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Catalogue / Géopolitique, géographie et relations internationales / Kamerun !     

Kamerun !
Une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971

Manuel DOMERGUE, Jacob TATSITSA, Thomas DELTOMBE

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Kamerun !
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Pendant plus de quinze ans, de 1955 à 1971, la France a mené au Cameroun une guerre secrète. Une guerre coloniale, puis néocoloniale, qui a fait des dizaines de milliers de morts, peut-être davantage. Une guerre totalement effacée des histoires officielles. En France, où l'on enseigne toujours que la décolonisation de l'« Afrique française » fut exemplaire et pacifique. Et au Cameroun, où il est encore risqué aujourd'hui d'évoquer ce terrible conflit qui enfanta une redoutable dictature... C'est dire l'importance de ce livre, qui retrace pour la première fois l'histoire de la guerre menée par les autorités françaises contre l'Union des populations du Cameroun (UPC), le parti indépendantiste créé en 1948, et tous ceux pour qui la liberté et la justice s'incarnaient en un mot : « Kamerun ! »
Pendant quatre ans, les auteurs ont enquêté en France et au Cameroun. Ils ont retrouvé de nombreux témoins : militaires français et camerounais, combattants nationalistes, rescapés des massacres... Dans les archives, ils ont consulté des milliers de documents et fait d'étonnantes trouvailles. Ils racontent comment furent assassinés, un à un, les leaders de l'UPC : Ruben Um Nyobè en 1958, Félix Moumié en 1960 et Ernest Ouandié en 1971. Et ils montrent comment l'administration et l'armée françaises, avec leurs exécutants locaux, ont conduit pendant des années une effroyable répression : bombardements des populations, escadrons de la mort, lavage de cerveau, torture généralisée, etc.
Plus de cinquante ans après la pseudo-indépendance accordée au Cameroun le 1er janvier 1960, cette histoire reste d'une brûlante actualité. Car c'est aussi celle de la naissance de la Françafrique, fruit du consensus colonial de la IVe République, puis de la diplomatie secrète de la Ve République. C'est l'histoire, enfin, d'un régime « ami de la France » en guerre perpétuelle contre son propre peuple : après vingt-deux ans de dictature sous Ahmadou Ahidjo et près de trois décennies de déliquescence sous Paul Biya, les Camerounais rêvent toujours d'indépendance et de démocratie.

