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Le business des faillites
Enquête sur ceux qui prospèrent sur les ruines de l'économie française

Cyprien BOGANDA

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Le business des faillites - Cyprien BOGANDA
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En France, près de 180 entreprises font faillite… chaque jour ! Depuis le début de la crise de 2008, plus de 300 000 d’entre elles ont déposé le bilan, bouleversant la vie d’un million de salariés. Mais le malheur des uns fait les affaires d’une poignée d’autres. Les entreprises en difficulté attirent une faune hétéroclite, où se croisent fonds d’investissement, cabinets d’experts, managers de crise ou mandataires judiciaires. Aujourd’hui, quelques milliers de personnes « vivent » en France de la crise des entreprises. Et elles en vivent plutôt bien.
Ce « business » ne date pas d’hier. Dès les années 1980, des grands noms du capitalisme hexagonal tels que Bernard Arnault, François Pinault ou Vincent Bolloré ont bâti leur fortune en rachetant, sous l’œil bienveillant des pouvoirs publics, des canards boiteux, qu’ils revendaient au prix fort après restructuration.
Depuis dix ans, la multiplication des plans sociaux a engendré une véritable industrie de la faillite. Dressant un portrait édifiant des acteurs de ce secteur en croissance et revenant sur les affaires qui ont défrayé la chronique ces dernières années (Danone, Doux, Heuliez, PSA, Samsonite, Florange, etc.), l’enquête de Cyprien Boganda révèle les dessous de cette machine qui prospère sur les ruines de l’économie française.
Introduction. La crise est leur affaire
L’émergence d’un business
Sauveurs ou fossoyeurs ?
De l’ambiguïté au chantage
1. Les rois de la reprise, de François Pinault à Bernard Tapie
François Pinault, un repreneur très « politique »
Bernard Arnault et la pépite Boussac
Vincent Bolloré, enfant chéri des médias
Bernard Tapie, entrepreneur ou « brasseur d’affaires » ?
Jean-Louis Borloo, le technicien de la faillite
2. L’ère des fonds de retournement
Walter Butler ou la chute du golden boy
Les affaires louches du baron Petiet
Caravelle, les méthodes radicales d’un fonds « exemplaire »
Un marché de niche, convoité par les fonds étrangers
Focus 1. L’affaire Samsonite. Ou comment fermer une usine sans payer la note
3. Le club des cost-killers
« Le prix de la bonne nouvelle »
Managers de crise : « Survivre ou mourir »
Des missions à 1 500 euros la journée
Cabinet d’audit et avocats : « Quand ils arrivent, c’est un peu comme s’ils prenaient le pouvoir… »
Vive la crise !
L’art du lobbying
Focus 2. L'affaire Mory Ducros. La mort suspecte d'une entreprise
4. Tribunaux de commerce : un si long scandale
Une justice unique en son genre
La commission Montebourg, ou le premier pavé dans la mare
Un portrait sévère des juges consulaires
Quand les patrons éliminent leurs concurrents
Administrateurs, mandataires, greffiers : les « marges considérables » des professions réglementées
De bonnes affaires
Trente ans de réformes avortées
Focus 3. L’affaire Doux. Les dessous d’un sauvetage
5. Les ténors du droit social
Comptoirs de marbre et grosses factures
Quand les « stars » patronales font évoluer le droit social
« Côté salariés » : une bataille médiatique
Guérillas judiciaires…
… et législatives
Dans le collimateur des directions
6. Aux bons soins des experts
Pierre Ferracci, le « monsieur social » de la République
Des empêcheurs de licencier en rond ?
Des experts (chèrement) payés par les directions
Le business du reclassement…
… et de la « revitalisation »
Le prix du mélange des genres
7. Les communicants à la rescousse
Le traumatisme Danone
Le règne du media training
« Je comprends parfaitement l’émotion suscitée… »
Le temps béni de la « transparence »
En interne : verrouiller la communication pour éviter l’explosion
Grève dure, cocktails Molotov, séquestration
Un marché florissant
Focus 4. L’affaire Kem One. Quand un repreneur louche est adoubé par le pouvoir
8. Le jeu ambigu de l’État
« Bad business » et canards boiteux
Ne pas se salir les mains
Florange ou le dilemme des nationalisations
Le triomphe des comptables
Les comptes merveilleux d’Arnaud Montebourg
Aider les repreneurs à « faire leur marché »
Conclusion. Licenciés et salariés, victimes oubliées des restructurations
Des dégâts impossibles à mesurer


