Léo Ferré, toujours vivant

Pascal BONIFACE

Il faudra réécrire l’histoire littéraire un peu différemment à cause de Léo Ferré », proclamait Aragon. Auteur-compositeur-interprète d’exception, souvent éclipsé dans la mémoire collective par un Brel ou un Brassens, Léo Ferré a pourtant écrit quelques-unes des plus belles chansons du répertoire français –Avec le temps, La mémoire et la mer pour les plus connues. Il est aussi celui qui a le plus, et le mieux, mis en musique les autres poètes français, de Baudelaire à Verlaine et Rimbaud, en passant par Apollinaire, Aragon, Rutebeuf et Villon.
Sa carrière se serait-elle limitée aux années 1950-1960, elle aurait suffi à faire oeuvre. Mais l’histoire de Léo Ferré ne s’arrête pas là : après 68, il renouvelle même son répertoire en se produisant avec des groupes de pop, puis dirige des orchestres symphoniques, faisant ainsi découvrir à un public jeune la musique classique. Le chanteur anarchiste connaît alors une véritable renaissance, incarnant beaucoup plus que d’autres l’esprit de la révolte des années 1970.
Le 24 août 2016, Léo Ferré aurait eu 100 ans. À l’occasion de cet anniversaire, Pascal Boniface souhaite ici redonner à l’auteur des Anarchistes et de C’est extra toute sa place dans l’histoire de la musique et de la poésie de son temps. Ce livre est aussi une réflexion sur la trajectoire personnelle et les engagements politiques de l’un des plus grands poètes français du XXe siècle.

Version papier : 15 €
Version numérique : 11,99 €
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Détails techniques
Collection : Cahiers libres
Parution : mai 2016
ISBN : 9782707190499
Nb de pages : 180
Dimensions : 135 * 220 mm
ISBN numérique : 9782707191939
Format : EPUB

Pascal BONIFACE

Pascal Boniface, directeur de l'IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), est l'auteur d'une cinquantaine d'ouvrages.

Extraits presse

Léo Ferré, toujours vivant, de Pascal Boniface. Le politologue publie un récit passionnant sur un des grands phares de la chanson française, à l’occasion du centenaire de l’auteur des Anarchistes. L’occasion de se replonger dans une œuvre que le temps a eu tendance à aseptiser.
On pensait Léo Ferré installé, un peu trop confortablement, au panthéon des légendes de la chanson française, figé dans ce cliché de 1969 qui l’immortalisa aux côtés de Brel et Brassens. Comme s’il flottait toujours un malentendu sur son œuvre, en réalité assez méconnue. Comme s’il fallait désormais des passeurs pour rendre au vieux lion à la crinière blanche sa puissance de scandale. Le centenaire de sa naissance aurait pu être l’occasion de faire redécouvrir l’étendue d’une œuvre dont le rayonnement se déploie bien au-delà des trois mêmes chansons diffusées par les radios. Pourtant, il n’en sera rien. Ni exposition (on pense à celle que la Cité de la musique avait consacrée à Brassens en 2011), ni même une soirée au mémorial d’Arte ne viendront, à ce jour, mettre en lumière celui qu’André Breton considérait comme « la parfaite fusion de tous les dons de poète, musicien et d’interprète ». Pour Pascal Boniface, l’électrochoc a lieu l’année de ses quinze ans. La face B du second disque, Bobino 1969, provoque chez lui un séisme dont il « ressent encore aujourd’hui les répliques » : « Un type plus vieux que nos parents nous confortait dans nos choix de révolte, de remise en cause des pouvoirs en place, de contestation des autorités, de l’ordre bourgeois et des convenances sociales… De Ni dieu ni maîtreà Faites l’amour, ces chansons slogans donnaient envie de le suivre. » En ce début des années 1970, « la voix sans maître » s’est déjà installée dans le cœur et les têtes de toute une génération. L’album Cette chanson, sorti en 1967, représente « un signal assez appuyé de ce qui va exploser dans la douce France gaulliste », explique Pascal Boniface, comme si le poète avait flairé ce qui avait échappé aux autres : apologie de l’adultère féminin à une époque où il représente encore une faute pénale dans le Bonheur, l’érotisme du Lit, l’anticolonialiste Pacific Blues, le malaise étudiant avant Mai 1968 dans Quartier latin, ou encore la charge anticléricale d’On n’est pas des saints.

