits instantanés sur la France des années 2000
I / Cadrage
1. Désaccord, dissentiment, désobéissance, démocratie
« We the people »
« Lives of quiet desperation »

Conversation et conformisme
Independance Day
Le perfectionnisme comme résistance
Divorce et désobéissance
2. Opposants, désobéisseurs et désobéissants
Le savoir-faire politique des citoyens
Les attributs de la désobéissance civile
Un droit à la désobéissance ?
II / Enquête
3. Gouverner au résultat
Une affaire de légitimité
Ce que moderniser l’État veut dire
Le principe d’efficacité
Le système du chiffre gestionnaire
Le politique sous régime de performance
Trois systèmes du chiffre
Le chiffre entre performance et démocratie
4. Expérience de la dépossession
Naissance d’une nouvelle exigence démocratique
Le travail de l’information : l’exemple de la santé
Le privé et le public face à la désobéissance
Une certaine idée de la performance scolaire
L’hôpital soumis à la qualité
L’université livrée à l’autonomie
La violence arithmétique
Politique de la quantification
III / Politique
5. Une conception ordinaire du politique
Le phénomène politique
Le pluralisme comme fait
Le social et le politique
L’ordre réflexif du politique
Conséquences du pluralisme
6. La démocratie radicale et l’individu
S’extraire du conformisme
Constitution de l’individu démocratique
L’expertise contre l’expressivité
Trouver sa voix
L’ordinaire de la revendication
Conclusion. La guerre des mondes
Postface à l'édition 2011.


vendredi 16 dcembre 2011

Les Indignés selon Albert Ogien (1/3) par Mediapart


 

mardi 27 novembre 2012



 

Contenu:« Apparemment triomphantes depuis la fin du communisme, les démocraties libérales sont traversées par des interrogations permanentes sur leur vitalité et leur légitimité. On a même assisté à une floraison de tentatives visant à renouveler les pratiques et les théories, par-delà le gouvernement représentatif et le principe majoritaire. En témoigne le courant de la "démocratie participative", ou encore celui de la "démocratie délibérative" qui prône l'approfondissement de la discussion publique dans toute la société.Un autre mode d'intervention des citoyens a été le renouveau de la "désobéissance civile" : celle-ci consiste à désobéir ouvertement à des lois ou à des règlements au nom même des valeurs de la démocratie et de la justice.[...] L'essai que publient aujourd'hui Sandra Laugier et Albert Ogien participe de cette tendance, mais avec une ambition plus ample : il combine les compétences d'une philosophe et celles d'un sociologue pour mieux dégager la logique à l'oeuvre dans les mutations de l'Etat en France, et pour penser une authentique philosophie démocratique de la désobéissance. L'enquête décrit ainsi méticuleusement ce que veut dire "gouverner au résultat" dans les réformes récentes de l'Etat, notamment à l'hôpital, à l'université ou à l'école. Ce passage d'une "logique des moyens" à une "logique des résultats", appuyé par de puissants outils statistiques, marque une révolution : il s'agit d'introduire l'esprit de rentabilité, de performance et de compétition dans des univers dénoncés comme figés par la routine bureaucratique. La désobéissance est une réaction, souvent minoritaire, à cette logique qui peut se combiner avec de nouvelles formes de surveillance. Nombres d'actions en témoignent : journée nationale de la désobéissance dans l'éducation nationale contre son "démantèlement", Appel à la résistance citoyenne contre le fichage des enfants, mouvement d'agents ANPE contre la "délation" des étrangers. »
LE MONDE

« Enseignants refusant d'appliquer les réformes à l'école primaire, militants associatifs venant en aide aux travailleurs sans papiers ou cachant les élèves étrangers menacés d'expulsion : les actes de désobéissance civile - autrement dit le fait de refuser, de manière non violente, de remplir une obligation réglementaire ou d'obéir à une loi que l'on considère comme indigne ou injuste - sont devenus de plus en plus fréquents ces dernières années. Ce refus délibéré de respecter une loi ou un règlement est-il justifiable en démocratie ? En quoi la désobéissance civile est-elle une forme d'action politique ? Et pour quelles raisons en vient-on, de plus en plus fréquemment, de nos jours, à désobéir ? Telles sont les questions que se posent un sociologue, Albert Ogien, et une philosophe, Sandra Laugier. »
L'EXPRESS

« Respectivement sociologue et philosophe, Albert Ogien et Sandra Laugier ont mis en commun leurs savoirs pour tenter de préciser le sens politique de la «désobéissance civile» dans la France d’aujourd’hui. [...] Albert Ogien et Sandra Laugier pointent un véritable « mode de gouvernement » dans « la logique du résultat et de la performance » qui prolifère dans les administrations françaises. Et c’est bien à l’aune de l’humaniste résistance à cette sorte de dictature du chiffre qu’il convient de penser la désobéissance civile, qui ne peut dès lors être confondue, ni par ses partisans ni par ses détracteurs, avec un rejet du politique. »
L'HUMANITÉ

« Albert Ogien est sociologue, Sandra Laugier philosophe. Ils ont croisé leurs approches pour tenter de comprendre en quoi la désobéissance civile porte en elle «une menace pour le principe même de la démocratie», ou, au contraire, alimente les sources de liberté et de justice que la démocratie ne peut pas faire tarir sans se détruire. Pourquoi désobéir en démocratie ? propose une réflexion sociologique, philosophique et politique, donc - mais totalement enracinée dans la réalité d’aujourd’hui, puisqu’elle examine les mouvements contestataires qui ont récemment émergé en France : travailleurs sociaux et professionnels de la santé qui ne livrent pas leurs informations aux maires dans le cadre de la politique de «prévention de la délinquance», membres du Réseau éducation sans frontières (RESF) qui cachent les élèves étrangers menacés d’expulsion, arracheurs d’OGM, agents de l’ANPE qui déclinent l’obligation de contrôler la régularité du séjour en France d’un demandeur d’emploi et d’en informer la préfecture de police, directeurs et directrices d’écoles qui ne font pas remonter vers le ministère les données de la «base élèves», enseignants qui se «déclarent en désobéissance» auprès de leur autorité de tutelle… »
LIBÉRATION

presss

 

 
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