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Introduction. Enquête sur une guerre oubliée
Le témoignage post mortem de Jean Lamberton
Comme en Algérie, la doctrine française de la « guerre révolutionnaire » à l’œuvre au Cameroun
Aux origines du système néocolonial français en Afrique
Une guerre enfouie : silence, fiction et affabulations
Négations officielles
Un bilan meurtrier, encore très difficilement chiffrable
La France contre le Kamerun
I / « Kamerun », une brêche dans l'empire français (1945-1954)
1. Douala-Brazzaville-Douala : l’ébranlement colonial (1940-1945)
1940 : les gaullistes proclament l’« indépendance » du Cameroun - Les « indigènes » sous la botte française - Des bras et de la chair à canon -Libération en France, promesses à Brazzaville, massacres outre-mer - Matrice d’un face-à-face : le syndicalisme indigène… - …et les « colons de combat » - Les émeutes de septembre 1945 - Épilogue pour un massacre
2. Les illusions d’une « colonisation humaine »
« Le marchand d’abord, le soldat ensuite » - « Humaniser la colonisation » - « Le goût du travail » - Indigènes, colons, nation : à qui doit profiter la colonisation ?
3. L’« Union française » ou la fin des illusions de Brazzaville (1946-1947)
Les espoirs de la première Constituante - Les balbutiements de la IVe République - Au Cameroun, les colons de combat sont rassurés - La première bataille de l’ONU - Une colonie qui ne dit pas son nom - La pacification par la productivité
4. La naissance de l’UPC (1947-1948)
La création du Rassemblement démocratique africain (RDA) - Du RACAM à l’UPC : émergence d’un mouvement politique camerounais autonome - Ruben Um Nyobè, un leader charismatique - Moumié, Ouandié, Kingué et les autres - Les bastions de l’UPC : canaliser les mécontents - L’UPC et les associations « traditionnelles » - Le parti des « hommes inférieurs » - « Kamerun », défi à la colonisation française
5. Le piège de l’interdépendance « eurafricaine »
Le masque « eurafricain » - L’Afrique comme « zone de repli » - « Défense en surface », « zones de défense » et « industrialisation stratégique » - Roland Pré, apôtre de l’industrialisation stratégique et militarisée - Contrôler le Cameroun « en toute hypothèse de souveraineté » - Combinat Enelcam-Alucam, l’interdépendance contre l’indépendance - Une douce odeur de pétrole… et d’uranium ?
6. Haro sur l’UPC (1948-1954)
Truquer : généalogie de la fraude électorale au Cameroun - Harceler : provocations, intimidations et « guérilla psychologique » - Inculper : l’affaire « Um Nyobè-de Gélis » - Monopoliser : Louis-Paul Aujoulat à la manœuvre - Mentir : les manipulations de la France à l’ONU
7. L’introuvable alternative à l’UPC
Quand François Mitterrand retourne le RDA… - …Mathias Djoumessi retourne sa veste - Diviser : la carte ethnique et les « oppositions africaines » - Modérer : le recrutement d’élites « modérées » et d’« interlocuteurs valables » - Interdire ? « Le nationalisme est à la mode chez les peuples attardés »
II / Feu sur l’UPC (1955-1958)
8. Roland Pré lance la « contre-subversion » (1954-1955)
La « leçon » du colonel Lacheroy - Le plan de bataille de Roland Pré - « Les moyens démocratiques de lutte contre l’UPC sont voués à l’échec » - Du « noyautage communiste »… - … au faux « nationalisme » - Stratégie de la tension - « Indépendance immédiate ! »
9. L’UPC interdite (mai 1955)
L’embrasement de Mai : le sang coule - Le choc des interprétations - Dissolution et répression - Dispersion et clandestinité - Que faire ? (1) La question de la lutte armée - Que faire ? (2) Débat sur le communisme - Défense intérieure - Lutter contre l’« adversaire intérieur » et la « somnolence intellectuelle » en Afrique centrale
10. « Au pays des Blancs »
Camerounisation des cadres : le parcours « exemplaire » du jeune Paul Biya - Louis-Paul Aujoulat, le parrain - La politisation des jeunes Camerounais en France - Génération 1955 : les étudiants camerounais de France dans l’œil du cyclone - L’histoire méconnue des relations entre le « Réarmement moral » et les élites camerounaises
11. Le fusil sur la tempe (1956-1957)
Juin 1956 : la loi-cadre Defferre contre l’indépendance africaine - Le bal des opportunistes - Le poker de Pierre Messmer - Um Nyobè entre deux feux - « Boycott actif ! » - Décembre 1956 : « Une boucherie » - « Hommes, femmes et enfants pourrissent dans les brousses » - La façade et la guerre
12. Le Kamerun s’embrase (1957)
L’étincelle de Baham - CNO : une armée dans la brousse de Sanaga-Maritime - SDNK : la guérilla de l’Ouest s’organise - Du Centre au Nord, la rébellion fait tâche d’huile
13. Répression en « Bamiléké » (1957-1958)
Les hommes de Maurice Delauney - La répression par les chefs - Coups tordus en zone britannique - « Comme en Algérie » - « La région a été dépeuplée à 50 % »
14. Aux origines de la ZOPAC : l’importation d’une doctrine militaire en Sanaga-Maritime
Des « opérations de guerre »… - …à la « guerre révolutionnaire » - Le refus de négocier - Nouvelle doctrine, nouveaux hommes - Un théoricien discret : Daniel Doustin - La mise en place de la « zone de pacification » - Feu vert politique
15. ZOPAC (I) : regrouper et endoctriner
Déplacer les populations : « vider le bocal » pour que « les poissons soient au sec » - L’armée prend le pouvoir - « Mouiller les populations » - Une propagande « bien apprise mais mal digérée » - « UPC = Tse-tse » - « Une atmosphère de kermesse »
16. ZOPAC (II) : traquer et éliminer
Contre-guérilla - « Ralliements » - « Parler ou mourir » : le renseignement à tout prix - « Il faut faire régner le silence » : occultation et désinformation dans les médias français 329 Septembre 1958 : l’assassinat d’Um Nyobè - La profanation du « dieu qui s’est trompé » - Épilogue : les rêves d’Um Nyobè
III / L’indépendance dans le sang (1959-1960)
17. Ahidjo et de Gaulle : pères adoptifs de l’indépendance
« Il faudra parler rapidement d’indépendance » - L’interlude Jean Ramadier : révolution de palais à Yaoundé - Ahmadou Ahidjo, le « moins mauvais des hommes politiques » - De la conversion de Charles Assalé… - … au ralliement de Mayi Matip - De Gaulle adopte l’« indépendance » - Le Cameroun, poisson-pilote des indépendances françafricaines
18. Guérilla diplomatique (1958-1959)
Les tribulations du « trio de Kumba » - Um Nyobè, avril 1958 : « Les représentants de l’ONU eux aussi sont des colonialistes » - Dernière mission de visite de l’ONU, dernières manipulations - Février 1959 : dernière chance à New York - Face aux « forts », « riches », « blancs » et « civilisés »
