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03 mars 2016

Les nouveautés numériques du 3 mars 2016

Six titres du fonds La Découverte sont dorénavant disponibles au format ePub :

 * Des maux indicibles - Didier Fassin

Cet ouvrage fait le point sur les modalités de mise en œuvre des dispositifs publics de lieux d'écoute pour personnes en urgence sociale confrontées au phénomène de la souffrance psychique. Il aborde également la signification et les enjeux de ces lieux d'entraide, de sociabilité, de normalisation des conduites et de pacification des marges.

 

* Diriger les consciences, guérir les âmes - Hervé Guillemain

Pour l’auteur, loin de s’opposer, la médecine, la psychologie et la religion font partie d’une même histoire sociale et culturelle : celle des directions de la conscience et de la guérison des âmes. Les techniques hypnotiques regardent ainsi du côté de l’exorcisme et la psychanalyse du côté de la confession. Dans ce livre ambitieux, Hervé Guillemain montre que la thérapie morale et psychologique doit quelque chose aux pratiques religieuses.

 

* Le travail sans l'homme ? - Yves Clot 

L'auteur récuse l'idée que le travail serait devenu une sphère marginale du vécu. En montrant que l'échange et la construction de sens sont présents jusque dans les opérations les plus réglées ou apparemment les plus routinières, il dépasse une conception étroite de la psychologie du travail.

 

* La sociopsychanalyse de Gérard Mendel - Claire Rueff-Escoubès

Créée par le psychanalyste et anthropologue Gérard Mendel (1930-2004), la sociopsychanalyse, n’est pas une application de la psychanalyse à la société, mais son exact et subversif opposé : l’étude de l’impact du fait social et organisationnel sur le fait psychique, inconscient compris. Elle est présentée ici sous ces différents aspects : théorie du sujet social, du pouvoir, de l’institution, ouvrant à une pratique collective d'interventions institutionnelles. Ce livre s’adresse à tous ceux qui cherchent des outils de compréhension et de changement des rapports sociaux dans les lieux de travail, en réintroduisant la dimension du collectif et de la participation démocratique. 

 

* Les élites contre la République - Alain Garrigou

Alain Garrigou se propose de revenir sur l’histoire et la mutation récente de Sciences Po et de l'ENA. Il s’appuie pour cela sur plusieurs enquêtes qu’il a menées au cœur de leurs rouages et de leurs programmes d’enseignement. Il explique comment s’est formée cette filière dominante de reproduction des élites. Alain Garrigou explique surtout pourquoi le lien organique entre Sciences Po et l’ENA est aujourd’hui mis à mal. Les politiques des deux écoles sont devenues contradictoires et leurs relations conflictuelles. Toujours sous surveillance de la « noblesse d’État », le gouvernement semble, quant à lui, incapable d’ordonner les visions contradictoires d’une irréversible mondialisation et de la défense de l’État.

 

* Les gars du coin - Nicolas Jounin

Pendant dix ans, l'auteur a enquêté auprès de jeunes ouvriers d'un village de Bourgogne, modelé depuis le XIXe siècle par une usine de cuisinières qui intégra nombre de ruraux à l'activité industrielle. En 1981, le groupe devenu propriétaire de l'entreprise familiale licencie l'ensemble des 230 salariés. Dans ce contexte, ces jeunes ouvriers doivent renoncer à l'accession au modèle familial dans lequel ils avaient été socialisés. En nous faisant pénétrer dans le monde des « gars du coin », en retraçant leurs parcours familiaux et scolaires, en s’intéressant à leurs espaces quotidiens (l’usine, le foyer, le foot…), l'auteur éclaire les tentatives individuelles et collectives pour maintenir vivantes une identité et une culture menacées.
23 mars 2015

Les nouveautés ePub de mars 2015

Vingt-trois titres - nouveautés ou ouvrages de notre fond - sont disponibles depuis le mois de mars au format ePub sur les plateformes de téléchargement légales.

 

*  Ce que les savants pensent de nous et pourquoi ils ont tort - Pierre Verdrager
Reprenant tous les grands chantiers ouverts par Pierre Bourdieu, et confrontant ses positions à celles d’autres chercheurs, cet ouvrage apporte une violente remise en cause des présupposés de la "sociologie critique". Verdraget démontre comment cette sociologie s'est rendue coupable de déposséder les dominés et les militants de leur force critique et politique.  

Classé X - Teodor Limann
Maths sup, Maths spé, Polytechnique : c’est le chemin de l’élite. Mais les bacheliers qui s’engagent dans cette voie savent-ils ce qui les attend ? Dans cet essai superbement écrit, l’auteur revient avec ironie sur son expérience de cette filière : la journée de travail du taupin commence à 8 heures, finit à minuit ; la vie, l’actualité et le bruit du monde s’arrêtent à la porte de sa classe ; la réussite aux concours est une véritable question de vie ou de mort. Les épreuves sont des batailles ambiguës dont on ressort à chaque fois mi-vainqueur et mi-vaincu. Leur succession finit par façonner une véritable technique, accrocheuse, productive et maîtrisée, un art du devoir en temps limité. Ainsi se forment les bêtes à concours.  

* Corps à corps avec Parkinson - Annick Tournier
À 53 ans, l'auteur apprend qu’elle est atteinte de la maladie de Parkinson. La maladie s'installe de manière insidieuse : gestes saccadés, lenteurs, raideurs, douleurs diffuses, fatigue, insomnie, et s'impose chaque jour un peu plus. Annick Tournier raconte avec beaucoup de sensibilité la vie quotidienne, les relations avec les médecins, le kinésithérapeute, le réapprentissage des gestes simples pour ralentir la progression de la maladie.

 

* Dans un état critique - Angelo Rinaldi
Rien d'important dans la vie littéraire et intellectuelle n'a échappé au regard critique d'Angelo Rinaldi pendant les vingt-huit ans qu'il a passés à L'Express, puis au Nouvel Observateur et enfin au Figaro.  

* De la misère en milieu publicitaire - Groupe Marcuse
Pour produire toujours plus et donc pour vendre toujours plus, il faut créer les envies des consommateurs. C'est là le rôle des messages publicitaires dont nous sommes bombardés. Le groupe MARCUSE analyse les fondement du système publicitaire. Il dépasse une simple critique moralisante des "excès" de la publicité, afin de comprendre les mécanismes d'un système aussi dévastateur pour les Hommes que pour la nature.

 

* Escadrons de la mort, l'école française - Marie-Monique Robin
Ce document exceptionnel dévoile une page occultée de l’histoire de France, où se croisent aussi des anciens de l’OAS, des fascistes européens ou des « moines soldats» agissant pour le compte de l’organisation intégriste la Cité catholique…

 

* L'impossible capitalisme vert - Daniel Tanuro

Dans ce livre, Daniel Tanuro propose de réconcilier l’écologie et le projet socialiste, parce que le capitalisme ne saura rien résoudre. Si l’on n’est pas capable d’articuler lutte sociales et écologiques, le capitalisme causera des catastrophes humaines et environnementales de grande ampleur. Quelles erreurs ceux qui se réclament du socialisme ont-ils commises pour que cette articulation semble aujourd’hui si difficile ?

 

* Histoire du Moyen-Orient - Georges Corm
Georges Corm, dont les travaux sur le Proche-Orient contemporain et les rapports entre Europe et Orient sont devenus des références incontournables, propose ici une vision synthétique et vivante de l’histoire du Moyen-Orient depuis la plus haute Antiquité, c’est-à-dire bien avant l’apparition de l’Islam. Le Moyen-Orient apparaît ainsi dans la diversité de ses patrimoines culturels, avec les ruptures et continuités entre les empires et les civilisations qui ont marqué son histoire.

 

* Je ne ramènerai rien de Bamako - Didier Gille
Ce livre raconte le parcours en Afrique d’un jeune Bruxellois de vingt ans. Il débarque à Oran, mais rien ne se passe comme prévu, et les autorités algériennes l’expulsent vers le sud sans ressource aucune. Il se trouve ainsi plongé dans une Afrique qui n’a rien à voir ni avec celle des guides touristiques ni avec celle des humanitaires. Au terme du périple, à Bamako, il est adopté par une famille, il devient le fils blanc et prend alors le temps de découvrir et d’aimer la vie quotidienne dans une concession malienne. Revenu à Bruxelles, il ne parle à personne de sa famille malienne adoptive. Son silence dure dix-sept ans, jusqu’à ce qu’il se décide à retourner à Bamako pour les retrouver...

 

* L'aventure monothéiste - Isy Morgensztern
Dans ce livre très accessible, nourri d'une longue fréquentation des textes fondateurs, l'auteur propose une approche comparative inédite des trois monothéismes - judaïsme, christianisme et islam -, qui, étonnamment, contribuent toujours à donner un sens au monde contemporain, mais aussi à entretenir ses pires tourments, au Proche-Orient et ailleurs.  

* Glam rock - Philip Auslander
David Bowie, Marc Bolan, Bryan Ferry, Suzi Quatro ... : l’émergence du glam rock au début des années 1970 fut une réponse parmi d’autres à la crise identitaire des jeunesses européennes. Le glam rock est un théâtre à part entière, qui place la subversion de l’identité sexuelle et du genre au premier rang de sa stratégie de reconnaissance. Avec cette première étude de fond consacrée au glam, Auslander positionne au centre de l’évolution des musiques populaires un courant resté relégué aux marges.
 

* La modernité désenchantée - Emmanuel Fureix, François Jarrige
David Bowie, Marc Bolan, Bryan Ferry, Suzi Quatro ... : l’émergence du glam rock au début des années 1970 fut une réponse parmi d’autres à la crise identitaire des jeunesses européennes. Le glam rock est un théâtre à part entière, qui place la subversion de l’identité sexuelle et du genre au premier rang de sa stratégie de reconnaissance. Avec cette première étude de fond consacrée au glam, Auslander positionne au centre de l’évolution des musiques populaires un courant resté relégué aux marges.
 

* La politique de l'oxymore - Bertrand Méheust 
Les démocraties modernes veulent graver dans l’esprit du public l’idée que l’écologie réclame la croissance. Pour Bernard Meheust, il y a incompatibilité entre la société globalisée dirigée par le marché et la préservation de la biosphère. Il met en évidence une politique  de l’oxymore qui fait fusionner deux réalités contradictoires : « développement durable », « agriculture raisonnée », « flexisécurité », « moralisation du capitalisme »,etc. Plus l’on produit d’oxymores, plus les gens sont désorientés et inaptes à penser.

 

* Or noir - Matthieu Auzanneau
Des premiers puits américains jusqu’à nos jours, une passionnante relecture de l’histoire moderne à l’aune du lien, sans cesse resserré, qui unit l’homme au pétrole. emarquablement documentée, emmenée sur un rythme haletant, cette grande histoire du pétrole se lit comme un roman. L'auteur raconte comment l’abondance du pétrole a transfiguré l’expérience humaine, et explique les travers et les limites de cette abondance.

 

* Les grammaires de la contestation - Irène Pereira
Républicain de gauche, socialiste, postmoderne : les grands courants de la gauche radicale peuvent se retrouver dans les mêmes organisations, mais ils s'opposent sur les débats de société. Peuvent-ils faire alliance à court et à long terme ? Sont-ils condamnés à toujours s'opposer et à se fragmenter rendant impossible l'existence d'un grand courant politique à la gauche du Parti socialiste ?     

 

* Le père est une mère comme les autres - Damien Lorton
Ce livre nous fait entrer dans la vie d'un « nouveau père » qui a choisi de s'occuper de ses trois filles à plein temps, projeté sans guide de survie dans l'univers parallèle de la petite enfance. Assumant un rôle le plus souvent dévolu aux femmes, Damien Lorton raconte avec humour l'existence de celui qui reste à la maison pour élever les enfants, dont la difficulté n'a rien à envier à celle du père (ou de la mère) qui va travailler.

 

* La question religieuse au XXIe siècle - Georges Corm
Dans ce livre décapant, Georges Corm s'attaque au credo du "retour du religieux" qui dominerait aujourd'hui la géopolitique mondiale. S'appuyant sur une solide documentation historique, il décrit l’aggravation de la crise de légitimité des vieilles démocraties, minées par les effets de la globalisation. Il s'agirait donc davantage d'un recours au religieux au service d’intérêts économiques et politiques fort profanes. L'auteur termine en décrivant quelques pistes qui pourraient permettre de sortir de cette spirale dangereuse.

 

* Portraits d'ados - Julie Deleau 
Julie, 17 ans, écrit car les livres rédigés par des adultes ne décrivent pas la vraie vie des jeunes. Julie écrit pour le plaisir, pour laisser une trace de tous ces jeunes qu'elle a croisé et qui lui ont raconté leur histoire. Parce que le récit de leur vie, de leur plaisirs et de leurs souffrances l'ont touché. « Je ne prétends pas être le porte-parole de la jeunesse. Certains récits peuvent être inquiétants mais il vaut mieux ne pas se bercer d'illusions. »

 

* Qu'est-ce-que l'islam ? - Rochdy Alili

Ouvrage de base pour découvrir l'islam ou en approfondir sa connaissance, Qu'est-ce que l'islam ? propose un « parcours complet » de la religion musulmane. Si l'objet central de ce livre est bien le fait religieux islamique, il puise très largement dans l'histoire, la sociologie et l'ethnologie.

 

* Sur le culte des dieux faitiches suivi de Iconoclash - Bruno Latour
Ce livre marque une étape clef dans le projet de Bruno Latour : faire l’anthropologie des modernes. Il est composé de deux textes dont l’objectif est de remettre en cause des notions qui nous tiennent habituellement à coeur : celle de « croyance » et celle de « critique ». Avec humour, Bruno Latour bricole deux notions : celle de faitiche et celle d’iconoclash. Elles lui permettent d’abolir la distance que nous avions crue solidement établie entre nous (les modernes) et les autres. La notion de faitiche permet de douter de la croyance en la croyance, celle d’iconoclash permet de suspendre le geste iconoclaste pour en interroger l’histoire. Il remet ainsi en cause toute une partie de l’édifice sur lequel sont construites les science humaines. Mais, chemin faisant, il crée les outils pour nous aider à nous comprendre nous-mêmes, à faire notre propre anthropologie.

 

* Une vie de cochon - Jocelyne Pocher, Christine Tribondeau
Dans ce livre, écrit comme un témoignage, une fillette observe les adultes au travail avec des cochons d’élevage. Est démontrée l’absurdité d’un système de plus en plus insupportable pour les salariés, sans souci de la qualité de vie des animaux et qui, en bout de chaîne, produit une nourriture médiocre. « Ce qu’il faut, ce n’est pas arrêter de manger de la viande mais manger de la viande d’animaux dont les éleveurs se sont bien occupés, des animaux qui ont eu une vraie vie et une vraie place avec les humains. Des animaux libres pour des éleveurs libres, et réciproquement. Parce qu’on peut être libres ensemble, ou prisonniers ensembles, c’est à nous de choisir. »

 

* Une histoire populaire de l'humanité - Chris Harman
Dans ce livre-somme, l'historien britannique Chris Harman s'affronte à l'une des tâches les plus délicates pour un historien : raconter et expliquer, dans un ouvrage accessible au lecteur non spécialiste, la formation et l'évolution de l'histoire de l'humanité, rien de moins. Il choisit ici de retracer l'histoire des peuples, de faire une histoire par en bas dont la base interprétative est le matérialisme de Marx, et la base politique une conviction que des formes d'organisation sociales émancipatrices peuvent exister. Ambitieuse, provocante et stimulante, cette Histoire populaire de l'humanité propose une alternative radicale à l'histoire traditionnelle, une réflexion puissante sur les courants profonds des peuples qui s'agitent sous l'écume des pouvoirs.

 

* Une intrigue criminelle de la philosophie - Jean-Clet Martin
L’ambition de ce livre est de présenter Hegel au plus vif de sa création, dont la doctrine a la réputation d’être obscure. Mais, c'est que son mode d’exposition réclame d’être reconstruit à la façon d’une intrigue. Cette philosophie suit le sens d’une « histoire racontée », très différente de la démonstration qui ne saisit guère les aventures d’un concept. Hegel sera le premier à injecter du devenir dans l’être, à mettre en haleine le mouvement, la vitesse ou la lenteur de toute pensée, lui conférant ainsi le sens d’une Histoire qui comporte différents plans, différentes scènes, souvent meurtrières. Cette lecture nouvelle et intégrale de La phénoménologie de l’Esprit montre un Hegel penseur du nihilisme, de la mort de Dieu et de l’homme submergé par sa foi naïve dans l’économie capitaliste naissante.
 

24 juillet 2013

À paraître à la rentrée #1

Les poches

À paraître le 29 août 2013

 

 

*  Accélération - Harmut Rosa

 

 L’expérience majeure de la modernité est celle de l’accélération. Nous le savons, nous le sentons : dans la modernité, « tout devient toujours plus rapide ». Or le temps a longtemps été négligé dans les analyses des sciences sociales sur la modernité au XXe siècle. C’est cette lacune que Hartmut Rosa tente de combler avec son ouvrage, qui livre une théorie systématique de l’accélération sociale, susceptible de penser ensemble l’accélération technique, l’accélération des transformations sociales et l’accélération du rythme de vie, qui se manifeste par une expérience de stress et de carence temporelle.
Or, la modernité tardive, à partir des années 1970, connaît une formidable poussée d’accélération dans ces trois dimensions. Au point qu’elle en vient à menacer le projet même de la modernité : dissolution des attentes et des identités, sentiment d’impuissance, « détemporalisation » de l’histoire et de la vie, etc. Dans ce livre magistral, Hartmut Rosa prend toute la mesure de cette analyse, pour construire une véritable « critique sociale du temps » susceptible de penser ensemble le devenir de l’individu et de son rapport au monde.

 

 

* L'opinion publique et la science - Bernadette Bensaude-Vincent

 

Ouvrons la télévision : qu’il s’agisse d’une catastrophe naturelle ou d’une grave épidémie animale, un expert est là pour éclairer l’opinion du public. D’un côté il y a ceux qui savent et, de l’autre, il y a ceux qui ne savent pas et à qui on demande de seulement croire à ce que l’on dit être vrai. C’est ce clivage que ce livre met brillamment en cause.
L’opinion est perçue soit comme une masse amorphe, manipulable, soit comme une puissance souveraine. Tout aussi contradictoires sont les images de la science : tour à tour sérieuse ou aventureuse, menaçante ou rassurante, la science nous est présentée à la fois comme une autorité souveraine et comme une puissance de critique ou de rébellion contre l’autorité. Ces ambivalences ont des racines historiques qui remontent à la Grèce ancienne.
Ce livre retrace les moments forts de la confrontation entre science et public. Chaque figure de la science se dessine en regard d’une figure correspondante de l’opinion : de la science « populaire » d’un Auguste Comte au XIXe siècle à la science « citoyenne » des conférences de consensus actuelles, on est tenté de dire que « la science a l’opinion qu’elle mérite »…

Également disponible au format epub

   

 

À paraître le 5 septembre 2013

 

 

* Une brève histoire des crises financières- Christian Chavagneux

 

La finance a pris une place démesurée dans nos économies et ses dérapages pèsent lourdement sur le bien-être des populations. Mais il n’est pas facile pour le simple citoyen de comprendre les ressorts de l’instabilité financière, afin d’apprécier la pertinence des politiques qui prétendent la combattre. D’où l’intérêt de revenir sur les grandes crises du passé.
Tel est le propos de ce livre enlevé, où l’auteur fait le récit des plus exemplaires d’entre elles : la fameuse bulle sur les tulipes dans la Hollande du XVIIe siècle ; la façon dont l’Écossais John Law a créé la première bulle boursière dans la France du Régent ; la crise financière de 1907, qui a conduit à la création de la banque centrale des États-Unis. Et il revient de manière originale sur la crise de 1929, en montrant comment Roosevelt a usé de toute son habileté pour imposer les régulations qui allaient assurer plusieurs décennies de stabilité.
Se dessine ainsi une « économie politique des bulles », dans laquelle s’inscrivent parfaitement le dérapage des subprimes et la crise des dettes publiques en Europe. On comprend mieux alors les mécanismes économiques en jeu. Mais aussi le rôle joué par les inégalités, les rapports de forces politiques et les batailles idéologiques. Un tel schéma des crises permet de juger les multiples chantiers ouverts par le G20, leurs avancées et leurs faiblesses.

Également disponible au format epub  

 

* Au temps des catastrophes - Isabelle Stengers

 
Nous avons changé d’époque : l’éventualité d’un bouleversement global du climat s’impose désormais. Pollution, empoisonnement par les pesticides, épuisement des ressources, baisse des nappes phréatiques, inégalités sociales croissantes ne sont plus des problèmes pouvant être traités de manière isolée. Le réchauffement climatique a des effets en cascade sur les êtres vivants, les océans, l’atmosphère, les sols.
Nos dirigeants sont totalement incapables de prendre acte de la situation. Guerre économique oblige, notre mode de croissance actuel, irresponsable, voire criminel, doit être maintenu coûte que coûte. Ce n’est pas pour rien que la catastrophe de la Nouvelle-Orléans a frappé les esprits : la réponse qui lui a été apportée ? l’abandon des pauvres tandis que les riches se mettaient à l’abri ? apparaît comme un symbole de la barbarie qui vient, celle d’une Nouvelle-Orléans à l’échelle planétaire.
Mais dénoncer n’est pas suffisant. Il s’agit d’apprendre, et cela à toute échelle, à briser le sentiment d’impuissance qui nous menace, à expérimenter ce que demande la capacité de résister aux expropriations et aux destructions du capitalisme. Ce sont les chemins de cette alternative qu’explore Isabelle Stengers dans cet essai novateur.

Également disponible au format epub  
 
 
24 juillet 2013

À paraître à la rentrée #3

Les essais

À paraître le 29 août 2013

 

 

* La littérature, à quel(s) prix ? - Sylvie Ducas

 

Les prix littéraires sont une « exception française » mal connue : s'ils prolifèrent en France, ils se diversifient selon des logiques très diverses liées à une « économie du prestige » complexe. Cette enquête, menée à partir de nombreux entretiens auprès d'écrivains et de professionnels du livre, cherche à éclairer cette complexité afin de saisir les nouvelles configurations de la condition littéraire contemporaine.
Avec les prix, ce sont des reconfigurations majeures du monde littéraire qui se donnent à lire : déclin de la fonction sociale et de l'autorité symbolique de l'écrivain ; déclin du livre comme objet sacralisé ; déclin de la lecture et mutations des pratiques culturelles ; métamorphoses de l'expertise littéraire ; figurations nouvelles du littéraire.
De l'homme de lettres d'hier à l'écrivain minuscule d'aujourd'hui, ce sont bien les effets à la fois structurants et paradoxaux des prix littéraires que ce livre cherche à pointer. Structurants : les prix régulent un marché et une offre, contrôlent et font perdurer une certaine idée de la littérature en l'ouvrant au plus grand nombre, proposent une définition normée de la lecture et du goût. Paradoxaux : les prix inscrivent l'écrivain dans une communauté, mais le fragilisent dans sa singularité ; ils obéissent à un protocole réglé dont l'écrivain ne décide pas des règles ; ils mettent en lumière mais n'aident pas à durer.
Cet ouvrage se veut une contribution à l'histoire culturelle du statut de l'auteur qui interroge l'effondrement de son rôle social dans la sphère publique. Également disponible au format epub

 

 

* Une autre histoire des "Trente Glorieuses" - Collectif

 

Trop souvent les historiens ont dépeint la période 1945-1968 comme une période de consensus sur la « modernisation » (une catégorie rarement interrogée), sur l’expansion économique orchestrée par l’État et sur les bienfaits des « progrès » scientifique et technique. Portée par la croissance, absorbée par « les choses » (Georges Perec), en marche vers une civilisation des loisirs et de la consommation, la population française aurait joyeusement embrassé, jusqu’au tournant de 1968, un modèle de société industrielle et technologique.
N’est-il pas temps pour les historiens d’en finir avec les « Trente Glorieuses » ? Cette catégorie historique reprise à l’envie dans les discours médiatiques et les manuels d’histoire fonctionne comme un mythe. Mythe d’une voie unique et nécessaire de « modernisation » à la française et d’héroïques décideurs ayant fait les bons choix. Mythe d’une vie meilleure pour le plus grand nombre mesurée en terme quantitatif de biens d’équipements. Mythe d’une hexagonalité d’une croissance en réalité largement liée à un échange inégal avec le « tiers monde » et à un pillage des ressources naturelles limitées. Mythe d’une temporalité de trois décennies de bien-être social alors que les orientations et technologies solidifiées après-guerre ont généré une empreinte sanitaire (amiante, pollutions…) et écologique (déchets et radiations nucléaires, changement climatique…) bien plus profonde et durable. Mythe, enfin, d’un large consensus autour de « la modernisation » allant du PCF au Gaullisme en passant par les chrétiens…

 

 

* Carbon democracy - Timothy Mitchell

 



Ceci est un « livre à thèse », une thèse forte et iconoclaste, qui déplace radicalement notre vision de l’histoire du XXe siècle : les contours et les transformations des régimes politiques dits « démocratiques » ont été largement déterminés par les propriétés géophysiques des principales énergies carbonées, le charbon d’abord, puis le pétrole. 
Ainsi, la pesanteur du charbon, la nécessité de l’extraire des mines puis de le charger dans des convois, etc., ont donné à ses producteurs un pouvoir considérable sur les flux d’énergie alimentant l’économie ; en utilisant la menace de les interrompre, ils créèrent syndicats et partis de masse, à l’origine des premières démocraties de l’ère moderne. Face à ces forces concurrentes, les classes dominantes occidentales ont cherché à organiser la transition énergétique à l’échelle mondiale. En effet, grâce à sa fluidité, sa légèreté et son exceptionnelle concentration en énergie, le pétrole permettait de contourner les réseaux et pouvoirs anciens. Ainsi fut créé un système d’acheminement beaucoup moins intensif en travail, plus flexible, résolument international… et beaucoup plus facilement contrôlable par les États et les multinationales. 
Un autre régime s’est progressivement mis en place, dans lequel la vie politique s’est retrouvée anémiée, la paix sociale et la prospérité des « démocraties » occidentales ont reposé sur l’autoritarisme moyen-oriental, et où la croissance illimitée s’est transformée en religion. Aujourd’hui, ce système est au bord de l’effondrement et nous pose une question cruciale : comment les énergies postpétrole pourront-elles donner naissance à des régimes réellement démocratiques ?

 

 

 

 

À paraître le 5 septembre 2013

 

 

* Puissances d'hier et de demain. L'état du monde 2014 - Bertrand Badie et Dominique Vidal (dir.)

 



Alors qu'il est quotidiennement question des pays dits « émergents », il convient de s'interroger sur la notion de puissance. Contrairement à bien des prévisions, la victoire de l'Occident dans la guerre froide n'a pas débouché sur une longue période de domination américaine. Si les États-Unis restent à bien des égards le pivot des équilibres géopolitiques mondiaux, la puissance américaine est confrontée des concurrences nouvelles. Un constat qui s'applique également aux autres puissances occidentales, en particulier européennes, profondément secouées par la crise économique. Cette évolution structurelle s'accompagne de la montée en puissance de nouveaux mouvements sociaux qui bouleversent directement ou indirectement les fondements de l'ordre international hérité de l'après-guerre froide.
L'État du monde 2014 évalue cette remise en cause de l'hégémonie occidentale par des puissances émergentes et par les « sociétés civiles ». La Chine, l'Inde, le Brésil et, dans une moindre mesure, l'Afrique du Sud et la Russie, se dotent à leur tour des atouts politiques, économiques mais aussi culturels et technologiques de la « puissance ». Quant aux mouvements révolutionnaires ou contestataires qui se multiplient à travers le monde, ils ont déjà des conséquences sur le modelage en cours de la nouvelle architecture mondiale.
Véritable « roman de l'actualité mondiale », L'État du monde révèle, au-delà de l'immédiateté de l'événement, la tonalité des changements à l'œuvre sur la planète.

Également disponible au format epub

 

 

 

À paraître le 12 septembre 2013

 

 

* La violence des riches - Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot

 



Sur fond de crise, la casse sociale bat son plein : vies jetables et existences sacrifiées. Mais les licenciements boursiers ne sont que les manifestations les plus visibles d'un phénomène dont il faut prendre toute la mesure : nous vivons une phase d'intensification multiforme de la violence sociale.
Mêlant enquêtes, portraits vécus et données chiffrées, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dressent le constat d'une grande agression sociale, d'un véritable pilonnage des classes populaires ‒ un monde social fracassé, au bord de l'implosion.
Loin d'être l'œuvre d'un « adversaire sans visage », cette violence de classe, qui se marque dans les têtes et dans les corps, a ses agents, ses stratégies et ses lieux. Les dirigeants politiques y ont une part écrasante de responsabilité. Les renoncements récents doivent ainsi être replacés dans la longue histoire des petites et grandes trahisons d'un socialisme de gouvernement qui a depuis longtemps choisi son camp.
À ceux qui taxent indistinctement de « populisme » toute opposition à ces politiques qui creusent la misère sociale et font grossir les grandes fortunes, les auteurs renvoient le compliment : il est grand temps de faire la critique du « bourgeoisisme ».

Également disponible au format epub

 

 

* Paris sans le peuple - Anne Clerval

 

Où est passé le peuple parisien ? Quelle place la ville de Paris accorde-t-elle aujourd'hui aux classes populaires ? Depuis plusieurs décennies, la capitale connaît un processus de gentrification, un embourgeoisement spécifique des quartiers populaires qui passe par la transformation matérielle de la ville (réhabilitation de l'habitat, renouvellement des commerces, embellissement de l'espace public). Que se passe-t-il vraiment et qu'y a-t-il en jeu dans ces transformations à la fois urbaines et sociales ? Voilà qui est le plus souvent laissé dans le flou et masqué derrière une sorte d'évidence, comme si cela faisait partie de l'évolution « naturelle » des villes.
Ce livre vient éclairer ce processus et permet d'approfondir la connaissance de Paris et de son évolution récente. À partir d'un travail de recherche et d'une enquête de terrain menée pendant quatre ans dans plusieurs quartiers parisiens, Anne Clerval montre que cette transformation est autre chose qu'une simple amélioration du bâti, de l'espace public ou des commerces, et révèle à qui elle profite et qui elle dépossède. Elle propose en particulier une approche circonstanciée des politiques menées par la gauche depuis 2001 et de leurs effets.
Un livre essentiel pour permettre aux lecteurs, Parisiens ou non, de s'approprier les enjeux sociaux et politiques de l'évolution de la ville.

 

 

 

À paraître le 19 septembre 2013

 

 

* Jeunesses arabes - Collectif

 





Ce livre propose un regard inédit sur les nouvelles générations du monde arabe. Un regard calme, vivant et parfois déroutant qui s’écarte des clichés. Non, les jeunes Arabes ne peuvent se réduire aux figures du terroriste potentiel, de l’éternel migrant ou de l’icône exotique de la « révolution » !
Originaires des deux rives de la Méditerranée et partageant le quotidien de cette génération, les chercheurs et chercheuses qui ont rédigé cet ouvrage ont décidé de sortir des sentiers battus en racontant comment les jeunes Arabes occupent leur temps libre : ce temps de liberté et de loisir où l’on peut réfléchir, s’épanouir et se construire ; ce temps « vide » aussi, où l’on peut parfois dériver, se perdre et se briser…
Du Maroc au Yémen, de l’Algérie à la Syrie, de la Tunisie au Liban, en passant par l’Irak, la Libye, l’Égypte, la Jordanie, la Palestine, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ces spécialistes dressent avec sensibilité, humour ou inquiétude un portrait exceptionnel de cette génération dont on parle beaucoup, mais qu’on écoute trop rarement. Ce livre donne ainsi la parole à des jeunes hommes et femmes qui, héritiers de traditions plurielles, animés par des idées nouvelles et travaillés par divers mouvements culturels, inventent l’avenir de sociétés en plein bouleversement.  

Également disponible au format epub

 

 

* Le jeûne, une nouvelle thérapie ? - Thierry de Lestrade

 



Et si le jeûne était une méthode simple et efficace pour traiter de nombreuses maladies ? Question provocante, scandaleuse même, pour certains tenants du dogme médical. Pourtant, depuis le docteur Henry Tanner qui jeûna quarante jours en 1880 à New York sous la surveillance de ses confrères, jusqu'au biologiste américain Valter Longo qui fait jeûner aujourd'hui des souris atteintes de cancer avec des résultats stupéfiants, les études scientifiques sur le jeûne ne manquent pas. Qui sait par exemple que chercheurs et médecins russes, depuis les années 1950, ont soigné par le jeûne des milliers de patients ?
C'est cette histoire que Thierry de Lestrade restitue dans ce livre remarquablement documenté, fruit d'une longue enquête. Jeûner est-il dangereux ? Quels sont les mécanismes du jeûne ? Peut-on en mesurer les effets ? Quelle est son action sur les cellules cancéreuses ? À toutes ces questions, et à bien d'autres, les chercheurs ont donné des réponses, souvent surprenantes. Se dessine alors une autre histoire de la médecine, où l'approche globale du soin a été écartée au profit d'une vision du corps comme simple assemblage de pièces interchangeables. Or, dans les pays occidentaux, cette médecine moderne ne parvient pas à enrayer la baisse de l'espérance de vie en bonne santé. Face à ce constat, la pratique du jeûne, si ancienne, apparaît comme une thérapie nouvelle. Dans une société où la logique consumériste est poussée à l'absurde, le jeûne pose une question paradoxale : « Moins peut-il être plus ? »

Également disponible au format epub

 

 

 

À paraître le 26 septembre 2013

 

 

* Islamophobie - Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed

 



Contrairement à la légende colportée dans les grands médias, le terme « islamophobie » n'a pas été inventé par les mollahs iraniens : il est apparu en France au début du xxe siècle, en pleine période coloniale, quand s'exprimaient déjà de violents discours antimusulmans... Alors que l'hostilité à l'encontre des musulmans se traduit presque quotidiennement par des discours stigmatisants, des pratiques discriminatoires ou des agressions physiques, Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed font ici œuvre salutaire : ils expliquent comment l'islam a peu à peu été construit comme un « problème » et comment l'islamophobie est devenue l'arme favorite d'un racisme qui ne dit pas son nom.
Ce livre présente ainsi au grand public, pour la première fois, un bilan critique des recherches menées, en France et à l'étranger, sur ce phénomène. Faisant le point sur les débats autour du concept d'islamophobie, il offre une description rigoureuse des discours et actes islamophobes, en les inscrivant dans l'histoire longue du racisme colonial et dans leur articulation avec l'antisémitisme. En insistant sur l'importance des stratégies des acteurs, les auteurs décortiquent le processus d'altérisation des « musulmans » qui, expliquant la réalité sociale par le facteur religieux, se diffuse dans les médias et ailleurs. Ils analysent enfin la réception du discours islamophobe par les musulmans et les formes de contestation de l'islamophobie par l'action collective et la mobilisation du droit anti-discrimination.

Également disponible au format epub

 

10 janvier 2013

Les nouveautés numériques du 10 janvier 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit de 6 titres au format e-pub.
À découvrir ou redécouvrir sur votre liseuse/tablette numérique !

 

* Éthique, architecture, urbain - Chris Younès, Thierry Paquot (dir.)

L'architecte et l'urbaniste sont non seulement responsables juridiquement de ce qu'ils édifient, mais éthiquement. À l'heure où ces métiers connaissent de profondes mutations, à la suite des nouvelles configurations territoriales et des nouveaux modes de vie urbains, la question de l'éthique se pose avec acuité. Les auteurs de ce livre - architectes, urbanistes, philosophes, sociologues, juristes, historiens - explorent les implications de l'éthique pour les « faiseurs de ville », ainsi que les interfaces entre opérations d'aménagement, pratiques démocratiques et exigences écologiques.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2000.)

 

 

*Être écrivain - Nathalie Heinich

À travers les thèmes de la subsistance matérielle et de l'engagement dans l'écriture, de la solitude et des liens avec autrui, de l'inspiration et de la publication, des modèles de vie et de la présentation de soi, ce livre tente de dégager la spécificité de l'écriture, et de la création en général, par rapport à d'autres types d'activités susceptibles de définir une identité. Il repose sur une trentaine d'entretiens avec des romanciers, des poètes, des auteurs de théâtre, que complètent des autobiographies, des journaux intimes, des correspondances. 
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2000.)

 

 

* Histoire politique des services secrets en France - Roger Faligot, Jean Guisnel, Rémi Kauffer

Voici un livre exceptionnel : il retrace l’épopée de la DGSE, le service de renseignement français à l’international, tout juste trentenaire, et des services qui l’ont précédée. Cette centrale d’espionnage et de contre-espionnage est en effet l’héritière d’une longue histoire commencée sous l’Occupation avec les services rivaux du général de Gaulle et du général Giraud. Brossant le portrait des hommes et parfois des femmes des services, narrant les détails de leurs opérations clandestines les mieux camouflées, sur tous les continents, le trio d'auteurs le plus capé du domaine a mis en commun ses fonds d’archives originales, accumulées pendant près de quatre décennies, et révèle des dizaines de témoignages inédits, du début des années 1940 jusqu’à nos jours.

 

 

* Le complot dans la République - Frédéric Monier

Dans cet ouvrage, Frédéric Monier retrace l'histoire de ces " stratégies du secret " et s'efforce de présenter une analyse globale du phénomène. En distinguant la conspiration, révolutionnaire et subversive, le complot, judiciaire et répressif, et la conjuration, fabuleuse et mythologique, il nous invite à découvrir l'histoire obscure des rapports de la République et de ses ennemis, réels et imaginaires.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1998.)

 

 

* La guerre perdue contre la drogue -  Jean-François Boyer

Ce sont les coulisses méconnues du nouvel univers de la drogue que le lecteur découvrira dans ce livre : comment les « narcos » colombiens et mexicains ont acheté des jets commerciaux pour transporter des centaines de tonnes de drogue ; comment les gangs nord-américains ont contrôlé le narcotrafic aux États-Unis ; comment les héritiers d'Escobar maintiennent des comptes au Liechtenstein ; comment une grande banque américaine a fermé les yeux sur des transferts douteux ; comment la mafia marseillaise a ouvert de nouvelles routes d'importation en Europe...
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2001.)

 

 

*  Une si douce dictature - Taoufik Ben Brik

Ce livre est le meilleur témoignage du combat du journaliste tunisien Taoufik Ben Brik : on y découvrira les articles qu'il a rédigés principalement pour les agences de presse Syfia et Infosud, et pour le quotidien français La Croix. À petites touches, ils restituent la vie dans une dictature féroce, prête à tous les travestissements, celle du général Ben Ali.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2000.)

 
29 juin 2012

Rentrée 2012

En avant-première voici une présentation de quelques titres à paraître à la rentrée.

 

Août 2012

 

* Daniel Bensaïd l'intempestif, sous la direction de François Sabado - en librairie le 23 août 2012


Daniel Bensaïd a été la figure de proue d’une gauche révolutionnaire à la fois exigeante et ouverte, respectée bien au-delà des organisations de tradition trotskiste. Un hommage à sa pensée en perpétuel mouvement, deux ans après sa mort, avec des textes de Cinzia Arruzza Olivier Besancenot, Alex Callinicos, Philippe Corcuff, Carlos Carujo Michael Löwy, João Machado, Edwy Plenel, Philippe Pignarre, Josette Trat, Esther Vivas.

 

* Penser la violence des femmes, sous la direction de Coline Cardi et Geneviève Pruvost - en librairie le 23 août 2012

Tueuses, ogresses, sorcières, pédophiles, hystériques, criminelles, délinquantes, furies, terroristes, kamikazes, cheffes de gang, lécheuses de guillotine, soldates, policières, diablesses, révolutionnaires, harpies, émeutières, pétroleuses, viragos, guerrières, Amazones, boxeuses, génocidaires, maricides… Qu’y a-t-il de commun entre toutes ces figures ? Pour le comprendre, il importe d’exhumer, de dénaturaliser, d’historiciser et de politiser la violence des femmes. Telle est l’ambition de cet ouvrage, qui propose une approche pluridisciplinaire sur un sujet trop longtemps ignoré des sciences sociales.  

* La préhistoire des autres, sous la direction de Nathan Schlanger et Anne-Christine Taylor - en librairie le 23 août 2012


Longtemps, dans les représentations conventionnelles, les hommes fossiles et les hommes sauvages étaient perçus comme les pendants primitifs de la modernité occidentale. La préhistoire se résumait à celle de l’Europe, caractérisée par les progrès de son industrie lithique et par des grottes ornées emblématiques. A contrario, les sociétés non occidentales étaient appréhendées comme étant intemporelles, figées dans leur présent, dépourvues d’histoire. Aujourd’hui, l’archéologie et l’anthropologie sociale travaillent ensemble à dépasser ces clivages et dissiper ces préjugés. De l’Amazonie à la Sibérie, en passant par le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Océanie, depuis les premiers australopithèques jusqu’aux sociétés contemporaines, les auteurs offrent des perspectives multiples sur la Préhistoire des « autres » pour dépasser les frontières trop étroites de l'Europe.

 
* Histoire de l'Algérie à la période coloniale (1830-1962), Collectif


À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, les Éditions La Découverte (Paris) et les Éditions Barzakh (Alger) publient conjointement et simultanément, cet ouvrage collectif destiné à un large public sur l’histoire de l’Algérie à la période coloniale (1830-1962). En effet, celle-ci reste souvent mal connue des non-spécialistes, alors qu’elle est essentielle pour mieux comprendre la situation actuelle dans les deux pays, ainsi que leurs relations depuis l’indépendance en 1962. Or, depuis les travaux pionniers de Charles-André Julien et Charles-Robert Ageron, malgré la multiplication des publications, on manque aujourd’hui d’une vaste fresque synthétique de cette histoire, rendant compte notamment des travaux les plus récents. Ce livre, écrit principalement par des historiens (algériens, français et d’autres nationalités), a donc pour but de mettre à disposition des lecteurs une histoire partagée et critique de cette période historique, qui tienne compte des interrogations actuelles des sociétés sur ce passé.

 

* Jouer. Une enquête anthropologique, Roberte Hamayon 

Reprenant les questions ouvertes par le célèbre Homo ludens de Huizinga, par Caillois, Winnicott ou Henriot, l'anthopologue Roberte Hamayon dégage des éléments cruciaux et mal perçus d'une anthropologie générale du jeu et de la chance.

 

*Les nouveaux enjeux des politiques culturelles, Jean-Pierre Saez et Guy Saez

En une vingtaine de contributions de jeunes chercheurs européens, cet ouvrage offre un bilan du renouvellement des problématiques relatives à l’analyse des pratiques culturelles, des rapports entre culture et société, des mutations des formes artistiques, des transformations de l’action publique ; il montre comment la question territoriale traverse aujourd’hui ces problématiques. Par la richesse et la variété des expériences européennes qu’il mobilise, ce livre constitue un outil précieux de compréhension des mutations contemporaines des politiques culturelles et des conditions de la création comme de sa diffusion. Il sera utile à tous les acteurs de l’action culturelle, créateurs, fonctionnaires et professionnels.

 

 

Septembre 2012

 

* Eternit la fibre tueuse, Giampiero Rossi - en librairie le 6 septembre 2012


Le 13 février 2012, le tribunal de Turin condamne à seize ans de prison deux magnats de l’amiante, créant un précédent historique dans la lutte contre la « fibre tueuse ». Au terme de trente ans de combat, les habitants de la petite ville piémontaise de Casale Monferrato, accueillant depuis 1906 une usine Eternit, voient ainsi reconnaître la responsabilité de la multinationale suisse dans l’« épidémie » de cancers de la plèvre et la contamination à grande échelle subies par cette localité.
Comment une modeste ville ouvrière d’Italie a-t-elle pu remporter pareil combat contre un géant industriel ? Et comment une population frappée par la multiplication des pathologies incurables et des décès est-elle parvenue à reprendre espoir et à relever la tête ? Dans un récit à la fois poignant et palpitant, le journaliste Giampiero Rossi nous fait vivre la longue bataille législative, politique, judiciaire et médiatique engagéepar toute une communauté pour obtenir réparation.

 

* Fabriquer le vivant ?, Miguel Benasayag et Pierre-Henri Gouyon

Un dialogue aussi vif et accessible entre Miguel Benasayag et Pierre-Henri Gouyon. La philosophie et la biologie y croisent leurs problématiques, se complétant et s’enrichissant. Loin de se limiter au champ scientifique, expliquent les auteurs, le modèle organique permet de porter un autre regard, riche de surprises, sur les phénomènes sociaux.
Soucieux de rendre compte de la complexité inhérente à la vie, sans invoquer une quelconque légitimation morale ou religieuse, ils croisent les questions qui leur tiennent à cœur, abordant des thématiques aussi variées que la création de la vie en laboratoire, la recherche fondamentale en génétique ou la perte du mythe du progrès. Un livre qui bouscule les idées afin qu’émergent de nouvelles clés pour penser le monde.