16/06/2016 - Maud Vergnol - L'Humanité

 

Le 24 août 2016, on fêtera les 100 ans de la naissance de Léo Ferré. Depuis sa disparition, le 14 juillet 1993, et même avant, nombreux sont les auteurs qui se sont penchés sur l’œuvre du poète anarchiste. Cette fois, c’est Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques à Paris, qui s’y est collé. Il a intitulé son ouvrage Léo Ferré, toujours vivant. À 15 ans, M. Boniface découvre le double album "Bobino 1969". "La face B du second disque a provoqué chez moi un séisme dont je ressens aujourd’hui encore les répliques", écrit-il dans l’avant-propos du livre. Habité depuis lors par le vieux lion de la chanson, l’homme s’était fixé comme but de lui consacrer un ouvrage. "La biographie qu’a écrite Robert Belleret étant indépassable, je me devais d’être original", constate l’intéressé alors qu’on le rencontre au Théâtre-Poème à Bruxelles. Assez logiquement, il choisit d’aborder Ferré sous l’angle politique. Même si la trajectoire personnelle de Ferré est également traitée, mais "de façon ramassée", car impossible, selon M. Boniface, de comprendre certaines étapes de la vie de l’artiste français (1916-1993) sans la recontextualiser. Adolescent contestataire, Pascal Boniface est subjugué par Léo Ferré, "qui vient rompre les convenances, qui chante la liberté, personnelle, sexuelle, politique, faite de révolte et de refus d’autorité".

15/06/2016 - Marie-Anne Georges - La Libre Belgique

 

Cette année, l’auteur Pascal Boniface, un fan français plus qu’un spécialiste puisqu’il est avant tout fondateur et directeur de l’IRIS, a publié Léo Ferré, toujours vivant, un livre qui, au-delà de la biographie et traditionnelle et de la transmission de l’admiration, mène une réflexion sur l’actualité de l’œuvre du Monégasque centenaire. Et rappelle à quel point Léo fut en avance sur son temps, anarchiste philosophe, poète et compositeur de son siècle, parmi les plus grands qui soient.

24/08/2016 - Thierry Coulon - Le Soir

 

Pour le centenaire de sa naissance, le directeur de l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques) et “ferréphile” revendiqué Pascal Boniface publie Léo Ferré, toujours vivant (éd. La Découverte), dont l’une des vertus est de montrer à quel point son œuvre était en avance sur son temps. Fossoyeur des “bonnes mœurs” de son époque, pionnier de la mise en musique de grands poètes, idole de la jeunesse contestataire, commentateur iconoclaste de l’actualité politique, et même précurseur du rap et du slam…

24/08/2016 - Mathieu Dejean - Les Inrockuptibles

 

Table des matières

Avant-propos
I / « Ma vie est un slalom »

La jeunesse : les temps sont difficiles
La vedette du music-hall
L'été 68
La musique dans la rue
II / « Ni dieu ni maître »
« Y'en a pas un sur cent »
« Merde à la mafia »
« Elle était belle comme la révolte »
« Épique époque »
La vraie « idole des jeunes »
L'anar à la Rolls
« Mon camarade »
III / « Un géant dans le siècle »
« Du vison en haut des quilles »
« Je suis dicté »
« Slameurs, vos papiers ! »
« Ce sont de drôles de types »
« Souvent la musique me prend comme une mer »
Brel, Brassens, Ferré
Discographie officielle Studio
Bibliographie.