19. « Vaincre ou mourir » : la création de l’Armée de libération nationale du Kamerun
« Comme s’il s’agissait de mots d’ordre » - Moumié et Singap (ré)organisent la révolution - Guérilla urbaine, guerre économique, guerre symbolique - Choisir son camp - « La gangrène gagne du terrain »
20. Une répression camouflée
Disparitions forcées - L’impossible reproduction de la ZOPAC - Tour de vis - Exécutions publiques - La création de milices : de la « harka » de novembre 1958… - …au « concours inter-milice » d’octobre 1959 - « La torture, moi je l’ai vue » - Restructuration du renseignement : au Cameroun… - …et en France - « Voilà ce qui nous attend »
21. La fausse « indépendance » de janvier 1960
Une cérémonie en trompe-l’œil - « Épuration » et « refoulement » - Une Constitution sur mesures - La tutelle des conseillers français
22. Janvier 1960 : l’armée française engage la « reconquête »
Novembre 1959 : le colonel du Crest refuse le « carnage de paysans bamiléké » - 1 Janvier 1960 : la préparation d’une répression sans précédent - Le général Max Briand, « un goût très prononcé pour le travail de pacification » - Debré, Messmer et Lamberton à la manœuvre - « Préliminaires » - La guerre à huis clos - Offensives : « La vie humaine ne compte plus » - Troubles jeux : le ralliement de Paul Momo - Manipuler les « maquisards » pour « semer le désordre » ?
23. La guerre « jusqu’au cou »
Trous de mémoire... - Un pasteur en enfer - « Coups de boutoirs » et « chasse à l’homme » - Feu aérien : « Napalm »… - …ou « cartouches incendiaires » ?-Bombardements : sous le casque des pilotes - Replis de l’ANLK, divergence militaires françaises - Le ralliement ou la mort - Répression aveugle pour guerre sans images
24. Répression « à l’africaine »
L’armée, ciment de la nation franco-africaine - « Place aux activistes » : les racines françaises de l’armée camerounaise - De la répression coloniale à la « guerre civile» : la création de la Garde civique - Tabula rasa, camps sous miradors et ordre nouveau en région Bamiléké - Têtes coupées - Le « caillou bamiléké » - Pogromes contre les Bamiléké
25. Le poison de la Françafrique - Des conventions provisoires… - … aux accords définitifs - Accords secrets franco-camerounais et conflits au sein de l’état-major français - La généralisation du « modèle camerounais » pour les fausses indépendances africaines - Février 1960 : officiellement abandonnée par l’armée française, la DGR s’exporte en Afrique - La dissémination du « clan des Camerounais » - Répression sans frontières : il faut liquider Moumié - Assassinat au Ricard piégé - C’est fini ?
IV / Une dictature françafricaine (1961-1971)
26. Le dictateur s’installe (1961-1963)
Ahidjo, instrument efficace du néocolonialisme - La réunification partielle des deux Cameroun - L’État « camerounisé » - Le cœur du système : la présidence - Le « parti unifié », synthèse tropicale des méthodes stalinienne et fasciste - La chasse aux « subversifs » - Centres secrets d’« internement administratif » et de « rééducation civique » - Une conception orwellienne de la « démocratie »
27. Néocolonialisme contre-subversif (1961-1964)
Derrière la « façade camerounaise », Paris reste aux commandes - Aide, coopération et interdépendance - L’armée camerounaise noyautée par la France - Le mystérieux colonel Blanc - Hiérarchies parallèles - Le SEDOC, une des « plus efficaces » polices secrètes d’Afrique noire - La torture comme méthode de gouvernement - Le Cameroun, prototype des « États têtards » du colonel Lacheroy
28. Splendeurs et misères de la « révolution kamerunaise » (1961-1963)
Le Kamerun dans la « révolution africaine » - Quelle révolution sans Moumié ? - Ouandié dans l’enfer des maquis - Septembre 1961, la mort au combat de Martin Singap : « L’Afrique libre ! » - Quand Ouandié réorganise le maquis… - … l’UPC en exil se déchire - Mars 1963 : les autorités franco-camerounaises s’inquiètent de l’« ampleur exceptionnelle de l’activité rebelle »
29. Soumission des esprits et « croisades antiterroristes » (1962-1964)
Isoler le « camarade Émile » - La « quasi-totalité de la population » bamiléké déplacée dans des « camps de regroupement » - La politique de l’effroi : exécutions publiques, massacres collectifs, têtes coupées... - ...et torture devenue routinière - « Rééducation », « guerre psychologique » et « réarmement moral » - Délation, autosurveillance et confessions publiques - Endoctrinement et « bourrage de crâne »
30. À l’ombre du parti unique (1965-1966)
Le parti unique et le père de la nation - Vigilance et épuration : l’implication de l’Union camerounaise dans la lutte antisubversive - Des « maquis blancs » aux « faux maquis » ? - Qui tue ? Instrumentalisation de la violence armée et luttes de clans - La furie du régime d’Ahidjo contre la « peste » bamiléké - De la répression des « complots bamiléké »… - …au nettoyage ethnique - Décembre 1966 : les massacres planifiés de Tombel
31. La pacification par le « développement »
L’économie, un outil de contrôle des élites et des masses - Le Cameroun « qui se lève tôt » - La militarisation de l’économie : le modèle israélien - 1966-1972 : l’opération « Yabassi-Bafang »
32. La débâcle des Kamerunais en exil (1963-1969)
Guerre diplomatique : l’UPC perd progressivement ses soutiens africains - Divisions internes : l’UPC perd la « dernière chance » de la « solidarité afro-asiatique » - L’étau de la diplomatie gaullienne et la « fenêtre » de Brazzaville - « Deuxième front » ? De l’échec d’Osende Afana… - … à la débâcle de Woungly-Massaga - Ahidjo, mal-aimé de la Françafrique ?
33. Le coup final : l’affaire Ndongmo-Ouandié (1970-1971)
La fin des résistances ? - L’étonnant Mgr Albert Ndongmo - « Solidarité » : le réseau Curiel au secours de l’UPC - Un nouveau front anti-Ahidjo avec Mgr Ndongmo ? - Ouandié et Ndongmo arrêtés ! - Éradication : nouvelle chasse aux Bamiléké - Ouandié exécuté : l’échec de la mobilisation internationale - Le combat de Mongo Beti contre « l’arme la plus redoutable, le silence »
Épilogue. Une guerre sans fin ?
François Mitterrand, une « vision coloniale de l’Afrique » - La « malédiction » pétrolière -L’impossible bilan de la « guerre du Cameroun » (1955-1971) - Paul Biya, le ravalement de façade - Le Cameroun de Paul Biya, gangrené jusqu’à ses tréfonds par la corruption -Soumission et terreur : la permanence des méthodes coloniales - Et la France, toujours...
Remerciements
Principaux fonds d’archives consultés
Notes
Index.