 

* Ces mots qui meurent, Nicholas Evans - en librairie le 13 septembre 2012


La disparition des langues est une constante de l’histoire humaine, mais son rythme s’accélère : d’ici la fin du XXIe siècle, c’est la moitié des 6 000 langues de la planète que nous risquons de voir s’éteindre. Tous les quinze jours, le dernier locuteur d’une langue en voie d’extinction meurt. Or chaque langue a une histoire différente à nous raconter. Chacune est une véritable bibliothèque aux rayons chargés de grammaires, de dictionnaires, d’encyclopédies botaniques et zoologiques, de recueils de chants et de fables… Le grand linguiste N. Evans en dresse un fascinant portrait, aussi humain qu'érudit.

 

* Le féminisme en mouvements, Nancy Fraser

Ce livre, composé de textes écrits entre 1984 et 2010, est le premier à témoigner de ce qui constitue pourtant l’un des aspects majeurs de la pensée de Nancy Fraser : le genre et le féminisme. L’ouvrage embrasse différentes approches : des analyses d’objets sociaux et de catégories savantes subtilement genrés, des interrogations de concepts normatifs tels que la justice sociale et l’émancipation du point de vue du genre, et des réflexions sur les choix théoriques et les stratégies politiques des différents courants féministes depuis les années 1960.

 

* Enquêtes sur les modes d'existence, Bruno Latour - en librairie le 20 septembre 2012


Au moment où notre univers est menacé de destruction, ce livre-monde voudrait dépasser les oppositions philosophiques binaires et le découpage de la réalité en « domaines » devenus inopérants et proposer un plurivers plutôt qu'un univers à partir de quinze « modes d'existence » aptes à rendre compte de la réalité.
Bruno Latour a mis au point un dispositif d'enquête pour repérer les valeurs multiples et contradictoires. Pour suivre le fil de l'expérience, il faut accepter qu'il y ait plusieurs régimes de vérité, plusieurs « modes d'existence », plusieurs types de raison dont l'enquêteur dressera avec soin les conditions de félicité et d'infélicité. En procédant ainsi, on revisite tous les domaines dont l'ensemble forme le cœur de notre vie collective : les sciences, les techniques, mais aussi le droit, la religion, la politique et, bien sûr, l'économie, la plus étrange et la plus ethnocentrique des productions.

 

* La fabrique des derniers hommes, Aurélien Berlan

En s’appuyant sur l'œuvre des « pères fondateurs » de la sociologie allemande, Weber, Simmel et Tönnies , un essai original sur le diagnostic historique du temps présent, sur la base d’une analyse des forces socioéconomiques et socioculturelles qui façonnent notre humanité, qui travaille toute une partie de la pensée moderne.

 

* Chinoises au XXe siècle, sous la direction de Tania Angeloff et Marylène Lieber

Comment vivent les femmes chinoises aujourd’hui ? Quel est leur statut et quelles places occupent-elles dans la Chine contemporaine ? En quoi les bouleversements économiques et sociaux des trente dernières années ont-ils modifié leurs situations et leur accès aux droits ? Observe-t-on des mutations dans leurs rapports à la famille, à l’éducation, au travail et à l’emploi ou encore à la sexualité ? Comment sont-elles représentées au cinéma ? Autant de question auxquelles, Chinoises au XXIe siècle. Entre ruptures et continuités, un ouvrage collectif résolument pluridisciplinaire, entend répondre. Des anthropologues, des démographes, des historiens, des sociologues et des politistes réfléchissent aux mutations que connaît la société chinoise contemporaine, en centrant leur analyse sur les rapports de genre.

 

* La bureaucratisation du monde à l'heure néolibérale, Béatrice Hibou

« Bureaucratie » : ce terme caractérise aussi bien l’entreprise, le privé, l’économie de marché, les organisations dites de la société civile… De fait, pour qui vit, produit ou consomme aujourd’hui, une évidence apparaît : l’envahissement de dispositifs bureaucratiques.
Car comment qualifier autrement l’exigence toujours croissante de papiers – pour voyager, s’inscrire dans une institution, bénéficier d’une assurance -, la confrontation incessante avec des procédures formelles – pour avoir accès au crédit, à l’électricité ou à un réseau informatique, louer un logement... –, le besoin de respecter des normes et des règles – pour que les comptes d’une entreprise soient certifiés, qu’un légume soit qualifié de biologique ? Les exemples sont infinis de cette bureaucratie actuelle qui ne doit donc pas être comprise comme un appareil hiérarchisé propre à l’État mais comme un ensemble de normes, de règles, de procédures et de formalités qui n’englobe pas seulement l’administration étatique mais l’ensemble de la société.

 

* Nous... la cité, Collectif - en librairie le 20 septembre


Quand quatre jeunes de banlieue se prennent d’écrire leur quotidien avec un de leurs éducateurs pendant plus d’un an, ça envoie du lourd.
Entre provocations policières, soirées à tchatcher dans les halls d’immeuble, jugements et appels, embrouilles à la con, boulots foireux, visites en prison, heures d’ennui et éclats de rire, c’est le quotidien d’un quartier populaire comme tant d’autres qui est raconté. Mais c’est sans doute des mots que viendront les solutions. La découverte de l’écriture et du pouvoir de ces foutus mots. Face à des flics. Face à des juges. Face à soi-même.

 

* La cassure, sous la direction de Bertrand Badie et Dominique Vidal

Pour prendre la mesure de la rupture consommée entre le politique et le social, L’état du monde 2013 en expose les manifestations et les retombées en termes économiques, sociaux, environnementaux, culturels ou encore diplomatiques et stratégiques, à travers les approches multiples des meilleurs spécialistes du champ international.

 

* Drogues sortir de l'impasse, Anne Coppel et Olivier Doubre

Plutôt que de proposer un modèle qui, dans le contexte actuel, demeure utopique, il est nécessaire de tirer les enseignements de l’expérience internationale des drogues. Avec la politique de réduction des risques, on a appris comment protéger la santé publique, réduire la mortalité et lutter contre le sida. L’opinion reste convaincue que l’interdit protège ; il n’en est rien, la consommation n’a pas augmenté dans les pays qui ont dépénalisé l’usage de drogues. Quand tous les États auront renoncé à pourchasser les consommateurs, il s’agira d’un tournant majeur qui videra les prisons du monde. Il sera alors possible de développer de nouvelles innovations. Car il n’existe pas de réponse toute faite. Inventer les modalités de gestion de ces produits, avec lesquels nous devons apprendre à coexister, telle est l’ambition de cet ouvrage.

 

 

 

Octobre 2012

 

* Xénophobie business, Claire Rodier

Les contrôles migratoires ont pris, depuis le milieu des années 1990, une dimension qui dépasse largement l’objectif pour lequel ils sont officiellement mis en place, à savoir la protection des frontières contre l’immigration irrégulière (et accessoirement, en lien avec la lutte contre la criminalité organisée, la répression du trafic d’êtres humains). À partir d’exemples tirés de l’actualité des dix-quinze dernières années – principalement, mais pas seulement, en Europe –, les chapitres déclinent les différentes fonctions réelles qu’occupent les contrôles migratoires.  

 

 

 


22 février 2012

L'Algérie à La Découverte

L'Algérie avant l'indépendance

  * Frédéric Abécassis et Gilbert Meynier (dir.), Pour une histoire franco-algérienne. En finir avec les pressions officielles et les lobbies de mémoire, 2008.

  * Nicolas Bancel, Daniel Denis et Youssef Fates (dir.), De l'Indochine à l'Algérie. La jeunesse en mouvements des deux côtés du miroir colonial 1940-1962, coll. « Textes à l'appui/histoire contemporaine », 2003.

 



* Frantz Fanon, Œuvres. Peau noire, masques blancs/L'An V de la révolution algérienne/Les damnés de la terre/Pour la révolution africaine, 2011.

  * Olivier Le Cour Grandmaison, De l'indigénat. Anatomie d'un « monstre » juridique : le droit colonial en Algérie et dans l'empire français, coll. « Zones », 2010.

  * Gilbert Meynier, L'Algérie des origines. De la préhistoire à l'avènement de l'islam, 2007 (coll. « La Découverte/poche », 2010).

  * Gilbert Meynier, L'Algérie, cœur du Maghreb classique. De l'ouverture islamo-arabe au repli (698-1518), 2010.

 



* Jean-Pierre Peyroulou, Guelma, 1945. Une subversion française dans l'Algérie coloniale, coll. « Textes à l'appui/Études coloniales », 2009.

  * J. A. Peyssonnel, Voyage dans les régences de Tunis et d'Alger, coll. « [Re]découverte », 2001.

 



* Marcel Reggui, Les Massacres de Guelma. Algérie, mai 1945 : une enquête inédite sur la furie des milices coloniales, coll. « Cahiers libres », 2006 (coll. « La Découverte/poche », 2008).

  * Annie Rey-Goldzeiguer, Aux origines de la guerre d'Algérie. 1940-1945, de Mers-el-Kébir aux massacres du Nord-Constantinois, coll. « Textes à l'appui/histoire contemporaine », 2002 (coll. « La Découverte/poche », 2006).

  * Benjamin Stora, Histoire de l'Algérie coloniale (1830-1954), coll. « Repères », 1999.

 

La guerre d'Algérie et sa mémoire

  * Mohammed Harbi, Une vie debout. Mémoires, tome 1 : 1945-1962, coll. « Cahiers libres », 2001.

 



* Frantz Fanon, Pour la révolution africaine. Écrits politiques, coll. « [Re]découverte », 2001 (coll. « La Découverte/poche », 2006).

  * Frantz Fanon, L'An V de la révolution algérienne, coll. « [Re]découverte », 2001 (coll. « La Découverte/poche », 2011).

 



* Marcel Péju [présenté par], Le Procès du réseau Jeanson, coll. « Cahiers libres », 2002.

  * Paulette Péju, Ratonnades à Paris précédé de Les harkis à Paris, coll. « La Découverte/poche », 2000.

  * Marcel et Paulette Péju, Le 17 octobre des Algériens, suivi de « La triple occultation d'un massacre » par Gilles Manceron, coll. « Cahiers libres », 2011.

  * Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française, coll. « Cahiers libres », 2004.

  * Benjamin Stora, Histoire de la guerre d'Algérie (1954-1962), coll. « Repères », 1995.

  * Benjamin Stora, La Gangrène et l'oubli. La mémoire de la guerre d'Algérie, coll. « Cahier libres », 1991 (« La Découverte/poche », 1998).

  * Sylvie Thénault, Une drôle de justice. Les magistrats dans la guerre d'Algérie, coll. « L'espace de l'histoire », 2001 (coll. « La Découverte/poche », 2004).

 



* Pierre Vidal-Naquet, Les Crimes de l'armée française. Algérie, 1954-1962, coll. « La Découverte/poche », 2001.

  * Pierre Vidal-Naquet, La Raison d'État, coll. « Textes à l'appui/histoire contemporaine », 2002.

 

L'Algérie indépendante

 

* Lahouari Addi, Les Mutations de la société algérienne. Famille et lien social dans l'Algérie contemporaine, coll. « Textes à l'appui », 1999.

  * Lahouari Addi, Sociologie et anthropologie chez Pierre Bourdieu. Le paradigme anthropologique kabyle et ses conséquences théoriques, coll. « Armillaire », 2002.

  * Hocine Aït-Ahmed, L'Affaire Mécili, coll. « Cahiers libres », 1989 (coll. « La Découverte/poche », 2007).

  * Louisa Hanoune, Une autre voix pour l'Algérie. Entretiens avec Ghania Mouffok, coll. « Cahiers libres », 1996.

 



* Hocine Malti, Histoire secrète du pétrole algérien, coll. « Cahiers libres », 2010.

  * Catherine Simon, Algérie, les années pieds-rouges. Des rêves de l'indépendance au désenchantement (1962-1969), coll. « Cahiers libres », 2010 (coll. « La Découverte/poche », 2011).

  * Benjamin Stora, Histoire de l'Algérie depuis l'indépendance, tome 1 : 1962-1988, coll. « Repères », 2001.

 

Culture et société

  * Fadhma Aït Mansour Amrouche, Histoire de ma vie, coll. « La Découverte/poche », 2000.

  * Taos Amrouche, Le Grain magique. Contes, poèmes, proverbes berbères de Kabylie, coll. « La Découverte/poche », 1996.

  * Akram B. Ellyas, À la rencontre du Maghreb, coédition La Découverte/Institut du monde arabe, 2001.

 



* Camille Lacoste-Dujardin, Dictionnaire de la culture berbère en Kabylie, 2005.

  * Camille Lacoste-Dujardin et Yves Lacoste (dir.), Maghreb, peuples et civilisations, coll. « Les dossiers de L'état du monde », 1995.

 

La nouvelle guerre d'Algérie et la Françalgérie

  * Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, Françalgérie, crimes et mensonges d'États. Histoire secrète, de la guerre d'indépendance à la « troisième guerre d'Algérie », coll. « Cahiers libres », 2004 (coll. « La Découverte/poche », 2005).

 



* Reporters sans frontières (dir.), Le Drame algérien. Un peuple en otage, 1994, 1996.

  * Jean-Baptiste Rivoire, Le Crime de Tibhirine. Révélations sur les responsables, coll. « Cahiers libres », 2011.

  * Sid Ahmed Semiane, Au refuge des balles perdues. Chroniques des deux Algérie, coll. « Cahiers libres », 2005.

  * Habib Souaïdia, La Sale guerre. Le témoignage d'un ancien officier des forces spéciales de l'armée algérienne, 1992-2000, coll. « Cahiers libres », 2001 (coll. « La Découverte/poche », 2012).

15 février 2012

Les nouveautés numériques du 16 février 2012

Notre catalogue numérique s'enrichit aujourd'hui de onze nouveaux titres : six au format epub et au cinq au format pdf.

 

Au format epub :

* Au coeur du pouvoir russe, Tania Rakhmanova

Un livre-clé pour comprendre les enjeux de l’élection présidentielle russe de 2012, l’équilibre des forces au sein du tandem Medvedev/Poutine au pouvoir et, surtout, les véritables ressorts du pouvoir dans la Russie d’aujourd’hui.

 

* Du trou au tout, Jean-Baptiste Botul, Jacques Gaillard

« L’essentiel est de nous débarrasser du principe de non-contradiction, en posant qu’on peut à la fois penser au trou et au non-trou, voire au trou dans le trou. C’est-à-dire au trou percé. »
J.-B. Botul

 

* La laïcité falsifiée, Jean Baubérot

« Débat sur la laïcité » de l’UMP, effets de manche de la droite populaire et références répétées de Marine Le Pen à la séparation de 1905 : il est urgent d’analyser comment la laïcité peut être ainsi falsifiée et pourquoi on lui fait dire aussi facilement le contraire de ce que cette loi a réellement dit.

 

* L'abstraction matérielle, Laurence Duchêne, Pierre Zaoui

Comment penser l'argent ? Ce titre en forme d'oxymore, né de réflexions et d'échanges contradictoires entre une économiste et un philosophe, voudrait inscrire ce dialogue sur le terrain du politique, seul susceptible de résoudre ces antagonismes.

* Les frontières de l'"identité nationale", Abdellali Hajjat

L'injonction à l'assimilation en France métropolitaine et coloniale.

 

* Vu, lu, su, Jean-Michel Salaün

La démarche proposée par Jean-Michel Salaün place le Web comme un moment d’une histoire longue, celle du document. C'est-à-dire la suite des efforts d’indexation systématique lancés à la fin du XIXe siècle, modifiant le document lui-même dans ses trois dimensions : la forme (le "vu"), le contenu (ce qui est "lu") et la fonction de transmission (le "su").

 

 

Au format pdf :

 

* Histoire des théories de l'argumentation, Philippe Breton, Gilles Gauthier
Une synthèse complète du savoir sur l'argumentation, qui en présente les principales théories, de l'Antiquité gréco-romaine jusqu'à la période contemporaine en Europe et en Amérique du Nord.

 

* La gestion prévisionnelle des ressources humaines, Patrick Gilbert

Un panorama analytique et concret des connaissances permettant de comprendre et d'accompagner les évolutions les plus actuelles de la gestion des ressources humaines.

 

* Le système monétaire international, Michel Lelart

Cet ouvrage s’efforce d’expliquer minutieusement toute cette évolution. Il réussit à en donner une vue d’ensemble, depuis la balance des paiements américaine et les droits de tirage spéciaux à l’euro et aux dernières crises financières, sans oublier l’ancien système monétaire européen ou la zone franc.

 

* L'Organisation mondiale du commerce, Michel Rainelli

Ce livre propose un bilan rigoureux et accessible des travaux du GATT depuis son origine et une évolution de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui lui a succédé en 1995. Il explique l'évolution historique qui a conduit la communauté des nations à créer en 1948 un organisme destiné à promouvoir le libre-échange. 

 

* Sociologie du sport, Jacques Defrance

Comment comprendre le développement des sports depuis un siècle ? Qui pratique le sport et qui le regarde ? Devient-il un repère universel dans un monde qui se globalise ? En répondant à ces questions avec clarté et rigueur, ce livre fait apparaître sous un jour plus réaliste, nuancé et compréhensif un monde sportif habituellement présenté pour ses exploits ou ses scandales.

 

 
 
05 décembre 2011

Les nouveautés numériques du 08 décembre 2011

Notre catalogue numérique s'enrichit de 17 titres : sept au format e-pub et dix au format PDF.

 

Au format e-pub :

 

* Au coeur des services spéciaux, Alain Chouet, Jean Guisnel
Quels sont les véritables visages du terrorisme moderne, ses commanditaires, ses financiers ? C'est à ces questions que répond dans ce livre l'un des meilleurs spécialistes mondiaux du problème après sa carrière de trente ans au sein des services secrets français, la DGSE.

 
* La crise ivoirienne, Thomas Hofnung

Des clés indispensables pour comprendre la course vers l'abîme de l'ancien « joyau » de l'Afrique de l'Ouest, mais aussi pour envisager sa possible renaissance.

 

* Le crime de Tibhirine, Jean-Baptiste Rivoire

Le 26 mars 1996, sept moines trappistes du monastère de Tibhirine, en Algérie, sont enlevés. Deux mois plus tard, un communiqué signé du « Groupe islamique armé » annonce leur exécution. Depuis 2004, cette affaire fait l’objet d’une enquête judiciaire en France, car le mystère perdure sur les responsables de ce drame. Entre manipulations et guerre contre-insurrectionnelle, une enquête explosive au cœur d’une double « raison d’État », celle des services secrets algériens et de leurs relais en France.

 

* Le nouveau B.A. BA du BHL,  Jade Lindgaard, Xavier de La Porte

Portrait du héraut d’une société où le mensonge avéré vaut autant que la vérité, où le simplisme des idées - pourvu qu’elles soient flamboyantes - l’emporte sur l’intelligence des faits, où les connivences et les réseaux d’amitiés comptent plus qu’une œuvre intellectuelle authentique…

 

* Métaphysique quantique, Sven Ortoli, Jean-Pierre Pharabod

Fables éclairantes et illustrations à l'appui, les auteurs dessinent ici dans un langage clair, drôle et rigoureux, les nouveaux contours de cet étrange monde quantique sans lequel nous n'aurions ni Internet, ni ordinateur, ni téléphones portables, ni... rien de ce qui a permis la société de la communication.

 

* Ramallah Dream, Benjamin Barthe

Au croisement de l'enquête et du reportage, cet étonnant voyage au cœur de la vie quotidienne de Ramallah est le roman vrai d'une ville insaisissable. Entre champ de ruines et hyper modernité occidentale, capitale en devenir encerclée de barrages et de colonies.

 

* Une brève histoire des crises financières, Christian Chavagneux

À partir de l'histoire de quelques crises emblématiques, cet ouvrage très pédagogique destiné à un large public propose un schéma des crises financières.

 

 

Au format pdf :

 

* Économie des ressources humaines, Alexandre Lené, François Stankiewicz

Cet ouvrage en présente les concepts, les méthodes et les modèles théoriques dans le cadre d'une approche renouvelée qui emprunte aussi aux apports essentiels de l'économie institutionnaliste.

 

* Histoire de la société allemande. T1 : Le premier XXe siècle (1900-1949), Marie-Bénédicte Vincent

Sans rompre totalement avec des archaïsmes, la société allemande du premier XXe siècle,a connu une modernisation importante, qui traverse trois régimes : Empire, République de Weimar, Troisième Reich.

 

* Histoire de la société allemande. T2 : La RFA (1949-1989), Alain Lattard

De sa fondation en 1949 à la chute du Mur de Berlin en 1989, l'histoire et la société ouest-allemande et de ses passionnantes évolutions.

 

* Histoire de la société allemande. T3 : La RDA (1949-1989), Sandrine Kott

L'histoire absolument singulière de la société de la RDA doit être étudiée dans la tension entre le projet politique de transformation sociale et la réalité qui lui résiste.

 

* Inflation et désinflation, Pierre Bezbakh
Sixième édition de cette référence du catalogue « Repères ».
 

* Le multiculturalisme, Milena Doytcheva

Comment faire société, comment concilier unité et pluralité des valeurs et des cultures ? Faut-il araser ou consacrer les différences ? La nouvelle édition d'une synthèse de référence.

 

* Les violences contre les femmes, Maryse Jaspard

Nouvelle édition d'une analyse sociologique rigoureuse pour déconstruire les idées reçues et lever les tabous.

 

* Mondialisation et délocalisation des entreprises, El Mouhoub Mouhoud

Une analyse de logiques, des formes et des effets de la mondialisation des entreprises et de la délocalisation des activités. Troisième édition revue et mise à jour.

 

* Sociologie des mouvements sociaux, Érik Neveu

Cinquième édition d'un panorama critique et ordonné de l'énorme littérature sur les mouvements sociaux.

 

* Sociologie des prénoms, Baptiste Coulmont

Pour quelles raisons le prénom que l'on porte dit-il autant de choses sur nous-mêmes et sur les personnes qui nous l'ont donné ? Comment sont-ils choisis et utilisés ?
01 septembre 2011

Une nouvelle identité graphique pour les sciences humaines et sociales à La Découverte



La Découverte poursuit le travail engagé, depuis plusieurs années, dans de nombreuses disciplines pour rendre accessibles au plus grand nombre les pensées contemporaines les plus novatrices. L'automne 2011 marquera un tournant important : si l'ambition initiale demeure intacte, tous les ouvrages de sciences sociales seront désormais publiés sous une identité graphique neuve et originale. Dans le cadre de cette « entité éditoriale », on trouvera aussi des ouvrages animés par des ambitions théoriques qui seront davantage en prise avec une « actualité » ou avec un horizon politique accompagnant les luttes actuelles et à venir.  

* La nouvelle école capitaliste - Christian Laval, Francis Vergne, Pierre Clément, Guy Dreux

* Le son comme arme - Juliette Volcler

* La sociologie comme philosophie politique et réciproquement - Philippe Chanial

*  Les limites de la masculinité. L'androgyne dans l'art et la théorie de l'art en France (1750-1830) - Mechthild Fend (en librairie le 22 septembre 2011)

* Une histoire populaire de l'humanité - Chris Harman (en librairie le 13 octobre 2011)

* Zoos humains et exhibitions coloniales. 150 ans d'invention de l'Autre - Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Gilles Boetsch, Eric Deroo, Sandrine Lemaire (dir.) (novembre 2011)

* L'urgence sociale en action. ethnographie du Samusocial de Paris - Daniel Cefaï, Edouard Gardella (novembre 2011)

* L'abstraction matérielle. L'argent, au-delà de la morale et de l'économie - Laurence Duchêne, Pierre Zaoui (2012)

 
05 janvier 2011

Noir sur blanc - Voyage en Allemagne

mardi 25 janvier 2011 à 20h40

20.40>22.30 Thema "le racisme au quotidien"
Soirée présentée par Thomas Kausch


20.40 Noir sur blanc Voyage en Allemagne
Un documentaire de Pagonis Pagonakis, Susanne Jäger
Auteur : Günter Wallraff (2009 – 82mn)
Réalisation : Pagonis Pagonakis et Susanne Jäger
Coproduction : Captator Film GmbH, Gerhard Schmidt, WDR / ARTE

Vingt-cinq ans après la publication de son livre Tête de Turc, qui dénonçait la xénophobie de la société allemande d’alors, Günter Wallraff se lance dans une nouvelle aventure et décide de se glisser dans la peau d’un Africain. Pendant une année et à l’aide d’une caméra cachée, Günter Wallraff, alias l’immigré somalien Kwami, traverse l’Allemagne et révèle les nouveaux visages du racisme. Que ce soit à la recherche d’un appartement, dans le métro, devant une boîte de nuit, parmi des supporters d’une équipe de foot à la sortie d’un match ou d’un club de randonneurs, le constat qu’il tire de cette nouvelle expérience n’est guère réjouissant : « Lorsque j’ai commencé mon travail, il y a quarante ans, je n’étais pas le seul à espérer un lent progrès vers plus d’humanité et plus de justice. Si je continue à me battre par mes reportages et mes livres, je suis de plus en plus saisi par le doute. Nous avons subi, ces derniers temps, trop de revers : l’injustice a progressé, les conditions de vie ne sont pas devenues plus humaines, bien au contraire. »


22.05 Débat présenté par Thomas Kausch (30mn)
Invité : Günter Wallraff

Journaliste célébrissime outre Rhin, Günter Wallraff s’est spécialisé dans la dénonciation des grands scandales politiques, économiques et médiatiques. Sa technique : se déguiser et infiltrer le milieu sur lequel il enquête…
Né le 1er octobre 1942 à Burscheid près de Cologne, Günter Wallraff, commence à décrire ses expériences comme ouvrier dans les grands entreprises allemandes dans la revue syndicale Metall. Puis en 1966, avec la parution de son livre Industriereportagen (reportages industriels), Wallraff se fait un nom en Allemagne. Cependant, son engagement ne se limite pas au territoire allemand. En 1974, il proteste activement contre la dictature militaire en Grèce et au Portugal, et se fait arrêter et torturer par la police politique à Athènes. En 1977, Wallraff travaille quatre mois sous le nom de «Hans Esser», journaliste à la Bild-Zeitung à Hanovre.
Dans son livre Le Journaliste indésirable, il décrit son expérience à la rédaction du tabloïd le plus lu d’Allemagne, dont les méthodes d’investigation bafouent très souvent la vie privée. La Bild-Zeitung poursuit Wallraff en justice. Le laborieux recours en justice qui s’en suit, aboutit en 1983 devant la Cour constitutionnelle fédérale par un jugement en faveur du journaliste.
Dès 1983, Wallraff se crée une identité de travailleur turc, Ali Levent Sinirlioglu, prêt à faire tout travail (entre autres, il travaille quelques mois pour l’entreprise sidérurgique Thyssen, chez McDonald et comme cobaye humain pour les entreprises pharmaceutiques). Il raconte dans le livre Tête de turc sa descente aux enfers, les brimades, les conditions de travail épouvantables que subissent les travailleurs turcs immigrés en Allemagne. Ce livre est un grand succès, vendu à plus de cinq millions d’exemplaires en langue allemande et traduit dans 35 langues. Une grande partie des recettes est consacrée à des associations humanitaires. Son engagement le conduit aussi à se lier avec l’auteur britannique Salman Rushdie et à le cacher chez lui un certain temps. En septembre 2003, il est attaqué en diffamation par le groupe de presse Springer comme collaborateur de la Stasi. Wallraff porte plainte contre Springer et gagne le procès. Le tribunal de Hambourg juge qu’au vu des documents présentés par Springer, il n’y avait aucune preuve des accusations portées.
Son dernier livre Parmi les perdants du meilleur des mondes (Éditions La Découverte), paru en France en mars 2010, reprend différentes enquêtes : toujours sous une fausse identité, Wallraff décrit, entre autres, le quotidien des SDF des grandes villes allemandes l’hiver, les conditions de travail des employés de centres d’appel dans une grande boulangerie industrielle, la privatisation de la Deutsche Bahn et son expérience dans la peau d’un noir…

03 mai 2010

La polémique provoquée par le film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb : des livres pour comprendre

Depuis la mi-avril 2010, la presse française (France 24, Paris Match, Le Point, Le Figaro, Mediapart...), la presse algérienne (El Watan, Le Quotidien d'Oran, L'Expression...) et de nombreux blogs (notamment ici et ) se sont fait l'écho d'une surprenante polémique à propos du film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, présenté dans le cadre de la sélection officielle au Festival de Cannes et qui sera sur les écrans en septembre 2010. À l'origine de la polémique, la campagne engagée par le député UMP des Alpes-Maritimes Lionnel Luca contre ce film, qu'il n'a pas vu, mais dont il a estimé (dans une déclaration à l'AFP du 22 avril), à la seule lecture de son scénario, qu'il était inspiré par un « esprit négatif et négationniste » et que « Bouchareb est un partisan, [...] un irresponsable qui met le feu aux poudres de manière insupportable ». Non sans menacer : « Ça ne va pas se passer comme ça. » Parmi les principaux reproches formulés par le député (et repris le 29 avril par le député UMP de Béziers, Élie Aboud), la façon dont le film rend compte des terribles massacres perpétrés en Algérie en mai et juin 1945 - au prix de plus de 10 000 morts - par l'armée française et des milices coloniales à Sétif, Guelma, Kherrata et dans plusieurs localités du Nord-Constantinois. Opérées en représailles à l'assassinat de 103 colons européens par des paysans algériens révoltés par la violente répression de la manifestation nationaliste du 8 mai 1945 à Sétif, ces tueries ont longtemps été effacées de l'histoire officielle de la République française. Il a fallu attendre le 27 février 2005 pour que la France reconnaisse, par un discours à Sétif de son ambassadeur en Algérie, Hubert Colin de Verdière, qu'il s'agissait d'une « tragédie inexcusable ». Reconnaissance répétée en avril 2008 par son successeur Bernard Bajolet, qui a évoqué à Guelma ces « épouvantables massacres » et la « très lourde responsabilité des autorités françaises de l'époque dans ce déchaînement de folie meurtrière », soulignant que ces événements « ont fait insulte aux principes fondateurs de la République française et marqué son histoire d'une tache indélébile » : « Aussi durs que soient les faits, la France n'entend pas, n'entend plus, les occulter. Le temps de la dénégation est terminé. » Malgré ces déclarations officielles sans ambigüité, il se trouve donc encore aujourd'hui des responsables politiques français, nostalgiques de l'Algérie française, pour tenter de prolonger le « temps de la dénégation ». C'est pourquoi, pour comprendre les enjeux de la polémique déclenchée par le film de Rachid Bouchareb, il faut, 65 ans après les faits, en revenir à leur histoire, que l'on pourra découvrir à travers cinq livres importants que nous avons publiés ces dernières années : * Yves Benot, Massacres coloniaux. 1944-1950 : la IVe République et la mise au pas des colonies françaises, La Découverte, 1994 (édition de poche : 2001). * Boucif Mekhaled, Chroniques d'un massacre. 8 mai 1945 : Sétif, Guelma, Kherrata, Syros, 1995. * Annie Rey-Goldzeiguer, Aux origines de la guerre d'Algérie, 1940-1945. De Mers-El-Kébir aux massacres du Nord-Constantinois, La Découverte, 2001 (édition de poche : 2006). * Marcel Reggui, Les Massacres de Guelma. Algérie, mai 1945 : une enquête inédite sur la furie des milices coloniales, La Découverte, 2006 (édition de poche : 2008). * Jean-Pierre Peyroulou, Guelma, 1945. Une subversion française dans l'Algérie coloniale, La Découverte, 2009. Sans oublier le témoignage majeur de l'historien et militant Mohammed Harbi, qui relate dans le premier tome de ses mémoires l'épopée de la Fédération de France du FLN pendant la guerre de libération algérienne, au cœur du film Hors-la-loi : Mohammed Harbi, Une vie debout. Mémoires politiques, tome 1 : 1945-1962, La Découverte, 2001. Ainsi que les ouvrages de référence de l'historien Benjamin Stora : * Histoire de la guerre d'Algérie (1954-1962), La Découverte, coll. « Repères », 1991. * La Gangrène et l'oubli. La mémoire de la guerre d'Algérie, La Découverte, 1991 (édition de poche : 1998).

 

La polémique continue. Pour en savoir plus, vous pouvez lire l'article du site lemonde.fr : "

Le film "Hors-la-loi" de Rachid Bouchareb : les guerres de mémoires sont de retour, par Yasmina Adi, Didier Daeninckx...
01 octobre 2009

Déchiffrer la société française

Un ouvrage de référence de Louis Maurin
Après Déchiffrer l'économie de Denis Clerc, découvrez Déchiffer la société française, un ouvrage de référence de Louis Maurin.

Pourquoi les Français font-ils plus d'enfants que leurs voisins européens ? Les inégalités de revenu augmentent-elles ? Le niveau scolaire baisse-t-il ? Les citoyens se désintéressent-ils vraiment de la politique ? Déchiffrer la société française vise à répondre aux questions que chacun se pose dans un monde en mouvement. Il s'agit bien de déchiffrer la société, d'en dresser un état des lieux à travers les principales données actuelles et les grandes tendances historiques, mais aussi de rendre plus lisible son fonctionnement.


En quinze chapitres, Louis Maurin présente et analyse ces évolutions avec une grande clarté. La société, vue sous tous les angles : le dynamisme démographique, les métamorphoses de la famille, les rapports hommes-femmes, la place des immigrés, l'éducation, le travail et le chômage, les niveaux de vie et les inégalités, les milieux sociaux, la consommation, l'information et les loisirs, le cadre de vie, la santé et la sexualité, l'insécurité et, enfin, les valeurs, ce terreau commun qui unit la population. Sans exagérer ni dramatiser les phénomènes pour les rendre plus « vendeurs ». Notre société change. Pour le pire, mais aussi pour le meilleur. Elle change lentement, en nuances.


Ce livre montre à quel point un fossé s'est creusé entre les représentations les plus courantes et la réalité sociale de notre pays. Non, la France n'est pas marquée par l'explosion de la fracture sociale. Oui, la façon dont l'école est faite profite de façon scandaleuse aux enfants des couches sociales favorisées. La société française est à des années-lumière de celle, pessimiste et repliée sur elle-même, que l'on décrit parfois. Les individus revendiquent de plus en plus d'autonomie. Mais le partage doit être plus juste et la liberté, ne pas consacrer la loi du plus fort.

Déchifffer la société française, Préface de Denis Clerc, 368 p., 18,50 euros.

Consultez également le site du livre, le site de l'Observatoire des inégalités et le site de la revue Alternatives économiques.
07 septembre 2009

Vingt ans après l’« affaire des foulards » de Creil : à lire sur le site de la LDH-Toulon

Le 5 septembre 2009, le site de la Ligue des droits de l'homme de Toulon a judicieusement mis en ligne le chapitre du livre de Thomas Deltombe que nous avons publié en 2005, L'Islam imaginaire, consacré à la fameuse « affaire des foulards » de Creil, avec la présentation suivante.

Vous rappelez-vous le délire médiatico-politique qui s'est emparé de la France il y a vingt ans lors de la première « affaire des foulards » ? En septembre 1989, six mois après l'affaire Rushdie, l'islam en France est passé, à la télévision, du statut de sujet périphérique, d'un intérêt secondaire et passager, à un sujet central au coeur de la société française. La stigmatisation maladive d'une « communauté musulmane » décrite comme un bloc homogène et l'incroyable hystérie politico-médiatique autour de trois malheureux « tchadors » dans un collège de Creil témoignent d'une profonde crise identitaire : les élites françaises expriment avec violence leur refus de reconnaître les réalités d'une France « postcoloniale », à laquelle appartiennent pourtant pleinement les jeunes Françaises et Français « issu(e)s de l'immigration ».

Dans un ouvrage publié en 2005, intitulé L'Islam imaginaire. La construction médiatique de l'islamophobie en France, 1975-2005, Thomas Deltombe montrait comment le petit écran a progressivement fabriqué un « islam imaginaire », sous l'effet conjoint de la course à l'audience et d'une idéologie pernicieuse de stigmatisation de l'« Autre » musulman.

A l'occasion du vingtième anniversaire de ces événements, nous en reprenons le chapitre 5, intitulé « 1989, la guerre des "tchadors" », qui constitue une analyse remarquable des délires de l'époque. Et dont la lecture révèle à quel point ceux-ci se sont, hélas, complètement banalisés aujourd'hui. Étant donné la longueur du texte, il est présenté en trois parties :
  1. Naissance de l'affaire
  2. L'hystérie médiatico-politique
  3. Le triomphe de l'extrême droite.

23 février 2009

Les Éditions La Découverte et la Scelf

Première édition du Marché des droits Audiovisuels
Les Éditions La Découverte participeront  à la première édition du Marché des droits Audiovisuels instauré par la Scelf (Société Civile des Editeurs de Langue Française).

Ce marché entièrement dédié aux professionnels a pour but  de faire se rencontrer représentants de l'édition et du cinéma, le 18 mars prochain dans l'enceinte du Salon du Livre de Paris.

Un catalogue de 180 ouvrages, venant de 50 maisons d'édition, sera mis à disposition d'une centaine de producteurs en vue de futures adaptations audiovisuelles.


Les Editions La Découverte présenteront  deux nouveautés issues de la collection Les empêcheurs de penser en rond :  "Des hommes à la peine" de Marie-José Hubaud et "La dernière marche de l'empire" de Sophie Caratini.
D'autres ouvrages hors catalogue seront également soumis à proposition, comme "J'étais un chef de gang" de Lamence Madzou.


Plus d'informations disponibles sur le site de la Scelf
13 janvier 2009

Un livre du souvenir

Extraits des nouveautés de janvier 2009
De ceux qui ont péri pendant la Shoah, les descendants des familles de survivants savent en général peu de choses. C'est ce qui a conduit Françoise Milewski, une enfant d'immigrés juifs polonais née en France en 1947, à entreprendre une recherche sur sa famille, avec un double objectif : transmettre à la troisième génération, celle de ses enfants, l'histoire familiale en Pologne pour en préserver la mémoire ; redonner une identité aux victimes, afin qu'ils ne restent pas sans traces pour leurs descendants.
 Dans ce livre, illustré de plus de quatre-vingts photos et documents, l'auteure raconte son enquête en Pologne même, mais aussi dans les archives allemandes, israéliennes, françaises et américaines pour transmettre une mémoire d'événements qu'elle n'a pas vécus et recréer le lien brisé.
Retraçant l'aiguille et le fil de la recherche d'une famille juive décimée, elle restitue les « éclats de vies » des disparus, le quotidien des shtetlekh (les bourgades juives) en Pologne avant la guerre, les itinéraires de ceux qui ont péri et de ceux qui ont été sauvés, la vie quotidienne des survivants en France dans l'après-guerre.
C'est le livre du souvenir d'une famille, à l'image de ceux écrits après la guerre par les rescapés pour sauver leurs bourgades de l'oubli.


Un site Web, www.unlivredusouvenir.fr, prolonge cet ouvrage : il décrit les méthodes employées pour effectuer les recherches, fournit des repères historiques pour situer les histoires familiales dans l'Histoire et présente les documents réunis dans cette enquête.

Un livre du souvenir
Françoise Milewski
320 p., 22 €


Pour découvrir cet ouvrage, téléchargez les premières pages en cliquant ici

 
09 janvier 2009

Un livre du souvenir

Un site pour accompagner le livre
Un livre du souvenir, l'ouvrage de Françoise Milewski sort aujourd'hui en librairie. Ce livre retrace son histoire familiale avant, pendant et après la Shoah ainsi que la longue enquête qui a permis de la reconstituer.

Un site Web associé, www.unlivredusouvenir.fr, prolonge cet ouvrage et présente toutes les images (documents, cartes, photos...) liées au livre, ainsi que de multiples compléments d'informations.

Il décrit les méthodes employées pour effectuer les recherches, fournit des repères historiques pour situer les histoires familiales dans l'Histoire et présente les documents réunis dans cette enquête.

Un projet éditorial conçu et pensé dans sa complémentarité : un livre, un site.

 

" De ceux qui ont péri pendant la Shoah, les descendants des familles de survivants savent en général peu de choses. C'est ce qui a conduit Françoise Milewski, une enfant d'immigrés juifs polonais née en France en 1947, à entreprendre une recherche sur sa famille, avec un double objectif : transmettre à la troisième génération, celle de ses enfants, l'histoire familiale en Pologne et en France pour en préserver la mémoire ; redonner une identité aux victimes, afin qu'elles ne restent pas sans trace pour leurs descendants. Ce site a une double vocation : il se veut d'une part un important complément iconographique et intellectuel pour les lecteurs du livre de Françoise Milewski qui veulent en savoir plus, à la fois sur la vie et les parcours des Milewski et des Ryfman, et sur le contexte historique dans lequel ces vies se sont déroulées. D'autre part, il constitue un guide pratique et une introduction incontournables pour toute personne qui souhaite entreprendre des recherches de cet ordre. On trouvera en effet ici une multitude de repères historiques nécessaires pour situer les histoires familiales dans l'Histoire, ainsi que des centaines de documents (parfois rendus infiniment précieux par leur rareté ou par la difficulté à les dénicher) rassemblés par l'auteure au cours de ses années d'enquête. Ce site décrit aussi les méthodes employées pour effectuer les recherches et fournit une illustration de ce que l'on peut trouver, à force de ténacité et avec les bons outils. Les plus importants de ces outils sont tous décrits ici. En ce sens, ce site est probablement une des ressources en ligne les plus complètes disponible à ce jour en français." Les éditeurs du site
19 novembre 2008

Alex MacLean

L'auteur de Over est en France
Alex MacLean, fondateur de l'agence Landslides et auteur de l'ouvrage Over paru au mois d'octobre, sera en France au début du mois de décembre.

De nombreuses rencontres et conférences sont organisées :

Librairie Mollat à Bordeaux le 04 décembre à 18h00
Pour en savoir plus

* Sciences Po à Paris le 05 décembre à 10h30
Pour en savoir plus

* Librairie L'arbre à lettres Bastille à Paris le 05 décembre à 18h30
Pour en savoir plus

* Librairie Sauramps à Montpellier le 06 décembre à 15h30
Pour en savoir plus

* Librairie Le Genre urbain à Paris le 09 décembre à 18h30
Pour en savoir plus

Vous pouvez voir quelques- unes des magnigfiques photos du livre d'Alex MacLean, Over, sur le site de Télérama
Pour voir le portfolio, cliquez ici

Over a été élu par la magazine Lire parmi les vingt meilleurs livres de l'année 2008 (catégorie "Beaux livres").
Pour en savoir plus

 
31 octobre 2008

90e anniversaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale

À l'occasion des commémorations autour du 11 novembre 1918, nous vous proposons une petite sélection d'ouvrages sur la Grande Guerre :

* Obéir / Désobéir. Les mutineries de 1917 en perspective
André Loez, Nicolas Mariot (dir.)
448 p., 28 €

Ce livre important reprend le dossier des mutineries et de l'obéissance durant la Grande Guerre, en prolongeant ses analyses jusqu'aux conflits les plus récents.

 

* Frontière d'Empire, du Nord à l'Est. Soldats coloniaux et immigrations des Suds
Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Ahmed Boubeker et Éric Deroo (dir.)
260p., 49 €

50 auteurs, 500 documents et photographies inédits accompagnent ce voyage dans l'histoire de la présence des Suds, des troupes coloniales et des migrations issues des outre-mers du Nord à l'Est de la France, de Lille à Strasbourg, de 1870 à aujourd'hui.  

 

* Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914-1918
574 p., 13 €

En 1914, Louis Barthas a trente-cinq ans. Tonnelier dans son village de l'Aube - Peyriac-Minervois -, il est mobilisé au 280e d'infanterie basé à Narbonne. Au front, Barthas note tout ce qu'il voit, tout ce qu'il ressent. De retour chez lui, survivant, il va rédiger au propre son journal de guerre, à l'encre violette, sur dix-neuf cahiers d'écolier.

 

* Les enfants du deuil
Olivier Faron
348 p., 25 €

Les souvenirs des orphelins, des plus célèbres comme Albert Camus ou Jean-Louis Barrault jusqu'aux plus obscurs que l'auteur a pu rencontrer, permettent de montrer, au-delà de la douleur, que la perte du père a durablement structuré l'identité morale et politique de ces générations endeuillées. Glissant inexorablement du pacifisme des années trente au ralliement au maréchal Pétain, les pupilles permettent d'approcher la complexité de la société française de l'entre-deux-guerres.  