Le point de vue des charognards ou la capacité à user des cadavres des entreprises torpillées par la crise pour prospérer, telle est l’une des dimensions d’un capitalisme hexagonal qui, sans état d’âme, privilégie, de longue date, la finance sur la santé de l’économie, la rente sur l’industrie. Le très grand mérite du livre de Cyprien Boganda est de dévoiler tous les rouages de cette mécanique parasitaire. Quelques-uns des cracks du CAC d’aujourd’hui, comme François Pinault, Bernard Arnault ou Vincent Bolloré, y ont puisé les moyens de faire fortune. Leur secret ? Le même que celui d’un certain Bernard Tapie dont la réussite, plus chaotique, laissa émerger durant les « années frics », à la fin du premier septennat de François Mitterand, certains des aspects les plus caricaturaux de l’exercice : se faire « repreneur » d’une société en perdition et ensuite restructurer en taillant dans l’emploi à la hache pour revendre les actions du « canard boiteux » initial au prix fort afin de réaliser de somptueuses plus-values. Ce « business des faillites » suppose des institutions sous influence, comme les tribunaux du commerce ou leurs mandants, placés plus ou moins directement sous la férule du Medef ou de ses filiales régionales. Il peut s’appuyer jusqu’à aujourd’hui sur des pouvoirs publics, au mieux, sensibles à un chantage au maintien de l’activité face à la peur d’un délabrement social encore aggravé, au pire, « intéressés » au succès des « repreneurs », comme l’illustrent des affaires retentissantes (Samsonite, Mory Ducros, Doux ou encore Kem One) sur lesquelles notre confrère de l’Humanité Dimanche place autant de « focus » éclairants. Le traitement des faillites est devenu un « segment » hautement rentable. Dans son « enquête sur ceux qui prospèrent sur les ruines de l’économie française », Cyprien Boganda passe au crible tout un système tendu vers la capacité à s’emparer d’entreprises en détresse, placées en liquidation ou restructurées, pour leur faire rendre gorge. Il dresse un portrait saisissant du milieu et de ses acteurs, ces juges consulaires, ces mandataires, lobbyistes, et même ces experts de cabinets conseil, dont quelques-uns sont devenus les acrobates surdoués d’une stratégie tous azimuts. Au total, l’enquête très fouillée dévoile les ressorts de cette véritable industrie de la faillite qui tend à déposséder les salariés des capacités d’interventions acquises souvent de hautes luttes dans le courant de l’histoire sociale du pays. Ce qui illustre en creux combien la démocratie, les nouveaux pouvoirs des salariés dans l’entreprise constituent bien l’un des grands enjeux du moment.

20/02/2015 - Bruno Odent - L'Humanité

 

Les repreneurs d'entreprises en difficulté peuvent apparaître comme des héros alors que, souvent, ils s'enrichissent aux dépens d'organisations qu'ils prétendent sauver. Au prix de lourds sacrifices pour les salariés en termes d'emplois et de conditions de travail, ces "sauveurs" les revendent en faisant d'importants profits. L'auteur, journaliste àL'Humanité Dimanche, dénonce, exemples à l'appui, ce business ainsi que le jeu ambigu de l'Etat, qui n'hésite pas à prêter main forte à ces douteux repreneurs.

24/02/2015 - Entreprise et Carrières

 

Sauver ou liquider proprement une entreprise en grande difficulté est une opération ardue, douloureuse et presque toujours longue. L'auteur met en accusation les acteurs appelés au chevet de l'entreprise malade et qui, selon lui, vont en fait l'achever neuf fois sur dix. Comme la loi est compliquée et qu'il est impératif de la respecter à la lettre, ces professionnels sont très qualifiés et rémunérés en conséquence. Administrateurs judiciaires, managers de transition, avocats spécialisés, "fonds de retournement", cabinets comptables, d'audit et autres conseillent et assistent le patron, les salariés ou le comité d'entreprise selon leur spécialité, mais toujours au prix fort. Personne ne trouve grâce aux yeux de l'auteur, qui considère même qu'aider au reclassement des salariés licenciés c'est se rendre complice de leur licenciement. Un livre sans nuances, donc, qui trace des portraits à charge, mais assez réjouissants, des profiteurs du malheur d'autrui.

01/03/2015 - Marc Mousli - Alternatives économiques

 

 
 
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