vendredi 14 janvier 2011



 

« La « Françafrique » : reparlons-en ! Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa nous en reparlent, précisément, au fil d’une enquête rigoureuse, fruit de quatre ans de travail, et qui ne doit pas être loin d’être exhaustive sur cette guerre cachée que la France a menée dans les années 1950 et 1960 au Cameroun. Leur ouvrage ? une somme de 700 pages ? n’est pas seulement un livre d’histoire. C’est un livre « pour l’histoire » qui bouscule notre mémoire officielle. C’est une récusation du mythe d’une décolonisation de?l’Afrique française qui ? par opposition au Maghreb ? aurait été pacifique et exemplaire. C’est le récit d’un soulèvement héroïque, celui de l’Union des populations du Cameroun, qui, à?partir de 1948, a mené contre les autorités françaises une véritable guerre d’indépendance, sous l’étendard de ce « Kamerun » évoquant le protectorat allemand d’avant la Première Guerre mondiale, et d’avant le partage franco-britannique. Les auteurs font revivre les figures héroïques de ce soulèvement, Ruben Um Nyobé, assassiné en 1958, Félix Moumié, tué en 1960, et Ernest Ouandié, liquidé en 1971, c’est-à-dire bien après l’indépendance officielle, acquise en 1960. Car, cette guerre, les indépendantistes camerounais ne l’ont pas gagnée. Puisque la France gaullienne, rassérénée, a pu finalement installer au pouvoir ses hommes liges, Ahidjo et?Biya ? ce dernier, toujours là… »
POLITIS

 

C'était la guerre. Une guerre avec des dizaines de milliers de morts, à 5 000 km de la métropole, loin du regard d'une opinion fascinée par les « événements » d'Algérie. Et pourtant, cette vraie boucherie s'inscrit dans la lignée des pires conflits coloniaux, Algérie et Indochine. Aujourd'hui encore, peu de Français savent que leur armée fut engagée sept ans au Cameroun, de 1955 à 1962, pour éradiquer l'UPC, un mouvement « rebelle ». Sept années de guerre totale. Cette patiente et longue enquête menée par un groupe de journalistes et d'historiens franco-camerounais devrait enfin faire sauter le couvercle.

01/01/2011 - David Servenay - Rue89

 

Au terme de quatre années d’enquête, une équipe franco-camerounaise d’historien et journalistes documente de manière inédite la « guerre révolutionnaire » livrée par le pouvoir franco-camerounais aux indépendantistes de l’Union des populations du Cameroun (UPC).

13/01/2011 - Ivan Villa - Mediapart

 

 
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