 

* Vrai et faux dans la Grande Guerre
Christophe Prochasso, Anne Rasmussen
360 p., 25 €

Cette contribution à l'histoire de la « culture de guerre » propose une relecture de la Première Guerre mondiale, à la lumière des catégories de « vrai » et de « faux », ébranlées par l'état de guerre. Une analyse précise et originale du régime de vérité en temps de guerre.  

 
02 septembre 2008

Inauguration du 104 rue d'Aubervilliers

le 11 octobre 2008
Le 11 octobre prochain, un lieu de création et de production artistique ouvrira ses portes à Paris dans les locaux du 104, de la rue d'Aubervilliers, réhabilités pour cette nouvelle fonction.

On sait moins que, de 1874 à 1996, cette véritable cathédrale industrielle a abrité le service des Pompes funèbres de la ville de Paris. C'est là, dans un des quartiers les plus populaires de la capitale, à deux pas du bassin de La Villette, que les cercueils étaient fabriqués, les corbillards aménagés, les énormes tentures noires cousues, les funérailles planifiées. C'est d'ici que les croque-morts partaient chaque matin assurer des dizaines d'enterrements. C'est tout un monde de métiers les plus divers qui s'affairaient pour aider à accompagner les Parisiens dans leur ultime voyage.

Dans un ouvrage, illustré de nombreux documents originaux et parfois surprenants, les auteurs, Bruno Bertherat et Christian Chevandier, racontent l'histoire de la mort à Paris : ses causes, bien sûr, mais aussi la grande diversité des pratiques funéraires qui en disent long sur l'état des rapports sociaux dans la capitale.

Ils décrivent l'activité quotidienne des Pompes funèbres, le fonctionnement de la « machine » du 104, mais aussi la vie des hommes et des femmes qui y ont travaillé, et dressent la géographie de la mort dans la capitale. Ils montrent notamment comment ce service municipal a su, tout au long de ces décennies, adapter son activité aux transformations du rapport de la société et des individus à la mort.

Paris, dernier voyage
Histoire des Pompes funèbres

Bruno Berthelat, Christian Chevandier
Préface de Bertrand Delanoë
Postface de Pascal Ory
200 p., 29,90 €

En librairie le 18 septembre
28 août 2008

Immigration : fantasmes et réalités

Pour une alternative à la fermeture des frontières
L'idée de ce livre est partie d'un double constat : la référence au respect des droits de l'homme ne suffit pas, ou ne suffit plus, pour remettre en cause les politiques migratoires qui leur portent atteinte. Par ailleurs, beaucoup de contre-vérités circulent sur la question des migrations (« l'immigration pèse sur le budget national », « il faut privilégier l'immigration choisie contre l'immigration subie », « l'aide au développement peut interrompre les flux d'émigration », « la lutte contre l'immigration clandestine favorise l'intégration des migrants installés »...). Elles traduisent une grande méconnaissance de la réalité de l'immigration et de la politique migratoire menée en France par la droite comme par la gauche depuis une trentaine d'années, et plus encore de celle qui est déjà mise en place et qui se profile au plan européen.
Face aux fantasmes et aux mensonges, l'ouvrage a pour objectif de poser les bonnes questions, d'analyser les conséquences des politiques menées et de démonter les solutions hâtives, afin de montrer la réalité des situations et de susciter le débat. Il s'adresse aux personnes qui doutent, ébranlées par les discours sécuritaires ou économistes, bien qu'attachées aux principes. Il suggère qu'une politique alternative à la fermeture des frontières n'est pas forcément irréaliste ou utopique.

Immigration : fantasmes et réalités
Pour une alternative à la fermeture des frontières

Claire Rodier, Emmanuel Terray (dir.) 

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À paraître le 2 octobre 2008
28 août 2008

Petit bréviaire des idées reçues en management

Un bénéfice est-il le signe de la bonne santé de l'entreprise ? Le marketing répond-il aux besoins des consommateurs ? Les femmes vont-elles réellement accéder aux postes de direction ? L'état doit-il être géré comme une entreprise ? La stratégie est-elle uniquement l'affaire des dirigeants ?

Les discours managériaux - et les méthodes qui leur sont associées - se propagent dans les entreprises, les administrations, les associations et la société tout entière sans réel débat. D'un coté, des déclarations enthousiastes sur le management ; de l'autre, un jugement acerbe sur ses effets négatifs (stress, harcèlement ou encore suicide...). Face à ce dilemme, cet ouvrage porte un regard technicien et critique sur le management, non pour en prendre la défense ou le vouer aux gémonies, mais pour en identifier et en évaluer les ressorts profonds. Avec pédagogie, il confronte les certitudes managériales aux faits et aux théories, afin de susciter le débat autour d'enjeux politiques et sociaux trop souvent éludés. Ce livre incisif et éclairant s'adresse à tous ceux - salariés du privé et du public, étudiants, syndicalistes, enseignants, militants - qui souhaitent réfléchir et dépasser les assertions des managers, consultants, politiques et autres experts, et de donner des clés de compréhension et de réflexion face à des discours volontairement abscons...

Petit bréviaire des idées reçues en management
CriM

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À paraître le 16 octobre 2008
24 juillet 2008

Nouvelle formule pour L'état du monde 2009

L’ouvrage phare des relations internationales depuis son lancement 1981 devient un livre à lire de bout en bout pour décrypter l’évolution de la planète, tandis que le site (accessible pendant 1 an à tout acheteur du livre grâce à un code personnel) continue d’offrir toutes les données complémentaires jusque-là présentes dans le livre : bilans annuels et fiches signalétiques pour chaque état de la planète, tableaux statistiques, chronologies thématiques et continentales, etc.

L’état du monde 2009 (livre) scrute les mutations géopolitiques, économiques, diplomatiques, mais aussi démographiques ou technologiques au travers de 50 articles incisifs, permettant aux lecteurs de rapprocher et de resituer dans un contexte global des phénomènes très divers.
Il n’y pas loin, en effet, de la crise bancaire mondiale à la consolidation de la puissance financière asiatique ; du crépuscule du néoconservatisme américain à l’influence iranienne au Moyen-Orient ; des inégalités de développement en Chine au réchauffement climatique ; de la crise des organisations internationales à celle du Darfour ; de la politique anti-terroriste à la politique migratoire ; des apprentis big brothers (Google, Facebook, etc.) aux small brothers que sont les nouvelles puces électroniques…
Ces 50 analyses, traitées par les meilleurs spécialistes et couvrant toutes les disciplines liées à l’international, sont désormais introduites par un long article fresque de Bertrand Badie, donnant la tonalité de l’année.
Des portraits biographiques (Ban Ki-moon, Lakshmi Mittal, Valdimir Poutine…) font leur apparition dans le livre, ainsi que des synthèses sur les ouvrages les plus importants parus au cours de l’année pour permettre aux étudiants de suivre également l’actualité de la recherche.

Sommaire du livre

Introduction de Bertrand Badie
I. Les nouvelles relations internationales
II. Questions économiques et sociales
III. Sociétés et développement humain
IV. Environnement et nouvelles technologies
V. Enjeux régionaux

Le pari de la complémentarité

À portée de clic, L’encyclopédie de l’état du monde met à la disposition des acheteurs du livre non seulement les données factuelles de l’année, mais aussi 28 ans d’archives de L’état du monde, ainsi que les articles du Dictionnaire géopolitique et historique du XXe siècle et ceux du Nouvel état du monde (parus à La Découverte). L’ensemble constitue une base documentaire unique (plus de 8 000 articles, 10 000 liens, 40 000 données statistiques…).
C’est à la fois un outil pédagogique indispensable aux lycéens, aux étudiants et aux enseignants et une source d’information irremplaçable pour le grand public.
Le livre devient ainsi le « roman vrai de l’actualité mondiale » (non plus à consulter mais à lire de bout en bout), tandis que le site confirme sa vocation de base de données, complète, fiable et interprétée, sans équivalent sur Internet.

L’état du monde 2009 (livre) et le site, intégrant les contenus de l’année 2007-2008, seront accessibles simultanément en septembre 2008. Un code d’accès personnel et une notice donnant le mode d’emploi du site seront joints au livre (le tout sous blister).


Pour en savoir plus sur L'Encyclopédie de l'état du monde, téléchargez la plaquette descriptive ici


En librairie le 25 septembre 2008
18 juillet 2008

Les guerres de mémoires

La France et son histoire
Depuis la fin des années 1990, on a vu se durcir en France une « guerre de mémoires » autour de l’histoire coloniale et, en particulier, celle de l’Algérie ou celle de l’esclavage. Les différents protagonistes ont largement mobilisé les médias, anciens et nouveaux, saturant parfois l’espace public au point de donner le sentiment d’un débat d’une ampleur sans précédent.
Et pourtant, on oublie trop souvent que le XXe siècle a été, génération après génération, une longue suite de conflits mémoriels. Comme si, sur les questions essentielles, les « guerres de mémoires » étaient en France le moyen de faire entrer le passé dans le présent. C’est ce que montre cet ouvrage, réunissant des contributions très accessibles des meilleurs historiens, politologues ou sociologues.
Dans une première partie, ils rappellent les affrontements de mémoires des grands moments qui ont marqué le dernier siècle, de l’affaire Dreyfus à l’histoire coloniale, en passant par la Grande Guerre, Vichy ou Mai 68.
Et, dans une seconde partie, ils évoquent le rôle majeur joué dans ces controverses par les différents médias, du livre aux commémorations, du cinéma à Internet, de la télévision à l’école, des archives aux manuels scolaires, des lois mémorielles aux monuments…
Les auteurs répondent ainsi à des questions majeures, grâce à une mise en perspective historique qui les éclaire d’un jour nouveau : comment les « guerres de mémoires » se sont-elles transformées en enjeux de communication ? Quelles sont les spécificités de ces débats en fonction des canaux qu’ils mobilisent et en quoi ceux-ci in-fluencent-ils leurs enjeux ? En quoi les conflits mémoriels contribuent-ils à l’élaboration de l’identité nationale ?

Les guerres de mémoires
La France et son histoire
Pascal Blanchard, Isabelle Veyrat-Masson (dir.) 

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À paraître le 25 septembre 2008
11 juillet 2008

Le travail du consommateur

Où trouver une main-d'œuvre abondante, motivée et gratuite pour émettre un billet de train, concevoir un nouveau shampooing ou dépanner une liaison Internet ? Une solution avantageuse consiste à faire travailler le consommateur.

La coproduction dans les services est avérée depuis longtemps. Pourtant, la sociologie s'est rarement intéressée à l'activité du consommateur. Comment faire travailler un consommateur alors qu'il n'est ni un professionnel ni un employé ? Peut-on organiser, prescrire et « manager » son activité ? Faut-il le former ? Que fait-il réellement ? Consent-il à travailler ? Peut-il résister ? Quelles sont les formes de coopération, de conflit et de régulation dans cette division du travail spécifique ?

Partant de situations quotidiennes dans des services marchands (transports, banque, distribution, loisirs, restauration, médias, culture, médecine, formation, etc.), l'auteure décrit le processus d'externalisation des tâches productives vers le consommateur.
Elle analyse les transformations du travail, des métiers et des rapports sociaux à l'œuvre dans des configurations organisationnelles où le marketing et les technologies jouent un rôle central. Un livre essentiel pour comprendre les transformations du capitalisme et de son esprit.

Le travail du consommateur
De Mac Do à E-Bay : comment nous coproduisons ce que nous achetons
Marie-Anne Dujarier

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À paraître le 28 août 2008
09 juillet 2008

Au nom du 11 septembre...

Les démocraties à l'épreuve de l'antiterrorisme
Depuis les années 1990, et surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001, la menace terroriste occupe une place essentielle dans les médias occidentaux. Les États-Unis et les États de l’Union européenne ont multiplié les initiatives pour y répondre : durcissement des législations, renforcement de la « coopération antiterroriste » internationale, mise en œuvre d’actions ouvertes ou clandestines violant souvent le droit international.
Et force est de constater que les effets de sidération produits par des attentats aussi spectaculaires que meurtriers ont largement inhibé l’attention critique de l’opinion face aux autres menaces que nombre de ces initiatives font peser sur le bon fonctionnement et la sécurité des démocraties.


C’est de ce constat qu’est né ce livre collectif, destiné à un public large. Il réunit les contributions de plus d’une trentaine de spécialistes européens – universitaires (dont plusieurs sont membres du programme de recherche « Changing Landscape of European Liberty and Security », conduit depuis 2004 par un réseau de centres de recherche européens) et journalistes.

Ce livre a pour objet premier de proposer – sous une forme très accessible – un ensemble inédit d’informations et d’analyses montrant à quel point la lutte antiterroriste est devenue centrale dans la nouvelle géopolitique mondiale et la vie politique des États démocratiques. Il permet de comprendre pourquoi les logiques d’action des acteurs étatiques en charge de cette lutte (législateurs, justice, services de police et de renseignements) sont trop souvent porteuses de graves menaces contre la liberté et la sécurité des populations qu’ils affirment vouloir protéger. On découvrira ainsi les méthodes qui, au nom de l’efficacité, légitiment les violations des droits humains au risque de saper les fondements du « vivre ensemble ».
Et comment ces « dérives de la démocratie » s’accompagnent d’opérations de manipulations et de désinformation destinées à neutraliser les contre-pouvoirs essentiels pour assurer le respect des valeurs de la démocratie.

Au nom du 11 septembre...
Les démocraties à l'épreuve de l'antiterrorisme

Didier Bigo, Laurent Bonelli, Thomas Deltombe (dir.)

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À paraître le 11 septembre 2008
27 septembre 2007

Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine

" Depuis la publication du Choc des civilisations dans le magazine Foreign Affairs en 1993, aucun essai universitaire n'avait autant défrayé la chronique. "
Michael Massing, New York Review of Books

 

" Il se pourrait que l'analyse réaliste que Mearsheimer et Walt présentent de façon si pertinente [...] mette en branle un utile changement de paradigme dans la politique américaine au Proche-Orient ".
L. Carl Brown, Foreign Affairs

 

* Présentation du livre

* Présentation des auteurs

* De l'article au livre : histoire d'une polémique

* Téléchargez l'avant-propos et l'introduction de l'ouvrage

* Regardez la vidéo du débat organisé par London Review of Books

L'ǝnvers des faits : Une nouvelle collection en sciences humaines

Plus que jamais, les sciences sociales doivent jouer leur rôle de « poil à gratter », qui les rend si fécondes. Contre l'essayisme et l'académisme, il y a aujourd'hui urgence à défendre une certaine idée des sciences sociales qui allie créativité et combativité, imagination et vigilance sociologiques. En proposant des travaux originaux fondés sur des données ethnographiques, statistiques ou archivistiques, « L'envers des faits » entend éclairer les grands débats contemporains pour remettre à l'endroit des réalités sociales trop souvent pensées à l'ǝnvers.

  La collection, dirigée par Stéphane Beaud, Paul Pasquali et Fabien Truong, privilégie le croisement des méthodes et des récits, la richesse et la diversité des matériaux recueillis, l'inventivité des questionnements, la capacité à investir autrement des terrains connus ou à entrer de plain-pied dans ceux qui le sont moins. Elle met à l'honneur des enquêtes de première main, à la fois exigeantes et réflexives, aux résultats solides et accessibles.

  Penser l'ǝnvers des faits, c'est donner à voir les ressorts les mieux dissimulés du monde social, en restituant toute son épaisseur humaine. C'est revisiter ces faits qui semblent déjà « tout faits » pour aller à rebours des représentations ordinaires. C'est, en définitive, une invitation à pénétrer dans l'envers du décor de l'enquête. Là où se font et se défont, pas à pas, les hypothèses, les traces, les preuves.

 

  Premier titre à ouvrir cette collection : Jeunesses françaises de Fabien Truong

 

Ancien prof de lycée du « 9-3 », Fabien Truong a accompagné sur dix ans – des émeutes de 2005 à la tragédie Charlie Hebdo  –  une vingtaine d’anciens élèves après leur bac.

Tour à tour prof, enquêteur, témoin et confident, il dresse ici le portrait tout en finesse de la jeunesse des banlieues populaires.


Loin des clichés médiatiques, du fatalisme politique et du catastrophisme de la « désintégration sociale », Jeunesses françaises montre comment s’opère au quotidien sa dilution dans la société française.

 

 

Découvrez un entretien avec l'auteur

  


Programme Yuri Slezkine

Les Belles Etrangères 2009

Mardi 10 Novembre - 19h30
Librairie du Globe
67 boulevard Beaumarchais
75003 Paris
Rencontre présentée par François Deweer
www.librairieduglobe.com

Jeudi 12 Novembre - 19h
Médiathèque Diois-Vercors
2, Avenue de la Division du Texas
26150 Die
Rencontre présentée par Harold David
http://mediatheque.ladrome.fr

Vendredi 13 Nov - 20h
« Le Mot à la bouche »
19 côte des Chapeliers
26 000 Valence
Rencontre présentée par Harold David

Lundi 16 Novembre - 17h
École des Hautes Études en Sciences sociales
105 Boulevard Raspail
75006 Paris
Rencontre présentée par Annette Wieviorka et Alain Blum
www.ehess.fr/fr/

Mardi 17 Novembre - 19h30
Villa Gillet
25 rue Chazière
69004 Lyon
Rencontre présentée par Jean-Marie Durand
www.villagillet.net

Jeudi 19 Novembre – 17h
Librairie Ombres blanches
50, rue Gambetta
31000 Toulouse
www.ombres-blanches.fr

Vendredi 20 Novembre - 18h30
Le LiFE
Base sous-marine - Alvéole 14
Boulevard de la Légion d’honneur
44600 Saint-Nazaire
Table ronde « Se donner un genre » avec Percival Everett et Jan Sonnergaard présentée par Pascal Jourdana


Émeutes et répression en Tunisie

Depuis la dernière quinzaine de décembre, de violentes manifestations populaires dans plusieurs villes du pays, réprimées dans le sang à balles réelles, ont déjà fait plus d'une vingtaine de victimes.

Les éléments déclencheurs des émeutes en cours en Tunisie, toujours circonstanciels, ne sont que les révélateurs d'une situation devenue intolérable pour l'ensemble la population, sous le joug du général président Ben Ali depuis 1987. Corruption massive, censure, répression, le régime semble sous perfusion ces dernières années, avec le soutien tacite de la communauté internationale. Publié avec un fort retentissement il y a un peu plus d'un an, le document de Nicolas Beau et Catherine Graciet, La régente de Carthage, est, à ce jour, l'enquête la plus documentée sur la réalité de la corruption qui traverse tous les domaines d'activités en Tunisie, au seul profit des clans au pouvoir. C'est une clé fondamentale pour comprendre l'ampleur du soulèvement populaire en cours. Les relations du régime tunisien avec les différents gouvernements français ont été détaillées et pointées dans un livre antérieur du même Nicolas Beau, avec Jean-Pierre Tuquoi, devenu une référence depuis sa première publication il y a dix ans : Notre ami Ben Ali. Pour une analyse structurelle des mécanismes de domination et de « servitude volontaire » à l'œuvre dans l'exemple tunisien, on se reportera au remarquable essai de Béatrice Hibou : La force de l'obéissance.

 

Pour acheter La Régente de Carthage en version numérique (format epub), cliquez sur les liens vers nos revendeurs :

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 * fnac.com

 * arbrealettres.com À lire aussi l'article de François Gèze : Un témoignage inédit de Moncef Marzouki : « Même dans le désert, il faut semer »


Un « Repères » indispensable pour comprendre le rôle des agences de notation financières

Début mai 2010, la ministre Christine Lagarde a qualifié de « pousse au crime » les dégradations par l'agence de notation Standard and Poor's des « notes » des dettes publiques de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne, alors même qu'une aide de 110 milliards d'euros venait d'être octroyée à la Grèce par ses partenaires européens et le FMI. En effet, dès lors que les opérateurs sur les marchés financiers interprètent la notation des trois plus grandes agences (les deux autres étant Moody's et Fitch) comme une mesure fiable du risque, les dégradations ne sont plus seulement une information rendue publique, elles contribuent à faire advenir ce qu'elles annoncent.

Ces agences, qui sont aujourd'hui au cœur de l'actualité, existent depuis plus d'un siècle car elles répondent à une demande des investisseurs sur des marchés structurellement fragilisés par l'asymétrie d'information (l'agent, qui vend un titre pour se financer, connait mieux sa situation réelle, par conséquent le degré de risque de ce titre que celui qui l'acquiert). La crise asiatique de 1997-1998, le scandale Enron en 2001, la débâcle des subprimes de 2007-2008 et, désormais, la crise grecque ont révélé au grand public l'influence de la notation financière, suscitant des critiques qui vont crescendo et concernant :

- l'opacité des méthodes de notation : par exemple, comment noter un pays, alors qu'il est déjà difficile de noter une entreprise ?

- la forte concentration du secteur de la notation : faut-il créer de nouvelles agences, pourquoi pas publiques, pour casser la domination de cette activité par trois firmes ?

- les conflits d'intérêts apparus au sein des agences : est-il acceptable que ce soient les notés qui payent leurs notes ?

- l'incapacité chronique des agences à anticiper les dégradations brutales de solvabilité des emprunteurs (par exemple, peu de temps avant de faire faillite, Enron était bien noté) ;

- la tendance des agences à « surréagir » une fois les crises confirmées : comme on vient de le voir pour le Grèce, les dégradations contribuent à aggraver la situation.

S'explique ainsi une demande de régulation (transparence, codes de bonne conduite, etc.) de plus en plus forte. Pour en comprendre les enjeux, il faut bien sûr savoir comment fonctionnent réellement ces agences. C'est ce que permet le « Repères » très pédagogique de Norbert Gaillard, consultant pour la Banque mondiale, Les Agences de notation (février 2010), et dont on pourra prendre connaissance ici.

1848, La Révolution oubliée

Mercredi 30 juin à 19h30
La révolution de 1848 a mis fin à la monarchie de Juillet. Mais trois mois après cet immense espoir l’armée et les gardes mobiles ont brisé l’insurrection d’ouvriers et artisans parisiens barricadés dans l’est de la ville. Il y aura près de 10 000 morts.
Comment rendre compte d’un tel événement, aussi important que la Commune de Paris ?

Programme:

- Ouverture par Angelo Rinaldi de l’Académie française. 
- 1848 : récit à trois voix par Jean-Pierre Dumas, Hervé Dubourjal, Frédéric Révérend, acteurs et metteurs en scène. 
- Débat avec les historiens Maurizio Gribaudi, Michèle Riot-Sarcey, auteurs du livre 1848, la révolution oubliée et Luc Boltanski. 
- Conclusions par Olivier Besancenot.

À la Belle Étoile, 14 rue Saint-Just, 93210 Saint-Denis-La Plaine. Métro Porte de la Chapelle – 15 minutes à pied ou bus Église de la Plaine

Les nouveautés numériques du 14 avril

Notre catalogue numérique s'enrichit aujourd'hui de cinq nouveaux titres au format epub.

La décroissance, Denis BAYON, Fabrice FLIPO, François SCHNEIDER


Un livre sans équivalent, qui brise les malentendus et les préjugés les plus répandus sur la décroissance, et s'efforce de faire naître un débat sérieux et argumenté.

 

* Le nouveau gouvernement du monde, Georges CORM

Une analyse mordante des sources intellectuelles du pouvoir mondialisé et du néolibéralisme "mystique" qui a envahi les cours de millions d'étudiants en économie et gestion, futurs cadres militants de ce pouvoir et de leur capacité à bloquer les changements.

 

* Opération banlieues, Hacène BELMESSOUS

Derrière les grands discours, une autre politique se déploie discrètement : la préparation d'une guerre totale aux cités, transformées en véritables ghettos ethniques, chaudrons sociaux dont le « traitement » ne relèverait plus que de la force armée. Une enquête explosive au sein des nouveau dispositifs policiers et militaires.

 

* Histoire secrète du pétrole algérien, Hocine MALTI

Riche de détails inédits et d'expériences vécues, ce livre explique comment les dirigeants d'un des pays leaders du tiers monde ont mis à profit la manne pétrolière pour garnir leurs comptes en banque et acheter le silence des grandes démocraties - y compris la France - sur les dérives du régime.

 

* Pour un regard-monde, Armand MATTELART

Conjuguer théorie et pratique, passé et présent, dimension locale et dimension supranationale, l'histoire inscrite dans la pluralité des cultures, tels sont les point cardinaux de cet intellectuel hors norme, qui revient ici sur son parcours.

 

Pour acheter nos ouvrages en version numérique (format epub ou pdf), cliquez sur les liens vers nos revendeurs :

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Les nouveautés numériques du 16 juin 2011

Notre catalogue numérique s'enrichit aujourd'hui de six nouveaux titres au format epub.

* Le travail à coeur, Yves Clot
En se mobilisant pour redonner un sens moderne à la vieille notion de métier, tous les acteurs concernés peuvent « retourner » la situation dégradée de la santé au travail.

 

* Les gourous de la com'

Fruit d'une enquête de deux ans, ce livre dévoile qui sont, en France, ces « gourous de la communication », dont les plus influents, souvent issus de la politique, symbolisent l'étroite imbrication entre la sphère publique et le petit monde des affaires.

 

* L'histoire comme champ de bataille

À partir notamment d'un bilan de l'œuvre d'Eric Hobsbawm, miroir d'une école historique et d'une génération intellectuelle marquée par l'engagement politique, ce livre aborde d'autres grandes catégories interprétatives, tant anciennes (révolution, fascisme) que nouvelles (biopouvoir), pour mettre en lumière à la fois la fécondité et les limites de leurs apports ou de leurs métamorphoses.

 

* Mères sous influence

Comment est-on passé de la toute-puissance parentale à l'encadrement des parents par les professionnels de la santé et de l'éducation ? Un essai très original sur ces évolutions paradoxales et les mécanismes articulés autour de la question de l'autorité scientifique et morale.

 

* On bosse ici, on reste ici !

Fruit d'une enquête collective, réalisé à partir d'observations directes, de la collecte d'archives et de documents mais aussi d'une centaine d'entretiens, ce livre exceptionnel raconte au plus près les péripéties de ce mouvement, et en analyse les enjeux politiques, syndicaux et économiques.

 

 


Les nouveautés numériques du 12 mai

Notre catalogue numérique s'enrichit aujourd'hui de cinq nouveaux titres au format epub.

*  L'avenir des Humanités, Yves Citton

En choisissant de placer l'interprétation au centre dynamique de nos développements sociaux et au cœur de ce livre dense et percutant, Yves Citton renverse la perspective et révise notre imaginaire du savoir.

* Mon combat contre les empoisonneurs, André Aschieri

André Aschieri, ancien vice-président de l'AFSSET, dévoile la manière dont les lobbies industriels les plus puissants (chimie, biotechnologies, nucléaire...) s'organisent pour paralyser la prévention malgré la progression dévastatrice des maladies.

* Petite histoire de l'Afrique, Catherine Coquery-Vidrovitch

L'essentiel de l'histoire africaine, par l'une des meilleures spécialistes. Une remarquable synthèse et une invitation à la découverte d'une histoire prodigieusement diverse et encore méconnue.

* Sortir de la grande nuit, Achille Mbembe

Examinant en particulier le cas de la France, l'auteur analyse les paradoxes de la « postcolonialité » chez une ancienne puissance coloniale qui décolonisa sans s'auto-décoloniser. Écrit dans une langue tantôt sobre, tantôt incandescente et souvent poétique, cet essai constitue un texte essentiel de la pensée postcoloniale en langue française.

* Une stratégie altermondialiste, Gustave Massiah

Depuis les années 1990, le mouvement altermondialiste s'est imposé comme une des principales forces de transformation du monde. Mais si la crise globale de la mondialisation capitaliste a largement confirmé ses analyses, beaucoup s'interrogent désormais sur les perspectives d'un mouvement dont certains pensent qu'il doit trouver un « nouveau souffle ». D'où l'intérêt de ce livre, qui en montre à la fois les multiples facettes et propose des axes stratégiques pour son développement.

 

 

 

Les nouveautés numériques du 20 octobre 2011

Notre catalogue numérique s'enrichit aujourd'hui de sept nouveaux titres au format pdf.

 

* La presse en ligne, Jean-Marie Charon et Patrick Le Floch
Une synthèse de référence sur la profusion de l'offre éditoriale sur Internet.
 

* Le partage de la valeur ajoutée, Philippe Askenaz, Gilbert Cette, Arnaud Sylvain

Quel partage de la valeur ajoutée entre revenus du travail et revenus du capital pourrait être « optimal », par exemple pour dynamiser la croissance ?

 

* L'économie de la culture, Françoise Benhamou


Aucun domaine de l'économie culturelle n'échappe à l'emprise de l'économie. Ce livre fait le point sur les analyses économiques du spectacle vivant, des marchés de l'art, du patrimoine et des industries culturelles, en montrant comment se sont développées des grilles de lecture originales, qui empruntent à la théorie économique tout en forgeant de nouveaux outils.

 

* Économie du football professionnel, Bastien Drut


Une analyse rigoureuse, mais accessible au plus grand nombre, de l'économie du football professionnel, souvent baignée de mystère et de fantasmes.

 

* Les archives, Sophie Cœuré, Vincent Duclert

Que serait un pays sans mémoire ? Au cœur de la mémoire nationale, les archives en France ne sont pas seulement un symbole. Le terme désigne en effet à la fois les millions de documents produits ou reçus par les administrations, les entreprises, les associations, les individus, mais aussi les services publics et privés qui les collectent, les conservent et les communiquent, ainsi que les dépôts et les salles de lecture.

 

* Sociologie des troubles mentaux, Lise Demailly

Que peut apporter la sociologie à la connaissance des troubles mentaux (ou psychiques) et aux nombreuses questions qu'ils posent ? D'où vient l'augmentation de leur fréquence dans notre société ? Comment prévenir l'apparition de ces troubles et mieux les prendre en charge ? Comment impliquer la famille et les proches dans les soins ? etc. Une synthèse originale

 

* Travail et emploi des femmes, Margaret Maruani
Depuis les années 1960, en France comme partout en Europe, l'emploi féminin progresse à la manière d'une lame de fond. La féminisation du salariat et la montée en puissance du secteur tertiaire, les transformations du rapport à l'emploi et des comportements d'activité féminins, la réussite des femmes dans le système scolaire et universitaire constituent les principaux ingrédients de cette mutation. Les écarts de salaire faiblissent mais demeurent, les disparités de carrière perdurent, la ségrégation professionnelle reste dominante.  


Les nouveautés numériques du 08 mars 2012

Notre catalogue numérique s'enrichit de 7 titres : un au format e-pub et six au format PDF.

 

Au format e-pub :

* Beauté fatale, Mona Chollet
 

Comment les industries du « complexe mode-beauté » travaillent aujourd’hui à entretenir, sur un mode insidieux et séduisant, la logique sexiste au cœur de la sphère culturelle. Le corps féminin est sommé de devenir un produit, de se perfectionner pour mieux se vendre.

 

Au format PDF :

* L'économie des organisations, Claude Ménard

Qu'est-ce que l'économie des organisations ? En voici une synthèse soulevant de nouvelles approches.

 

* Sociologie du logement, Yankel Fijalkow
En mobilisant les nombreuses recherches de sciences sociales, une synthèse remarquable des enseignements d'un des meilleurs connaisseurs contemporains du logement, de l'habitat et du monde urbain.

 
* Le management de projet, Gilles Garel

Cette synthèse accessible et rigoureuse propose un bilan des connaissances sur le phénomène du management de projet qui transforme en profondeur les pratiques et les performances des entreprises.

 

* Sociologie des syndicats, Dominique Andolfatto, Dominique Labbé

Troisième édition de ce livre de référence éclaire les fonctions économiques et sociales du syndicalisme français et en décrypte le paysage, en perpétuelle évolution.

 

* L'état des entreprises 2012, Dauphine Recherches en Management

Un regard pluriel et synthétique sur le monde des entreprises qui met l’accent sur les grands enjeux et tendances en cours.

 

* La sociologie économique, Philippe Steiner

La sociologie économique fait partie des domaines novateurs de la sociologie contemporaine. Puisant dans les acquis des fondateurs de la sociologie au début du xxe siècle, elle bénéficie aussi de résultats plus récents, comme ceux de l'analyse structurale et de la sociologie des dispositifs marchands pour montrer la pertinence et la nécessité d'une approche sociologique des phénomènes économiques.


Les nouveautés numériques du 07 juin 2012

Notre catalogue numérique s'enrichit de 12 titres au format e-pub.

 

* L'intelligence sociale en danger, Michel Chauvière

Notre héritage juridique, institutionnel, professionnel et cognitif, loin d’être la cause d’inutiles dépenses publiques et d’un assistanat chronique, constitue une ressource incontournable pour apporter une réponse solidaire et globale à la question sociale, qui nous interpelle tous.

 

* La décroissance, Denis Bayon, Fabrice Flipo, François Schneider

Un livre sans équivalent, qui brise les malentendus et les préjugés les plus répandus sur la décroissance, et s'efforce de faire naître un débat sérieux et argumenté.

 

* La sale guerre, Habib Souaïda

Ancien parachutiste dans les forces spéciales de l'armée algérienne, Habib Souaïdia apporte dans ce livre le premier témoignage, à visage découvert, d'un officier ayant vécu au jour le jour la « sale guerre» qui a déchiré son pays à partir 1992. Il raconte ce qu'il a vu : la torture, les exécutions sommaires, les manipulations, les assassinats de civils. Et, surtout, il lève le voile sur l'un des tabous les mieux gardés du drame algérien : le fonctionnement interne de l'armée. Ce témoignage exceptionnel, qui a connu un retentissement considérable lors de sa première publication en 2001, demeure un document historique sans équivalent.

 

* Le 17 octobre des Algériens, Marcel et Paulette Péju

Ce texte inédit, précédé d'une grande introduction, explique la logique implacable d’un événement qui correspond aux derniers feux de la folie coloniale. Le massacre d'Algériens par la police parisienne le 17 octobre 1961, longtemps occulté, marque la fin et le paroxysme d’un épisode où la France s’est écartée des principes hérités des plus grands moments de son histoire.

 

* Le capitalisme en 10 leçons, Michel Husson, Charb

Au fil d’une dizaine de chapitres clairs et pédagogiques illustrés par Charb, Michel Husson propose un petit cours d’économie critique, résolument à contre-courant de l’idéologie dominante.

 

* Le Liban contemporain, Georges Corm

L’histoire du Liban contemporain, ce petit pays clé du Moyen-Orient objet des convoitises des puissances régionales et internationales depuis trois siècles, est mal connue. Elle a trop souvent été écrite en fonction de la géopolitique internationale, interdisant ainsi de cerner la réalité complexe de cette société, marquée par l’interpénétration de l’islam et du christianisme depuis treize siècles.

 

* Le scandale des biens mal acquis, Xavier Harel, Thomas Hofnung

Après moult péripéties judiciaires, la Cour de cassation a autorisé, fin 2010, l'ouverture d'une enquête inédite sur les fortunes accumulées en France par les présidents du Gabon, du Congo-Brazzaville et de la Guinée équatoriale. Les journalistes Xavier Harel et Thomas Hofnung dévoilent dans ce livre les dessous de ce scandale majeur. Ils expliquent pourquoi l'affaire des BMA pourrait faire trembler les fondements de la République.

 

* Les rémunérations obscènes, Philippe Steiner

Cet essai vif et documenté met à jour l'ampleur des rémunérations obscènes en France. Contre les économistes qui prétendent les justifier au prix de contorsions sur le thème de la concurrence, il s'intéresse aux réactions de l'opinion publique et aux réactions « morales » comme ferment d'une force politique de contestation. Une question centrale dans la future campagne électorale.

 

* Les secrets du vivant, Michel Morange
 

Le décryptage du génome humain n'a pas levé le secret sur nos origines et notre devenir : voici pourquoi la complexité et la multiplicité demeurent nécessaires à toute avancée scientifique.

 

* Sociologie et anthropologie chez Pierre Bourdieu, Lahouari Addi

Malgré la notoriété de Pierre Bourdieu, bien peu connaissent l’importance, dans son travail théorique ultérieur, de ses premiers travaux empiriques, menés en Algérie dans la seconde moitié des années 1950. D’où l’intérêt de cet ouvrage, où le sociologue algérien Lahouari Addi revisite le corpus théorique de Bourdieu au regard de l’Algérie. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2002).

 

* Sortir de la prison, Ahmed Othmani

Ancien militant d’extrême gauche, l'auteur a payé ses convictions de plus de dix ans de prison, a appris sous la torture la valeur de la dignité humaine et l’impérieuse nécessité de la défendre en toutes circonstances et en tous lieux. il nous livre ici une réflexion globale sur la condition carcérale. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2002).

 

* Un néo-populisme à la française, Erwann Lecoeur
 

Dans ce livre issu d’un long travail de recherche, Erwan Lecœur fournit des clés d’explication originales de la réussite d'un « néo-populisme à la française » qui a culminé avec la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002.  (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2003).
 

 
 

 

 

 

Les nouveautés numériques du 26 avril 2012

Notre catalogue numérique s'enrichit de 6 titres au format e-pub.

 

* Démocratie précaire, Éric Fassin

À partir des chroniques publiées au fil de l’actualité, en particulier depuis 2006, introduites par un long essai sur la place du sociologue dans la Cité,  une relecture du présent en guise d’autopsie d’un régime.

 

* Green Deal, Alain Lipietz
Notre monde, qui devenait invivable, est devenu impossible. Nous pouvons nous en sortir, démontre ici Alain Lipietz, à condition de faire retour, non seulement sur trente ans de libéralisme débridé, mais sur deux siècles de productivisme irresponsable. L’histoire attend de l’humanité un grand retournement.

 

*  L'effroyable mensonge,  Guillaume Dasquié et Jean Guisnel

Dans son livre L’effroyable imposture, Thierry Meyssan prétend qu’aucun avion ne se serait écrasé sur le Pentagone, le 11 septembre 2001, et que l’explosion serait en réalité un attentat de militaires américains d’extrême droite. C’est pour empêcher qu’une contrevérité habilement portée par un illuminé devienne une certitude dans l’esprit du plus grand nombre, que Guillaume Dasquié et Jean Guisnel ont écrit ce livre.
 

*  La petite noblesse de l'intelligence, Wilfiried Lignier
Comment , sous le nom de « précocité intellectuelle », les élèves dits "surdoués" sont-ils devenus une question éducative officielle dans l’espace public français ? Qui sont, que veulent et que font les parents qui ont recours à un psychologue pour attester la grande intelligence de leur(s) enfant(s) ? Une enquête sociologique novatrice et passionnante.

 

* Les guerres de l'empire global, Alain Joxe

Mutations économiques, militaires et technologiques se combinent dans une accélération des décisions qui efface le temps du politique et fabrique un système sans tête, où les acteurs sont incapables de réguler la finance comme la violence. Une analyse ambitieuse d'un système mondial au bord du chaos.

 

* Pasteur : guerre et paix des microbes, Bruno Latour
Ce véritable classique de la sociologie des sciences met en évidence, à travers ce cas d'école, l'invention proprement politique d'une science, d'un savant et d'une époque.
 
 

Les nouveautés numériques du 30 août 2012

Pour la rentrée 2012, notre catalogue numérique s'enrichit de 6 titres au format e-pub. À découvrir ou redécouvrir sur votre tablette numérique !

 

* Que diraient les animaux, si... on leur posait les bonnes questions ?, Vinciane Despret


L’auteure a choisi de raconter vingt-six aventures amusantes ou stupéfiantes qui sont arrivées à des chercheurs (mais aussi, par exemple, à des éleveurs) et qui remettent en cause nos idées reçues sur ce que font, veulent, et même « pensent » les animaux. C’est quand les chercheurs sont obligés de proposer de nouvelles explications hors des sentiers battus, de bousculer ce qu’ils tenaient pour des certitudes bien établies qu’ils deviennent passionnants… et rejoignent souvent le sens commun qui n’a jamais douté une minute de l’intelligence et des qualités morales des animaux.

 

* Au refuge des balles perdues, Sid Ahmed Semiane

« Être Algérien n’est pas une nationalité. Ce n’est même pas une identité. C’est un travail à temps plein pour lequel nous ne sommes pas encore payés. C’est une maladie dangereuse dont personne ne s’est jamais relevé. » Ce livre propose un regard singulier, et dévastateur, sur la société algérienne. Sid Ahmed Sémiane, dit « SAS », l’un des journalistes les plus mordants de sa génération, y a réuni une centaine de ses chroniques publiées dans le quotidien Le Matin de 1999 à 2002. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2005).

 

* Art et philosophie, ville et architecture, Chris Younès (dir.)

Artistes, architectes, philosophes, historiens, urbanistes observent les façons dont l’« espace », le « temps » et les « formes d’expressions » sont plus ou moins solidaires des évolutions sociales et techniques des sociétés contemporaines. À l’heure de l’éparpillement géographique des villes et à l’émiettement du temps, l’art peut-il manifester la « signification insignifiable » qu’attend le poète ? (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition orginale de 2003).

 

* Comment sortir de la religion, Abdennour Bidar

Peut-on aller chercher ailleurs de quoi venir au secours de l’épuisement du discours occidental sur la religion ? Qui pourrait s’attendre à ce que l’islam puisse avoir ce type de ressource et contribuer à penser la fin des ères religieuses ? C’est le pari de l’auteur. Pour lui, l’islam permet d’imaginer une autre compréhension de la sortie de la religion, complémentaire de celle de l’Occident et capable d’en prendre le relais.

 

* La nature hors-la-loi, François Ost

Les arbres ont-ils le droit de plaider en justice ? Peut-on breveter les cellules d’un individu ? La couche d’ozone peut-elle être cotée en Bourse ? Ces questions apparemment surréalistes sont aujourd’hui au cœur des problèmes qui se posent au droit de l’environnement. Pour François Ost, on ne peut se satisfaire d’un débat technique entre juristes pour résoudre ces controverses. La crise écologique met en jeu toutes nos représentations de l’homme et de la nature. Au carrefour de la philosophie, de l’écologie et du droit, ce livre informé et engagé propose de nouveaux fondements pour une politique publique de l’environnement. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la seconde édition de 2003)

 

* Une histoire des musées de France, Dominique Poulot

Le premier livre sur l'histoire méconnue des musées de France : leur fondation (en opposition avec le secret des collections particulières), les batailles liées au caractère propagandiste du musée, leur contribution à la construction de l'identité nationale... Loin d’une image stéréotypée de l’accroissement continu et paisible des musées, l’auteur prouve combien les enjeux politiques, voire sociaux, ont toujours marqué l’histoire de ces institutions. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la seconde édition de 2008).

 

 

 

 

 

 

 

 

Les nouveautés numériques du 11 octobre 2012

En octobre 2012, notre catalogue numérique s'enrichit de 4 titres au format e-pub.
À découvrir ou redécouvrir sur votre tablette numérique !

 

* Miguel Benasayag, Pierre-Henri Gouyon - Fabriquer le vivant ? 

En abordant des thématiques aussi variées que la création de la vie en laboratoire, la recherche fondamentale en génétique ou la perte du mythe du progrès un philosophe et un biologiste de renom  bousculent les idées, afin qu’émergent de nouvelles clés pour penser le monde au-delà du chaos.

 

* Hocine Malti - Histoire secrète du pétrole algérien

Riche de détails inédits et d'expériences vécues, ce livre explique comment les dirigeants d'un des pays leaders du tiers monde ont mis à profit la manne pétrolière pour garnir leurs comptes en banque et acheter le silence des grandes démocraties - y compris la France - sur les dérives du régime.

 

* L'Europe et le mythe de l'Occident - Georges Corm

Une enquête passionnante à travers l’histoire de l’Europe et son rapport au reste du monde, au concept d'Occident. De Mozart à Hitler, que s’est-il passé ? Une lecture brillante et savante qui décloisonne les savoirs pour une vision plus sereine des conflits qui déchirent le monde actuel.

 

* Christian Laval, Francis Vergne, Pierre Clément, Guy Dreux -  La nouvelle école capitaliste

Ce livre montre de manière incisive que, depuis la fin des années 1970, la mise en place progressive d'une « économie de la connaissance » vise précisément à faire l'économie de la connaissance, c'est-à-dire à se passer de la connaissance lorsqu'elle n'a pas de valeur marchande à court terme.

 

 

 

 

La cassure, l'état du monde 2012

La cassure en librairie le 20 septembre 2012

L’ouvrage phare des relations internationales depuis son lancement 1981 devient un livre à lire de bout en bout pour décrypter l’évolution de la planète, tandis que le site (accessible pendant 1 an à tout acheteur du livre grâce à un code personnel) continue d’offrir toutes les données complémentaires jusque-là présentes dans le livre : bilans annuels et fiches signalétiques pour chaque état de la planète, tableaux statistiques, chronologies thématiques et continentales, etc.

Le pari de la complémentarité

À portée de clic, L’encyclopédie de l’état du monde met à la disposition des acheteurs du livre non seulement les données factuelles de l’année, mais aussi 31 ans d’archives de L’état du monde, ainsi que les articles du Dictionnaire géopolitique et historique du XXe siècle et ceux du Nouvel état du monde (parus à La Découverte). L’ensemble constitue une base documentaire unique (plus de 8 000 articles, 10 000 liens, 40 000 données statistiques…).
C’est à la fois un outil pédagogique indispensable aux lycéens, aux étudiants et aux enseignants et une source d’information irremplaçable pour le grand public.
Le livre devient ainsi le « roman vrai de l’actualité mondiale » (non plus à consulter mais à lire de bout en bout), tandis que le site confirme sa vocation de base de données, complète, fiable et interprétée, sans équivalent sur Internet.

Les nouveautés numériques du 5 décembre 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit de 8 nouveaux titres au format epub (et toujours sans DRM).

À (re)découvrir !

 

 

* La Fracture coloniale - Collectif

 

Près d’un demi-siècle après la fin de son empire, la France demeure hantée par son passé colonial. Pourquoi une telle situation, alors que les autres sociétés postcoloniales en Occident travaillent à assumer leur histoire outre-mer ? Pour répondre à cette question Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire ont décidé d’ausculter les prolongements contemporains de ce passé à travers les différentes expressions de la fracture coloniale qui traverse aujourd’hui la société française. Ils ont réuni, dans cette perspective, les contributions originales de spécialistes de diverses disciplines, qui interrogent les mille manières dont les héritages coloniaux font aujourd’hui sentir leurs effets : relations intercommunautaires, ghettoïsation des banlieues, difficultés et blocages de l’intégration, manipulation des mémoires, conception de l’histoire nationale, politique étrangère, action humanitaire, place des DOM-TOM dans l’imaginaire national ou débats sur la laïcité et l’islam de France…

 

 

* La décennie - François Cusset
 

Que reste-t-il des années 1980, de cette décennie qui, au-delà des images fortes, est avant tout celle de l'affaissement général, de l’« ère du vide » et du grand renoncement ? Pourquoi ces années représentent-elles pour leurs contemporains, un cauchemar intellectuel et politique ? Dans quelle mesure les années 1980 permettent-elles de comprendre la France actuelle ? C’est à ces questions que François Cusset s’efforce de répondre dans ce livre ambitieux et percutant.

 

 

* Storytelling - Christian Salmon
 

Christian Salmon dévoile ici les rouages d’une « machine à raconter », récemment investie aux États-Unis puis en Europe par les logiques de la communication, et bien plus efficace que toutes les imageries orwelliennes de la société totalitaire. Beaucoup l’ignorent : ce qui n’était au départ qu’un simple dispositif de techniques narratives enseignées dans les universités américaines aux apprentis écrivains ou scénaristes a été récupéré, depuis les années 1990, par les « gourous » du marketing, du management et de la communication politique, pour mieux formater les esprits des consommateurs et des citoyens. Il explique les applications toujours plus nombreuses du storytelling : le marketing ne s’appuie plus sur l’image des marques mais sur leur histoire, les managers doivent raconter des histoires pour motiver les salariés, les militaires en Irak s’entraînent sur des jeux vidéos conçus à Hollywood et les spins doctor construisent des campagnes électorales comme le déroulement d’un récit.

 

 

* Connaître est agir - Miguel Benasayag
 

Connaître, c’est agir. Mais pourquoi nous est-il si difficile d’agir face aux graves problèmes qui menacent nos sociétés, nos vies ? Jadis, l’agir dépendait de Dieu, qui voit tout ; puis on l’a confié à l’homme, qui voit si peu. Depuis où agit-on ? Le paysage pourrait être la bonne distance. Nous ne sommes jamais face à un paysage : nous sommes paysages. L’auteur continue ici sa déconstruction du mythe de l’individu, ainsi que son travail sur l’éthique en tant que fragilité. L’objectif reste une philosophie de la situation et de l’action.  

 

* La fanfare de Bangui - Simha Arom

 

En 1963, Simha Arom, de l'orchestre sympahonique israélien, se rend en République centrafricaine pour organiser une fanfare, il y découvre une musique extraordinaire, celle des Pygmées. Il invente de nouvelles méthodes de recherche, multiplie les enregistrements et devient un spécialiste mondial en ethnomusicologie soutenu par l’Unesco. Dans ce livre, il relate de manière vivante et joyeuse, les rencontres et les surprises, des forêts où vivent les Pygmées jusqu’aux scènes des festivals de musique en Europe où ils se produisent désormais.

 

 

* Les naufragés de l'intelligence - Nicole Diederich

 

Que savons-nous des conditions d’existence et du devenir de ceux qui se sont trouvés dès leur plus jeune âge frappés du sceau de « handicapé mental » ? Ce livre, met à jour les différents problèmes auxquels ils doivent faire face pour tenter de réaliser leur rêve le plus cher : devenir « comme tout le monde ». Devenu une référence essentielle pour de nombreux travailleurs sociaux, cet ouvrage est aujourd’hui réédité, actualisé et augmenté d’une nouvelle préface.

 

 

* Zoos - Éric Baratay et Elisabeth Hardouin-Fugier

 

Dans cet ouvrage passionnant et documenté, Éric Baratay et Elisabeth Hardouin-Fugier retracent l'histoire des ménageries et jardins zoologiques en Occident. Fourmillant d'anecdotes, l'ouvrage d'Éric Baratay et Elisabeth Hardouin-Fugier nous fait pénétrer dans les coulisses de cette institution méconnue. Mais son ambition est aussi d'offrir au lecteur une contribution inédite à l'histoire politique, culturelle, sociale et esthétique de l'Occident.

 

 

* Pas de printemps pour la Syrie - Collectif
 

Depuis le déclenchement en mars 2011 de la révolte syrienne, sa brutale répression par le régime de Bachar el-Assad et la guerre civile internationalisée qui a suivi ont fait des dizaines de milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Depuis l’Institut français du Proche-Orient (IFPO), ce livre réunit les contributions de plus d’une vingtaine de spécialistes, fins connaisseurs de la Syrie et de la région. De façon très accessible et en privilégiant les informations recueillies au plus près des acteurs, ils apportent des clés indispensables pour comprendre les racines historiques, les enjeux et les ressorts politiques, économiques et idéologiques de la crise.


Les nouveautés numériques du 7 février 2013

Ntre catalogue numérique s'enrichit de 11 titres au format e-pub.
À découvrir ou redécouvrir sur votre tablette numérique !

 

* La tyrannie de l'évaluation - Angélique del Rey

Être évalué paraît généralement aller de soi, voire être désirable : « On m’évalue, donc je suis. » Or ces évaluations sont tout à fait paradoxales : au nom de la rétribution au mérite, elles dénient le mérite véritable et engendrent un climat délétère de concurrence et de sauve-qui-peut. Ce livre en propose une analyse originale, qui, au-delà de la critique, réfléchit aussi à des pistes alternatives.

 

* À l'école des compétences - Angélique del Rey

Le concept apparemment neutre de « compétences » s'introduit dans les systèmes éducatifs à partir d'une vision des jeunes comme une simple « ressource ». Comment s'opposer à un processus qui nomme « émancipation » un système sophistiqué de gestion des comportements ?

 

* Un si discret pouvoir - Claire Lemercier

La chambre de commerce : une institution toujours vivante aujourd’hui, et dont il est important de connaître l’histoire pour comprendre ce que les débats contemporains sur la régulation de l’économie et le gouvernement d’entreprises doivent à cet héritage.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2003.)

 

* Les métamorphoses de l'hystérique - Nicole Edelman
Depuis le XIXe siècle, l’hystérie est un défi pour la pensée médicale. Protéiforme, elle oscille entre vapeurs et possession, entre mal de mère et mal du diable, entre « bovarysme » et folie, maladie nerveuse et maladie psychique. Ce livre retrace ces métamorphoses incessantes, au gré des découvertes médicales mais aussi des évolutions sociales, culturelles, voire politiques du siècle.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2003.)

 

* La démocratie sociale à la française - Alain Chatriot

Ancêtre de l’actuel Conseil économique et social, le Conseil national économique, créé en 1925 et supprimé en 1940, est une réponse spécifique aux débats sur le corporatisme et sur la place des syndicats face aux pouvoirs législatif et exécutif. Fondé sur le dépouillement d’archives considérables,  ce livre propose une histoire à la fois politique, sociale et économique de la France des années 1920 et 1930.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2003.)

 

* Le monde n'est pas une marchandise - José Bové, François Dufour

Et si le monde paysan, réputé archaïque et conservateur, commençait à incarner la vraie modernité ? Un bilan de la mobilisation citoyenne contre les dégâts de la mondialisation aveugle. Un mouvement où les auteurs ont joué un rôle actif, de la manifestation de Seattle, lors du sommet de l'OMC, jusqu'à la rencontre de Millau en juin 2000, à l'occasion du procès de José Bové et de ses coaccusés.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition mise à jour d'octobre 2000.)

 

* Historien du sensible - Alain Corbin

Dans ce livre d'entretiens, l'historien Alain Corbin revient sur sa jeunesse normande sous les bombardements, sa guerre d'Algérie, son professorat à Limoges, son parcours universitaire atypique, la genèse de ses découvertes. Un regard sans œillères sur le XIXe et le XXe siècle.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2000.)

 

* L'islam à l'épreuve de l'occident - Jocelyne Cesari

Le passage de sociétés où l’islam est majoritaire et central à des sociétés sans Dieu transforme de manière décisive et inédite la religiosité des musulmans. Nourri d’enquêtes menées depuis plusieurs années en Europe et aux États-Unis, un ouvrage novateur sur les profondes mutations religieuses et idéologiques du monde musulman produites par les diasporas.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2004.)

 

*  La fin de la modernité juive - Enzo Traverso

Dans cet essai, Enzo Traverso developpe une thèse forte et originale, selon laquelle la modernité juive a épuisé sa trajectoire. Après avoir été le principal foyer de la pensée critique du monde occidental – à l’époque où l’Europe en était le centre –, la pensée juive vit, depuis l'après-guerre, un tournant conservateur, et se retrouve aujourd'hui, par une sorte de renversement paradoxal, au cœur des dispositifs de domination.

 

*  Noirs d'encre - Dominic Thomas
À partir d'une étude comparatiste d'œuvres littéraires d’écrivains africains, français ou antillais contemporains, une analyse des bouleversements qui ont résulté, en France, de la domination coloniale et postcoloniale, de l’affaiblissement de l’État-nation et de l’émergence de générations de jeunes exclus.
 

* Fantasmagories du capital - Marc Berdet

Dans le sillage des écrits de Walter Benjamin sur le Paris du XIXe siècle, cet essai arpente l’histoire d’espaces urbains envahis par l’imaginaire capitaliste. Dans ce récit, à la fois politique et esthétique de la production de l’espace, le lecteur explore tour à tour les passages parisiens, les premiers grands magasins, les Expositions universelles, le Paris d’Haussmann, les parcs à thème (Disneyland), les centres commerciaux (le Mall of America) ou le strip de Las Vegas.


Les nouveautés numériques du 21 février 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit de 3 titres au format epub.
Bonne lecture numérique !

 

*L'expérience de l'injustice - Emmanuel Renault


Dans une démarche originale, l'auteur reprend et élargit la théorie de la reconnaissance élaborée par le philosophe allemand Axel Honneth. Il propose une grammaire des luttes sociales qui partent généralement d'un sentiment d'injustice et non du concept abstrait de justice. Dans cette perspective, l’auteur procède à un examen critique des théories contemporaines proposées par J. Rawls, J. Habermas, M. Walzer et C. Taylor, P. Bourdieu, T. Negri, etc. Un ouvrage philosophique ambitieux assumant sa dimension politique.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2004.)

 

*Nous, citoyens d'Europe ? - Étienne Balibar

Étienne Balibar examine trois grandes questions, dont chacune exige un effort de pensée spécifique : celle des frontières de l'Europe en tant qu'espace politique ; celle de l'État ; celle du peuple. Ce sont ces questions qui donnent un contenu à la notion d'une « Constitution » européenne, qui devra être arrachée au formalisme juridique et moral et replacée sur le terrain politique. Nouveau nom du politique, nouvel enjeu de ses conflits fondamentaux, l'Europe sera plus démocratique quel'État-nation, ou elle ne sera pas.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2001.)

 

* L'Europe, l'Amérique, la guerre - Étienne Balibar

À la lumière de l'actualité, l'auteur élabore quatre propositions destinées à sauver la paix internationale, à établir une alter-mondialisation et à redonner une puissance politique à l'Union européenne : sécurité collective dans un ordre public international, relance du désarmement, primat de la politique locale sur l'exploitation globale des nouveaux conflits et construction d'un ensemble euro-méditerranéen.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2003.)

 

 

 

 

Les nouveautés numériques du 25 octobre 2012

En cette fin octobre 2012, notre catalogue numérique s'enrichit de 5 titres au format e-pub.


À découvrir ou redécouvrir sur votre tablette numérique !

 

* Béatrice Hibou - La bureaucratisation du monde à l'ère néolibérale

Qui vit, produit ou consomme, qui se détend, se forme, se soigne aujourd’hui, est frappé d'une évidence : l’envahissement de pratiques, de dispositifs ou de procédures bureaucratiques qui n’englobent pas seulement l’administration étatique mais l’ensemble de la société. Au point de rencontre entre Max Weber et Michel Foucault, Béatrice Hibou analyse les dynamiques politiques sous-jacentes à ce processus.

 

*  Aurélien Berlan - La fabrique des derniers hommes

En s’appuyant sur l'œuvre des « pères fondateurs » de la sociologie allemande, Weber, Simmel et Tönnies , un essai original sur le diagnostic historique du temps présent, sur la base d’une analyse des forces socioéconomiques et socioculturelles qui façonnent notre humanité, qui travaille toute une partie de la pensée moderne.

 

* Yves Lacoste - La géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre

En 1976, la première édition de ce livre fit grand bruit : le géographe Yves Lacoste y fustigeait la « géographie des professeurs », apparue au XIXe siècle en Allemagne et en France et progressivement devenue un discours idéologique masquant l’importance stratégique et politique de toute réflexion sur l’espace. Mais surtout, Yves Lacoste montrait qu’existait aussi une autre géographie, plus ancienne et toujours actuelle, la « géographie des états-majors », ensemble de représentations cartographiques et de connaissances rapportées à l’espace constituant un savoir stratégique utilisé par les minorités dirigeantes.

 

* Aurore Gorius, Michaël Moreau - Les gourous de la com'

Ils vivent dans l'ombre des puissants, mais ils exercent eux-mêmes un pouvoir et une influence largement ignorés du grand public. Les conseillers en communication règnent aujourd'hui dans le paysage politique comme dans celui des affaires. Ce livre, fruit d'une enquête de deux ans, dévoile qui sont ces « gourous de la communication », dont les plus influents, souvent issus de la politique, symbolisent l'étroite imbrication entre la sphère publique et le petit monde des affaires. Une enquête inquiétante sur les dérives de la démocratie rendues possibles par le rôle devenu central de ces femmes et hommes de l'ombre depuis les années 1980, ces « années fric », de la « politique paillettes » et des patrons stars.

 

* Nous... La Cité - Collectif

Quand quatre jeunes de banlieue se prennent d’écrire leur quotidien avec un de leurs éducateurs pendant plus d’un an, ça envoie du lourd.
Entre provocations policières, soirées à tchatcher dans les halls d’immeuble, jugements et appels, embrouilles à la con, boulots foireux, visites en prison, heures d’ennui et éclats de rire, c’est le quotidien d’un quartier populaire comme tant d’autres qui est raconté. Mais c’est sans doute des mots que viendront les solutions. La découverte de l’écriture et du pouvoir de ces foutus mots. Face à des flics. Face à des juges. Face à soi-même.

 

 

 

 

 

 

Les nouveautés numériques du 11 avril 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit de 17 titres au format e-pub :

 

* Au coeur des services spéciaux - Alain Chouet et Jean Guisnel

Constante préoccupation des services de sécurité occidentaux depuis le début des années 1970, le terrorisme international est devenu leur priorité absolue depuis le 11 septembre 2001. Quels sont les véritables visages du terrorisme moderne, ses commanditaires, ses financiers ? C'est à ces questions que répond dans ce livre l'un des meilleurs spécialistes mondiaux du problème après sa carrière de trente ans au sein des services secrets français, la DGSE.

 

 

* Aux origines des sciences cognitives - Jean-Pierre Dupuy

De la philosophie de l'esprit à l'intelligence artificielle, en passant par les neurosciences ou la nouvelle linguistique, les sciences cognitives forment aujourd'hui une nébuleuse de disciplines qui participent d'un renouvellement radical de nos façons de penser la connaissance et le savoir humain. Ce livre retrace cette histoire, jusque-là refoulée, qui conduit aux sciences contemporaines de l'esprit.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la seconde édition de 1999.)

 

*  Histoire de la chimie - Bernadette Bensaude-Vincent et Isabelle Stengers

Cet ouvrage tente l'aventure de sortir des sentiers battus. Il présente la chimie comme une science en quête d'identité, hantée par la question de sa nature, de son rang dans l'encyclopédie. La chimie est une histoire, toujours en marche, jalonnée de spectaculaires conquêtes et de dures batailles pour la dignité et la reconnaissance.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la seconde édition de 2001.)

 

* L'encyclique cachée de Pie XI - Geroges Passelecq et Bernard Suchecky


En juin 1938, le pape Pie XI commande à trois jésuites le projet d'une encyclique destinée à dénoncer le racisme et l'antisémitisme. Le sort mystérieux de cette encyclique inaboutie de Pie XI en faisait un document mythique. Il est ici reproduit dans son intégralité et accompagné de documents inédits et de commentaires qui en éclairent le sens et la portée. En retraçant les circonstances du déroulement de cet épisode et en l'inscrivant dans le contexte tragique de l'époque, Passelecq et Sucheky éclairent d'un jour nouveau la nature du rapport entre le Vatican, les régimes antisémites et les juifs.

 

* L'invention d'une démocratie - Moncef Marzouki

Après les « printemps arabes » de 2011, beaucoup en Occident ont annoncé le ris-que d’un « hiver islamiste ». Mais cette grille de lecture simpliste interdit de comprendre la complexité des défis socioéconomiques qu’affrontent aujourd’hui les sociétés du monde arabe. D’où l’importance, pour y voir plus clair, de cet essai de Moncef Marzouki, président depuis décembre 2011 de l’État tunisien de transition qui a succédé à la dictature de Zine El-Abidine Ben Ali.
Homme de gauche d’une lucidité sans concession, promoteur d’une alliance politique inédite et difficile avec les islamistes du parti Ennahda, Moncef Marzouki livre ici des clés décisives pour dépasser les clichés et les rumeurs qui brouillent l’accès à la réalité des « printemps arabes ».

 

*Le nouveau désordre économique mondial - Georges Corm

Dans cet essai percutant, l'économiste libanais Georges Corm analyse, sous un angle original, les causes de la crise économique mondiale et de l'incapacité des politiques, au Nord comme au Sud, à y répondre efficacement : méconnaissance du rôle des économies « souterraines » et de la corruption, illusions du libéralisme économique, erreurs répétées de la bureaucratie bancaire, permanence des visions idéologiques du développement...

 

* Le trait empoisonné - Pierre Vidal-Naquet

Remontant à l'Antiquité et à la création du Panthéon sous la Révolution française pour retracer la longue histoire qui va des héros aux saints, l'auteur décrit le processus de construction du mythe. Et il explique la démarche erronée qui transforme Jean Moulin en « homme du Parti communiste », mythe créé dès 1950 par Henri Frenay.

 

* Les camps de la honte - Anne Grynberg

Fruit d'un travail de plusieurs années, nourri de dizaines de témoignages originaux et de l'exploitation de fonds d'archives jamais ouverts jusqu'alors, cet ouvrage propose une double approche des camps français. Celle d'abord de la froide logique administrative de Vichy, qui a mis le système des camps au service d'un antisémitisme d'État prônant l'exclusion des " éléments indésirables ", avant de les déporter vers les camps de la mort nazis. Et celle des victimes, dont l'auteur restitue, avec pudeur et émotion, le calvaire.

 

*  Musulmanes et modernes - Nilüfer Göle

Modernité occidentale d’un côté, islam traditionnel de l’autre : dans les discours contemporains, cette opposition est irréductible. Et le voile islamique apparaît comme le symbole le plus frappant de cette étrangeté absolue entre deux mondes. Une vision réductrice. Une enquête sur les conditions sociales et sur le statut de la femme musulmane en Turquie montre comment, derrière le voile, apparaît un nouveau profil de femme : une femme éduquée, urbanisée et revendicative.

 

* Notre poison quotidien - Marie-Monique Robin

Selon l'Organisation mondiale de la santé, l'incidence du taux de cancer a doublé au cours des trente dernières années. L'OMS constate une évolution similaire pour les maladies neurologiques (Parkinson et Alzheimer) et auto-immunes, ou pour les dysfonctionnements de la reproduction. Comment expliquer cette inquiétante épidémie, qui frappe particulièrement les pays dits « développés » ? Fruit d'une enquête de deux ans en Amérique du Nord, en Asie et en Europe, s'appuyant sur de nombreuses études scientifiques, ce livre montre que la cause principale de l'épidémie est due aux quelque 100 000 molécules chimiques qui ont envahi notre environnement, et principalement notre alimentation, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour cela, l'auteure décortique le système d'évaluation et d'homologation des produits chimiques, à travers les exemples des pesticides, de l'aspartame et du Bisphenol A, elle raconte les pressions et les manipulations de l'industrie chimique pour maintenir sur le marché des produits hautement toxiques.

 

 

 

 

 

 

 

L’invention du sauvage. Acclimatations/Exhibitions

Cette exposition raconte l’histoire de femmes, d’hommes et d'enfants, venus d’Asie, d'Afrique, d’Océanie, des Amériques et parfois d’Europe, exhibés en Occident et ailleurs, dans des cirques, des cabarets, des foires, des zoos, des jardins d'acclimatations, des villages itinérants ou d’importantes reconstitutions dans les expositions universelles et coloniales.
L’Europe, l’Amérique et le Japon vont, pendant presque cinq siècles (1490-1960), les exhiber comme de prétendus « sauvages ». Il est désormais temps de regarder ce passé, de manière objective. C'est à cela qu'invite cette exposition à partir du 21 novembre 2012, à la suite du livre référence Zoos humains et exhibitions coloniales en 2011.

 

C'est véritablement une exposition événement qui est présentée au jardin d'acclimatation.

 

Elle présente affiches, photographies, cartes postales, presse et objets, ainsi qu’un panorama complet des zoos humains dans le monde depuis 5 siècles. Ce regard sur 5 siècles de "zoos humains" et d'exhibitions coloniales a été réalisé par le Groupe de recherche Achac et la Fondation Lilian Thuram.
Éducation contre le racisme, avec le concours de nombreux partenaires institutionnels ou médias. Ils souhaitent, ensemble, expliquer comment se sont installés les préjugés à travers une vingtaine de thèmes majeur. C’est un passé qu’il faut déconstruire et comprendre afin que la couleur de la peau et la culture d’un être humain ne soient plus un motif de rejet ou de discrimination (voir le rapport, à cet égard, du Comité pour la mémoire de l'esclavage sur la mémoire des expositions ethnographiques remis le 15 novembre 2011 à la ministre de l'outre-mer). Pendant plus d’un siècle (de la Vénus hottentote, en 1810 à la Seconde Guerre mondiale, en 1940), l’industrie de l’exhibition a fasciné plus d’un milliard quatre cents millions de visiteurs et a exhibé entre trente et trente-cinq mille figurants dans le monde entier. Ces exhibitions humaines visent alors essentiellement à tracer une frontière et une hiérarchie entre prétendus « civilisés » et prétendus « sauvages ». Ce fut aussi, et le plus souvent, le premier contact visuel, la première rencontre, entre l’Autre et Nous.

 

Cette présentation en avant-première au Jardin d’Acclimatation de cette exposition itinérante est un événement à plus d’un titre après l’important succès de l’exposition présentée au musée du quai Branly, ouverte il y a tout juste un an (le 29 novembre 2011), et qui a reçu plus de 250.000 visiteurs en six mois. Car le Jardin d'acclimatation est à la fois un lieu d’histoire et un lieu de distractions pour les enfants depuis des générations. De fait, de 1877 à 1937, des exhibitions coloniales et humaines ont été organisées dans le cadre du Jardin d'acclimatation.
C’est pourquoi l’exposition présentée pendant un mois et demi est à la fois un regard objectif sur ce passé, et un désir commun de regarder ensemble celui-ci sur le site même du Jardin d'acclimatation. C'est aujourd'hui une exposition qui plonge le visiteur dans une histoire, notre histoire, qu’il est essentiel de connaître et de partager pour regarder autrement le monde qui nous entoure.

 

Un parcours, une vingtaine de thèmes majeurs


1/ L’exhibition du sauvage : cinq siècles d’histoire
2/ Premiers contacts, premiers exhibés : de 1492 au siècle des Lumières
3/ Les nouvelles formes d’exhibitions au début du XIXe siècle
4/ La science en quête des prétendues « races »
5/ Le spectacle de la différence : des Zoulous à Buffalo Bill
6/ La diversité des lieux d’exhibition : des jardins aux scènes de théâtre
7/ Monstres et phénomènes de foire : de Barnum 1841 à Krao 1926
8/ Une organisation du monde : le temps des expositions universelles
9/ Les conditions d’exhibition : les destins des figurants
10/ Une large diffusion : les villages ethniques itinérants
11/ Jardin d’Acclimatation de Paris : 60 ans d’exhibitions
12/ Colonisation et exhibitions : deux phénomènes parallèles
13/ Une mise en scène officielle : le temps des expositions coloniale
14/ Entre publicité et propagande : la fascination des images
15/ Les populations locales exhibées
16/ Les expositions de l’entre-deux-guerres (1922-1940)
17/ Dénonciations des « zoos humains »
18/ La fin des « zoos humains » à partir de 1930
19/ Héritages et mémoires (d’Elephant Man 1980 au retour des Fuégiens 2010)

 

Une exposition réalisée avec le concours et le soutien de la Ville de Paris (Délégation en charge des droits de l'Homme, de l'intégration, de la lutte contre les discriminations et des citoyens extra communautaires), du ministère des Outre-mer, de l’Acsé (Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances), de l’Institut Randstad, de la Casden, de la MGEN, du Comité pour la mémoire de l’esclavage & du ministère de la Ville. En partenariat avec les Editions La Découverte, Respect Mag, Tropiques FM, Africultures et Afriscop.


Les nouveautés numériques du 15 novembre 2012

Notre catalogue numérique s'enrichit de 6 titres au format e-pub.


À découvrir ou redécouvrir sur votre tablette numérique !

 

* Drogues, sortir de l'impasse - Anne Coppel, Olivier Doubre

Plutôt que de proposer un modèle qui, dans le contexte actuel, demeure utopique, il est nécessaire de tirer les enseignements de l’expérience internationale des drogues. Avec la politique de réduction des risques, on a appris comment protéger la santé publique, réduire la mortalité et lutter contre le sida. L’opinion reste convaincue que l’interdit protège ; il n’en est rien, la consommation n’a pas augmenté dans les pays qui ont dépénalisé l’usage de drogues. Quand tous les États auront renoncé à pourchasser les consommateurs, il s’agira d’un tournant majeur qui videra les prisons du monde. Il sera alors possible de développer de nouvelles innovations. Car il n’existe pas de réponse toute faite. Inventer les modalités de gestion de ces produits, avec lesquels nous devons apprendre à coexister, telle est l’ambition de cet ouvrage.

 

* La France noire en textes, Collectif

L’histoire de la France noire commence au XVIIe siècle, quelques décennies avant le terrible Code noir (1685) régissant la mise en esclavage des Africains, et traverse plus de trois siècles d’histoire de France : trois siècles de présences caribéennes, africaines, issues des États-Unis ou de l’océan Indien, dans l’Hexagone, plus de trois siècles d’une histoire culturelle, politique et économique intense et méconnue. Regroupant les contributions des meilleurs spécialistes français et internationaux, pour un regard transversal sur une histoire aux mille et un visages, ce livre montre comment ces présences ont contribué à bâtir l’histoire politique, culturelle, militaire, artistique et économique de ce pays et de la République. C’est au creuset de ce récit que l’on peut comprendre les enjeux du présent.

 

* Les briseurs de tabous, Sébastien Fontenelle

Dans cet essai au lance-flammes, mais rigoureusement documenté, Sébastien Fontenelle décortique les stupéfiants amalgames et les incessantes tricheries au fondement de ces discours « anticonformistes » sur l’immigration, la colonisation, les « Arabes » et, surtout, l’islam. Un essai salutaire pour prendre toute la mesure de la perversion des discours qui saturent aujourd’hui l’espace public, sapant méthodiquement, au nom de la démocratie, les fondements mêmes de la démocratie.

 

* Les moissons du futur, Marie-Monique Robin

Menant une enquête sur quatre continents, s’appuyant sur les témoignages d’experts mais aussi de nombreux agriculteurs, Marie-Monique Robin dresse le bilan du modèle agro-industriel qui, après un demi siècle, n’est pas parvenu à nourrir le monde, tandis qu’il participait largement au désastre écologique et poussait vers les bidonvilles des millions de paysans. Son enquête le montre : oui, on peut « faire autrement » pour résoudre la question alimentaire.

 

* Tenir ! Les raisons d'être des travailleurs sociaux, Jean-François Gaspard

En dépit d’une faible reconnaissance scientifique et de rétributions économiques moyennes, le travail social, aujourd’hui accusé de favoriser l’assistanat, continue d’attirer de nouvelles recrues… Venir en aide, insérer socialement, diminuer les souffrances, agir sur leurs causes, sinon changer le monde, restent des objectifs mobilisateurs. Les engagements des travailleurs sociaux sont cependant mis à mal par la restriction des moyens dont ils disposent.

 

* Xénophobie business, Claire Rodier

La surveillance des frontières s’est muée ces dernières années en un business hautement profitable. Les sociétés privées de sécurité autant que celles de l’industrie de l’armement en savent quelque chose : depuis le milieu des années 1990, elles ont trouvé dans ce nouveau « créneau » des opportunités inespérées. La plus grosse entreprise de sécurité, G4S (dont une partie de l’activité est consacrée à la « gestion » de l’immigration), emploie aujourd’hui près de 650 000 salariés, ce qui en fait le deuxième plus grand employeur privé du monde.  Du Sénégal à la frontière mexicaine, de Kiev à Paris ou Tel-Aviv, les rouages invisibles de cette nouvelle ruée vers l’or sont, pour la première fois, mis en lumière et analysés dans ce livre détonnant.

 

 

 

 

 

Les nouveautés numériques du 22 novembre 2012

Notre catalogue numérique s'enrichit de 3 titres au format e-pub.


À découvrir ou redécouvrir sur votre tablette numérique !

 

* La cassure - Bertrand Badie, Dominique Vidal (dir.)

Pour prendre la mesure de la rupture consommée entre le politique et le social, L’état du monde 2013 en expose les manifestations et les retombées en termes économiques, sociaux, environnementaux, culturels ou encore diplomatiques et stratégiques, à travers les approches multiples des meilleurs spécialistes du champ international.

 

* Pour une lecture profane des conflits, Georges Corm

Prolongeant les analyses historiques remarquablement documentées de ses livres précédents, Georges Corm donne ici les clés décisives pour comprendre les mécanismes ayant permis depuis les années 1990 de paralyser les oppositions aux guerres injustes et d’étouffer la pensée objective du réel et de ses complexités : la puissance des représentations médiatiques (et académiques) portées par l’imaginaire du « retour du religieux », la manipulation de la mémoire et de l’histoire, l’instrumentalisation de prétendues valeurs politico-religieuses pour susciter des conflits, la relation perverse entre les intérêts géopolitiques de certains États et leur prétention à défendre dans l’ordre international des idéaux religieux, l’application sélective du droit international aux situations conflictuelles.

 

* Une histoire du rap en France, Karim Hammou

Émaillé de nombreux entretiens réalisés auprès de rappeurs, de DJ, d’animateurs, de professionnels de l’industrie du disque… ce livre décrit comment l’émergence et l’inscription durable du rap en France ont été possibles, et comment s’est opérée son institutionnalisation. En s’intéressant aux artistes mais aussi amateurs, en circulant des MJC des quartiers populaires aux bancs de l’Assemblée nationale, en observant les plateaux de télévision comme les radios locales, Karim Hammou montre comment s’est imposée en France une nouvelle spécialité artistique, fondée sur une forme d’interprétation originale – ni parlée ni chantée : rappée.

 

 

Les nouveautés numériques du 10 janvier 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit de 6 titres au format e-pub.
À découvrir ou redécouvrir sur votre tablette numérique !

* Éthique, architecture, urbain - Chris Younès, Thierry Paquot (dir.)

L'architecte et l'urbaniste sont non seulement responsables juridiquement de ce qu'ils édifient, mais éthiquement. À l'heure où ces métiers connaissent de profondes mutations, à la suite des nouvelles configurations territoriales et des nouveaux modes de vie urbains, la question de l'éthique se pose avec acuité. Les auteurs de ce livre - architectes, urbanistes, philosophes, sociologues, juristes, historiens - explorent les implications de l'éthique pour les « faiseurs de ville », ainsi que les interfaces entre opérations d'aménagement, pratiques démocratiques et exigences écologiques.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2000.)

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Mode d'emploi: Un festival des idées - Assises internationales de sciences humaines et sociales et de philosophie

Un nouveau rendez-vous international conçu et organisé par la Villa Gillet.
Du 20 novembre au 2 décembre 2012. Des philosophes, des auteurs de sciences humaines et sociales, des acteurs de la vie publique et associative et des artistes débattront des grandes questions...

Etape 1: "Le Live" - Donner corps aux idées

Jeudi 22 novembre / 19h30-21h: Débat: "La finance et l'argent sont-ils les arbitres de notre société ?", avec Laurence Duchêne et Pierre Zaoui, auteurs de L'abstraction matérielle
Les subsistances
8 bis Quai Saint-Vincent  
69001 Lyon

Etape 2: "En débat" - Penser le monde aujourd'hui

Mardi 27 novembre / 19h30-21h: "Domination et émancipation: pour un renouveau de la critique sociale", avec Luc Boltansky et Nancy Fraser, auteure de Le féminisme en mouvements
MC2 Grenoble
4 Rue Paul Claudel  
38000 Grenoble

Mercredi 28 novembre / Journée d'étude: "Les sciences humaines et sociales et la philosophie: que peuvent-elles ?"
11h30: "Conserver", avec Jean-Michel Salaün, auteur de Vu, lu, su 
14h: "Eduquer", avec Bernard Lahire, auteur de Franz Kafka et Yves Citton, auteur de L'avenir des Humanités
16h: "Transformer", avec Philippe Corcuff, auteur de Où est passé la critique sociale ? et Sandra Laugier, co-auteure de Pourquoi désobéir en démocratie ?
Université Laumière - Lyon 2
5 Rue de l'Éternité  
69008 Lyon

Jeudi 29 novembre / 21h-23h: "Quels sont les défis de la surveillance et de la sécurité en milieu urbain ?", avec Stephen Graham, auteur de Villes sous contrôle
Hôtel de Région
1 esplanade François Mitterrand
69269 Lyon Cedex 02

Vendredi 30 novembre / 18h30-20h30: "Ethique environnementale: Eux et nous", avec Emilie Hache, auteure de Ce à quoi nous tenons
Hôtel de Région
1 esplanade François Mitterrand
69269 Lyon Cedex 02

Samedi 1er décembre / 16h30-18h: "Le soin, une nouvelle manière d'interroger nos sociétés ?" avec Joan Tronto, auteure de Un monde vulnérable
Hôtel de Région
1 esplanade François Mitterrand
69269 Lyon Cedex 02

Dimanche 2 décembre / 16h30-18h30: "La religion peut-elle nous rendre libres ?" avec Abdennour Bidar, auteur de Comment sortir de la religion
Hôtel de Région
1 esplanade François Mitterrand
69269 Lyon Cedex 02



> Pour en savoir plus

Les nouveautés numériques du 13 décembre 2012

Notre catalogue numérique s'enrichit de 8 titres au format e-pub.

 

* Construire le sens de sa vie, Gérard Mendel

Dans un monde où la valeur-argent commande à une part grandissante de nos conduites, comment définir des repères et inventer le sens de la vie ? Gerard Mendel procède à un examen critique des réponses de la philosophie morale (Kant, Nietzsche, Rawls...), et étudie les conséquences et la crise de la domination sociale masculine. En montrant comment il nous faudra de plus en plus construire le sens de notre vie, il aboutit à une réflexion sur le fonctionnement social qui devra s'appuyer sur des bases non seulement économiques mais aussi anthropologiques.(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2004.)

 

* Gustave Hervé. Itinéraire d'un provocateur, Gilles Heuré

Journaliste talentueux et provocateur imprévisible, Gustave Hervé s'est attiré tout au long de sa vie les admirations les plus fidèles et les haines les plus féroces. Sa plume trempée dans le vitriol, son génie de la propagande - qu'on décrirait aujourd'hui comme l'art d'un « grand communicateur » - en font un des créateurs de la presse moderne. Quant à sa trajectoire singulière, elle est l'incarnation exemplaire de la complexité politique de la première moitié de notre siècle. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1997.)

 

* L'anarchie bureaucratique, Alain Blum, Claudine Mespoulet

Comment des hommes et des femmes qui occupaient des postes de responsabilité dans des administrations de l’État stalinien ont-ils réagi face à un pouvoir qui maniait la violence pour gouverner ? Dans ce livre passionnant, Alain Blum et Martine Mespoulet éclairent d’une manière nouvelle, à travers l’histoire de l’administration statistique, les relations tendues entre science et pouvoir. Après plusieurs années de recherches dans les archives russes de la période soviétique, ils proposent une interprétation renouvelée, loin des analyses caricaturales, de la violence stalinienne et du modèle totalitaire, en s’appuyant sur une étude approfondie du parcours de ceux qui ont participé à la gestion de l’État stalinien. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2003.)

 

* Le culte de l'internet, Philippe Breton

L'homme a construit un dispositif technique, Internet, capable de dispenser les hommes de toute communication directe. Certains militants fondamentalistes appellent de leurs vœux une « société mondiale de l'information », où le nouveau lien social serait fondé sur la séparation des corps et la collectivisation des consciences. Cette vision s'inscrit dans une nouvelle religiosité, qui célèbre l'utopie de la transparence, dans un contexte marqué par la crise du politique, mais également l'affaiblissement de l'influence du monothéisme et de l'humanisme. Telle est la thèse de ce livre provocateur. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2000.)

 

* Le racisme, une introduction, Michel Wievorka

Dans cet ouvrage, Michel Wieviorka formule les questions que suscite l'actualité du racisme, et présente les outils d'analyse qui peuvent contribuer à y répondre - en particulier par une présentation particulièrement claire des doctrines racistes et des théories qui entendent les expliquer. Il examine, enfin, l'action antiraciste, ses difficultés, ses carences, les débats qu'elle suscite.(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1998.)

 

* Une société fragmentée, Michel Wievorka (sous la direction de)

Les auteurs de ce livre, tous membres du CADIS, Centre d'analyse et d'intervention sociologiques (EHESS/CNRS), ont mobilisé des connaissances qui portent aussi bien sur l'expérience concrète de la différence culturelle que sur les débats qu'elle suscite, en France et à l'étranger. Depuis des années, ils étudient les mouvements sociaux, l'islam, le genre, l'ethnicité, le racisme, la dérive des quartiers en difficulté, la violence, la crise du système scolaire, et s'interrogent sur la modernité et la démocratie. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1997.)

 

 

* Les maîtres du réseau, Pierre Mounier

Qui dirige Internet ? Dans ce livre original et documenté, Pierre Mounier montre que la jeune histoire du cyberespace ressemble à celle de la fondation d’une nouvelle nation : après le temps du partage, des pères fondateurs, vient celui de l’argent, des puissants et de la législation. La réponse, affirme Pierre Mounier, n’est pas seulement institutionnelle, technique ou économique, elle est tout cela à la fois. Elle est, fondamentalement, politique. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2002.)

 

* Qui a tué Bentalha ?, Nesroulah Yous

Ce livre est le témoignage poignant d'un homme, Nesroulah Yous, qui a vécu la nuit du 22 septembre 1997 pendant laquelle deux cents hommes armés ont investi une banlieue d'Alger. Ce qui semblait être un acte de folie barbare des groupes islamiques se révèle répondre à une autre cohérence : celle de la manipulation directe de la violence islamiste par les services secrets algériens. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2000.)

 

 

 

 

 

 

Conférence / Rencontre-débat avec Anne Fausto-Sterling

- Le 17 décembre de 17h à 19h
Ecole Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris, Salle Dussane
Conférence de Anne Fausto-Sterling, à l’occasion de la parution de son ouvrage Corps en tous genre
Organisé par l’IEC


- Anne Fausto-Sterling interviendra également le jeudi 20 décembre
Amphi X de 12h à 15h à l’université Paris 8 St Denis (métro St Denis université ligne 13)
Dans le cadre du séminaire de master "Politiques du Corps" (B. Guillarme/E. Fassin) - département de science politique/Centre d’études féminines et d’études genre. Anne Fausto-Sterling présentera ses travaux et recherches récents, notamment son dernier livre Corps en tous genre
La séance est publique. Une partie des interventions se feront en anglais (et un résumé en français).
Entrée libre dans la limite des places disponibles

 

Les nouveautés numériques du 14 février 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit de 4 titres au format epub.

 

* Attentif ensemble ! - Jérome Thorel 

Afin d'atteindre le bonheur sécuritaire, nous acceptons docilement d’être surveillés, tracés, fichés, catalogués... Comment ce consentement a-t-il été fabriqué ? Cet ouvrage fait l’histoire des mécanismes qui nous dépossèdent un peu plus chaque jour de nos libertés individuelles.
Sont passées en revue les multiples facettes de cette injonction à l’ordre sécuritaire ; « architecture défensive », fichiers, biométrie..etc.. qui installent la peur au cœur des rapports sociaux.

 

* Dans les plis singuliers du social - Bernard Lahire

Dans ce petit livre conçu pour éclairer le sens de son travail de sociologue, l’auteur s’efforce de faire apparaître le flou et les contradictions des discours savants ou demi-savants sur la « montée de l’individualisme ». À la manière de Marx relevant les « robinsonnades » des philosophes de son temps, qui isolaient l’homme des conditions sociales de son existence, il s’attelle à une critique de la figure de l’homme « libre et autonome » qui est au cœur de nos mythologies contemporaines.

 

* Intellectuels communistes - Frédérique Matonti

Qu’a pu signifier être un intellectuel communiste ? Quel rapport ces intellectuels ont-ils entretenu à l’autorité politique du Parti ? C’est à ces questions que s’efforce de répondre cet ouvrage à travers l’histoire de la revue française La Nouvelle Critique, revue née orthodoxe, devenue alliée du groupe dirigeant du Parti, puis supprimée pour être devenue critique. Plus généralement, l'auteure restitue la gamme des rapports à l’autorité de ces intellectuels, rapports qui passèrent entre autre par la ruse, le double langage, l’avancée timide, ou la critique ouverte.

 

* Les faiseuses d'histoires - Vinciane Despret, Isabelle Stengers

Françoise Balibar, Bernadette Bensaude-Vincent, Laurence Bouquiaux, Barbara Cassin, Mona Chollet, Émilie Hache, Françoise Sironi, Marcelle Stroobants, Benedikte Zitouni, ont accepté de témoigner des événements discrets ou des perplexités qui ont marqué le chemin par lequel chacune a découvert ce que pouvait signifier « penser » et passer ainsi du refus à la création. Mêmes si les portes de l'Université se sont ouvertes aux femmes, cela ne signifie pas qu'elles s'y soient senties « à leur place ».

 

 

Les nouveautés numériques du 7 mars 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit de 4 nouveaux titres.

À découvrir ou à redécouvrir !

 

* À l'école des dyslexiques - Sandrine Garcia

Existe-t-il une différence de nature entre un mauvais lecteur et un enfant dyslexique ? Les méthodes d’apprentissage ont-elles une responsabilité dans les troubles des apprentissages ou faut-il imputer les difficultés de ces enfants à leur milieu social (pauvreté culturelle, langage peu élaboré, etc.) ?
 En l’état actuel de la recherche, il est impossible d’affirmer que les difficultés d’apprentissage de la lecture (chez les élèves qui seront rapidement classés comme « dyslexiques ») relèvent de dysfonctionnements cognitifs. Et il semble nécessaire de considérer que la dévalorisation des aspects les plus techniques de l’apprentissage par les experts de la lecture ait comme conséquence de nier les difficultés réelles de cet apprentissage.

 

 

* La condition cosmopolite - Michel Agier

Dans ce livre, Michel Agier invite le lecteur à reconsidérer les sens et les usages de la frontière, conçue ici comme ce qui nous fait humains en instituant la place et l’existence sociale de chacun tout en reconnaissant celles des autres. En plaidant pour la validité de l’approche anthropologique, Michel Agier cherche ici à dépasser le piège identitaire, à montrer que d’autres mots, d’autres manières de penser, sont possibles. Réapprendre à passer les frontières où se trouve l’autre, à les reconnaître et à les fréquenter, est devenu l’un des enjeux majeurs de notre temps.

 

* La haine de la religion - Pierre Tevanian

Le niveau actuel d'hystérie, de crispation et de violence autour des questions religieuses (et de l'islam au premier chef) n'épargne pas la gauche française, toujours prompte à enrôler (le "barbu") Marx et sa dénonciation de l'opium du peuple. Cette lecture dévoyée et incomplète falsifie la pensée critique : et si le combat antireligieux était, aujourd'hui, l'opium du peuple -(de gauche) ?

 

 

* L'effroi et la terreur - Caroline Oudin-Bastide

Une étrange épidémie d’« empoisonnements » s’est répandue dans les Antilles françaises aux XVIIIe et XIXe siècles. Or, ce terme est synonyme de « maléfices » et les « empoisonneurs » souvent dénoncés comme « sorciers ». Les imputations de crime d’empoisonnement participent d’un système de croyances magiques qui amène les colons à prêter aux « nègres » (sorciers et guérisseurs) une extraordinaire force de nuisance fondée sur une science botanique occulte, associée à d’effrayants pouvoirs.
C’est en explorant les archives des procès tenus en Guadeloupe et à la Martinique que l’auteure a pu faire la généalogie de cette grande peur et en reconstituer la logique sociale et toute la violence.

 

Peut-on faire confiance aux sondages ?

Alain Desrosières
Extrait de l'ouvrage collectif "Les Sciences, ça nous regarde" (en librairie le 21 mars 2013)

 

En 1998, un groupe d’historiens des sciences fut sollicité par un tribunal américain dans le cadre d’un procès opposant la Chambre des représentants, à majorité républicaine, au département du Commerce, relevant de l’administration démocrate de Bill Clinton. La question posée aux historiens était insolite : est-il possible que Thomas Jefferson, un des pères de la Constitution américaine de 1787, ait rencontré à Paris le mathématicien français Pierre-Simon Laplace, lors de son ambassade en France à la fin du règne de Louis XVI ? Comment un tel point d’érudition historique en venait-il à intéresser un tribunal, deux siècles plus tard, au point de susciter une expertise savante ? Pour répondre, il faut reconstituer l’histoire d’une méthode de mesure, aujourd’hui banale mais longtemps réprouvée, celle des enquêtes par sondage.

Est-il légitime d’extrapoler des résultats obtenus sur un « échantillon » à la population entière dont est issu cet échantillon ? Toute la difficulté vient de l’ambiguïté du mot « légitime » : celui-ci est-il entendu au sens scientifique ou au sens juridique ? La tension entre ces deux formes de légitimité est essentielle pour interpréter notre histoire… La Constitution étasunienne de 1787 résultait d’un compromis entre ceux qui souhaitaient donner beaucoup de pouvoir à l’État fédéral, et ceux qui voulaient maintenir le plus de pouvoir possible aux treize États constituant les nouveaux « États-Unis » (les mêmes débats ont eu lieu en Europe en 2005 à propos du projet de Constitution européenne). Il fallait donc que les nouvelles institutions respectent les « poids relatifs » des États, par exemple pour la représentation au Congrès fédéral, ou pour la répartition des charges financières. Ces poids relatifs devaient pouvoir être représentés par un nombre, celui de la population mesurée par un recensement.

À l’époque, une question avait été débattue : comment compter les esclaves, nombreux dans les États du Sud ? Elle avait été résolue par un bien étrange compromis : chaque esclave était compté pour trois cinquièmes d’un citoyen « libre » ! Cette règle fut maintenue jusqu’à l’émancipation des esclaves, en 1865. Mais le problème de la représentation des populations pauvres noires, souvent descendantes des esclaves, et hispano-américaines persista, sous d’autres formes, jusqu’à nos jours. En effet, il devint flagrant, à partir des années 1970, que les quartiers urbains habités par ces populations étaient, pour de nombreuses raisons, plus difficiles à recenser complètement que les quartiers occupés par les classes moyennes. Il en résultait une sous-évaluation de ces populations, jugée fâcheuse par les démocrates, puisque les Noirs et les Hispaniques sont en général plus proches des démocrates que des républicains. Pour évaluer de façon plus juste ces populations, diverses propositions ont été faites par les statisticiens du Census Bureau, l’administration responsable du recensement. Elles faisaient notamment appel à des méthodes indirectes impliquant l’usage d’enquêtes par sondage aléatoire. Le sondage permet, paradoxalement, de mieux évaluer une population que ne le fait un recensement par dénombrement réel, théoriquement exhaustif mais en pratique très difficile à effectuer. Bien sûr, les résultats du sondage ne sont pas « certains », mais ils sont assortis d’un « intervalle de confiance », calculé à partir de la théorie mathématique des probabilités. Moyennant quoi, cette estimation incertaine est « sans biais » (sans erreur systématique), alors que le recensement, en théorie exhaustif, peut être fortement « biaisé », c’est-à-dire complètement faux !

Le recensement exhaustif peut être biaisé car, compte tenu de la méthode de collecte, certains quartiers déshérités, souvent peuplés de gens de couleur, sont très difficiles à explorer, et donc mal recensés. Alors qu’une méthode par sondage (tirage de logements) permet des relances, et plus de soin apporté à la collecte. Le raisonnement du Census Bureau en faveur de sa méthode était centré sur cet argument. Mais c’était sans compter sur le juridisme des républicains, majoritaires au Congrès, qui ont invoqué la lettre du texte de 1787 et l’idée de dénombrement réel pour intenter le procès évoqué ci-dessus. La méthode des sondages, qui par définition n’implique pas de dénombrement réel, est-elle bien constitutionnelle ?

Les historiens du groupe de travail réuni autour de Margo Anderson et Stephen Fienberg ont eu à répondre à deux questions. La méthode des sondages existait-elle déjà en 1787 ? Et, si tel était bien le cas, est-il possible qu’elle ait été connue des auteurs du texte fondateur de la démocratie américaine ? Parmi ceux-ci, Jefferson avait été ambassadeur de la jeune république dans la France des dernières années de l’Ancien Régime. Or il se trouve que, dans les années 1780, la question de la population de la France avait été posée par Louis XVI, en un temps où il semblait impraticable d’effectuer un recensement complet des sujets du roi.

Une solution de ce problème avait été présentée par le mathématicien Laplace devant l’Académie des sciences, le 30 novembre 1785. Elle s’appuyait sur le fait suivant : si la population entière n’était pas connue, en revanche le nombre annuel des naissances (en fait celui des baptêmes) était lui bien connu, grâce aux registres paroissiaux, qui enregistraient baptêmes, mariages et sépultures depuis au moins le XVIIe siècle. Laplace fit donc l’hypothèse que le rapport entre la population et le nombre des naissances était une constante, qu’il nomma le multiplicateur des naissances. C’est précisément ce multiplicateur qu’il mesura indirectement par une méthode d’échantillonnage analogue à nos modernes sondages, même si le mot n’existait pas encore. Pour cela il sélectionna un « échantillon » de quelques paroisses, pour lesquelles il fit effectuer un recensement exhaustif, dont les résultats, rapprochés du nombre des naissances pour une année dans ces mêmes paroisses, permirent d’évaluer le fameux « multiplicateur », qui était proche de 26 (soit un taux annuel de natalité de 3,85 %). Il suffisait ensuite de multiplier le nombre de naissances du royaume entier, déjà connu, de l’ordre de un million, par 26, pour en déduire une estimation de la population entière : environ 26 millions. Mais ce n’est pas tout : Laplace estima aussi l’« erreur » introduite par le fait de ne mesurer directement que la population d’une petite portion du royaume et d’en extrapoler ensuite les résultats, au moyen de la théorie probabiliste dite des « tirages dans une urne de Bernoulli ». Ceci lui permit de formuler sa réponse au roi en termes d’intervalle de confiance (la fameuse « fourchette » de nos instituts de sondage contemporains) ou, dans le langage du temps, d’« erreur à craindre ». Celle-ci étant fonction de la taille de l’échantillon, on pouvait, à l’inverse, calculer quelle taille était nécessaire pour atteindre une précision voulue à l’avance. On le voit, l’essentiel de la théorie moderne des sondages était ainsi formulé, deux ans avant 1787, date de la rédaction de la Constitution américaine !

La suite tient du roman policier : Jefferson, alors présent à Paris, aurait-il pu rencontrer Laplace et, ainsi, avoir eu connaissance de ses travaux ? Si la réponse avait été positive, cela aurait pu fournir une « evidence » (élément de preuve, au sens juridique anglais) dans le procès en cours. L’argument pouvait d’ailleurs être utilisé par l’un ou l’autre des camps en présence, selon que l’on estime ou non que la méthode supposée connue avait été explicitement exclue par l’expression « dénombrement réel ». Le groupe de travail estima la rencontre Jefferson-Laplace entre 1785 et 1787 peu probable. Ce mélange de scientisme et de juridisme est typiquement américain : les « experts » sont sollicités par les lawyers (avocats) défendant les plaideurs, puis leurs énoncés sont répercutés et retraduits dans le langage du droit, ce qui, pour des profanes produit des courts-circuits parfois surprenants, ici entre la sociabilité des salons parisiens de la fin du XVIIIe siècle et la mesure de la population des ghettos noirs des centres-ville américains de la fin du XXe siècle.

Mais, au-delà de l’anecdote, l’histoire de la place des enquêtes par sondages dans la statistique officielle est révélatrice de l’évolution des façons de penser le rôle des nombres dans la vie sociale. En effet, la méthode proposée par Laplace en 1785 a été ensuite discréditée, tout au long du XIXe siècle. Elle n’est réapparue que dans les années 1890, en Norvège. Or cette résurrection peut être racontée de deux façons, du point de vue de l’histoire des sciences, ou du point de vue de l’histoire de l’État. Le premier récit inclut Laplace, son « multiplicateur » et son « erreur à craindre » formulée en termes de probabilités. La « réinvention » fut le fait du Norvégien Anders Kiaer, qui présenta en 1895 (en français), devant les savants réunis par l’Institut international de statistique (IIS), une méthode de mesure de variables socio-économiques (le revenu, certaines dépenses, la taille des exploitations agricoles…) au moyen d’une enquête sur échantillon, dite « dénombrement représentatif ». S’il n’en donna aucune justification probabiliste, son échantillonnage était du type « choix raisonné », analogue à la « méthode des quotas » utilisée de nos jours par les entreprises de sondage, où l’échantillon est construit en le calant sur une structure socio-démographique a priori issue des recensements de population (sexe, âge, catégorie sociale). Le « test de validité » était fourni par une comparaison des mesures portant sur certaines variables communes à l’enquête sur échantillon, d’une part, et à un recensement exhaustif, d’autre part. Kiaer jugeait les différences assez faibles pour garantir la justesse des mesures des autres variables, celles qui ne figuraient pas dans le recensement.

Pourtant, en 1901, l’économiste allemand Ladislaus von Bortkiewicz critiqua ce mode de justification. Par un raisonnement probabiliste, il montra que les différences entre les résultats du dénombrement représentatif et ceux du recensement exhaustif ne sont pas si négligeables que le dit Kiaer, et qu’elles sont, on dirait aujourd’hui, « significatives ». À ce coup apparemment rude, ni Kiaer ni aucun autre statisticien ne répondirent : l’argument probabiliste semble être alors tombé dans le vide. Les temps n’étaient pas encore mûrs pour une mathématisation probabiliste de la statistique officielle. Celle-ci n’interviendra que dans les années 1920 en URSS et 1930 aux États-Unis, pour la statistique de l’agriculture et du chômage, à la suite des travaux du Russe Alexandre Kovalevski et du Polonais Jerzy Neyman. En 1936, la technique des sondages fit une percée médiatique dans un autre domaine, celui des sondages préélectoraux, avec les enquêtes d’opinion de George Gallup. Le récit de cette histoire désormais fameuse, telle que rapportée en France par Jean Stoetzel en 1938, mentionne une enquête menée par Gallup sur un échantillon aléatoire, avant l’élection présidentielle étasunienne de 1936, qui avait prévu correctement la victoire de Roosevelt, alors qu’en revanche un magazine qui avait interrogé ses lecteurs sans cet échantillonnage et avec un beaucoup plus grand nombre de réponses, avait prédit la victoire de son adversaire républicain, à la suite de quoi ce magazine avait fait faillite !

Ce sont ces enquêtes d’opinion qui ont popularisé la méthode, au point que, aujourd’hui, le mot « sondage » est devenu pour beaucoup de gens synonyme d’« opinion » (à la veille d’une élection, certains journalistes parlent étrangement de « sondage en vraie grandeur »). Il y a là un glissement de sens, puisque ce mot désigne une manière de mesurer une grandeur, à partir d’un échantillon, puis une extrapolation de cette mesure à la population entière, quelle que soit la nature de la variable étudiée, le chômage ou les intentions de vote. L’histoire de la renaissance des sondages est en général ainsi racontée : du point de vue de la présence ou de l’absence de l’argument probabiliste, dans le langage de l’« outil de preuve », qui plaît au statisticien moderne.

Mais elle a un autre versant, du côté de l’histoire de l’État, dans le langage de l’« outil de coordination », qui intéresse le sociologue. La méthode de l’enquête sur échantillon, telle que celle de Laplace, avait été récusée, au XIXe siècle, dans la foulée d’un rejet plus général des acrobaties des arithméticiens politiques du XVIIIe siècle. Ceux-ci étaient accusés de reconstituer, à coups de multiplicateurs habiles, une société ou une économie entières à partir de quelques informations fragmentaires, comme le paléontologue reconstitue un dinosaure à partir d’un tibia d’origine incertaine. Quand le célèbre statisticien belge Adolphe Quetelet commença à promouvoir les « bureaux officiels de statistique », vers 1830, de telles fantaisies n’étaient plus de mise. Il y allait du sérieux de l’État et de la science, ce qui faisait beaucoup. Seuls les recensements exhaustifs pouvaient asseoir la légitimité de la nouvelle « science ». Le calcul des probabilités lui-même, dans sa version subjectiviste, en termes de « degré de croyance », qui était encore celle de Laplace et de Thomas Bayes, sentait le soufre. Seule était tolérée, mais finalement peu utilisée, la version objectiviste promue par Quetelet et son « homme moyen ». On comprend dès lors la difficulté à réintroduire le raisonnement probabiliste au tournant du XXe siècle.

En lisant l’intervention de Kiaer devant l’IIS en 1895, on devine ce qui rendit possible ce retour de la méthode des sondages : ce sont les débats autour des premières « lois sociales », esquisses du futur État-providence. Dès les premières lignes, Kiaer explique que son dénombrement représentatif a pour but d’« élucider diverses questions concernant le projet de création d’une caisse générale de retraite et d’assurance contre l’invalidité et la vieillesse ». Ainsi, la statistique qui, à partir de Quetelet, s’était détachée de l’État pour décrire (sous le nom de « statistique morale ») les régularités de la société dans son ensemble, revient vers un nouvel État, désormais « statistique », mais au prix d’un nouveau glissement du sens de ce mot, vers l’idée « stochastique », c’est-à-dire mettant en oeuvre le calcul des probabilités et la « loi des grands nombres ». Cette idée est à la fois celle de la nouvelle physique statistique de James Clerk Maxwell, et celle des assureurs, un autre acteur de l’histoire de la statistique resté jusqu’alors en dehors de la saga. Si, sur le plan cognitif, le modèle de l’urne de Bernoulli est essentiel au raisonnement probabiliste, il a aussi une traduction politique : les familles échantillonnées par la nouvelle méthode sont suffisamment comparables et « équivalentes » pour pouvoir être étudiées et mesurées toutes ensemble. Or, précisément, Kiaer insiste sur le fait suivant : « Alors que, auparavant, les investigations concernant les revenus, les habitations et autres conditions économiques et sociales, n’étaient pas étendues d’une manière analogue à toutes les classes de la société […], dorénavant, même en n’envisageant que la question ouvrière proprement dite, on doit comparer la situation économique, sociale, morale, des ouvriers à celles des classes moyennes et des classes riches. » De fait, les études statistiques sur les inégalités sociales selon les catégories socioprofessionnelles se développeront largement grâce aux enquêtes par sondage, mais beaucoup plus tard, à partir des années 1940. Ce développement sera alors concomitant de celui des diverses formes de redistribution de l’État-providence. En 1895, la formulation de Kiaer était très nouvelle. On ne saurait mieux exprimer l’hypothèse de comparabilité démocratique impliquée par l’État-providence, c’est-à-dire un État qui assure les mêmes droits sociaux à tous les citoyens. Or cette hypothèse ne pouvait être envisagée, au XIXe siècle, par les réformateurs charitables qu’étaient des enquêteurs « monographiques » comme Villermé ou Le Play, dont les enquêtes portaient exclusivement sur les pauvres. Observateurs (bourgeois) et observés (pauvres) appartenaient alors à des planètes différentes, tandis que, à partir de Kiaer, puis plus tard de Neyman, tout le monde est rassemblé dans la même « urne », que ce soit celle de Bernoulli ou celle du suffrage universel. Il ne suffisait donc pas que l’outil soit validé scientifiquement, sur son versant « outil de preuve », comme le fera Neyman en 1934. Il fallait aussi qu’il soit validé socialement, pour qu’il puisse jouer son rôle d’« outil de coordination », c’est-à-dire de langage commun accepté par tous les acteurs sociaux. On en a vu ci-dessus un exemple a contrario, avec les controverses récentes suscitées, aux États-Unis, par le projet du Census Bureau de corriger les sous-évaluations du recensement de la population par des méthodes de sondage probabiliste.

Le télescopage entre les questions de recensement des quartiers pauvres avec une lecture littérale de la Constitution de 1787 a fait ressurgir, dans le contexte des controverses politico-juridiques américaines, des objections contre la méthode des sondages, que l’on pouvait penser disparues depuis un siècle. À chaque étape de l’histoire, deux volets distincts de l’argument statistique sont ainsi combinés de façon particulière. L’un, scientifique est celui de l’outil de preuve, familier des statisticiens formés à l’école de Neyman. L’autre, politique, est celui de l’outil de coordination, qui intéresse le sociologue et le politologue. C’est bien pour cela que l’on ne peut séparer l’histoire des sciences et l’histoire de l’État, et c’est la combinaison de ces deux histoires qui en fournit le sel.

 



Les nouveautés numériques du 6 juin 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit le jeudi 6 juin de 2 nouveaux titres.

 

* La guerre au Mali - sous la direction de Michel Galy

C’est un ambitieux travail d’analyse et de mise en perspective que proposent les auteurs de ce livre. Spécialistes de la région et des mouvements qui y agissent, ils rappellent le contexte général d’une crise qui dépasse le simple théâtre malien. Ils identifient les enjeux soulevés par le conflit et clarifient les positions, officielles et officieuses, des différents acteurs. Que se passe-t-il réellement au Mali ? Pour quelles raisons la France y a-t-elle envoyé son armée ? Qui sont ces « Touaregs » dont on parle tant mais que l’on connaît si mal ? Qui se cache derrière cette galaxie « djihadiste » particulièrement nébuleuse ? Quelles seront les conséquences humanitaires de ce conflit protéiforme ?
Parce que la « crise malienne » est loin d’être terminée et parce que les conséquences de l’opération Serval se feront durablement sentir, ce livre est indispensable pour comprendre ce qui se joue au Sahel et au Sahara.

 

* La diplomatie de connivence - Bertrand Badie

Depuis la chute du Mur de Berlin, le système international est devenu une sorte d'énigme. Vit-on désormais dans un monde « post-bipolaire », « unipolaire » ou « multipolaire » ? Derrière ce flou terminologique se dissimule une continuité profonde : la prétention des plus « grands » de se partager le pilotage du monde. On retrouve aujourd'hui cet entêtement oligarchique dans les nouveaux « directoires du monde » que seraient le G8 puis le G20. La « diplomatie de connivence » est examinée ici dans son histoire, ses fonctions, et ses échecs, une manière d'explorer aussi la notion de « système international ».

 

 

Les nouveautés numériques du 28 mars 2013

Notre catalogue s'enrichit de 7 nouveaux epub.

À découvrir ou redécouvrir !

 

* Dexia, une banque toxique - Nicolas Cori et Catherine Le Gall

Les folles dérives de la finance mondiale ont touché nos communes, nos hôpitaux et nos HLM. Dexia, l’ex-Crédit local de France, leur a vendu des milliers d’emprunts structurés, devenus toxiques, dont les taux d’intérêt explosent : aujourd’hui, la banque est à l’agonie et ne doit sa survie qu’au soutien des États belges et français. Qui va payer la facture (estimée, au minimum, à 10 milliards d’euros) ? Que ce soit l’État ou les collectivités locales, ce seront bien les contribuables qui, in fine, devront assumer les dégâts de ce véritable scandale financier. Comment Dexia, en qui les acteurs locaux avaient toute confiance, a-t-elle pu les entraîner dans les pires travers de la spéculation financière ?
Pour répondre à cette question, ce livre propose une plongée dans les coulisses d’une banque aux ambitions démesurées, dont les dirigeants, poussés par l’appât du gain, ont sacrifié l’intérêt de leurs clients.

 

* Salle de shoot - Pierre Chappard et Jean-Pierre Couteron

Ce livre revient sur toutes ces années où les usagers de drogues illicites ont été les boucs émissaires d’une politique démagogique. Écrit à quatre mains par un usager de drogues activiste et un professionnel des addictions, il montre comment les salles de consommation s’inscrivent dans une politique au service de la santé de tous et au service de la citoyenneté partagée. Il est aussi un cri d’espoir, et un appel pour une politique des drogues plus humaine et plus efficace.

 

* Un combat pour la justice - Henri Leclerc

Henri Leclerc est un des plus grands avocats pénalistes français. Il a mené, durant près de quarante ans, une remarquable carrière d'avocat engagé qu'il retrace dans ce livre d'entretien. On y découvrira les multiples facettes de son combat pour la justice, une analyse fouillée des rouages et des engrenages judiciaires, et, au-delà, une approche originale des grandes évolutions politiques et juridiques de la société française contemporaine.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1994.)

 

* Histoire de la biologie moiléculaire - Michel Morange

Nombre de progrès les plus spectaculaires enregistrés aujourd’hui dans les sciences de la vie sont les fruits d’une discipline très récente, la biologie moléculaire, née dans les années 1940. Ce livre retrace l’histoire passionnante — et trop peu connue — de cette jeune science. En mobilisant systématiquement les nombreuses études spécialisées, peu connues du public français, et ses propres recherches, Michel Morange offre ici aux lecteurs non spécialistes des explications claires sur une théorie et des techniques complexes, et apporte aux spécialistes une mise en perspective historique indispensable pour mieux comprendre les enjeux actuels des recherches en biologie.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la 2e édition de 2003.)

 

* Le complexe du loup-garou - Denis Duclos

Pourquoi y a-t-il autant de « sérial killers » aux États-Unis ? Pourquoi la « production culturelle » américaine (film, télévision, livres) est-elle aussi imprégnée de violence et de cruauté ? Denis Duclos apporte ici une réponse inattendue à cette énigme, grâce à une enquête approfondie au cœur de la culture de la terreur.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la 2e édition de 2005.)

 

 

* Massacres coloniaux - Yves Benot

Mobilisant l'ensemble des documents disponibles, l'auteur montre comment et pourquoi les gouvernements de la IVe République, bien peu soucieux du respect de la légalité républicaine, ont choisi la voie de la répression sauvage pour préserver la cohésion de l'Empire français. Et il analyse aussi les débats auxquels cette politique a donné lieu en France même, en mettant en lumière l'opposition de certains intellectuels, de ceux des clercs qui n'ont pas trahi comme Jean-Paul Sartre ou Paul Ricœur.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la 3e édition de 2005.)

 

* Cette douce certitude du pire - Miguel Benasayag et Edith Charlton

Cette douce certitude du pire est la seule qui reste dans cette époque qui proclame haut et fort la fin des utopies et de l'histoire. Les autres certitudes - surtout celle des lendemains qui chantent - ont disparu ; et nos contemporains s'accommodent volontiers du discours post-moderne pour lequel le monde et la vie ne changeront plus, et le pire est devenu acceptable. C'est ce discours que récusent les auteurs de cet essai. Les auteurs interrogent cet étonnant retournement qui a fait du sens commun le seul critère de véracité et de sérieux des opinions.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2001.)

 

 

 

 

 

 

 

Les nouveautés numériques du 18 juillet 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit le jeudi 18 juillet de 2 nouveaux titres.

 

* Les pierres crieront - Molyda Szymusiak  

Unique survivante de sa famille, Molyda a dictée à ses parents adoptifs le récit de l'agonie des siens sous le régime des Khmers rouges. Elle avait douze ans lorsque les troupes de Pol Pot occupèrent Phnom Penh le 17 avril 1975. Ce récit est accablant par sa simplicité. Ce n'est pas une prise de parole politique, mais l'égrènement impitoyable de longues journées de faim, de peur, de silence, de travail forcé.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1984.)

 

 

* La communication-monde -  Armand Mattelart

  Du télégraphe au satellite, des grandes agences de presse aux bases de données, l'internationalisation et la multiplication des réseaux et des flux de communication n'ont cessé, au cours des deux derniers siècles, de déplacer les bornes de la planète : un bouleversement sans précédent dans l'histoire de l'humanité. C'est la genèse de cette communication-monde, indissociable de l'économie et de la société-monde qu'Armand Mattelart retrace dans ce livre, resté un ouvrage de référence depuis sa publication en 1992.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la seconde édition de 1999.)  

 

 

« Écritures de l’histoire » : une nouvelle collection de sciences humaines

Sous la direction de Christian Delacroix, François Dosse et Patrick Garcia

La présence du passé dans l’espace public n’est pas une nouveauté, mais elle gagne en force et en intensité, entrant en résonance avec l’inflexion historiographique et réflexive qui touche aujourd’hui la discipline historique. C’est à ces évolutions qui concernent à la fois l’histoire qui s’écrit et les usages de l’histoire qu’entend répondre, par la publication d’études de cas, cette nouvelle collection.

 

Notre temps présent n’a plus les certitudes d’hier. La perception du futur étant de plus en plus opaque, le rapport au passé s’en trouve modifié. Le lien qu’avait longtemps assuré le présent entre un passé inépuisable réservoir de leçons et un futur qui indiquait au présent lui-même sa direction vers un progrès toujours renouvelé s’est brisé, notamment sous l’impact conjoint de l’épuisement des eschatologies et des coups de butoir des mémoires demandeuses de reconnaissance et de réparations pour les « passés qui ne passent pas ». L’histoire est devenue champ de batailles, lieu d’intenses débats et controverses qu’il nous appartient de revisiter.

 

Comme y invitait Michel de Certeau, il s’agit avec cette collection de donner à lire l’échafaudage de l’historien et de s’interroger sur le discours qu’il tient sur la fabrique de l’histoire. L’historien a perdu son vieux privilège d’extra-territorialité temporelle et spatiale, il est désormais considéré comme irrémédiablement lié à un moment, à un lieu, à une institution. La prise en compte de cette inscription alimente de nouvelles manières de faire de l’histoire, qui ne relèvent pas de quelque complaisance des historiens vis-à-vis d’eux-mêmes mais de la prise de conscience que l’écriture historienne n’est pas un simple reflet passif du réel, fût-elle bien informée et documentée, mais qu’elle résulte d’une tension indépassable entre le souci de rendre compte de ce qui s’est passé et d’un questionnement qui émane, pour l’essentiel, du présent de l’historien.

 

Ce détour historiographique et réflexif a pour ambition d’exhumer la pluralité des écritures de l’histoire afin de mieux comprendre le prix payé par chacune des ruptures opérées pour que le discours historique conforte son autonomie et son régime de vérité singulier dans un contexte marqué par un régime de pluralisme théorique revendiqué.

 

Premiers titres à paraître en avril 2013

Olivier Forlin, Le Fascisme

Philippe Joutard, Histoire et mémoires, conflits et alliance

À venir

Emmanuelle Sibeud, Empires et colonisations : une histoire à réinventer ?

Th ierry Paquot, De l’histoire des villes à la géohistoire de l’urbanisation

Emmanuel Fureix et François Jarrige, Faire l’histoire du XIXe siècle

Anne Grynberg, Historiographie de la Shoah

Michela Passini, Histoire de l’Art. Pour une historiographie critique


Les nouveautés numériques du 25 avril 2013

Notre catalogue s'enrichit de 3 nouveaux epub.

À découvrir ou redécouvrir !

 

* Histoire et mémoires, conflits et alliance - Philippe Joutard

Ce livre, qui inaugure une nouvelle collection « Écritures de l'Histoire », s’interroge sur l’empire actuel de la mémoire - ses origines, ses précédents, sa place dans des sociétés plus anciennes. Il la confronte à cet autre rapport au passé qu’est l’Histoire, fruit de la rationalité, prenant ses distances, à vocation universelle, cherchant modestement, mais obstinément, une parcelle de vérité.
La mémoire oblige les historiens à s’interroger sur leur métier et leur fournit de nouveaux objets d’étude et la possibilité de saisir une réalité qui leur échappe. En contrepartie, l’histoire est le seul moyen d’apaiser les mémoires blessées et la meilleure manière de vaincre l’oubli et de prémunir des excès mémoriels.

 

 

* Le fascisme - Olivier Forlin

Centré sur l’analyse des interprétations et des débats historiographiques autour du fascisme historique, cet ouvrage se propose également d’examiner les phases où ces débats ont pris l’allure de controverses qui ont vu converger renouveau historiographique, enjeux de mémoire et contexte de crise politique.

 

 

* Les frontières de la démocratie - Étienne Balibar

À l’intérieur comme à l’extérieur de l’espace national, les frontières (entre États et groupes sociaux, étroitement imbriquées aujourd’hui) sont le point où la démocratie s’arrête. Elles sont aussi le seuil de son expansion possible, de son progrès. Tel est le thème commun aux treize essais politiques et philosophiques composant ce recueil. Rédigés entre 1981 et 1991, ils proposent une réflexion suivie sur quelques unes des grandes questions qui, en France et en Europe, auront marqué la décennie : progression du racisme et des nationalismes, crise du socialisme et effondrement du communisme réel, exclusions et inégalités, mais aussi mouvements pluriculturels et nouvelles dimensions de la citoyenneté.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1992.)

 

 

 

 

Les nouveautés numériques du 29 août 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit de deux nouveaux titres au format epub (et toujours sans DRM) :

 

* La littérature à quel(s) prix ? - Sylvie Lucas
 

Les prix littéraires sont une « exception française » mal connue : s’ils prolifèrent en France, ils se diversifient selon des logiques très diverses liées à une « économie du prestige » complexe. Cette enquête, menée à partir de nombreux entretiens auprès d’écrivains et de professionnels du livre, cherche à éclairer cette complexité afin de saisir les nouvelles configurations de la condition littéraire contemporaine.
Avec les prix, ce sont des reconfigurations majeures du monde littéraire qui se donnent à lire : déclin de la fonction sociale et de l’autorité symbolique de l’écrivain ; déclin du livre comme objet sacralisé ; déclin de la lecture et mutations des pratiques culturelles ; métamorphoses de l’expertise littéraire ; figurations nouvelles du littéraire. 
De l’homme de lettres d’hier à l’écrivain minuscule d’aujourd’hui, ce sont bien les effets à la fois structurants et paradoxaux des prix littéraires que ce livre cherche à pointer. Structurants : les prix régulent un marché et une offre, contrôlent et font perdurer une certaine idée de la littérature en l’ouvrant au plus grand nombre, proposent une définition normée de la lecture et du goût. Paradoxaux : les prix inscrivent l’écrivain dans une communauté, mais le fragilisent dans sa singularité ; ils obéissent à un protocole réglé dont l’écrivain ne décide pas des règles ; ils mettent en lumière mais n’aident pas à durer. 
Cet ouvrage se veut une contribution à l’histoire culturelle du statut de l’auteur qui interroge l’effondrement de son rôle social dans la sphère publique.

 

 

 

* Classes préparatoires - Muriel Darmon
 

Qui sait ce qui se passe réellement aujourd’hui derrière les murs des classes préparatoires ? Accusées de tous les maux – fabriquer des crétins ou désespérer leur jeunesse – ou célébrées comme formation d’« élite » – dans l’oubli de sa contribution à la reproduction sociale –, les « prépas » sont en réalité très mal connues. Cette première enquête ethnographique sur les classes préparatoires vient donc combler un manque et remettre en question nombre d’idées reçues.
Au travers d’une analyse très originale de l’« institution préparatoire », Muriel Darmon nous montre quels types de sujets y sont « fabriqués ». Elle met ainsi au jour les dispositifs de pouvoir qui s’y exercent, la manière dont l’institution produit une certaine forme de violence envers les élèves tout en étant soucieuse de leur bien-être, comment elle opère en individualisant à l’extrême plutôt qu’en homogénéisant et comment, ce faisant, elle renforce sa prise sur les individus.
L’enjeu est de transformer les élèves en « maîtres du temps », aimant gérer l’urgence et haïssant les temps morts, et de leur faire intégrer un savoir critique légitime tout en valorisant leur capacité à appliquer des « recettes ». Ce faisant, c’est aussi à devenir dominant, à s’adapter aux nouvelles exigences du monde du travail et à y occuper des positions élevées que les prépas forment la jeunesse.


Les nouveautés numériques du 11 juillet 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit le jeudi 11 juillet de 8 nouveaux titres.

 

* L'international publicitaire - Armand Mattelart

 
Armand Mattelart montre la diversité et la sophistication des stratégies nationales par les agences de publicité internationales. Mais il s'intéresse aussi à la logique globale de ce secteur en expansion et explique en détail ses évolutions. Il montre enfin comment cette dynamique contamine la presse - Reader's Digest, Newsweek, Elle, etc. - et en plus généralement les médias - y compris le cinéma -, entraînant une mondialisation du contenu rédactionnel et l'adoption d'une langue internationale.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1989.)

 

 
* La communication par la bande - Daniel Bougnoux

 
Ce livre a pour ambition de présenter les différentes théories de la communication et de l'information en les articulant entre elles, et d'ajuster ainsi l'offre pédagogique à la demande d'un large public, en particulier des étudiants. L'auteur a choisi une forme d'exposition originale : l'évocation d'une quinzaine de bandes dessinées lui sert d'ouverture à l'exposé des principaux problèmes et théories.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 1998.)

 

 

* La fascination de l'islam - Maxime Rodinson

 
La fascination de l'islam réunit deux études : l'une sur les étapes du regard occidental sur le monde musulman, du Moyen Âge au XXe siècle, et l'autre, sur les études arabes et islamiques en Europe, particulièrement précieuse pour en comprendre les évolutions récentes.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la troisième édition de 2003.)

 

 

*  Les années souterraines - Daniel Lindenberg

 
 Daniel Lindenberg s'attache ici au travail souterrain des idées qui caractérisent le mieux l'ensemble la période 1937-1947. Celle de communauté est indéniablement la plus importante. Et l'identité culturelle, comme expression active d'une « unité socio-géographique », est revendiquée aussi bien par Georges Dumézil que par Gaston Roupnel.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1990.)  
 

* Le modèle EDF - Michel Wieviorka et Sylvaine Trinh

 

Que reste-t-il du modèle EDF, mis en place en 1946, de cette formule que beaucoup ont cru et voulu exemplaire ? Que subsiste-t-il de cet ensemble intégré de relations entre les dirigeants d'une grande entreprise nationale et divers acteurs, CGT, appareils d'État, clientèle industrielle et domestique, etc. ? Où sont désormais la toute confiance dans la science, la raison et le progrès, l'identification à la Nation, l'adhésion à la notion de service public, qui apportèrent sa cohésion au modèle EDF ? Au fil d'une longue et exigeante recherche, Michel Wieviorka et Sylvaine Trinh ont d'abord organisé une série de rencontres où tous les acteurs impliqués ont eu l'occasion de vivre avec les dirigeants de l'entreprise des débats approfondis.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1989.)

 

 

* La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance - Paul Ariès

 
Dans ce livre, Paul Ariès pulvérise avec brio les idéologies du progrès et de la croissance qui continuent à coloniser notre imaginaire. Son livre se situe dans la tradition du droit à la paresse, du vivre et travailler au pays, de l'éloge de la lenteur ou même de la pauvreté évangélique. Mais il va au-delà des thèses habituelles de la décroissance dont il est l'un des théoriciens. À partir d'une (re)lecture systématique de tous les courants des gauche, (socialisme utopique, libertaire, chrétien, marxiste officiel et hétérodoxe), il revient sur le combat qui oppose depuis deux siècles gauches productiviste et antiproductiviste.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2012.)

 

 
* Science et pouvoirs - Isabelle Stengers

 
Depuis que nos sociétés se veulent démocratiques, le seul argument d’autorité quant à ce qui est possible et ce qui ne l’est pas provient de la science. C’est cette fausse évidence, cette étrange identification des pouvoirs et des sciences qu’Isabelle Stengers conteste ici de manière radicale. En analysant la manière dont les sciences et les pouvoirs répondent à certaines questions — qu’est ce qu’une drogue ? Qu’est-ce qu’un microbe ? Comment guérit-on ? —, elle montre que cette image correspond plus à une légende dorée qu’à la réalité de la science « telle qu’elle se fait ». Et que loin de s’opposer, science et démocratie sont liées de manière cruciale.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la seconde édition de 2002.)

 

 

* Penser la liberté - Miguel Benasayag

 
Aujourd'hui, le conformisme réaliste s'est substitué au mythe du progrès. Et il est vrai que la logique déterministe qui sous-tendait ce dernier est définitivement brisée. Le psychanalyste et philosophe Miguel Benasayag s'attaque ici aux questions qu'implique ce problème. Pour y répondre, il analyse les deux grandes ruptures historiques qui marquent à ses yeux l'évolution de l'idée de liberté, la « rupture nominaliste » et la « grande crise de 1900 ». Au terme de ce parcours historique et philosophique, l'auteur explore les pistes d'une rationalité nouvelle, dégagée de toute téléologie.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1994.


Les nouveautés numériques du 23 mai 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit aujourd'hui de 5 nouveaux titres :

 

* Marlène Benquet - Encaisser !

L'auteur, sociologue de formation, a mené pendant trois ans (de 2008 à 2010) une enquête sur une des principales entreprises françaises de grande distribution, implantée dans de nombreux pays étrangers. Elle est d’abord devenue caissière. Puis, elle a fait un stage au siège social du groupe et un autre à Force ouvrière, le principal syndicat de l’entreprise. Une enquête en immersion exceptionnelle, en même temps qu'une réflexion sur les réalités du monde du travail et du capitalisme financier.

 

* Nathan Weinstock - Le Pain de misère

De 1880 à 1940, le mouvement ouvrier juif fut une force généralement décisive dans la vie et l’évolution des communautés juives européennes. Nathan Weinstock, en une vaste fresque, en a restitué la diversité des organisations, partis, syndicats et journaux. Sa connaissance du yiddish, langue dans laquelle pour l’essentiel s’exprimaient les revendications des artisans et des travailleurs, lui a permis d’exhumer des textes qui sont autant de facettes d’une foisonnante activité ouvrière.

 

* Paul Ariès - Le socialisme gourmand

Pour l'auteur, la gauche est responsable de ses impasses. Elle a choisi de sacrifier les bourses du travail, le mouvement coopératif ; elle n’a pas voulu mener la lutte des classes dans le domaine des modes de vie ; elle a choisi d’intégrer les milieux populaires dans la nouvelle économie matérielle et psychique du capitalisme. Elle n’a rien compris à l’antiproductivisme et aux conséquences des luttes écologiques.

 

* Olivier Neveux - Politiques du spectateur

Face au monde, ses crises et son devenir, un théâtre s’invente. Il réagit, dénonce, explique, illustre, propose : ce théâtre est politique et s’inscrit dans une longue histoire. Mais ce théâtre d’aujourd’hui n’est pas homogène, il défend des orientations politiques dissemblables, et fait en particulier de la place accordée au spectateur le lieu d’enjeux différents. En effet, la politique au théâtre se découvre aussi et de façon décisive dans le rapport que le spectacle entend entretenir avec son spectateur.
C’est à travers ce prisme qu’Olivier Neveux propose d’analyser le champ théâtral politique à l’heure du néolibéralisme, offrant là une cartographie originale pour se repérer dans la masse importante des spectacles qui le composent.

 

* Achille Mbembe - Sortir de la grande nuit

La décolonisation africaine n’aura-t-elle été qu’un accident bruyant, un craquement à la surface, le signe d’un futur appelé à se fourvoyer ? Dans cet essai critique, Achille Mbembe montre que, au-delà des crises et de la destruction qui ont souvent frappé le continent depuis les indépendances, de nouvelles sociétés sont en train de naître, réalisant leur synthèse sur le mode du réassemblage, de la redistribution des différences entre soi et les autres et de la circulation des hommes et des cultures. Cet univers créole, dont la trame complexe et mobile glisse sans cesse d’une forme à une autre, constitue le soubassement d’une modernité que l’auteur qualifie d’« afropolitaine ».

 

L'espace

Thème de culture générale HEC 2014
Petite bibliographie sur le thème de culture générale pour le concours d'entrée à HEC : L'espace.

Absolu // relatif //paradoxal // construction géométrique // infini // social // indivisible // divin // habité // cybernétique

L'espace, c'est cela et plus. Quelques pistes pour travailler dans ses livres :

 

* Espace et lieu dans la pensée occidentale - Sous la direction de Thierry Paquot et Chris Younès

Que représentent l’« espace » et le « lieu » pour les philosophes ? Quelle place occupent ces « notions » dans les différents systèmes de pensée ? Sont-elles synonymes ? Ont-elles des sens qui changent avec les découvertes scientifiques (en géométrie, en physique, en astronomie…) ? Comment sont-elles, ou non, liés au concept de temps ? Ont-elles à voir avec d’autres thèmes, comme le territoire, la ville et la campagne, le paysage ? Pour la première fois, en langue française, un ouvrage rassemble les contributions de philosophes confirmés, qui explorent la pensée d’auteurs majeurs de l’histoire intellectuelle occidentale en privilégiant l’espace et le lieu. Ce livre collectif complète Le Territoire des philosophes (La Découverte, 2009), qui se focalisait sur les penseurs du XXe siècle.
Dix-neuf auteurs, de Platon à Nietzsche, sont ici questionnés quant à leur usage théorique de l’espace et du lieu, alors même qu’ils sont, pour la plupart, célèbres pour d’autres concepts et apports. Les contributeurs s’efforcent de situer la pensée de leur auteur dans son temps et dans la longue géohistoire des idées. La philosophie est ici entendue à la fois comme un « art de vivre » et une manière de comprendre le monde, deux dimensions inséparables dans la saisie et de l’espace et du lieu. Tout être humain est « spatio-temporalisé » et c’est seulement en ce sens qu’il habite la Terre et en fait sa demeure.

 

* Le territoire des philosophes - Sous la direction de Thierry Paquot et Chris Younès

L’espace, le lieu, le territoire, la ville, le paysage ne sont pas des sujets étudiés prioritairement par les philosophes contemporains, alors même que l’urbanisation représente dorénavant un phénomène planétaire. Pourtant certains les considèrent avec sérieux : qu’ils reviennent au topos ou à la khorâ des philosophes grecs, qu’ils discutent de l’apport des éthologues et autres naturalistes sur les processus de territorialisation propre à la faune et à la flore, qu’ils explorent le cyberspace, arpentent les réseaux télécommunicationnels ou errent dans les mégapoles et banlieues des villes plus ou moins hospitalières, ils nous aident à penser le devenir urbain de l’être.
Cet ouvrage original et pionnier offre au lecteur un éventail des théories qui accordent au territoire spécifique à l’existence humaine une place essentielle. Ainsi, vingt philosophes du XXe siècle – Simmel, James, Bergson, Heidegger, Weil, Bachelard, Merleau-Ponty, Arendt, Jonas, Wittgenstein, mais aussi Lefebvre, Derrida, de Certeau, Levinas, Foucault, Deleuze et Guattari, Maldiney, Nancy, Sloterdijk – se trouvent présentés par de jeunes philosophes et de plus anciens, tous confirmés.
À l’heure des migrations – forcées ou non –, du défi environnemental, de la « crise » des banlieues, du mal-être croissant dans des formes indignes d’habitation, de la discontinuité des géographies intimes, il est grand temps de s’interroger sur les liens que les humains entretiennent avec les lieux et la terre.

Également disponible sur Cairn

 

* L'espace public - Thierry Paquot

Au singulier, l'espace public désigne la sphère du débat politique, la publicité des opinions privées, qui participent à la vie commune en devenant publiques. Au pluriel, les espaces publics, depuis une trentaine d'années en France, correspondent au réseau viaire, rues et boulevards, places et parvis, parcs et jardins, bref à toutes les voies de circulation qui sont ouvertes au public. Les deux ont, par conséquent, à voir avec la communication.
La mondialisation de l'économie capitaliste, la révolution communicationnelle, la mutation des supports médiatiques (appartenant à une poignée d'entreprises), le déploiement de la vidéosurveillance, la construction de murs, la privatisation de nombreux territoires urbains « effacent » les espaces publics, entravant ainsi l'émergence d'expériences alternatives. L'urbanisation planétaire, avec les centres commerciaux, le tourisme de masse, le mobilier urbain, les enclaves sécurisées, etc., transforme les usages des espaces publics et les uniformise. Pourtant, des résistances se manifestent (spectacles de rue, code de la rue, cyber-rue, etc.) et associent aux espaces publics, gratuits et accessibles, l'esprit de la ville.

Également disponible sur Cairn

 

* La condition cosmopolite - Michel Agier

La mondialisation libère les uns et oppresse les autres. Et dans cette partition du monde, chacun est renvoyé à une identité prétendument essentielle et « vraie ». D’où un véritable « piège identitaire », négation de l’autre et de sa subjectivité, parfois justifié par l’anthropologie – à l’opposé de sa vocation humaniste et critique. Face à ce défi, le regard contemporain sur le monde doit être repensé, en dépassant le relativisme culturel et ses « ontologies » identitaires.
Dans ce livre, Michel Agier prend une position résolument « décentrée », invitant le lecteur à reconsidérer les sens et les usages de la frontière : lieu de passage, instable et sans cesse négociée, elle nous fait humains en instituant la place et l’existence sociale de chacun tout en reconnaissant celles des autres. Le mur est son contraire : il incarne le piège identitaire contre l’altérité.
Cette enquête sur l’état du monde et sa violence, sur les frontières et les murs, sur le sens des mots (« identité », « civilisation », « race », « culture ») propose ainsi une réflexion originale sur la condition cosmopolite, figure à double face : d’un côté, l’étranger absolu, global et anonyme, que dessinent les politiques identitaires sous des traits effrayants ; de l’autre, le sujet-autre, celui qui venant de l’extérieur de « mon identité », m’oblige à penser tout à la fois au monde, à moi et aux autres. En plaidant pour la validité de l’approche anthropologique, Michel Agier cherche ici à dépasser le piège identitaire, à montrer que d’autres manières de penser sont possibles. Réapprendre à passer les frontières où se trouve l’autre, à les reconnaître et à les fréquenter, est devenu l’un des enjeux majeurs de notre temps.

Également disponible au format Epub

 

* La nouvelle économie géographique - Matthieu Crozet et Miren Lafourcade


La région Île-de-France, dont la superficie n’excède pas 2 % du territoire national, accueille plus de 23 % des entreprises françaises. Quelles sont les forces qui poussent les activités économiques à se concentrer ainsi dans l’espace ? Les zones éloignées des grands marchés sont-elles condamnées au sous-développement ? Pourquoi certaines entreprises sont-elles tentées de se délocaliser et pourquoi toutes ne le font-elles pas ? Que peut-on attendre des politiques d’attractivité et d’aménagement du territoire ?
La science économique a longtemps cantonné l’espace en marge de la discipline. Le renouvellement de l’économie géographique, amorcé dans les années 1990, a comblé ce manque. La nouvelle économie géographique analyse les mécanismes qui expliquent le modelage de l’espace économique. Cet ouvrage présente de façon rigoureuse ces nouvelles théories, détaille les principales études empiriques qui leur sont associées et expose les implications de politique économique qui en découlent.

Également disponible chez Cairn

 

* Économie géographique du développement - Jean-Claude Prager et Jean-François Thisse

Quelles sont les principales raisons du développement inégal des territoires ? L’économie géographique, mais aussi l’histoire économique, permettent de comprendre pourquoi la croissance économique et ses deux sources principales, le capital humain et l’innovation, sont des phénomènes localisés dont la diffusion dans l’espace est lente et imparfaite.
Si la proximité des ressources naturelles a largement vu son importance décliner, cela n’implique pas que distance et localisation aient disparu de la vie économique. Au contraire, les travaux les plus récents mettent en évidence les forces qui façonnent la nouvelle division spatiale du travail, laquelle repose principalement sur les grandes métropoles ou régions urbaines. Paradoxalement, la réduction des coûts de transfert des biens et de l’information a permis une telle évolution.
La mondialisation accélérée des dernières décennies n’est donc pas celle d’un monde plat : elle a ses pics de prospérité et laisse en arrière ou bouscule un grand nombre de territoires, alors que dans certains pays moins avancés la pauvreté semble s’ancrer comme une marque indélébile des malchances conjuguées de l’histoire et de la géographie.

Également disponible sur Cairn

 

* Sociologie des villes - Yankel Fijalkow

Tokyo, New York, Los Angeles, Londres, Johannesbourg, Paris, Jérusalem, Montréal… Le phénomène urbain s’étend sur la planète. Bien que diverses, les villes constituent la forme sociale de la modernité. Certaines expériences d’urbanisme mobilisent les recherches en sciences sociales. Comment les groupes sociaux s’adaptent-ils aux espaces urbains ? Existe-t-il des lieux criminogènes ? La ville crée-t-elle des communautés ou des solitudes ? Comment s’opère la distribution des classes sociales ? La mixité sociale est-elle possible et organisable ? Qui gouverne la cité ? La participation des habitants est-elle envisageable ? Que signifie un aménagement urbain durable ?
Ce livre propose des éléments de réponse en mobilisant les résultats de nombreuses recherches sociologiques et un guide méthodologique original. Au-delà des étudiants en sciences sociales, il s’adresse à ceux qui sont confrontés à l’acte d’aménager l’espace : ingénieurs, architectes, développeurs locaux, travailleurs sociaux, élus, associations d’habitants.

Également disponible sur Cairn

 

 

Les nouveautés numériques du 20 juin 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit le jeudi 20 juin de 2 nouveaux titres :

 * La sorcellerie capitaliste - Philippe Pignarre et Isabelle Stengers

C’est entendu : il existe une horreur économique. Mais la dénoncer ne suffit pas : si la dénonciation était efficace, il y a longtemps que le capitalisme aurait disparu… Les auteurs appellent « capitalisme » ce système qui nous saisit à travers des alternatives infernales, du type : « Si vous demandez des droits supplémentaires, une augmentation de salaire, vous favorisez les délocalisations et le chômage. » Comment ne pas être paralysé ? D’autres peuples ont appelé cela un système sorcier. Et si ce n’était pas une métaphore ? Et si c’était même le meilleur nom que l’on pouvait donner à la prise que le capitalisme exerce sur nous, nous aidant, du coup, à réfléchir aux manières dont nous pouvons avoir prise sur lui ? Pourquoi avons-nous été si vulnérables à un tel système ? Comment se protéger ? Certaines idées de gauche, et d’abord la croyance dans le « progrès », n’auraient-elles pas donné au capitalisme le moyen de nous rendre impuissants ? Ce livre s’adresse à celles et ceux qui refusent la résignation. Il affirme l’importance politique de l’action de collectifs capables de créer de nouvelles manières de résister à ce que nous subissons, et la nécessité d’une culture d’apprentissage et de relais, car nous avons besoin des savoirs que produit et demande la construction de tels collectifs. C’est par la question pragmatique « comment faire prise » que les auteurs prolongent le cri lancé à Seattle : « Un autre monde est possible ! »

 

* Le nouveau gouvernement du monde - Georges Corm

Alors que la crise de 2007-2009 a révélé à tous les méfaits de la mondialisation et de la spéculation financière, rien ne change, malgré les dénonciations qui se multiplient de tous bords. Pour comprendre les racines de cette inertie mortifère des décideurs économiques et politiques mondiaux, l'auteur explore dans ce livre les mécanismes permettant la reproduction de cette « civilisation des affaires en déclin » (Robert Heilbroner). Il analyse notamment les sources intellectuelles de ce pouvoir mondialisé : le néolibéralisme se nourrit d’un idéalisme simpliste qui rappelle l’esprit doctrinaire du socialisme « scientifique ». Cette économie-fiction néolibérale, décalque inversé de l’économie-fiction marxiste, a envahi les cours de millions d’étudiants, futurs cadres du pouvoir mondialisé. S’appuyant notamment sur son expérience de consultant international, Georges Corm propose une critique mordante de la structure et du fonctionnement de ce pouvoir et de ses horizons culturels.
Il plaide ici pour une « démondialisation » raisonnée des esprits et des systèmes économiques dans un monde ouvert, pour une économie solidaire et humaine par le rétablissement des cohérences spatiales, la fin des dogmatismes et la réhabilitation des valeurs d’éthique et d’équité dans l’enseignement de l’économie.

 

Lectures de l’été : une sélection de livres pour comprendre et agir

 

Les livres de l’année qui vous ont échappé

 

* La fabrique du Paris révolutionnaire –David Garrioch

 

[Extrait]

Comment Paris a-t-il pu produire cette révolution ? (Je parle ici de la révolution parisienne, non de la révolution française dans sa globalité.) Comment une ville caractérisée par un niveau de violence assez faible et une apparente passivité politique a-t-elle pu provoquer un soulèvement qui allait transformer l’Europe ? D’où sont venues l’énergie et la motivation qui ont conduit des milliers de personnes à sacrifier autant de temps, d’effort et d’argent – et même la vie, s’agissant des milliers de Parisiens engagés volontairement dans les armées révolutionnaires ? Où ont-elles puisé ce souffle, cet héroïsme, cette foi ? Si cela est venu en partie des Lumières, comment une ville qui incarnait ce mouvement philosophique, une ville qui se caractérisait par une prospérité matérielle croissante, par un humanisme et une tolérance religieuse de plus en plus grands, par un niveau d’alphabétisme et d’instruction remarquablement élevé et par une extraordinaire confiance dans la perfectibilité du genre humain, comment Paris, donc, a-t-il pu devenir la scène de la violence révolutionnaire, de l’extrémisme, des persécutions et des bains de sang ? Ces questions hantent tous les écrits sur le Paris du XVIIIe siècle et sont au centre de ce livre.

 

 

* La haine de la religion – Pierre Tevanian

 

Également disponible au format epub

 

[Extrait]

C’est l’étonnement, dit Aristote, qui conduit les hommes à philosopher. C’est en tout cas l’étonnement qui est à l’origine de ce livre. Un étonnement mêlé de perplexité, de stupeur, souvent de colère. Un étonnement qui me saisit, depuis maintenant de longues années, face à l’extravagante animosité – mais aussi, et c’est plus grave, la violence en actes – que suscite dans de multiples espaces, à droite mais aussi à gauche, la simple présence d’une adolescente ou d’une femme musulmane portant un foulard. J’ai beaucoup lu ou entendu – il est difficile à vrai dire d’y échapper – les bonnes raisons qui sont invoquées pour justifier cette animosité et cette violence, mais loin de dissiper mon incompréhension, ces argumentaires n’ont fait que la redoubler. Je me suis étonné, notamment, de la manière dont depuis deux décennies le féminisme et la laïcité ont été subitement redécouverts et réinvestis, de l’extrême gauche à l’extrême droite, pour justifier presque toujours des attitudes – mais aussi des lois et des politiques publiques – dont il me paraît assez patent qu’elles ont peu à voir avec l’émancipation des femmes ou la séparation des autorités religieuses et politiques, et beaucoup avec l’obscurantisme et la chasse aux sorcières.

Sur tout cela, j’ai beaucoup échangé, cogité, écrit, mais un autre motif d’étonnement, de stupeur et de colère s’est imposé au fil des années, auquel il me paraît aujourd’hui urgent de réfléchir : la manière dont, à gauche cette fois-ci et non dans l’ensemble du spectre politique, le rejet des femmes voilées – et plus largement des musulmans – s’adosse à un registre argumentatif spécifique qui n’est ni celui de la laïcité en tant que telle ni celui du féminisme, mais celui du combat antireligieux.

 

 

* Contre-histoire du libéralisme – Domenico Losurdo

 

[Quatrième de couverture]

Le libéralisme continue aujourd’hui d’exercer une influence décisive sur la politique mondiale et de jouir d’un crédit rarement remis en cause. Si les « travers » de l’économie de marché peuvent à l’occasion lui être imputés, les bienfaits de sa philosophie politique semblent évidents. Il est généralement admis que celle-ci relève d’un idéal universel réclamant l’émancipation de tous. Or c’est une tout autre histoire que nous raconte ici Domenico Losurdo, une histoire de sang et de larmes, de meurtres et d’exploitation. Selon lui, le libéralisme est, depuis ses origines, une idéologie de classe au service d’un petit groupe d’hommes blancs, intimement liée aux politiques les plus illibérales qui soient : l’esclavage, le colonialisme, le génocide, le racisme et le mépris du peuple.

 

 

* Une autre science est possible – Isabelle Stengers

 

[Extrait]

La lenteur n’est pas une fin en soi et elle ne se résume pas à l’exigence « qu’on nous laisse tranquille » de chercheurs qui continuent à se penser en droit de bénéficier d’un traitement privilégié. Le trajet ici accompli a tenté de donner tant à la lenteur qu’à la rapidité un sens qui, au contraire, lie les chercheurs à tous ceux qui savent que les impératifs de flexibilité et de compétitivité les condamnent à la destruction.

L’enjeu même que constitue la destruction nous renvoie à l’épisode des enclosures, lorsque les communautés paysannes n’ont pas seulement été expropriées de ce qui était pour elles ressource vitale, mais aussi séparées de ce qui les faisait tenir. Avec les communs privatisés, ce sont des savoirs pratiques mais aussi des manières de faire, de penser, de sentir et de vivre qui ont été détruits. Si le capitalisme semble si bien s’accommoder de ce qui, aujourd’hui, se dit État démocratique, c’est qu’ils s’enracinent tous deux dans ce type de destruction. L’individu démocratique, celui qui dit « j’ai bien le droit… », est celui qui s’enorgueillit d’une « autonomie » qui, en fait, renvoie à l’État la charge d’avoir à « penser » les conséquences. Étrange liberté que celle de ne pas avoir à penser. Quant au capitalisme, il a libre cours dans un monde disponible à des redéfinitions qui, toutes, verrouillent notre dépendance à des modes de production supposant et entraînant, à la manière des enclosures, un processus « progressif » de destruction de toute possibilité d’intelligence collective – ce que les institutions de recherche, après tant d’autres, découvrent aujourd’hui.

 

 

* La tyrannie de l’évaluation – Angélique del Rey

 

Également disponible au format epub

 

[Extrait]

En réalité, l’important n’est pas de savoir si on est pour ou contre l’évaluation en général, mais de comprendre comment on en est venu à produire, là où il est question d’évaluer, une telle diminution de la vie sociale : on soigne de moins en moins bien, on éduque plus mal qu’auparavant, on travaille de plus en plus dans la souffrance. Alors que les nouvelles formes d’évaluation entendent « optimiser » le « capital humain » et l’action publique, elles aboutissent à l’évidence au résultat inverse…

Or, si l’on veut expliquer ce paradoxe, il faut retracer la genèse de ces formes afin de comprendre les processus en jeu : comment l’évaluation en est venue à fonder globalement une caricature de méritocratie, d’efficacité, d’objectivité ; comment cela participe d’un nouveau système de pouvoir, très normatif, dans lequel chacun est conduit à s’identifier à ses évaluations ; comment enfin cette nouvelle « servitude volontaire » fait peser une menace sur les processus organiques au fondement de toute vie sociale. Ce livre part en effet de la conviction que si les nouvelles évaluations posent problème, c’est moins du fait de leur illégitimité (même si c’est aussi le cas) que de leur incapacité à respecter les processus à la source de toute vitalité sociale.

 

 

 

Les futurs classiques

 

 

* Éloge du carburateur – Matthew B. Crawford

 

[Extrait]

Mai est-il possible de gagner sa vie décemment en pratiquant un métier manuel ? Ou bien sommes-nous vraiment sur la voie d’une société « postindustrielle » où nous n’aurons guère plus besoin du labeur effectué à la main ? Y sommes-nous déjà installés ? Quelle est la dynamique économique de l’« économie de la connaissance » ? L’objectif de cet ouvrage est de mettre en lumière le potentiel d’épanouissement humain offert par les métiers manuels – la richesse de leurs défis cognitifs et les satisfactions psychiques qu’ils nous offrent -, et non pas de développer des positions politiques ou d’offrir des analyses factuelles sur l’état de l’économie. Reste qu’il peut être utile de prendre en compte certaines analyses économiques susceptibles d’alimenter notre scepticisme sur les « discours postindustriels » et d’ouvrir de plus amples horizons à notre investigation.

 

 

* Pour une lecture profane des conflits – Georges Corm

 

Également disponible au format epub

 

[Quatrième de couverture]

C’est à une réflexion de fond qu’invite Georges Corm dans ce livre, pour comprendre les logiques de guerre qui déchirent le Proche et le Moyen-Orient depuis la fin de la guerre froide. Des conflits le plus souvent justifiés par la thèse débilitante du « choc des civilisations » et de la lutte contre le terrorisme « transnational » islamiste. Popularisée dans le monde entier, cette thèse a imposé une vision binaire du monde qui n’en finit plus d’enfler, au point de fabriquer toujours plus de violence.

Prolongeant les analyses historiques remarquablement documentées de ses livres précédents, Gorges Corm donne ici les clés décisives pour comprendre les mécanismes ayant permis depuis les années 1990 de paralyser les oppositions aux guerres injustes et d’étouffer la pensée objective du réel et de ses complexités : la puissance des représentations médiatiques (et académiques) portées par l’imaginaire du « retour du religieux », la manipulation de la mémoire et de l’histoire, l’instrumentalisation de prétendues valeurs politico-religieuses pour susciter des conflits, la relation perverse entre les intérêts géopolitiques de certains États et leur prétention à défendre dans l’ordre international des idéaux religieux, l’application sélective du droit international aux situations conflictuelles.

D’où l’accent mis dans ce livre, à la fois très personnel et rigoureux, sur la nécessité d’une lecture profane des conflits face aux « fanatismes civilisationnels » et sur la problématique de la laïcité et de la liberté, dans sa version républicaine « à la française ».

 

 

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Les « déjà classiques »

 

 

 

* Les damnés de la terre – Frantz Fanon

 

[Extrait]

On ne désorganise pas une société, aussi primitive soit-elle, avec un tel programme si l’on n’est pas décidé dès le début, c’est-à-dire dès la formulation même de ce programme, à briser tous les obstacles qu’on rencontrera sur sa route. Le colonisé qui décide de réaliser ce programme, de s’en faire le moteur, est préparé de tout temps à la violence. Dès sa naissance il est clair pour lui que ce monde rétréci, semé d’interdictions, ne peut être remis en question que par la violence absolue. […]

Le colonisé, donc découvre que sa vie, sa respiration, les battements de son cœur sont les mêmes que ceux du colon. Il découvre qu’une peau de colon ne vaut pas plus qu’une peau d’indigène. C’est dire que cette découverte introduit une secousse essentielle dans le monde. Toute l’assurance nouvelle et révolutionnaire du colonisé en découle. Si, en effet, ma vie a le même poids que celle du colon, son regard ne me foudroie plus, ne m’immobilise plus, sa voix ne me pétrifie plus. Je ne me trouble plus en sa présence. Pratiquement, je l’emmerde. Non seulement sa présence ne me gêne plus, mais déjà je suis en train de lui préparer de telles embuscades qu’il n’aura bientôt d’autre issue que la fuite.

 

 

* Storytelling – Christian Salmon

 

[Extrait]

Comment l’idée de Roland Barthes, selon laquelle le récit est l’une des grandes catégories de la connaissance que nous utilisons pour comprendre et ordonner le monde, a-t-elle pu s’imposer ainsi dans la sous-culture politique, les méthodes de management ou la publicité ? Que penser de cette nouvelle vulgate selon laquelle tous les discours – politique, idéologique ou culturel – devraient adopter une forme narrative ? En guise d’explication, Peter Brooks soulignait notamment l’impact croissant des séries télévisées dans la vie quotidienne des Américains, même chez ses collègues universitaires : il citait le cas d’un de ses amis qui préférait suivre la série West Wing que regarder les informations sur CNN. Selon lui, la communication politique et le journalisme faisait un usage excessif (overused) de la notion de récit.

 

 

* Mémoires de Géronimo

 

[Extrait]

Je suis né dans le cañon No-doyohn, dans l’Arizona, en juin 1829. C’est dans le pays qui s’étend en amont de la rivière Gila que j’ai été élevé. Ce territoire était la terre de nos ancêtres. Dans ces montagnes, se cachaient nos wigwams ; dans les vallées éparses, nous avions fait nos champs ; les immenses prairies, qui s’étendaient de tous côtés, nous servaient de pâturages ; les cavernes des rochers, de sépulture.

J’étais le quatrième d’une famille de huit enfants – quatre garçons et quatre filles. De cette famille, moi-même, mon frère Porico (Cheval Blanc) et ma soeur Nah-da-ste sommes les seuls survivants. Nous sommes prisonniers de guerre dans la réserve militaire (Fort Sill). Tout enfant, je rampais sur le sol souillé du tepee de mon père, ma mère me portait sur son dos, suspendu dans mon tsoch (berceau, en apache) ou me suspendait à une branche d’arbre. Le soleil me réchauffait, le vent me berçait, les arbres m’abritaient comme tous les autres enfants apaches.

Quand je fus plus grand, ma mère m’apprit les légendes de notre peuple, me parla du soleil et du ciel, de la lune et des étoiles, des nuages et des orages.

 

 

 


À paraître à la rentrée #4

Les sciences humaines
À paraître le 29 août 2013
 

 

* Classes préparatoires - Muriel Darmon

 

Qui sait ce qui se passe réellement aujourd’hui derrière les murs des classes préparatoires ? Accusées de tous les maux – fabriquer des crétins ou désespérer leur jeunesse – ou célébrées comme formation d’« élite » – dans l’oubli de sa contribution à la reproduction sociale –, les « prépas » sont en réalité très mal connues. Cette première enquête ethnographique sur les classes préparatoires vient donc combler un manque et remettre en question nombre d’idées reçues.
Au travers d’une analyse très originale de l’« institution préparatoire », Muriel Darmon nous montre quels types de sujets y sont « fabriqués ». Elle met ainsi au jour les dispositifs de pouvoir qui s’y exercent, la manière dont l’institution produit une certaine forme de violence envers les élèves tout en étant soucieuse de leur bien-être, comment elle opère en individualisant à l’extrême plutôt qu’en homogénéisant et comment, ce faisant, elle renforce sa prise sur les individus.
L’enjeu est de transformer les élèves en « maîtres du temps », aimant gérer l’urgence et haïssant les temps morts, et de leur faire intégrer un savoir critique légitime tout en valorisant leur capacité à appliquer des « recettes ». Ce faisant, c’est aussi à devenir dominant, à s’adapter aux nouvelles exigences du monde du travail et à y occuper des positions élevées que les prépas forment la jeunesse. Également disponible en epub

 

 

À paraître le 05 septembre 2013
 

 

* Jubiler ou les tourments de la parole religieuse - Bruno Latour

 

« Si en matière de science naturelle ou sociale, le chercheur a le devoir d'ajouter sa pierre au vaste édifice du savoir, de découvrir, d'innover, de produire de l'information nouvelle, en matière de religion, son devoir est de fidélité : il ne doit pas inventer, mais renouveler ; il ne doit pas découvrir, mais recouvrer ; il ne doit pas innover, mais reprendre à nouveaux frais la sempiternelle ritournelle. »
Il existe de nombreuses études sur le sentiment religieux, sur la pratique religieuse, et une vaste érudition sur l'histoire et la théologie des religions développée en Occident. Il existe également toute une littérature de piété ayant pour but de développer ou de réveiller la foi des fidèles. Bruno Latour aborde dans ce livre la tradition chrétienne par un biais à la fois beaucoup plus direct et beaucoup plus contourné : il s'intéresse aux difficultés que rencontrent ceux qui souhaitent, non pas parler de religion, mais parler religieusement. Tout est dans cet adverbe si difficile à saisir car il n'a rien à voir avec la croyance. En étudiant avec soin les conditions d'énonciation de cette parole, il dégage peu à peu les règles d'usage qui la rendent possible ou impossible.
Il le fait de la seule façon qui soit adaptée à ce genre de parole, c'est-à-dire de l'intérieur et en faisant subir au narrateur, par un mode d'écriture original, les tourments de l'expression religieuse. D'où ce livre mordant et brûlant qui fusionne deux genres habituellement distincts: l'analyse et la jubilation.

Également disponible en epub

 

 

 
À paraître le 19 septembre 2013
 

* Les îles du paradis - Richard Grove 

 



On a longtemps pensé que les préoccupations environnementales étaient nées au xixe siècle aux États-Unis. Richard Grove montre que c’est en réalité dans les colonies, dans les îles tropicales en particulier, entre 1650 et 1850, que les Européens ont pris conscience des destructions environnementales causées par les hommes. À l’origine, les idées conservationnistes coloniales sont nées du désir de retrouver le Paradis perdu. La mobilisation des savants se révèle décisive : le constat de l’épuisement rapide des ressources naturelles, d’autant plus visible à l’échelle d’une île, les oblige à penser autrement, à inventer d’autres pratiques. Ainsi est née une politique environnementale inédite, à travers la tension entre centre métropolitain et périphérie coloniale, entre intérêts capitalistes et expertise savante. Pour la première fois à l’échelle de la planète, une controverse climatique débouchait sur des programmes de préservation naturelle.
Cette étude pionnière, par la suite développée dans l’ouvrage Green Imperialism (1995), a largement contribué à réintroduire le climat dans l’écriture de l’histoire et à faire émerger les vifs débats qui ont cours aujourd’hui autour de l’anthropocène et du nouveau climat de l’histoire (Jared Diamond, Dipesh Chakrabarty), remettant en question les partages entre sciences de l’esprit et sciences de la nature, entre histoire compréhensive et histoire explicative. 
 

 

 

À paraître le 03 octobre 2013
 

*Un monde de déchirements - Axel Honneth
 

Les évolutions sociales contemporaines font apparaître comme centrale la question du déchirement de la société. Depuis Marx, la théorie critique élabore des potentiels pratiques d’émancipation au-delà des déchirures sociales en menant une critique de la modernité capitaliste.
La Théorie critique de l’école de Francfort, à laquelle se rattache Axel Honneth, a fait de l’articulation entre déchirement et émancipation un de ses thèmes de prédilection. Il en propose ici une lecture novatrice qui révèle les tensions qui la traversent en proposant une analyse de ses différents auteurs (Horkheimer, Adorno, Benjamin, Marcuse, Fromm), de ses précurseurs (Rousseau, Lukacs) et d’auteurs pouvant y être rattachés ou y faire écho (Bourdieu, Lévi-Strauss, Foucault, Adorno, Habermas et Castoriadis notamment). Axel Honneth examine leurs oeuvres dans une lecture toujours soucieuse de clarté et de rigueur. Son concept de « lutte pour la reconnaissance » apparaît ainsi au miroir de ces discussions théoriques, laissant entrevoir le rôle prépondérant de la philosophie sociale française dans son propre projet philosophique.
Par ailleurs, répondant à une série d’objections, Axel Honneth se confronte à l’héritage freudien de ses prédécesseurs de la Théorie critique pour promouvoir un concept de reconnaissance puisant dans une psychanalyse interactionniste. Enfin, les apports critiques du concept normatif de reconnaissance sont réaffirmés à la fois en questionnant les potentiels émancipateurs du travail à l’heure actuelle et en interrogeant les modalités contemporaines de la critique sociale.  
 

 

Les nouveautés numériques du 5 septembre 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit de huit nouveaux titres au format epub.

 

* Une brève histoire des crises financières, Christian Chavagneux

 
La finance a pris une place démesurée dans nos économies et ses dérapages pèsent lourdement sur le bien-être des populations. Mais il n’est pas facile pour le simple citoyen de comprendre les ressorts de l’instabilité financière, afin d’apprécier la pertinence des politiques qui prétendent la combattre. D’où l’intérêt de revenir sur les grandes crises du passé.
Tel est le propos de ce livre enlevé, où l’auteur fait le récit des plus exemplaires d’entre elles : la fameuse bulle sur les tulipes dans la Hollande du XVIIe siècle ; la façon dont l’Écossais John Law a créé la première bulle boursière dans la France du Régent ; la crise financière de 1907, qui a conduit à la création de la banque centrale des États-Unis. Et il revient de manière originale sur la crise de 1929, en montrant comment Roosevelt a usé de toute son habileté pour imposer les régulations qui allaient assurer plusieurs décennies de stabilité.
Se dessine ainsi une « économie politique des bulles », dans laquelle s’inscrivent parfaitement le dérapage des subprimes et la crise des dettes publiques en Europe. On comprend mieux alors les mécanismes économiques en jeu. Mais aussi le rôle joué par les inégalités, les rapports de forces politiques et les batailles idéologiques. Un tel schéma des crises permet de juger les multiples chantiers ouverts par le G20, leurs avancées et leurs faiblesses.  

 

* Puissances d'hier et de demain. L'état du monde 2014, sous la direction de Bertrand Badie et Dominique Vidal

 
Alors qu’il est quotidiennement question des pays dits « émergents », il convient de s’interroger sur la notion de puissance. Contrairement à bien des prévisions, la victoire de l’Occident dans la guerre froide n’a pas débouché sur une longue période de domination américaine. Si les États-Unis restent à bien des égards le pivot des équilibres géopolitiques mondiaux, la puissance américaine est confrontée à des concurrences nouvelles. Un constat qui s’applique également aux autres puissances occidentales, en particulier européennes, profondément secouées par la crise économique. Cette évolution structurelle s’accompagne de la montée en puissance de nouveaux mouvements sociaux qui bouleversent directement ou indirectement les fondements de l’ordre international hérité de l’après-guerre froide.
L’état du monde 2014 évalue cette remise en cause de l’hégémonie occidentale par des puissances émergentes et par les « sociétés civiles ». La Chine, l’Inde, le Brésil et, dans une moindre mesure, l’Afrique du Sud et la Russie, se dotent à leur tour des atouts politiques, économiques mais aussi culturels et technologiques de la « puissance ». Quant aux mouvements révolutionnaires ou contestataires qui se multiplient à travers le monde, ils ont déjà des conséquences sur le modelage en cours de la nouvelle architecture mondiale.
Véritable « roman de l’actualité mondiale », L’état du monde révèle, au-delà de l’immédiateté de l’événement, la tonalité des changements à l’œuvre sur la planète.

 

 

* La puissance revisitée

 
Cet article de Bertrand Badie est extrait de la livraison 2013-2014 de L'état du monde, Puissances d'hier et de demain.

 

 

* Crise stratégique pour le mouvement palestinien

 

Cet article de Dominique Vidal est extrait de la livraison 2013-2014 de L'état du monde, Puissances d'hier et de demain.

 

 

* Puissance et "leadership" américains dans un monde en mutation

 

Cet article de Philip Golub est extrait de la livraison 2013-2014 de L'état du monde, Puissances d'hier et de demain.

 

 

 

* Permanences et métamorphoses de la puissance militaire à l’horizon 2020 
 

 Cet article d'Olivier Zajec est extrait de la livraison 2013-2014 de L'état du monde, Puissances d'hier et de demain.  

 

 

* Internet, les réseaux et la puissance sur la scène internationale 

 
Cet article de Pierre Alonso est extrait de la livraison 2013-2014 de L'état du monde, Puissances d'hier et de demain.   

 

* D’ouest en est : les ambitions eurasiennes de Vladimir Poutine 

 
Cet article d'Andrei Gratchev est extrait de la livraison 2013-2014 de L'état du monde, Puissances d'hier et de demain.  
 
   
 

   
   
 
 

Les nouveautés numériques du 13 mars 2014

Notre catalogue numérique s'enrichit de 3 nouveaux titres au format epub (et toujours sans DRM).

 

* The Wire - Collectif
 

Cet ouvrage pluridisciplinaire se propose de discuter cette série, à la fois comme œuvre et produit télévisuel et comme message social et politique. Il ouvre sur des interrogations d’ordre méthodologique : que peuvent nous apprendre les médias de masse sur la société, et ccomment interpellent-ils les sciences sociales ? Que donne à voir la série des quartiers populaires américains ? Il cherche également à revenir sur les conditions de sa réception aux États-Unis et en France.

 

* Un quart en moins - Rachel Silvera
 

Malgré les lois, discours, et chartes, le salaire des femmes reste inférieur d’un quart à celui des hommes. Portant un nouveau regard sur cet écart, Rachel Silvera montre qu’il est possible de gagner sur ce front.
Elle rappelle l’histoire du « salaire d’appoint ». Au XIXe siècle, on considérait qu’il n’était pas vital pour les femmes de travailler ; elles pouvaient compter sur « Monsieur Gagne-pain ». Un modèle qui pèse encore… au XXIe siècle.
Néanmoins, ces dernières années, des femmes – pas toujours syndiquées ou féministes –, ont prouvé qu’elles étaient victimes de discrimination salariale et ont gagné leurs procès, obtenant parfois des rappels de carrière conséquents. Rachel Silvera leur donne largement la parole, offrant des témoignages aussi divers qu’édifiants.

 

* Les moissons du futur - Marie-Monique Robin
 

Menant une enquête sur quatre continents, s’appuyant sur les témoignages d’experts mais aussi de nombreux agriculteurs, Marie-Monique Robin dresse le bilan du modèle agro-industriel qui, après un demi siècle, n’est pas parvenu à nourrir le monde, tandis qu’il participait largement au désastre écologique et poussait vers les bidonvilles des millions de paysans. Son enquête le montre : oui, on peut « faire autrement » pour résoudre la question alimentaire.

 
 
 


6 chapitres de L'état du monde 2014 en téléchargement

Pour la première fois, l'édition 2014 de L'état du monde "Puissances d'hier et de demain" est disponible en chapitre au format ePub.

Six chapitres au format ePub au prix de 1,99 €.

 

* Puissances d'hier et de demain. L'état du monde 2014, sous la direction de Bertrand Badie et Dominique Vidal

 
Alors qu’il est quotidiennement question des pays dits « émergents », il convient de s’interroger sur la notion de puissance. Contrairement à bien des prévisions, la victoire de l’Occident dans la guerre froide n’a pas débouché sur une longue période de domination américaine. Si les États-Unis restent à bien des égards le pivot des équilibres géopolitiques mondiaux, la puissance américaine est confrontée à des concurrences nouvelles. Un constat qui s’applique également aux autres puissances occidentales, en particulier européennes, profondément secouées par la crise économique. Cette évolution structurelle s’accompagne de la montée en puissance de nouveaux mouvements sociaux qui bouleversent directement ou indirectement les fondements de l’ordre international hérité de l’après-guerre froide.
L’état du monde 2014 évalue cette remise en cause de l’hégémonie occidentale par des puissances émergentes et par les « sociétés civiles ». La Chine, l’Inde, le Brésil et, dans une moindre mesure, l’Afrique du Sud et la Russie, se dotent à leur tour des atouts politiques, économiques mais aussi culturels et technologiques de la « puissance ». Quant aux mouvements révolutionnaires ou contestataires qui se multiplient à travers le monde, ils ont déjà des conséquences sur le modelage en cours de la nouvelle architecture mondiale.
Véritable « roman de l’actualité mondiale », L’état du monde révèle, au-delà de l’immédiateté de l’événement, la tonalité des changements à l’œuvre sur la planète.

 

 

* La puissance revisitée

 
Cet article de Bertrand Badie est extrait de la livraison 2013-2014 de L'état du monde, Puissances d'hier et de demain.

 

 

* Crise stratégique pour le mouvement palestinien

 

Cet article de Dominique Vidal est extrait de la livraison 2013-2014 de L'état du monde, Puissances d'hier et de demain.

 

 

* Puissance et "leadership" américains dans un monde en mutation

 

Cet article de Philip Golub est extrait de la livraison 2013-2014 de L'état du monde, Puissances d'hier et de demain.

 

 

 

* Permanences et métamorphoses de la puissance militaire à l’horizon 2020 
 

 Cet article d'Olivier Zajec est extrait de la livraison 2013-2014 de L'état du monde, Puissances d'hier et de demain.  

 

 

* Internet, les réseaux et la puissance sur la scène internationale 

 
Cet article de Pierre Alonso est extrait de la livraison 2013-2014 de L'état du monde, Puissances d'hier et de demain.   

 

* D’ouest en est : les ambitions eurasiennes de Vladimir Poutine 

 
Cet article d'Andrei Gratchev est extrait de la livraison 2013-2014 de L'état du monde, Puissances d'hier et de demain.  



Les nouveautés numériques du 12 septembre 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit de trois nouveaux titres au format epub.

 

 

* La violence des riches - Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot
 

Fermetures d'usines, licenciements… Sur fond de crise, la casse sociale bat son plein : vies jetables et existences sacrifiées. Mais les licenciements boursiers ne sont encore que les manifestations les plus visibles d’un large phénomène : l’intensification multiforme de la violence sociale des dominants. Dans ce guide pratique à l’usage des dominés, les auteurs décryptent l’arsenal de cette violence de classe, de cette brutalité feutrée, de ses codes et de ses stratagèmes.
Mêlant récits vécus, micro-enquêtes, faits d’actualité, portraits et données chiffrées, les deux sociologues dressent le tableau d’un véritable pilonnage des classes populaires – un monde social fracassé, au bord de l’implosion.

 

 

* L'opinion publique et la science - Bernadette Bensaude-Vincent
 

Le « public » est tantôt admiratif et béat devant les prouesses scientifiques, tantôt il est ce contre-pouvoir qui défie l’autorité des experts. L’opinion est perçue soit comme une masse amorphe, manipulable, soit comme une puissance souveraine. Tour à tour sérieuse ou aventureuse, menaçante ou rassurante, la science nous est présentée à la fois comme une autorité souveraine et comme une puissance critique face à l’autorité. Ce livre de référence retrace les moments forts de cette confrontation depuis le XIXe siècle jusqu'à nos jours.

 

 

* Au temps des catastrophes - Isabelle Stengers
 

Le réchauffement climatique a des effets en cascade sur les êtres vivants. Pollution, épuisement des ressources et inégalités sociales ne sont plus des problèmes pouvant être traités de manière isolée. Dans ce livre, Isabelle Stengers multiplie les exemples montrant comment on peut résister aux expropriations et aux destructions engendrées par le capitalisme. Elles préconisent la mise en place d'expériences collectives comme barrage contre la barbarie.  
   
   
 

Les nouveautés numériques du 13 février 2014

Notre catalogue numérique s'enrichit de 2 nouveaux titres au format epub (et toujours sans DRM).

À découvrir sur vos tablettes !

 

 

* Figures de la révolution africaine - Saïd Bouamama

 
Jomo Kenyatta, Aimé Césaire, Ruben Um Nyobè, Frantz Fanon, Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Malcolm X, Mehdi Ben Barka, Amílcar Cabral, Thomas Sankara… Longtemps regardés avec dédain par ceux qui, depuis les années 1980, décrétèrent la mort du tiers-mondisme et le triomphe du néolibéralisme, ces noms reviennent à l’ordre du jour. Avec l’atmosphère de révolte que l’on sent monter aux quatre coins du monde, ces figures majeures de la libération africaine suscitent un intérêt croissant auprès des nouvelles générations.


Refusant d'en faire de simples icônes, Saïd Bouamama redonne corps et chair à ces penseurs de premier plan qui furent aussi des hommes d’action. Leurs vies rappellent en effet que la bataille pour la libération, la justice et l’égalité n’est pas qu’une affaire de concepts et de théories : c’est aussi une guerre, où l’on se fourvoie parfois et dans laquelle certains se sacrifient. S’il ne cache pas son admiration pour ces figures rebelles, dont la plupart moururent effectivement au combat, Saïd Bouamama n’en fait pas des martyrs absolus : la pensée en action est toujours située, incertaine, inachevée.


C’est pourquoi ce livre s’attache, avec beaucoup de pédagogie, à inscrire ces parcours dans leurs contextes sociaux, géographiques et historiques. On comprend mieux dès lors comment ces hommes, qui ne vécurent pas tous sur le continent africain, mais furent tous confrontés à l’acharnement des puissances impériales, cherchèrent les armes pour sortir l’Afrique de la nuit coloniale et faire émerger une nouvelle universalité.


À l’heure où l’on se demande comment avoir prise sur le monde, ce portrait politique collectif rappelle qu’il a toujours été possible, hier comme aujourd’hui, de changer le cours des choses.
 

 

 

* L'esprit du poker - Lionel Esparza

 
La pratique du poker a explosé ces dix dernières années. En France, et pour le seul jeu en ligne, 1,7 million de joueurs ont misé presque 8 milliards d’euros en 2012. Pourquoi un tel engouement ? Un joueur mène l’enquête. Mobilisant des références multiples, Lionel Esparza explique ce qui fait aujourd’hui la prodigieuse puissance d’attraction d’un jeu pourtant ancien.


Il raconte comment s’est constitué le poker moderne, dont on suit les pérégrinations depuis les bouges de La Nouvelle-Orléans du XIXe siècle jusqu’aux tournois électroniques planétaires d’aujourd’hui. Afin de saisir les raisons de son affinité avec les désirs contemporains, il en analyse aussi les ressorts, la logique interne. La table de poker fonctionne comme un modèle réduit où se résume l’essentiel des obsessions contemporaines : le désir d’argent, le goût pour la compétition effrénée, l’expérience de l’impondérable dans une société dominée par les exigences du calcul prévisionnel, mais aussi le mensonge, le bluff et le spectacle.


Le poker n’a qu’un dieu, l’argent ; qu’une religion, le capitalisme ; qu’une inspiration, le marché. Il traduit en termes ludiques les impératifs du libéralisme. Il les transmet ainsi à la façon d’un message subliminal, non comme le feraient un manuel théorique ou une fiction exemplaire, mais à travers une pratique d’autant plus efficace qu’anodine en apparence. Nous sommes entrés dans le stade ludique du capitalisme. L’analyse critique de son jeu-fétiche peut permettre de mieux en saisir l’esprit.


Les nouveautés numériques du 21 novembre 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit de 12 nouveaux titres au format epub (et toujours sans DRM).

 

* Attention, statistiques ! - Joseph Klatzmann

 
Si, dans chaque région française, les agriculteurs consomment plus de pommes de terres par personnes que les non-agriculteurs, comment se fait-il que, pour l'ensemble du pays ce soit le contraire ? « Très simplement », répondrez-vous... quand vous aurez lu l'explication. De nombreux autres exemples de données piégées ou erronées sont cités dans ce livre : comment peut-on « truquer » l'indice des cours de la Bourse ? Pourquoi y a-t-il moins de décès quand les médecins sont en grève ? Pourquoi les comparaisons internationales des revenus ne signifient-elles rien ? Comment des instituts de sondage peuvent-ils aboutirent à des résultats opposés ? Pourquoi les taux de dévaluation sont-ils à peu près tous faux ? Pourquoi votre espérance de vie est-elle plus élevée que ce que disent les statistiques ? Joseph Klatzmann, ancien administrateur à l'INSEE, ancien professeur d'économie rurale à l'Institut national agronomique Paris-Grignon, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales et membre de l'Académie d'agriculture de France, démontre que les statistiques méritent d'être lues avec prudence et nous livre les clés nous permettant d'en déjouer les pièges.  

 

* Faut-il brûler Descartes ? - Guitta Pessis-Pasternak
 

Théories du désordre et du chaos, remise en cause du déterminisme, développement des sciences cognitives et de l'intelligence artificielle : les années quatre-vingt ont vu l'émergence d'un formidable " brain-storming " scientifico-philosophique qui a profondément bouleversé les théories de la connaissance et nos visions du monde. C'est pour tenter d'y voir clair dans cette révolution intellectuelle que Guitta Pessis-Pasternak, journaliste scientifique, propose dans ce livre des entretiens avec ses principaux acteurs.

 

 

* Guerres dans le cyberespace - Jean Guisnel

 
En 2013, Edward Snowden révèle au monde l’ampleur de l’espionnage électronique planétaire pratiqué par la National Security Agency (NSA) américaine. Mais l’origine de cette pratique est bien plus ancienne qu’on ne le croit souvent : dès la fin de la guerre froide dans les années 1980, la « guerre de l’information » comme l’espionnage économique sont devenus des objectifs stratégiques. Du coup, les militaires et les services secrets ont investi le cyberespace. D’où l’intérêt de redécouvrir dans ce livre, initialement publié en 1995, les débuts de l’histoire de cette formidable bataille occulte, fruit d’une enquête de trois années et nourri d’étonnantes révélations.  

 

* L'oubli de la cité - Jocelyne Dakhlia

 
De même qu'on admet aujourd'hui l'inexistence de " sociétés sans histoire ", on tient pour acquis qu'il ne saurait exister de sociétés sans mémoire : chacune viserait à perpétuer le souvenir du maghreb, affectées du double signe de la " tradition orale " et de la " communauté ", on attribue a fortiori une forte mémoire collective. La méthode inaugurée ici est particulièrement précieuse : mêlant l'anthropologie à l'histoire elle permet à l'auteur de s'interroger sur le sens d'un travail de la communauté à s'oublier comme telle, sur le sens d'un oubli " actif " du politique que l'on ne saurait réduire au traumatisme, à la dépossession ou à la perte.  

 

* Le mythe de l'entreprise - Jean-Pierre Le Goff 
 

Depuis le début des années quatre-vingt, la mode de l'entreprise et de son éthique s'est érigée à la dimension d'un véritable mythe, quasi-intouchable. C'est d'abord cette face obscure du mythe de l'entreprise qu'explore ici Jean-Pierre Le Goff : à partir d'une analyse critique approfondie de l'extraordinaire - et souvent comique - littérature que constituent les « chartes » et « projets d'entreprise » et de la façon dont ils sont mis en œuvre, dans le privé comme dans le public, l'auteur met à jour les pratiques de manipulation des individus auxquelles ils donnent lieu.  

 

* Le paradoxe de la vie - Francis Kaplan

 
Qu'est-ce que la vie ? Ce problème s'est posé à l'homme depuis des millénaires, et malgré les immenses progrès de la biologie, le statut du vivant reste, quoiqu'on en pense, toujours aussi incertain. L'étude du vivant, contrairement aux autres sciences, ne peut pas se passer de l'idée de finalité. Derrière les notions de fonction, d'organe, d'adaptation ou de pathologie, rôde toujours la question : à quoi sa sert ? L'essai de Francis Kaplan prend ces problèmes à bras-le-corps et fournit une introduction philosophique sans équivalent aux avatars du concept de vie depuis l'Antiquité grecque jusqu'aux controverses actuelles sur le hasard et la nécessité, l'émergence de la vie et les rapports entre conscience et matière.  

 

* Les Français face à la culture - Olivier Donnat 
 

En 1990, la publication des résultats de la dernière enquête sur les pratiques culturelles des français avait suscité de vives réactions. Certains y avaient trouvé la confirmation de l'inefficacité de la politique culturelle de démocratisation, la preuve que rien n'avait changé ; d'autres, à l'inverse, avaient parlé de révolution culturelle, comme si l'audiovisuel avait définitivement remplacé l'imprimé. Olivier Donnat montre comment et pourquoi les transformations récentes des conditions au savoir et aux œuvres d'art ont développé une " consommation " croissante de culture, sans que les cercles des véritables amateurs de théâtre, de littérature ou d'art contemporain n'augmentent de manière significative.  

 

* Les Juifs et l'Allemagne - Enzo Traverso

 
Dans le sillage de Hannah Arendt, cet ouvrage suit les traces de deux figures idéal-typiques du judaïsme moderne – le paria et le parvenu – autour desquelles se dégage une typologie des intellectuels juifs. Souvent considérés, aujourd’hui, comme des classiques de la culture allemande, ces derniers vécurent toute leur vie sous le signe d’une altérité négative qui en faisait des outsiders et des marginaux. Écrit dans une perspective historique qui prend en compte à la fois la longue durée de l’émancipation et le cassure de civilisation qui porte le nom d’Auschwitz, cet ouvrage montre que, sans élaboration critique du passé, l’idéalisation actuelle de la « symbiose judéo-allemande » risque de se traduire dans une nouvelle mystification de l’histoire et dans une offense à la mémoire des vaincus.  

 

* Qu'est-ce que le virtuel ? - Pierre Lévy

 
Ni fulmination contre le présent, ni promotion d'un enthousiasme naïf devant les prouesses technologiques, ce livre explique ce qu'est la virtualisation et en quoi elle contribue à l'invention de l'humain. L'enjeu : comprendre la mutation contemporaine pour avoir une chance d'y devenir acteur.  

 

* Une religiosité sans Dieu - Maria Daraki
 

Le stoïcisme naît à Athènes au cours d'une grave crise qui marque la fin de l'autonomie de la cité. La conquête macédonienne va en effet révoquer ce qui avait fait l'originalité politique de la Grèce. Il en résulte une véritable « crise de civilisation », avec son habituel, cortège de symptômes : brouillage des certitudes, discrédit de la politique, protestation individualiste, etc., et par ailleurs éloge des primitifs et de l'état de nature accompagné d'un regain de religiosité.
 
 

* Les années électrique (1880-1910) - Christophe Prochasson

 
Christophe Prochasson, pour mieux nuancer son tableau de la France fin de siècle, époque si contradictoire, nous guide dans les salons où l'on fait - et défait - l'art du temps, dans les revues où se publient les avant-gardes, dans les théâtres où le coquin cotoie la satire, dans les instances politiques et universitaires où s'élabore la pensée et où s'affrontent les idéologies. Ces créateurs enjambent le siècle avec la vigueur de leur jeunesse, la puissance de leur individualité et la conviction que les sentiments l'emporte sur la raison.  
 

* L'intelligence collective -  Pierre Lévy
 

Pierre Lévy nous invite dans ce livre à ne plus penser en termes d'impact des techniques sur la société, mais de projet. Forme sociale inédite, le collectif intelligent peut inventer une « démocratie en temps réel ». L'auteur situe le projet de l'inintelligence collective dans une perspective anthropologique de longue durée. Après avoir été fondés sur le rapport au cosmos, puis sur l'appartenance aux territoires, et finalement sur l'insertion dans le processus économique, l'identité des personnes et le lien social pourraient bientôt s'épanouir dans l'échange des connaissances.  
 


Une nouvelle collection : L'horizon des possibles

en librairie le 30 janvier 2014

L’horizon des possibles ? L’horizon des possibles, parce que la critique sociale ne peut plus se contenter de pamphlets spéculatifs, même brillants, ni d’explications du réel, même subtiles. Elle exige l’articulation des théories et des observations, des enquêtes et de leurs enjeux, des idées nouvelles et des pratiques actuelles.

L’horizon des possibles, parce qu’il est nécessaire, pour affronter le présent, de surmonter les cloisonnements qui séparent doctrines, disciplines et traditions de pensée. Cette collection ne sera donc ni l’expression privilégiée d’une école scientifique ni l’espace exclusif d’un courant politique.

L’horizon des possibles, parce que le dévoilement et la dénonciation ne suffisent plus à mobiliser les esprits et les corps. Il faut aussi apprendre à voir la réalité du point de vue de ses possibilités. Chercheurs et théoriciens ont décrit le monde de différentes manières ; il faut désormais en inventorier les possibles afin d’aider à le transformer. Et relier ces possibles de pensée à des possibles de luttes.

Cette collection est dirigée par Laurent Jeanpierre et Christian Laval.

Les deux premiers titres de la collection :

Jérôme Baschet, Adieux au capitalisme. Autonomie, société du bien vivre et multiplicité des mondes

Gérard Duménil, Dominique Lévy, La Grande Bifurcation. En finir avec le néolibéralisme


Les nouveautés numériques du 19 septembre 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit de trois nouveaux titres au format epub.

 

 

* Jeunesses arabes. Du Maroc au Yemen : loisirs, cultures et politiques - Laurent Bonnefoy, Myriam Catusse (dir.)

 
 

Ce livre propose un regard inédit sur les nouvelles générations du monde arabe. Un regard calme, vivant et parfois déroutant qui s’écarte des clichés. Non, les jeunes Arabes ne peuvent se réduire aux figures du terroriste potentiel, de l’éternel migrant ou de l’icône exotique de la « révolution » !
Originaires des deux rives de la Méditerranée et partageant le quotidien de cette génération, les chercheurs et chercheuses qui ont rédigé cet ouvrage ont décidé de sortir des sentiers battus en racontant comment les jeunes Arabes occupent leur temps libre : ce temps de liberté et de loisir où l’on peut réfléchir, s’épanouir et se construire ; ce temps « vide » aussi, où l’on peut parfois dériver, se perdre et se briser…
Du Maroc au Yémen, de l’Algérie à la Syrie, de la Tunisie au Liban, en passant par l’Irak, la Libye, l’Égypte, la Jordanie, la Palestine, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ces spécialistes dressent avec sensibilité, humour ou inquiétude un portrait exceptionnel de cette génération dont on parle beaucoup, mais qu’on écoute trop rarement. Ce livre donne ainsi la parole à des jeunes hommes et femmes qui, héritiers de traditions plurielles, animés par des idées nouvelles et travaillés par divers mouvements culturels, inventent l’avenir de sociétés en plein bouleversement.  

 
 

* Le jeûne, une nouvelle thérapie ? - Thierry de Lestrade

 
 

Et si le jeûne était une méthode simple et efficace pour traiter de nombreuses maladies ? Question provocante, scandaleuse même, pour certains tenants du dogme médical. Pourtant, depuis le docteur Henry Tanner qui jeûna quarante jours en 1880 à New York sous la surveillance de ses confrères, jusqu’au biologiste américain Valter Longo qui fait jeûner aujourd’hui des souris atteintes de cancer avec des résultats stupéfiants, les études scientifiques sur le jeûne ne manquent pas. Qui sait par exemple que chercheurs et médecins russes, depuis les années 1950, ont soigné par le jeûne des milliers de patients ? 
C’est cette histoire que Thierry de Lestrade restitue dans ce livre remarquablement documenté, fruit d’une longue enquête. Jeûner est-il dangereux ? Quels sont les mécanismes du jeûne ? Peut-on en mesurer les effets ? Quelle est son action sur les cellules cancéreuses ? À toutes ces questions, et à bien d’autres, les chercheurs ont donné des réponses, souvent surprenantes. Se dessine alors une autre histoire de la médecine, où l’approche globale du soin a été écartée au profit d’une vision du corps comme simple assemblage de pièces interchangeables. Or, dans les pays occidentaux, cette médecine moderne ne pervient pas à enrayer la baisse de l’espérance de vie en bonne santé. Face à ce constat, la pratique du jeûne, si ancienne, apparaît comme une thérapie nouvelle. Dans une société où la logique consumériste est poussée à l’absurde, le jeûne pose une question paradoxale : « Moins peut-il être plus ? »

 

 

 

* Paris sans le peuple. La gentrification de la capitale - Anne Clerval

 
 

Où est passé le peuple parisien ? Quelle place la ville de Paris accorde-t-elle aujourd’hui aux classes populaires ? Depuis plusieurs décennies, la capitale connaît un processus de gentrification, un embourgeoisement spécifique des quartiers populaires qui passe par la transformation matérielle de la ville (réhabilitation de l’habitat, renouvellement des commerces, embellissement de l’espace public). Que se passe-t-il vraiment et qu’y a-t-il en jeu dans ces transformations à la fois urbaines et sociales ? Voilà qui est le plus souvent laissé dans le flou et masqué derrière une sorte d’évidence, comme si cela faisait partie de l’évolution « naturelle » des villes.
Ce livre vient éclairer ce processus et permet d’approfondir la connaissance de Paris et de son évolution récente. À partir d’un travail de recherche et d’une enquête de terrain menée pendant quatre ans dans plusieurs quartiers parisiens, Anne Clerval montre que cette transformation est autre chose qu’une simple amélioration du bâti, de l’espace public ou des commerces, et révèle à qui elle profite et qui elle dépossède. Elle propose en particulier une approche circonstanciée des politiques menées par la gauche depuis 2001 et de leurs effets.
Un livre essentiel pour permettre aux lecteurs, Parisiens ou non, de s’approprier les enjeux sociaux et politiques de l’évolution de la ville.  


Les nouveautés numériques du 26 septembre 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit de treize nouveaux epub à lire ou relire !

 

 

* Islamophobie - Abdellali Hajjat, Marwan Mohammed

 
Contrairement à la légende colportée dans les grands médias, le terme « islamophobie » n’a pas été inventé par les mollahs iraniens : il est apparu en France au début du XXe siècle, en pleine période coloniale, à une époque où s’exprimaient déjà de violents discours antimusulmans… Alors que l’hostilité à l’encontre des musulmans se traduit presque quotidiennement par des discours stigmatisants, des pratiques discriminatoires ou des agressions physiques, Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed font ici oeuvre salutaire : ils expliquent comment l’islam a peu à peu été construit comme un « problème » et comment l’islamophobie est devenue l’arme favorite d’un racisme qui ne dit pas son nom. 
Ce livre présente ainsi au grand public, pour la première fois, un bilan critique des recherches menées, en France et à l’étranger, sur ce phénomène. Faisant le point sur les débats autour du concept d’islamophobie, il offre une description rigoureuse des discours et actes islamophobes, en les inscrivant dans l’histoire longue du racisme colonial et dans leur articulation avec l’antisémitisme. En insistant sur l’importance des stratégies des acteurs, les auteurs décortiquent le processus d’altérisation des « musulmans » qui, expliquant la réalité sociale par le facteur religieux, se diffuse dans les médias et ailleurs. Ils analysent enfin la réception du discours islamophobe par les musulmans et les formes de contestation de l’islamophobie par l’action collective et la mobilisation du droit antidiscrimination.  
 

 

* Dialogue de femmes en ethnologie - Camille Lacoste-Dujardin

 
Ce dialogue est, sous forme de récit, l’histoire de la relation établie entre deux femmes : une ethnologue qui travaille au Maghreb, particulièrement dans les montagnes où l’on parle berbère, et une Algérienne de Kabylie, émigrée à Paris. Au cours de leurs entretiens hebdomadaires et durant sept années, elles ont appris à se connaître mutuellement, mais aussi elles se sont influencées, modifiées réciproquement, en échangeant leurs expériences, leurs savoirs. Ce récit est un double témoignage : sur les rapports de deux femmes différentes par leurs cultures d’une part, sur l’importance qu’il convient d’accorder à la « relation ethnologique » d’autre part, celle qui est établie, dans l’exercice de cette discipline, entre l’enquêteur et l’enquêté.  

 
 

* Quand l'homme civilise le temps - Ali Magoudi

 
En apparence, rien n'est plus " naturel " que les systèmes de mesure du temps : le décompte des jours à partir de l'an 1 de l'ère chrétienne, l'année de 365 jours en douze mois, la semaine de sept jours… Et pourtant… Pourquoi le calendrier révolutionnaire de 1793 ne parvint-il pas à s'imposer ? Pourquoi les bolcheviks russes échouèrent-ils à instaurer la semaine de cinq jours ? En tentant de répondre à ces questions, l'auteur propose une enquête passionnante sur les querelles temporelles qui agitèrent les grandes religions au cours des siècles : la fixation de l'origine de l'" ère vulgaire ", l'établissement de la date de Pâques, le découpage de la semaine. Pour Ali Magoudi, s'il n'existe pas d'ordonnancement laïc du temps, si tous les systèmes de " comput temporel " se rattachent in fine à la religion, c'est parce que les mots pour " dire le temps " constituent une institution politique fondamentale intimement liée aux dogmes symboliques.  
 

 

 

* Critique de la raison utilitaire - Alain Caillé

 
Paru en 1989, ce petit texte pédagogique qui présentait le travail de pensée accompli par la Revue du MAUSS, a peu à peu pris des allures de livre culte et exercé une influence souterraine sur des pans importants de la sociologie, de l’anthropologie, de la science économique ou de la philosophie morale et politique. C’est que l’objectif premier du MAUSS — « Montrer que l’obstacle principal sur lequel bute la pensée moderne est celui de l’économisme, […] que c’est lui qui souffle l’essentiel des réponses et qui limite abusivement le champ du possible et du concevable » — est devenu chaque jour plus actuel. Aujourd’hui, nous y sommes en plein. Ce n’est plus seulement la pensée qui se dissout dans l’économisme, c’est le rapport social lui-même qui se dilue dans le marché. D’où la nécessité urgente de chercher des ressources théoriques et pratiques qui permettent de sauvegarder l’essentiel, la civilité ordinaire et le goût de ce qui fait sens par soi-même, à commencer par celui de la démocratie. Épuisé depuis plusieurs années, ce livre est réédité avec un avant-propos et une postface inédits qui permettent également d’introduire le lecteur aux analyses ultérieures du MAUSS sur la genèse de l’utilitarisme (et donc de l’économisme) et sur le paradigme du don.  
 

 

 

* Richesse et puissance - François Fourquet

 
C’est à une relecture originale et stimulante de la pensée économique que François Fourquet nous invite dans ce livre. Son hypothèse est que l’analyse de la valeur, au cœur de l’économie, doit dépasser l’étude du comportement d’un Homo œconomicus plus ou moins fictif. Elle exige une approche plus large, non académique, prenant en compte la volonté de puissance des acteurs collectifs, et en particulier des États, considérés à l’échelle du monde où ils s’affrontent pour conquérir l’hégémonie. Pour vérifier cette hypothèse, l’auteur nous propose une plongée dans l’âge classique (XVIe- XVIIIe siècles), qui a vu naître l’économie politique : il nous raconte d’une façon très vivante l’histoire du couple « richesse et puissance », en déployant, à l’instar de Fernand Braudel, les différentes temporalités (économique, politique, culturelle…) dans l’espace géographique du monde. Cette « généalogie de la valeur » est donc à la fois une histoire du monde et une histoire de la manière dont les économistes ont perçu ce monde, et créé la science économique. Elle propose une vue neuve de l’histoire du « capitalisme » et de ses rapports avec l’État.

 

 

 

* Versant sud de la liberté - Mahmoud Hussein

 

Brillant et incisif, ce livre révèle un phénomène majeur à l'œuvre dans le tiers-monde contemporain, trop souvent occulté aux yeux de l'opinion occidentale par le formidable retentissement médiatique de certains excès fondamentalistes : l'émergence, dans les pays du Sud, d'une nouvelle figure sociale - l'individu moderne, qui a pris le relais historique du membre anonyme de la tribu et du sujet asservi, mais qui n'a pas encore acquis le statut de citoyen. Sans sous-estimer l'importance des réactions intégristes et populistes, cet essai explore les phases successives de maturation d'une conscience individuelle qui, dans un paysage religieux, éthique, social et politique éclaté, doit bricoler à tâtons les conditions, toujours précaires, de son autonomie. À ce titre, il contribue à renouveler profondément le débat essentiel sur les chances de la démocratie dans les pays du tiers-monde. Ce livre a inspiré le film documentaire Versant sud de la liberté , réalisé en 1993 par Bernard Favre pour France 2.

 

   
 

 

* Guerre et économie en Grèce ancienne - Yvon Garlan

 

Les hauts faits d'armes de la Grèce ancienne n'ont cessé de nourrir l'imagination occidentale : guerre de Troie, guerres médiques, guerre du Péloponnèse, conquêtes d'Alexandre, etc. Ces événements s'inscrivent en fait dans une longue histoire où les guerres ont rythmé l'existence quotidienne des cités et des royaumes, et influencé largement leurs institutions, leurs façons de vivre et leurs systèmes de valeurs. Bien loin de l'histoire-batailles en vogue au siècle dernier, cet ouvrage - devenu une référence depuis sa première édition en 1989 - explore les voies nouvelles d'une histoire de la guerre antique inscrite dans son contexte social et économique. Yvon Garlan montre en particulier à quel point la guerre était étroitement liée à la vie économique dans la Grèce ancienne : le principal mode d'exploitation (l'esclavage) se fondait directement ou indirectement sur l'usage de la force, et le droit du vainqueur à disposer des biens du vaincu constituait le meilleur des titres de propriété.

 

 

 

* Histoire de la physique moderne -Michel Biezunski

 
La physique moderne est réputée absconse, imprévue, irrespectueuse, rebondissante. Il s'agit pourtant d'un domaine passionnant, qui peut être compris par tous quand il est replacé dans une perspective historique. C'est ce que propose ce livre, qui présente une histoire des concepts principaux de la physique contemporaine et leur genèse à partir des grandes ruptures du début du siècle, avec quelques incursions dans le passé plus lointain. On y trouvera une présentation claire des concepts essentiels, remplacés dans le contexte de leur création. En effet, la science ne résulte pas, comme on le dit trop souvent, d'un enchaînement de mécanismes inévitables : elle est faite de créations individuelles, qui s'ajoutent, se contredisent et se répondent. Les principaux physiciens du siècle s'entrecroisent ainsi dans ce livre en de multiples occasions. Une présentation de l'histoire des grandes théories que sont la relativité et la théorie quantique, ainsi que celle de l'univers fascinant que constitue la physique des particules complètent cet ouvrage. L'auteur n'a pas cherché à être exhaustif, car il a voulu privilégier l'accès au plus grand nombre de lecteurs possibles des concepts essentiels. Les chapitres sont découpés en périodes historiques, permettant de mettre en évidence la longue quête des physiciens pour une théorie unificatrice des lois de l'univers. Ce livre s'adresse au grand public désireux de comprendre les idées fondamentales qui agitent encore aujourd'hui le monde scientifique.  
 

 

 

*  La fin du monde - Lucian Boia

 

 
Dans cette contribution originale à l'histoire de l'imaginaire, Lucian Boia étudie sans jamais se départir de son humour les diverses fins du monde passées ou à venir que l'humanité s'est inventées jusqu'à nos jours. De la fin par l'eau ou par le feu à l'anéantissement nucléaire, en passant par l'invasion d'animaux, de géants, les comètes menaçantes, le péril jaune, les épidémies mystérieuses, nous découvrons que les sociétés se fabriquent des fins du monde bien à elles, d'une stupéfiante diversité. Resté sans équivalent depuis sa première édition en 1989, cet ouvrage est réédité avec une postface inédite de l'auteur qui évoque les nouveaux récits de « fin du monde » surgis à la veille de l'an 2000.  

 

 

 

* La société en sablier - Alain Lipietz

 

Depuis les années quatre-vingt, le modèle de la « société en sablier » s'est imposé dans de nombreux pays, et en particulier en France. Cette image désigne la polarisation des revenus entre une minorité de riches, qui gagnent de plus en plus, et une majorité de pauvres, qui gagnent de moins en moins, tandis que fond la part des « couches moyennes ». La société en sablier est la solution aujourd'hui adoptée, de part et d'autre de l'Atlantique, par les élites productivistes et libérales, face au « problème » du progrès technique et de la mondialisation. Une solution dont l'un des effets majeurs est d'aggraver la « déchirure sociale » qui menace désormais la majorité des citoyens et la cohésion même de la société. Ce modèle n'a pourtant rien d'inéluctable. Pour en faire la preuve, Alain Lipietz s'efforce de comprendre la logique de la société en sablier avec une précision qui fait de ce livre un ouvrage de référence pour l'analyse des mutations sociales et économiques contemporaines.
 

 

* L'empire du sens - François Dosse

 

Ce livre-enquête brosse un panorama du renouveau intellectuel en France. François Dosse y propose une analyse systématique de la " recherche de pointe " en sciences humaines, nourrie de nombreux entretiens originaux avec ses acteurs. Il montre ainsi de façon très accessible, que les travaux engagés depuis plus de quinze ans dans diverses disciplines, après la fin des grands paradigmes unifiants, débouchent aujourd'hui sur des propositions novatrices, permettant de penser autrement le social et le politique. De nouveaux concepts, de nouvelles théories voient le jour, rétablissant les ponts entre les différents champs de la recherche, replaçant l'homme et le sujet au cœur des réflexions. Par-delà la diversité de ces travaux, François Dosse y voit l'effet décalé de la génération marquée par Mai 68. Cette génération semble avoir enfin trouvé les mots pour poursuivre sa quête de sens sans téléologie et son goût de l'agir sans activisme, afin de repenser le lien social dans la Cité moderne.

   
 
 

* Le clou qui dépasse- Alain L'Hénoret

 
Que fait-on devant un clou qui dépasse ? On lui tape dessus. C'est aussi ce que l'on fait à un individu pour le faire entrer dans le rang. Cette image, très populaire au Japon, est le symbole de la société apparemment lisse de ce pays. C'est cette face cachée du Japon moderne que nous révèle ce livre, récit d'une expérience hors du commun. André L'Hénoret, prêtre-ouvrier, a séjourné pendant vingt ans au Japon et a travaillé dans une petite entreprise de sous-traitance de Tôkyô. Grâce à sa parfaite connaissance de la langue japonaise et à sa volonté de partager la condition ouvrière sans bénéficier d'aucun privilège, il s'est intégré parmi les plus exploités, contraints pour survivre de travailler souvent la nuit, les jours fériés, dans l'insécurité, pour contribuer au « miracle japonais ».

 

 

 

 

* Moderniser sans exclure - Bertrand Schwartz

 
 

Dans ce livre ambitieux nourri de sa longue expérience, Bertrand Schwartz entend montrer que des solutions existent pour faire face à l'exclusion et au chômage. À partir d'une approche enracinée dans le concret, il apporte des réponses pratiques à des questions majeures : comment former efficacement les jeunes sans qualifications pour qu'ils trouvent un vrai emploi ? Comment limiter ou éviter l'exclusion des travailleurs qui accompagne trop souvent la modernisation des entreprises ? Comment permettre la reconversion de travailleurs qualifiés dans les secteurs les plus frappés par la crise ? À travers le récit d'une série d'expériences de formation menées pendant plus de trente ans, ce livre retrace aussi l'itinéraire d'un homme exceptionnel, sans doute le meilleur spécialiste français de ces questions. C'est un véritable message d'espoir qu'il délivre ici, en jetant les bases d'un programme d'action qui s'adresse aussi bien aux chefs d'entreprise qu'aux militants syndicaux, aux formateurs et aux travailleurs sociaux qu'aux hommes politiques.
 

Les nouveautés numériques du 03 octobre 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit de quatre nouveaux titres au format epub :

 

* Achille Mbembe - Critique de la raison nègre

 
De tous les humains, le Nègre est le seul dont la chair fut faite marchandise. Au demeurant, le Nègre et la race n’ont jamais fait qu’un dans l’imaginaire des sociétés européennes. Depuis le XVIIIe siècle, ils ont constitué, ensemble, le sous-sol inavoué et souvent nié à partir duquel le projet moderne de connaissance – mais aussi de gouvernement – s’est déployé. La relégation de l’Europe au rang d’une simple province du monde signera-t-elle l’extinction du racisme, avec la dissolution de l’un de ses signifiants majeurs, le Nègre ? Ou au contraire, une fois cette figure historique dissoute, deviendrons-nous tous les Nègres du nouveau racisme que fabriquent à l’échelle planétaire les politiques néolibérales et sécuritaires, les nouvelles guerres d’occupation et de prédation, et les pratiques de zonage ? 
Dans cet essai à la fois érudit et iconoclaste, Achille Mbembe engage une réflexion critique indispensable pour répondre à la principale question sur le monde de notre temps : comment penser la différence et la vie, le semblable et le dissemblable ?  

 

* Louis Joinet - Mes raisons d'État

 
 La presse l’a parfois baptisé Louis le Juste ou l’Épris de justice, mais aussi l’Obstiné et l’Ubiquiste. D’autres ont vu en lui un « homme de l’ombre » ou l’un de ces « juges rouges » qui hantèrent les cauchemars des criminels en col blanc. Peu connu du grand public, Louis Joinet a en tout cas joué, depuis la fin des années 1960, un rôle clé au coeur de la République, révélé dans ce livre aussi attachant qu’informé.
Il a été l’un des fondateurs du Syndicat de la magistrature en 1968, puis le premier directeur de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, avant de conseiller cinq Premiers ministres socialistes dans les années 1980. Et, pendant trente-trois ans, il a été expert indépendant de l’ONU, en infatigable globe-trotter de la protection des droits de l’homme. Il avait pourtant commencé par essuyer les plâtres d’un tout autre métier, celui d’éducateur de rue auprès des jeunes délinquants. Et il n’a jamais renié sa passion pour le monde du cirque et les arts de la rue.
Louis Joinet s’est décidé à dire lui-même ses paradoxes et inquiétudes de magistrat : ce qu’il appelle ses « bonnes raisons d’État », dont il dévoile maints aspects inédits lors de ses années à Matignon et à l’Élysée. En conteur-né, il rapporte son expérience, universelle et éclatée, avec une simplicité qui marque toute sa vie, d’une profusion et d’une générosité peu ordinaires.

 

 

* Razmig Keucheyan - Hémisphère gauche

 
 On assiste depuis la seconde moitié des années 1990 au retour de la critique sociale et politique. Des manifestations altermondialistes à la campagne contre le traité européen, des succès électoraux de l’extrême gauche à la mobilisation contre le CPE, la gauche de la gauche est sortie du « grand cauchemar » des années 1980. 
Pourtant, la critique n’est pas que dans la rue. La bataille des idées fait rage elle aussi. Développée par des auteurs comme Toni Negri, Slavoj Zizek, Alain Badiou, Judith Butler, Giorgio Agamben, Fredric Jameson, Wang Hui, Moishe Postone, Gayatri Spivak ou Axel Honneth, la pensée radicale est de retour. Quelles sont ces théories qui accompagnent l’émergence des nouvelles luttes sociales ? En quoi se distinguent-elles de celles qui caractérisaient le mouvement ouvrier dans ses formes traditionnelles ? 
Ce livre rend compte de la diversité de ces nouvelles pensées : théorie « queer », marxisme et postmarxisme, théorie postcoloniale, théorie de la reconnaissance, poststructuralisme, néospinozisme, etc. Il montre également l’unité qui sous-tend ces courants, tous produits des défaites subies par les mouvements de contestation des années 1960 et 1970. 
Cet ouvrage se veut une cartographie intellectuelle, un instrument d’orientation dans le nouveau paysage des pensées critiques, dans une perspective internationale.  
 
* Pascale Jamoulle - Par-delà les silences

 
Issu d’une enquête de terrain de deux ans en Seine-Saint-Denis, cet ouvrage donne la parole à des migrants récemment arrivés et à des familles immigrées de longue date. En se racontant, hommes et femmes, jeunes et parents sortent collectivement du silence. Ils relatent le « travail de l’exil », d’épreuve en épreuve, et questionnent les métissages socioculturels, d’une génération à l’autre, dans les quartiers populaires. Au coeur de leurs vies, les « trous de mémoire » des familles et les « blancs » de l’histoire des migrations se conjuguent aux non-dits actuels de la société française et de son modèle d’intégration.
Parmi ces personnes, nombreuses sont celles qui vivent une triple rupture : avec leur passé (quand il ne leur est pas transmis), avec leur langue et leur culture d’origine (quand celles-ci sont censées disparaître) et avec la réussite sociale en France (quand elles se sentent mises au ban). La plupart ont connu différentes formes de précarité et parfois de violence, liées aux histoires personnelles, mais aussi aux problèmes de séjour, aux dominations de classe, de race et de genre. Ces parcours montrent, en effet loupe, les tensions sociales, les souffrances de l’exil, les impasses du métissage quand prévalent l’aveuglement, le mutisme et les relégations.


Les nouveautés numériques du 27 février 2014

Notre catalogue numérique s'enrichit de 4 nouveaux titres au format epub (et toujours sans DRM).

 

* À quoi sert un économiste - Mariana Heredia
 

On assiste depuis plus de 50 ans à une prise de pouvoir par les économistes, devenus omniprésents. Ils ne se contentent pas de parler. Dans de nombreux pays, des experts en économie, le plus souvent membres d’aucun parti politique, occupent le poste de ministre de l’Économie mais aussi de multiples autres fonctions dirigeantes de l’État. L’auteure enquête en sociologue sur la manière dont ils se sont imposés, puis la manière dont les critiques les mettent en cause.  
 

* Bienvenue à Hénin-Beaumont - Haydée Sabéran
 

Après avoir fait de cette ville du Pas-de-Calais le laboratoire de sa reconversion « sociale », le F.N. en fera-t-il la vitrine de sa gestion municipale ? À la veille des municipales de mars 2014, un remarquable document de terrain au coeur de cette ville ville qui plonge chaque jour un peu plus dans la catastrophe sociale et politique, emblématique de très nombreuses situations similaires dans l'hexagone.  
 

* Pour un universalisme critique - Modher Kilani 
 

En étudiant cinq grandes « raisons » qui organisent le monde contemporain - mémoire et oubli dans les identités ; rapports religions et sociétés civiles ; place de l'animal et du sacrifice ; stigmatisation et exclusion jusqu'aux génocides ; synthèse possible par l'anthropologie elle-même - l'anthropologue Mondher Kilani propose une synthèse globale, ambitieuse et lumineuse , du monde contemporain.

 

 

* Technocritiques - François Jarrige
Depuis une trentaine d’années, les grands projets technologiques suscitent des critiques croissantes et de nombreux conflits. Cet essai d’histoire globale, pe premier ouvrage de référence sur la question, entend retracer l’évolution et les spécificités des contestations de la technologie, du XVIIIe siècle à nos jours, en articulant une histoire des pensées critiques et une histoire sociale des contestataires, nourrie de très nombreuses anecdotes édifiantes et peu connues.  
   
 

Les nouveautés numériques du 20 février 2014

Notre catalogue numérique s'enrichit de 5 nouveaux titres au format epub (et toujours sans DRM).

 

* Hold-up à Bruxelles - José Bové
 

À travers des cas concrets vécus au quotidien, le député européen José Bové livre la réalité des couloirs de Bruxelles : défendre les paysans face à la politique agricole commune instrumentalisée par les firmes agroalimentaires et agrochimiques, batailler pour l’indépendance des agences de contrôle infiltrées par les multinationales, révéler un complot de l’industrie du tabac contre la directive sanitaire en préparation, fédérer la lutte contre l’exploitation des gaz de schiste en Europe, dénoncer les accords de libre-échange…  
* L'affaire Snowden - Antoine Lefébure
 

Il aura fallu la révolte du jeune Edward Snowden, informaticien travaillant pour la National Security Agency (NSA) américaine, pour que le monde entier découvre l’étendue de la surveillance menée en secret par les États-Unis. Relatant les dessous méconnus de cette incroyable histoire, ce livre permet de comprendre les motivations de ses acteurs, l’enjeu des secrets révélés et leurs conséquences sur la marche du monde.  

* Le travail pornographique - Mathieu Trachman
 

La pornographie fait l’objet de nombreux débats, qui portent sur les conditions de travail des actrices, l’influence des images sur les adolescents, ou encore la censure dont elles feraient l’objet. C’est aussi un monde mal connu.
À partir d’une enquête ethnographique au sein de la production pornographique française, ce livre s’attache à décrire et à analyser l’organisation d’un travail sexuel en tant que tel.  

* L'empowerment, une pratique émancipatrice
 

L'empowerment (le « pouvoir d’agir »), a été utilisé par des mouvements sociaux étasuniens dans les années 1970, adopté à la même époque par des féministes défendant de nouvelles pratiques de développement dans les pays du Sud. Cette notion a connu un succès important depuis les années 1990 dans des sphères sociales, intellectuelles et dans des contextes politiques fort divers.  Cet ouvrage propose une discussion critique de ses utilisations et explicite ces différentes interprétations. Défendant résolument l’acception émancipatrice du concept, les auteures en clarifient les différentes visions et mettent en évidence ses enjeux.  

* Vivre avec les animaux - Jocelyne Porcher
Dans notre monde radicalement artificialisé, seuls les animaux, peut-être, nous permettront de nous souvenir de notre propre humanité. Cet ouvrage a pour but de comprendre les enjeux de notre relation aux animaux d'élevage, mais aussi, plus largement, aux animaux domestiques. Qu'est-ce que l'élevage ? Quelles différences entre « élevage » et « productions animales » ? Quelle est la place de la mort dans le travail avec les animaux ? Peut-on améliorer le sort des animaux dans les systèmes industriels ? Faut-il « libérer les animaux » ?


Les nouveautés numériques du 14 novembre 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit de 18 nouveaux titres au format epub (et toujours sans DRM).

 

 

* Tricontinentale - Roger Faligot

 

En janvier 1966 naît à Cuba la Tricontinentale, organisation regroupant les forces « anti-impérialistes » d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Au total, se retrouvent à l’hôtel Habana Libre quatre-vingt-deux délégations de pays décolonisés, de mouvements de libération afro-asiatiques et de formations de guérilla d’Amérique latine. Et même les frères ennemis du « camp socialiste », Chinois et Soviétiques. Parmi ceux qui ont contribué à préparer cette rencontre historique : Mehdi Ben Barka, Che Guevara, Ahmed Ben Bella, Salvador Allende, Hô Chi Minh, Amílcar Cabral ou Douglas Bravo… Les États-Unis sont au cœur des accusations, du fait de la guerre qu’ils mènent au Viêt-Nam et de la mobilisation de la CIA pour décapiter les groupes présents à La Havane. 
Roger Faligot retrace ici l’étonnante épopée de la Tricontinentale, qui marqua l’actualité mondiale des années 1960. Un récit aux nombreuses révélations grâce à une enquête de grande ampleur, nourrie des témoignages de survivants recueillis sur quatre continents, des archives de la Tricontinentale à Cuba ou de celles de l’administration américaine. On y trouvera des portraits inattendus de nombreuses figures de l’époque, comme Guevara, Ben Barka ou Joséphine Baker. Et des éclairages originaux sur l’enlèvement de Ben Barka, la tentative de « troisième voie » de Fidel Castro ou le rôle du général de Gaulle pour sauver les rescapés de la colonne Guevara en Bolivie, dont Régis Debray.
Une fresque sans équivalent, à l’écriture romanesque mais toujours rigoureuse, qui passionnera tous ceux et celles curieux de découvrir une époque mal connue, dont les échos résonnent encore aujourd’hui…

 

 

 

* Histoire politique des services secrets français - Roger Faligot, Jean Guisnel, Rémi Kauffer

 
Voici un livre exceptionnel : il retrace l’épopée de la DGSE, le service de renseignement français à l’international, tout juste trentenaire, et des services qui l’ont précédée. Cette centrale d’espionnage et de contre-espionnage est en effet l’héritière d’une longue histoire commencée sous l’Occupation avec les services rivaux du général de Gaulle et du général Giraud. Trajectoire prolongée par le SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage, fondé en 1946) pendant la guerre froide, la guerre d’Indochine, la guerre d’Algérie, sous la IVe République comme sous les présidences du général de Gaulle, de Georges Pompidou et de Valéry Giscard d’Estaing. Puis sous le sigle DGSE dans les années 1982-2012 sous les présidences Mitterrand, Chirac, Sarkozy et maintenant Hollande, avec l’apparition du monde éclaté d’aujourd’hui, fruit de l’effondrement du système soviétique et de la fin de la politique des blocs. Une aventure forcément secrète qui court sur sept décennies, de la Seconde Guerre mondiale à l’actuelle refonte par le nouveau pouvoir socialiste.
Pour faire vivre cette histoire des services secrets français, de leurs échecs et de leurs réussites, pour décrire en profondeur leurs relations souvent mouvementées avec le pouvoir politique, trois des meilleurs spécialistes du sujet, les journalistes Roger Faligot, Jean Guisnel et Rémi Kauffer, ont mobilisé dans ce livre leurs connaissances, leurs carnets d’adresses et leur savoir-faire. Brossant le portrait des hommes et parfois des femmes des services, narrant les détails de leurs opérations clandestines les mieux camouflées, sur tous les continents, ce trio a mis en commun ses fonds d’archives originales, accumulées pendant près de quatre décennies, et révèle des dizaines de témoignages inédits, du début des années 1940 jusqu’à nos jours.

 

 

* La nouvelle guerre d'Algérie - Djallal Mati
 
 

Après une préface de José Garçon analysant le mode de fonctionnement très singulier du pouvoir algérien, Djallal Malti apporte des réponses précises et argumentées aux questions le plus souvent posées par les observateurs. Le régime algérien est-il une dictature ou une démocratie naissante ? La presse algérienne est-elle indépendante ? Quel est le projet politique de l'islamisme radical algérien ? Quelle est la responsabilité des groupes armés islamistes dans la violence ? Quelle est la responsabilité des forces de sécurité et des milices dans la violence ? Quel rôle joue la dimension économique dans la poursuite de la guerre civile ? Quel est le projet social du pouvoir ? Pourquoi les démocrates algériens sont-ils divisés ? Pourquoi la communauté internationale - et en particulier la France - reste-t-elle si passive face au drame algérien ? Que peut-on faire ici concrètement pour venir en aide au peuple algérien ?
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1999.)
 

 

 

* La Nation entre l'histoire et la raison - Jean-Yves Guiomar


 
 

Jusqu'au XVIIIe siècle, la nation ne désignait qu'une réalité ethnique et culturelle ; par sa jonction avec l'État qu'elle légitime, elle entre dans l'ordre politique. Ainsi l'État monarchique d'ancien régime devient, avec la Révolution française, l'État national. La subversion de l'État dynastique et territorial consacrait le triomphe du principe du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ; l'entrée de la nation dans l'ordre politique relève quant à elle d'un tout autre principe : celui des nationalités. Aux contradictions héritées du droit moderne, la forme État national ajoute celles nées des relations conflictuelles entre ces deux principes. Cet essai analyse ce double conflit. En puisant à la fois dans les débats du passé et dans les événements du présent, l'auteur développe sa conception originale de la nation.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1990.)
 

 

 

*La science telle qu'elle se fait - Michel Callon, Bruno Latour (dir.)

 
 

Michel Callon et Bruno Latour ont rassemblé quelques-unes des meilleures études publiées en langue anglaise au cours des quinze dernières années dans le but de présenter des faits scientifiques analysés en détail par des sociologues et des historiens qui n'établissent a priori aucune frontière infranchissable entre les facteurs sociaux et cognitifs.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1991.)  

 

* De la civilité - Denis Duclos

 

Dans ce livre, Denis Duclos montre pourquoi les échanges marchands, la recherche identitaire, les lois et les sciences ne suffisent pas à assurer sur une longue période la cohésion du groupe humain. Il est un autre facteur qui permet de brider la puissance de ces grandes rationalités : c'est la « civilité », qui est en définitive la façon dont les membres d'une culture apprivoisent les grands mythes leur permettant de vivre ensemble, mais qui, en même temps, tendent à se figer en rituels obsessionnels.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1993.)

 

 

* Le pari amoureux - Miguel Benasayag, Dardo Scavino

 
 

Les auteurs proposent dans ce livre une généalogie des représentations de l’amour. Ils montrent que loin d’être un phénomène universel et atemporel, la conception moderne de l’amour est l’héritière inachevée d’une création culturelle, apparue en Europe au XIIe siècle : c’est à cette époque qu’est né l’amour-passion. L’amour n’est possible que s’il refuse tout conformisme, toute institutionnalisation. Et c’est la négation de cette charge subversive, expliquent les auteurs, qui fut le fil conducteur reliant les conceptions dominantes de l’amour apparues depuis lors au fil des siècles. Pour Miguel Benasayag et Dardo Scavino, l’amour-passion peut être aujourd’hui l’un des vecteurs d’une nouvelle expérience de la vérité et de l’engagement, au même titre que la science, l’art et la politique.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1995.)  

 

* Le journal de Paltinis - Gabriel Liiceanu

 
 

Ce livre propose le récit passionnant d'une formation philosophique. Sa force tient d'abord au contexte dans lequel il a été écrit, dans la Roumanie de Ceausescu. Et c'est de cet étouffoir totalitaire qu'une poignée de jeunes intellectuels a réussi paradoxalement à se libérer, par le travail philosophique. Le Journal de Paltinis est le récit au jour le jour de ces échanges passionnants, apportant la preuve magnifique que « pour un homme, la culture n'est pas un ornement du hasard, mais son milieu d'existence spécifique, comme l'eau se trouve être celui des poissons et l'air celui des oiseaux ». Devenu un classique en Roumanie, ce livre majeur propose une magnifique introduction aux joies - et aux difficultés - du véritable travail philosophique, dont il montre qu'il ne doit surtout pas être réservé aux spécialistes.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1999.)

 

 

* Des mères contre les femmes - Camille Lacoste-Dujardin

 

" Une longue familiarité avec les sociétés maghrébines ne m'avait guère permis d'avancer véritablement dans la compréhension des difficiles et délicats rapports entre hommes et femmes. Entre parents et enfants. Entre individu et société. [...] J'eus la chance d'être mêlée de près au mariage de deux Algériens : un parisien et une Algéroise. [...] Cet événement permet de mesurer les difficultés considérables vécues par des hommes et des femmes soumis à l'emprise de cette idéologie patrilignagère et patriarcale encore très vivante au Maghreb. " Camille Lacoste-Dujardin.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition poche de 1996.)

 

 

* La psychanalyse revisitée - Gérard Mendel

 
 

La société change, et les patients aussi : pourquoi, malgré ces évolutions, les analystes refusent-ils de remettre en question ce qui est manifestement dépassé dans les fondements de leur discipline ?
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition de poche de 1998.)

 

 

 

* Histoire contemporaine des médicaments - François Chast

 

La fin du XVIIIe siècle marque une rupture radicale dans l’histoire de la pharmacie : des plantes médicinales, souvent liées à des pratiques médicales plus magiques que rationnelles, on passe progressivement aux médicaments, élaborés grâce aux techniques chimiques. Le docteur François Chast, dans ce livre remarquablement documenté, retrace l’histoire de ces découvertes, en s’intéressant plus particulièrement à la naissance et aux transformations des médicaments utilisés dans le traitement des principales affections.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition de poche de 2002.)

 

 

* L'éco-pouvoir - Pierre Lascoumes

 

L'auteur soutient brillamment le paradoxe suivant : au départ, les revendications écologiques étaient profondément critiques des savoirs scientifiques et techniques et du développement social qu'ils conduisent. Trente ans plus tard, leur traduction en politiques d'environnement débouche au contraire sur un appel croissant aux experts, détenteurs véritables d'un « éco-pouvoir » montant. Avec ce concept, Pierre Lascoumes dévoile l'émergence d'une nouvelle rationalité qui prétend prendre le contrôle de tous les systèmes vivants.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1994.)

 

 

*  Intellectuels communistes (1926-1940) - Paul Nizan

 

Les articles et lettres qui composent ce recueil de textes illustrent en cinq rubriques chacune des facettes de la personnalité et de l'activité de l'intellectuel engagé que fut Paul Nizan (1905-1940), l'auteur des célèbres Chiens de garde et de Aden Arabie.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la nouvelle édition de 2001.)

 

 

* Peuple juif ou problème juif ? - Maxime Rodinson

 

Après avoir retracé sans complaisance son parcours d'intellectuel juif anticolonialiste, Maxime Rodinson éclaire la trajectoire du peuple juif à travers les siècles en l'inscrivant dans son contexte social et historique. Il analyse la dynamique complexe qui a produit le projet sioniste et l'État d'Israël, où l'élan émancipateur noue une alliance paradoxale avec le facteur colonial et le jeu des grandes puissances. Enfin, c'est en orientaliste chevronné qu'il décrypte l'aveuglement et l'incompréhension non moins fatals qui caractérisent les visions arabes d'Israël.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition de poche de 1997.)

 

 

* Une vie pour l'humanitaire - Marta Aleksandra Balinska

 

À travers la vie aventureuse d'un fonctionnaire international, Ludwik Rajchman, on accède aux coulisses d'épisodes fondamentaux du XXe siècle. L'auteur reconstruit avec brio l'extraordinaire parcours d'un homme qui fut non seulement sans doute " médecin sans frontières ", mais aussi une grande figure d'intellectuel doué d'un exceptionnel « sens de l'universel ».
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale 1995.)

 

 

* Racisme et modernité - Michel Wievorka (dir.)

 

Cet ouvrage se propose de construire, de reconstruire un objet - le racisme - qui s'est développé avec l'essor de la modernité et qui trouve un second souffle dans sa crise, voire dans ce que certains considèrent son dépassement postmoderne.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale 1993.)

 

 

* La formation de la pratique scientifique - Christian Licoppe

 

L'auteur interroge dans cet ouvrage un corpus fort large et peu usité de récits d'expériences qui, depuis le XVIIe siècle, voient de mettre en place la mathématisation de la physique et se répandre la représentation de la science moderne fondée sur les deux piliers jumeaux de la théorie et de l'expérience. Cet ouvrage montre comment apparaissent alors les formes de preuves expérimentales forts diverses, qui se succèdent et s'enchevêtrent selon un motif historique complexe.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l''édition originale de 1996.)

 

 

* Histoire du P.S.U. - Marc Heurgon

 

Créé en 1960, le Parti socialiste unifié (PSU) a profondément marqué l'évolution de la gauche française au cours des décennies suivantes. Avec le recul, le PSU apparaît comme un formidable laboratoire d'idées, trop méconnu aujourd'hui après presque quinze ans de " socialisme gestionnaire ". D'où l'intérêt de ce livre, qui retrace pour la première fois d'une façon aussi rigoureuse l'histoire de la naissance et des premières années du parti des " socialistes unifiés ".
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1994.)


Les nouveautés numériques du 9 janvier 2014

Notre catalogue numérique s'enrichit de 3 nouveaux titres au format epub (et toujours sans DRM).

 

* Le profilage des populations - Armand Mattelart et André Vitalis
 

Nous vivons aujourd’hui dans un monde d’hypersurveillance. Mais il n’a plus rien à voir avec le Big Brother totalitaire d’Orwell. Loin d’un modèle disciplinaire, les contrôles, exercés par une diversité d’acteurs publics et privés, y sont invisibles et mobiles, de plus en plus tributaires de la participation involontaire des individus et souvent aux fins d’anticipation de leurs comportements.
Ce livre vise à cerner l’origine, les contours et la dynamique de cette surveillance post-orwellienne. À partir de la rupture fondamentale introduite au XIXe siècle par le libéralisme et la reconnaissance des droits de l’homme, il retrace l’évolution fluctuante du couple libertés/contrôles.  

 
* Les corps vils - Grégoire Chamayou
 

Nous vivons aujourd’hui dans un monde d’hypersurveillance. Mais il n’a plus rien à voir avec le Big Brother totalitaire d’Orwell. Loin d’un modèle disciplinaire, les contrôles, exercés par une diversité d’acteurs publics et privés, y sont invisibles et mobiles, de plus en plus tributaires de la participation involontaire des individus et souvent aux fins d’anticipation de leurs comportements.
Ce livre vise à cerner l’origine, les contours et la dynamique de cette surveillance post-orwellienne. À partir de la rupture fondamentale introduite au XIXe siècle par le libéralisme et la reconnaissance des droits de l’homme, il retrace l’évolution fluctuante du couple libertés/contrôles.

 

 

* La géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre - Yves Lacoste
 

En 1976, la première édition de ce livre fit grand bruit : le géographe Yves Lacoste y fustigeait la « géographie des professeurs », apparue au XIXe siècle en Allemagne et en France et progressivement devenue un discours idéologique masquant l’importance stratégique et politique de toute réflexion sur l’espace. Mais surtout, Yves Lacoste montrait qu’existait aussi une autre géographie, plus ancienne et toujours actuelle, la « géographie des états-majors », ensemble de représentations cartographiques et de connaissances rapportées à l’espace constituant un savoir stratégique utilisé par les minorités dirigeantes.  


Les nouveautés numériques du 16 janvier 2014

Notre catalogue numérique s'enrichit de 19 nouveaux titres au format epub (et toujours sans DRM).

 

* L'ennemi intérieur - Mathieu Rigouste
 

L'auteur retrace l’évolution des représentations de l’ennemi intérieur dans la pensée d’État depuis les années 1960. Ce livre explique comment, des territoires colonisés aux quartiers populaires actuels, le pouvoir politique a régénéré un modèle de domination fondé sur la désignation d’un bouc émissaire socio-ethnique et la gestion de la peur dans la population. À travers l’étude de la lutte contre l’immigration et le terrorisme, il révèle l'évolution du contrôle intérieur et la mise en oeuvre d'un nouvel ordre sécuritaire.

 

 

* L'intérêt souverain - Frédéric Lordon 
 

La science économique utilitariste domine largement les sciences sociales. Les courants de sociologie se sont, en majorité, rendus à la théorie du choix rationnel. Cependant, il existe des courants anti-utilitaristes, qui, à l’autre extrême, versent dans la naïveté du geste donateur. Frédéric Lordon, propose un concept élargi d’intérêt de Spinoza, le conatus, qui permet de sortir de cette antinomie improductive.  

 

* Petite histoire de l'expérimentation démocratique - Yves Sintomer
 

Le tirage au sort a une longue histoire politique. Il constitue l’une des dimensions, trop souvent oubliée, du gouvernement du peuple. Inventé avec la démocratie à Athènes, longtemps consubstantiel à la tradition républicaine, pourquoi a-t-il été réservé aux jurys d’assises après les révolutions française et américaine ? Pourquoi fait-il son retour aujourd’hui, et quelle peut être sa légitimité dans le monde contemporain ? A quelles conditions peut-il contribuer à rénover la démocratie, à la rendre plus participative et plus délibérative ? Les mini-publics tirés au sort peuvent-ils s’articuler aux mouvements sociaux ? Une comparaison historique fait-elle sens ?
Yves Sintomer montre dans ce livre incisif que des logiques politiques nouvelles sont en train d’émerger.

 

 

* Les guerres de mémoires - Pascal Blanchard, Isabelle Veyrat-Masson (dir.)
 

Depuis la fin des années 1990, on a vu se durcir en France une « guerre de mémoires » autour de l’histoire coloniale et, en particulier, celle de l’Algérie ou celle de l’esclavage. Les différents protagonistes ont largement mobilisé les médias, anciens et nouveaux, saturant parfois l’espace public au point de donner le sentiment d’un débat d’une ampleur sans précédent. Et pourtant, on oublie trop souvent que le XXe siècle a été, génération après génération, une longue suite de conflits mémoriels. Comme si, sur les questions essentielles, les « guerres de mémoires » étaient en France le moyen de faire entrer le passé dans le présent. C’est ce que montre cet ouvrage, réunissant des contributions très accessibles des meilleurs historiens, politologues ou sociologues.

 

 

* La France a peur... - Laurent Bonelli

 
 

L’explosion de l’« insécurité » est devenue un sujet incontournable du débat politique et médiatique français. D’où vient une telle inflation du thème de la sécurité dans notre société depuis le début des années 1980 ? Dans quelle mesure a-t-elle modifié la perception politique et médiatique des milieux populaires et de leurs problèmes sociaux ? L’ouvrage de Laurent Bonelli montre d’abord que l’émergence de « l’insécurité » est inséparablement liée aux formes de précarités existentielles qui se développent à la fin des Trente glorieuses et au recul constant de l’État social. Ensuite, c’est à partir de l’ensemble de ses dimensions qu’il aborde cette question, de son traitement médiatique aux savoirs et expertises en tout genre mobilisés pour interpréter la « délinquance », des politiques de sécurité mises en place localement, jusqu’aux mutations profondes intervenues dans l’organisation et les missions de la police. Avec la reformulation progressive de la question sociale en impératif « d’ordre dans la rue », c’est tout un pan des relations entre les citoyens et les institutions républicaines qui a changé de visage. Un livre somme qui permet de prendre la mesure d’un changement d’époque.  

 

* L'islam et les fondements du pouvoir - Ali Abderraziq

 
Théologien et juriste reconnu, Ali Abderraziq prône une séparation radicale du spirituel et du temporel : il montre que le Prophète est un guide spirituel et non un roi de ce monde. Ses préceptes pour le gouvernement des hommes n'impliquent en rien les fondements d'un " État islamique " qui n'a jamais existé, pas même aux premiers temps de l'Umma. Aucun principe religieux n'interdit donc aux musulmans d'édifier leur État et leur société sur la base des dernières créations de la raison humaine et des systèmes politiques que l'expérience des nations a désigné comme étant parmi les meilleurs.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1994.)  

 

* La fragilité - Miguel Benasayag
 

Nos sociétés connaissent un moment caractérisé, entre autres, par la « séparation » : nous sommes séparés de notre puissance d’agir, nous ne trouvons plus les passerelles entre nos souhaits et nos pratiques. Sortir du fatalisme ambiant, construire une pensée de l’agir : telle est la voie qu’explore ce livre stimulant, où Miguel Benasayag s’interroge sur les moyens de dépasser la séparation. Et de sortir de cette constellation où les humains se vivent comme des sujets séparés à jamais du monde « objet », sur lequel, vainement, il prétendent « agir ». Mobilisant notamment les apports récents de la neurophysiologie de la perception, il s’efforce de construire les bases d’une pensée de la décision.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2007.)

 

 

* Le mythe de l'individu - Miguel Benasayag
 

L'auteur entend remettre en cause ici le mythe de l'individu. Pour sortir du piège de la dichotomie individu/masse, il faut tenter de penser un au-delà de l'individu. Tel est donc le propos du livre qui propose une théorie de l'émancipation qui dépasse l'opposition forts/faibles à la base du fonctionnement de nos sociétés et offre une critique originale de l'individualisme contemporain.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2004.)

 

 

* Mai 68, l'héritage impossible - Jean-Pierre Le Goff
 

Pour comprendre les effets souterrains considérables de Mai dans la France contemporaine, il faut revenir sur son utopie première et sur son échec, sur ces années où la passion des soixante-huitards s’est investie massivement dans un gauchisme aux mille facettes. À ceux qui ont vécu Mai 68 comme à ceux qui sont nés depuis, l’auteur voudrait faire partager cette conviction : pour dépasser aujourd’hui ce principe d’individualisme irresponsable qui nourrit l’air du temps, pour retrouver les voies d’une passion démo-cratique, il importe d’assumer enfin de façon critique l’héritage de Mai.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la troisième édition de 2006.)

 

 

* Gilles Deleuze, Félix Guattari - François Dosse
 

L’un était philosophe, l’autre psychanalyste. Figures majeures de la vie intellectuelle française de la seconde moitié du XXe siècle, ils sont considérés comme les plus illustres représentants de cette période de bouillonnement politique et intellectuel que constituèrent l’avant et l’après-mai 1968. Les deux hommes se rencontrent en 1969. Ce sera le début d’une grande complicité amicale, d’une aventure intellectuelle qui n’a connu que peu de précédents. C’est à leur biographie croisée que l’historien François Dosse nous convie, en trois temps : biographies parallèles, puis biographies croisées, et enfin biographies redifférenciées. Ce livre riche et passionnant explore les mystères d’une collaboration unique qui constitue une page encore proche et toujours actuelle de notre histoire intellectuelle.
Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2009.)

 

 

* Le chasseur noir - Pierre Vidal-Naquet
 

Rassemblant une sélection de textes sur la Grèce, cet ouvrage aborde notamment des thèmes centraux comme l'espace et le temps, les jeunes et les guerriers, les femmes, les esclaves et les artisans, la cité pensée et la cité vécue. Des textes littéraires, philosophiques, historiques, des récits mythiques ou des analyses descriptives, d'une part, et de l'autre, des pratiques sociales : la guerre, l'esclavage, les institutions juvéniles, l'érection des monuments commémoratifs.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2005.)

 

 

* La condition littéraire - Bernard Lahire
 

On connaît très mal les écrivains. Fort de ce constat, Bernard Lahire a mené une enquête rigoureuse et dressé un portrait passionnant de cette population. On apprend entre autres que les écrivains mènent souvent une double vie partagée entre création et activité de subsistance. Pourquoi cette situation ? Quelles en sont les formes et les effets sur les oeuvres et leurs auteurs ? Telles sont les questions auxquelles répond Bernard Lahire : un éclairage précieux sur les conditions d'existence réelles de ces individus.

 

 

* Changer de société, refaire de la sociologie -  Bruno Latour
 

La société ne peut être comprise qu’à partir d’assemblages et de connexions entre des choses qui ne sont pas elles-mêmes sociales. L'auteur expose son projet pour une « science de la vie ensemble ».
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2007.)

 

 

* À quoi sert la sociologie ? - Bernard Lahire
 

La sociologie doit-elle nécessairement servir à quelque chose ? Ou, pour le dire autrement, à quoi ne doit-elle surtout pas servir ? Et si la sociologie doit avoir une quelconque utilité, quelle doit en être la nature : politique, thérapeutique, cognitive ? C'est à cet ensemble de questionnements que les auteurs de cet ouvrage, sous la direction de Bernard Lahire, ont accepté de se confronter.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2004.)

 

 

* Devenir anorexique - Muriel Darmon
 

L’anorexie est trop souvent étudiée à partir des institutions en charge du traitement des malades et à travers les discours médicaux, psychanalytiques ou journalistiques qui détiennent sur ce sujet une sorte de « monopole de la parole légitime ». L'approche sociologique impose de se tenir au plus près de l’expérience des personnes concernées par la maladie, de leurs propriétés sociales et culturelles et  de reconstituer précisément les conduites et les processus qui font que des adolescentes peuvent en venir à être diagnostiquées comme anorexiques.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2008.)

 

 

* Parias urbains - Loïc Wacquant 
 

Rompant avec le biais exotisant des discours médiatique et politique, ce livre emmène le lecteur au sein du ghetto de Chicago et d’une cité déshéritée de la banlieue industrielle de Paris. Où l’on découvre que la marginalité urbaine n’est pas partout tissée de la même étoffe. En éclairant d’un jour nouveau le mélange détonnant entre la misère, l’opulence et la violence qui ressurgissent de concert dans les métropoles du Premier monde, Parias urbains offre des outils précieux pour revigorer le débat public sur les inégalités sociales et la citoyenneté à l’aube du siècle nouveau. 
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2007.)

 

 

*Le rêve de Bolivar - Marc Saint-Upéry
 

Chavez, Lula, Kirchner, Tabaré Vazquez, Evo Morales, Rafael Correa, voire Michelle Bachelet… Y a-t-il vraiment une « vague de gauche » en Amérique du Sud ? Le livre de Marc Saint-Upéry, par l’originalité de son approche, l’ampleur de son champ d’investigation et l’agilité de son écriture journalistique, offre au grand public un panorama de la question sans équivalent sur le marché éditorial. Basé sur quatre ans de voyages et de reportages, des favelas de Salvador de Bahia à l’Amazonie équatorienne en passant par les ghettos sociaux de la banlieue de Buenos Aires, sur des dizaines d’entretiens avec des militants et des banquiers, des « piqueteros » et des ingénieurs pétroliers, des paysans indiens et des hauts fonctionnaires et sur l’assimilation de milliers de pages de littérature politologique, sociologique, historique et ethnographique, l’auteur nous transmet les raisons et les passions des acteurs du changement. Prenant le contre-pied des idées reçues, il démontre qu’il n’existe pas une seule gauche en Amérique latine, mais que les clivages pertinents traversent le plus souvent les lignes de démarcation imaginaires entre « radicaux » et « modérés », « populistes » et « réalistes ». 
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2008.)  
  * La matrice de la race - Elsa Dorlin
 

Au croisement de la philosophie, des études sur le genre et de la science politique, Elsa Dorlin analyse comment les enjeux politiques sont articulés à la définition du genre et de la race. Dans cet ouvrage, elle donne à comprendre en quoi, du XVIIe au XIXe siècle, le modèle d’une figure féminine saine et maternelle a déterminé la conception de la race et du racisme à l’œuvre lorsque la nation française s’engageait dans l’esclavage et la colonisation.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2009.)

 

 

* Les droites et la rue - Danielle Tartakowsky
 

13 mai 1958 à Alger, 30 mai 1968 à Paris, ou manifestations pour la défense de l’École libre en juin 1984, récentes manifestations contre le mariage, sans parler du 6 février 1934, il y a 80 ans tout juste, ce livre original s’essaie à cerner la place et le poids des manifestations de droite dans les systèmes politiques depuis quelque cent trente ans - leurs spécificités, leurs logiques d’action et leur autonomie relative .


Les nouveautés numériques du 28 novembre 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit de 19 nouveaux titres au format epub (et toujours sans DRM).

À (re)découvrir : 

 

*  Complicité de génocide ? - François-Xavier Vershave

Grâce à « l'opération Turquoise », la France est apparue comme l'un des pays ayant agi le plus efficacement contre les conséquences du génocide rwandais. Ce faisant, elle est parvenue fort opportunément à faire passer au second plan ses responsabilités dans le mécanisme monstrueux qui a conduit à ce génocide. Or - c'est ce que démontre ce petit livre explosif - , ces responsabilités sont accablantes.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1994.)

 

 

* Des savants face à l'occulte - Bernadette Bensaude-Vincent et christine Blondel (dir.)

Tables tournantes et parlantes, somnambules et médiums, fantômes et ectoplasmes ont captivé l’attention d’une fraction non négligeable de la communauté scientifique française au tournant du XXe siècle. Ces phénomènes bizarres pouvaient-ils s’expliquer par la physique, par la biologie, ou bien relevaient-ils de la psychopathologie ? Les huit récits d’épisodes marquants du début du XXe siècle réunis dans cet ouvrage se lisent comme autant de reportages inattendus et passionnants sur l'engouement pour les phénomènes inexpliqués. Et au-delà, les historiens des sciences et de la culture qui ont contribué à ce livre apportent des explications troublantes à ce double mouvement d’ouverture puis de fermeture de la communauté scientifique française, dont les effets se font sentir jusqu’à nos jours.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2002.)

 

 

* Géométrie, mesure du monde - Thierry Paquot et Chris Younès (dir.)

Cet ouvrage collectif tente de saisir, à partir de la confrontation entre mathématiciens, géomètres, historiens, architectes, urbanistes, paysagistes, philosophes, l’expérience existentielle de l’espace-temps des lieux. Une approche pluridisciplinaire originale des tendances actuelles en matière d'architecture et d'urbanisme, vues à travers le rôle de la géométrie.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2005.)

 

 

* Histoire de la nouvelle gauche paysanne - Jean-Philippe Martin

Une histoire intellectuelle et politique des mouvements qui, depuis 1960, ont donné abouti à la création de la Confédération paysanne. Un livre indispensable pour comprendre comment ont évolué les positions et les modes d’action de ce syndicat, quelles sont les permanences et les traditions militantes qui le marquent encore aujourd’hui, ainsi que la façon dont il est parvenu à s’imposer dans le mouvement altermondialiste.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2005.)

 

 

* Inventer l'actualité - Laurent Gervereaux

Nous soupçonnons tous que les médias ne nous proposent pas une version parfaitement fidèle de l’actualité. Mais jusqu’à quel point ? En observant tous les jours les Unes des principaux médias de sept grands pays, l'auteur et son équipe sont arrivés à des résultats terrifants qui sont ici livrés aux lecteurs. Actualité dirigée, sélectionnée, oubliée, théâtralisée... Est-ce un complot, du bourrage de crânes, ou le résultat d'un effrayant conformisme ?
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2004.)

 

 

* Iran, la révolution invisible - Thierry Coville

La révolution iranienne de février 1979 a suscité une énorme inquiétude dans le monde occidental. Cependant, ce pays et son régime demeurent très peu connus par le reste de la planète. Comment se caractérise l’identité islamique du régime ? Comment la société a-t-elle évolué ? Thierry Coville répond à ces questions et à beaucoup d'autres dans ce livre documenté ; il montre ainsi que l'Iran, traversé par de fortes contradictions, connaît une forme de révolution invisible dont il est difficile d'entrevoir l'issue.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2007.)

 

 

* L'avenir du passé - Jean-Paul Demoule et Bernard Stiegler (dir.)

Quels sont les apports de l’archéologie aux interrogations les plus récentes sur la trajectoire de l’humanité ? L’archéologie offre-t-elle des outils pour renouveler l’approche des notions de communauté et de territoire ? Peut-elle éclairer la réflexion sur les catégories de peuple et de nation ? Comment se nouent les liens entre l’archéologie et les autres disciplines ? Cet ouvrage réunit des contributions de philosophes, historiens, sociologues, psychanalystes, anthropologues et archéologues, de plusieurs pays, qui examinent les différents aspects de cette relation de l’homme à son passé et soulignent les enjeux contemporains de l’archéologie.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008.)

 

 

* L'école du soupçon - Marie-Monique Robin

Après avoir toujours nié l’existence d’abuseurs sexuels dans ses rangs, l’Éducation nationale a opéré une volte-face au milieu des années 1990 : grâce aux militants de la protection de l’enfance, la pédophilie a enfin été dénoncée et poursuivie. Mais, sous l’effet de la pression médiatique, cette salutaire prise de conscience a conduit l’État à adopter un dispositif de contrôle inadapté, qui mine en profondeur l’ensemble du corps enseignant. Et qui menace à terme l’équilibre de nos enfants. C’est ce que montre l'auteur dans cette enquête approfondie sur les dérives de la lutte indispensable contre les pervers.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2006.)

 

 

* La crise de la réprésentation - Daniel Bougnoux

Depuis les années 1980, les avis convergent : dans nombre de démocraties occidentales, la représentation politique est en crise, les élus ne relaient plus les attentes de leurs mandants, les élites sont « coupées du peuple ».  A qui la faute ? C'est ce qu'explore ici Daniel Bougnoux, selon qui on ne peut comprendre la crise de la représentation politique sans l'inscrire dans celle qui, plus généralement, affecte la notion de représentation et la symbolique de l'image. 
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2006.)

 

 

* La finance mondialisée - François Chesnais (dir.)

Bilan critique de la « finance mondialisée » proposé par des chercheurs renommés. Ils expliquent notamment comment les États-Unis ont fait de leur position dominante dans les institutions financières l’un des piliers de leur hégémonie. On est ainsi obligé de se poser la question d’un lien possible entre cette hégémonie et la remontée récente du militarisme américain, qui absorbe une fraction élevée des ressources financières du monde.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2004.)

 

 

* La société des victimes - Guillaume Erner

Que resterait-il de l’actualité s’il n’y avait plus de victimes ? Plus de Tsunami, plus d’affaire d’Outreau, plus d’ours Cannelle… Il suffit de jeter un coup d’œil à la télévision pour s’en rendre compte : du journal télévisé aux émissions de divertissement, partout la souffrance est comme chez elle. Cet engouement pour la compassion n’a pas échappé aux hommes politiques, désormais passés maîtres dans l’art de la condoléance. Tous savent que l’émotion leur va à merveille. Pourtant, on aurait tort de réduire cette profusion compassionnelle à une simple mode médiatique. Certes, en théorie, la victoire de la victime semble marquer la réalisation de l’idéal démocratique : la lutte pour la reconnaissance. Pourtant, jamais nos sociétés n’ont semblé aussi inégalitaires, individualistes et cruelles. C’est ce paradoxe qu’il faut expliquer : comment la cause de la victime en est venue à servir l’injustice.  
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2006.)

 

 

* La traite des êtres humains -  Georgina Vaz-Cabral

Prostitution, services sexuels on-line, travail forcé, mendicité sous contrainte des enfants, esclavage domestique : cet ouvrage est un état des lieux du trafic humain, du recrutement au maintien en esclavage des individus. Un phénomène qui, grâce à l’internationalisation du crime organisé et aux nouvelles technologies, a acquis une nouvelle dimension. Ce livre présente également les causes et les instruments juridiques créés pour éradiquer ce fléau.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2006.)

 

 

* La capitalisme clandestin - Pierre Lascoumes, Thierry Godefroy

L’économie capitaliste a trouvé ses « moutons noirs », ces paradis fiscaux qui sapent la confiance des investisseurs et déstabilisent le libre marché. Une série de scandales politico-financiers a révélé les effets pervers de la mobilité croissante des flux financiers, les usages délictueux et opaques des circuits bancaires, en particulier ceux donnant accès aux places offshore. Ce livre révèle les dessous de cette mobilisation politique soudaine et la fonction de bouc émissaire que l’on fait tenir aux « places offshore ».
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2004.)

 

 

* Le défi des inégalités - Pierre Salama

Dans ce livre novateur, Pierre Salama compare les performances économiques de l’Asie et de l’Amérique latine. Il montre que les fortes inégalités et les sociétés instables qu'elles produisent peuvent, selon le cas, provoquer la croissance économique ou l'entraver. Lire les principaux échecs économiques latino-américains à partir de ce qui semble être des succès en Asie montre qu’il n’y a pas de « voie royale » pour le développement.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2006.)

 

 

* Le plaisir et la loi -  Florence Dupont

Affranchi monstrueux, Trimalchion est un fantasme culturel représentant la non-citoyenneté absolue, le corps réduit à lui-même face à la richesse, dans une impossibilité de jouissance conviviale. Le Festin de Trimalchion est lu par Florence Dupont dans son rapport avec le Banquet de Platon. De Rome à la Grèce, quelle est la fonction et la signification de ce que l’on appelle l’imitation ? Le tourment de Rome fut d’avoir hérité de représentations inadéquates, mais de vouloir fonder sa légitimité sur cet héritage.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2002.)

 

 

* Les Litvaks - Henri Minczeles 

Sur le territoire de l’ancien grand-duché de Lituanie, s’est développée, pendant plusieurs siècles, une civilisation originale, dont se réclamaient plus d’un million et demi de Juifs. Baltes, polonais et biélorussiens, ces Juifs litvaks ou « Juifs lituaniens » affirmaient leur singularité dans un univers à la fois ouvert sur le monde et intimement attaché aux traditions. Les Litvaks ont compté d’éminentes personnalités (Sergeï Eisenstein, Mark Chagall, Golda Meier, Jacques Lipschitz, Chaïm Soutine, Emmanuel Levinas, etc.) et ont fortement imprégné le judaïsme dans son ensemble grâce à leurs talents et à leur humanisme. Moins de soixante-dix mille d'entre eux ont survécu à l’horreur de la Shoah.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008.)

 

 

* Les malheurs des psys - Philippe Pignarre

Le « monde des psys » est en crise. Psychanalyse et thérapies cognitives s'opposent, en vain. Selon Philippe Pignarre, l'important aujourd'hui est de se détourner des théories figées pour s'intéresser aux mécanismes et aux objets proposant aux patients de nouvelles manières de vivre et de manifester leurs difficultés existentielles. Il faut inventer collectivement de nouvelles formes de prise en charge de la souffrance psychique.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2006.)

 

 

* Les mariages forcés - Gérard Neyrand, Abdelhafid Hammouche, Sahra Mekboul

L’enquête réalisée pour rendre compte des situations dramatiques engendrées par les mariages forcés s’appuie sur des entretiens avec des jeunes femmes concernées et des représentants institutionnels et associatifs. Elle met en évidence la violence propre à ces situations de conflit mais aussi les déchirements à l’intérieur des familles et des communautés, et la difficulté des institutions à y répondre efficacement. La nouvelle génération d’associations portées par des représentantes de ces communautés a cependant permis d’initier des réponses coordonnées, visant à constituer un dispositif de prise en charge. L’analyse débouche sur quelques recommandations pour aider à l’organisation de ces réponses. 
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008.)

 

 

* Silence, on intoxique ! - André Aschieri

À notre insu, les industriels introduisent, sans les tester, des centaines de substances nouvelles dans notre environnement quotidien chaque année. Pendant ce temps, les citoyens croient naïvement que les produits toxiques sont interdits avant d’être commercialisés. Ce laxisme incroyable tue des milliers de gens chaque année. Et il fera encore plus de ravages si rien ne change. Grâce à son expérience à la vice-présidence de la nouvelle Agence française de sécurité sanitaire, André Aschieri dévoile dans ce livre comment cette situation a conduit à l’explosion des cancers, des pathologies neurodégénératives du cerveau et des maladies émergentes que nous connaissons aujourd’hui.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2005.)

Les nouveautés numériques du 12 décembre 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit de 11 nouveaux titres au format epub (et toujours sans DRM).

À (re)découvrir !

 

 

* Au bureau des affaires juives - Tal Bruttmann
La politique antisémite est lancée par Vichy dès l’été 1940. Elle est mise en oeuvre non pas par des professionnels de l'antisémitisme, mais bien par des fonctionnnaires de toutes catégories. Cet ouvrage s’appuie sur des archives jusqu'ici négligées, et analyse la langue administrative et les méthodes de travail, montrant comment les fonctionnaires se sont adaptés, le plus souvent sans états d'âme, à leur nouvelle tâche.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2006.)

 

 

* Les mondes sociaux de l'entreprise - Florence Osty, Marc Uhald, Renaud Sainsaulieu
Une enquête de grande ampleur a été menée dans les années 1990 auprès d’une centaine d’organisations françaises de toutes tailles : entreprises privées, publiques, administrations. Leur fonctionnement socioéconomique a été finement analysé dans ses différentes dimensions (stratégies de gestion, modes d’organisation, mais aussi cultures de travail et formes de relations entre acteurs) ; cette analyse fait apparaître des « mondes sociaux d’entreprise », contrariant certaines classifications usuelles, selon leur taille ou leur secteur d’activité par exemple. Une première version en a été publiée en 1995, avec Renaud Sainsaulieu et Isabelle Francfort (éditions Desclée de Brouwer) et a fait date. Cette édition en propose une actualisation, plus synthétique et plus accessible. Le succès de la typologie des « mondes sociaux d’entreprise » atteste de l’intérêt pour des travaux aisément accessibles et utilisables dans la pratique. L’ouvrage offre par ailleurs un panorama des recherches récentes menées sur le monde du travail.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2007.)

 

 

* Quand les corps se souviennent - Didier Fassin
L’Afrique du Sud est le pays du monde le plus gravement affecté par l’épidémie de sida. Elle est aussi le lieu de débats et de procès pour l’accès aux médicaments. Fruit de cinq années d’enquête, ce livre montre comment l’histoire de la colonisation et de la ségrégation demeure vivante, dans les inégalités et les violences, dans le racisme et les accusations de racisme. Au-delà de la singularité de l’Afrique du Sud, l’auteur propose une réflexion sur la mémoire des afflictions dans les sociétés contemporaines.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2006.)

 

 

* La démocratie à l'épreuve - Michel Wieviorka
Dans cet essai limpide, Michel Wieviorka montre que si des menaces existent envers la démocratie, l'idée d'un vrai danger permanent et immédiat est beaucoup trop caricatural. La conscience nationale a souvent, dans le passé, porté des projets de modernisation économique et de renforcement de la démocratie ; le populisme n'est pas pure rétraction passéiste, il peut plaider aussi pour plus de participation populaire à la modernité. Et l'ethnicité, si elle évite les pièges de la violence ou du repli communautaire, peut signifier l'effort d'acteurs pour s'affirmer dans leur identité, tout en s'insérant pleinement dans la vie de la Cité.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1993.)

 

 

* Les enfants de la colonie - Emmanuelle Saada
Au sein de l’Empire français moderne, des dizaines de milliers d’enfants sont nés de la rencontre coloniale. Le plus souvent nés de l’union passagère d’un colonial et d’une indigène, illégitimes, non reconnus puis abandonnés par leur père, hybrides et bâtards, ils brouillaient la frontière de la domination. La puissance coloniale tenta de « reclasser » les métis : soustraits au « milieu indigène », placés dans des orphelinats spéciaux, ils reçurent une éducation qui visait à « redresser leur hérédité » et à en faire des Français « d’âme et de qualité ». Cet ouvrage traite de l’histoire oubliée des enfants de la colonie en insistant tout particulièrement sur le cas indochinois. Il montre que « la question métisse » a été le produit de la dynamique des relations de genre, de race et de classe dans l’Empire, de l’articulation entre sexualité et domination, mais aussi des manières indigènes de concevoir les relations avec les colonisateurs.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2007.)

 

 

* Pays de malheur ! - Younes Amrani, Stéphane Beaud
 

Cet ouvrage est constitué par la longue correspondance entre le sociologue Stéphane Beaud et un jeune homme de 28 ans ayant lu son livre, 80% au bac et après ?. Ce texte original nous restitue les espoirs et les souffrances intimes de ce jeune d'origine maghrébine, son sentiment de non-reconnaissance, ses contradictions sociales. Un témoignage qui peut aider à combattre la vision stéréotypée et réductrice du « jeune de banlieue ».
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2005.)  

 

* La France invisible - Stéphane Beaud, Joseph Confavreux, Jade Lindgaard (dir.)

Livre d’enquêtes et de récits de vie recueillis par des journalistes et des chercheurs qui ont fait le pari d’une collaboration inédite, La France invisible est un ouvrage d’interpellation à l’adresse des responsables politiques, des médias, des commentateurs de la société française. En interrogeant leurs pratiques et leurs discours – où le point de vue des « leaders d’opinion » compte plus que la connaissance des réalités concrètes –, il dévoile les mécanismes d’invisibilisation qui masquent la réalité et la violence d’un pays en état d’urgence sociale.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2008.)

 

 

* De la question sociale à la question raciale ? - Didier Fassin, Éric Fassin (dir.)
De plus en plus, certaines inégalités sociales sont reconnues pour ce qu'elles sont réellement : des discriminations raciales. C’est ce déplacement de la « question sociale » vers une nouvelle « question raciale » qu’interroge cet ouvrage où des chercheurs réputés en sciences sociales proposent une synthèse remarquablement informée de problèmes trop souvent abordés à travers le prisme des a priori idéologiques.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2009.)

 

 

* Nous n'avons jamais été modernes - Bruno Latour

Jusqu'ici, les choses étaient simples : aux scientifiques la gestion de la nature, aux politiques celle de la société. Mais ce traditionnel partage des tâches devient de plus en plus impuissant à rendre compte de la prolifération des « hybrides ». D'où le sentiment d'effroi qu'ils procurent, et que ne parviennent pas à apaiser les philosophes contemporains, qu'ils soient antimodernes, postmodernes ou éthiciens. 
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2006.)

 

 

* Quand les banlieues brûlent... - Laurent Mucchielli, Véroniuqe Le Goaziou (dir.)

En novembre 2005, une émeute d’une ampleur sans précédent dans l’histoire contemporaine de la France a été gérée politiquement de façon désastreuse : le « retour au calme » est aussi un retour à toutes les difficultés de la vie ordinaire pour les habitants des quartiers populaires. C’est pourquoi des sociologues de terrain ont voulu montrer qu’il est possible et indispensable d’analyser ces événements et ce qu’ils révèlent de l’état de la société française. Une édition augmentée et mise à jour de cet ouvrage, sans doute le plus pertinent publié suite aux émeutes urbaines de novembre 2005.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la nouvelle édition augmentée de 2007.)

 

 

* La frénésie sécuritaire - Laurent Mucchielli 
En novembre 2005, une émeute d’une ampleur sans précédent dans l’histoire contemporaine de la France a été gérée politiquement de façon désastreuse : le « retour au calme » est aussi un retour à toutes les difficultés de la vie ordinaire pour les habitants des quartiers populaires. C’est pourquoi des sociologues de terrain ont voulu montrer qu’il est possible et indispensable d’analyser ces événements et ce qu’ils révèlent de l’état de la société française. Une édition augmentée et mise à jour de cet ouvrage, sans doute le plus pertinent publié suite aux émeutes urbaines de novembre 2005.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la nouvelle édition augmentée de 2007.)


Les nouveautés numériques du 19 décembre 2013

Notre catalogue numérique s'enrichit de 6 nouveaux titres au format epub (et toujours sans DRM).

À (re)découvrir !

 

* Gouverner Marseille - Michel Peraldi, Michel Samson
 

En un demi-siècle, Marseille a connu des bouleversements sociaux, économiques culturels et urbains majeurs. Pourtant la ville n'a connu que trois maires (Defferre, Vigouroux, Gaudin), tous issus du même moule politique et social formé après la guerre par Gaston Defferre. Michel Péraldi et Michel Samson, spécialistes reconnus des mondes politiques marseillais, proposent la synthèse d’années de travail de terrain et d’entretiens approfondis avec les responsables politiques locaux. Ils mettent ainsi à jour les liens noués par ces derniers avec les autres acteurs du théâtre politique local : entrepreneurs et industriels, nouveaux spéculateurs de la « movida » immobilière marseillaise, représentants de l’État, supporteurs de l’OM, syndicalistes, leaders religieux et communautaires…
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2006.)

 

 

* Chantier interdit au public - Nicolas Jounin
 

L’auteur, qui s’est immergé durant une année dans le monde du béton armé parisien, en tant qu’ouvrier, retrace ici l’itinéraire de son enquête. Au fil des expériences et des personnes rencontrées, il expose les conditions d’emploi et de travail liées au recours croissant à la sous-traitance et à l’intérim : division des collectifs ouvriers, infériorisation et culpabilisation des sous-traitants et des intérimaires, pratiques illégales d’employeurs, contradictions pesant sur la sécurité au travail, recours massif à une main-d’œuvre étrangère fragilisée et parfois sans papiers, racisme et discriminations. L’enquête ébranle au passage certaines idées reçues, elle témoigne également des résistances des travailleurs concernés. L’implication physique de l’auteur dans son enquête permet une restitution fine des situations rencontrées et offre une immersion passionnante dans cet univers méconnu du bâtiment. 
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2009.)

 

 

* J'étais un chef de gang - Lamence Madzou
 

Dans ce témoignage exceptionnel, Lamence Madzou raconte son parcours : depuis sa découverte de Paris, de la culture des rues, du mouvement hip-hop, de la violence et ses codes, jusqu’à sa reconversion dans le bizness - drogue, racket, trafic de voitures - puis la prison. Il revient sur son expulsion au Congo en 1997, et sa confrontation aux atrocités de la guerre civile. Ce livre propose un regard inédit, de l’intérieur, de l’expérience des bandes, complété et mis en perspective par Marie-Hélène Bacqué. Alors que la question des bandes demeure toujours d’actualité, cet ouvrage ni complaisant ni diabolisant éclaire un phénomène social qui continue d’alimenter tous les fantasmes.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2009.)

 

 

* 80 % au Bac... et après ? - Stéphane Beaud
 

« 80 % d’une génération au bac » : ce slogan a nourri les espoirs d’une possible promotion sociale pour les enfants de familles populaires, en particulier immigrées, dans un contexte d’insécurité économique et sociale croissante. Dans ce livre, Stéphane Beaud raconte, à travers le portrait de jeunes d’un quartier HLM à forte composante immigrée, les illusions et les désillusions de ces « enfants de la démocratisation scolaire », qui se sont engagés dans la voie incertaine des études longues.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2003.)

 

 

* L'Islam imaginaire - Thomas Deltombe
 

« Péril islamiste », « menace terroriste » ou « dérives communautaristes » : l’islam est aujourd’hui au cœur des débats publics en France.  Pour comprendre la généalogie d’un débat devenu obsessionnel, l'auteur a passé au crible les journaux télévisés de 20 heures et les principales émissions consacrées à l’islam sur les grandes chaînes nationales depuis… trente ans. Décortiquant petits bidonnages et grosses manipulations, rappelant certaines déclarations ahurissantes de politiques et d’intellectuels et les tentatives – de plus en plus rares – de journalistes pour échapper au nouveau conformisme, il montre comment le petit écran a progressivement construit un « islam imaginaire », une représentation largement fantasmée, sous l’effet conjoint de la course à l’audience et d’une idéologie pernicieuse de stigmatisation de l’« Autre » musulman.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition originale de 2007.)  

 

* French Theory - François Cusset
 

Les œuvres des philosophes français de l'après-structuralisme (de Foucault à Derrida, Baudrillard, Deleuze et Lyotard) ont connu aux États-Unis un succès sans précédent. Réappropriées au service des combats identitaires et des débats idéologiques de la fin de siècle américaine, elles ont fourni le socle théorique sur lequel ont pu s'épanouir, dans toute leur ambivalence politique, les cultural studies, gender studies et les études multiculturelles. C'est cette histoire, mal connue, de la « French Theory » qui est retracé ici.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2005.)


Les nouveautés numériques du 30 janvier 2014

Notre catalogue numérique s'enrichit de 3 nouveaux titres au format epub (et toujours sans DRM).

 

* Adieu au capitalisme - Jérôme Baschet
Il est temps de rouvrir le futur. Et d’engager résolument la réflexion sur ce que peut être un monde libéré de la tyrannie capitaliste. C’est ce que propose ce livre, en prenant notamment appui sur les expérimentations sociales et politiques accumulées par l’insurrection et les communautés zapatistes, une « utopie réelle » de grande envergure.
Pratiquer une démocratie radicale d’autogouvernement et concevoir un mode de construction du commun libéré de la forme État ; démanteler la logique destructrice de l’expansion de la valeur et soumettre les activités productives à des choix de vie qualitatifs et collectivement assumés ; laisser libre cours au temps disponible, à la dé-spécialisation des activités et au foisonnement créatif des subjectivités ; admettre une véritable pluralité des chemins de l’émancipation et créer les conditions d’un véritable échange interculturel : telles sont quelques-unes des pistes qui dessinent les contours d’un anticapitalisme non étatique, non productiviste et non eurocentrique.
En conjuguant un effort rare de projection théorique avec une connaissance directe de l’une des expériences d’autonomie les plus originales et les plus réflexives des dernières décennies, Jérôme Baschet s’écarte des vieilles recettes révolutionnaires dont les expériences du XXe siècle ont montré l’échec tragique. Il propose d’autres voies précises d’élaboration pratique d’une nouvelle manière de vivre.
 

* La grande bifurcation - Gérard Duménil, Dominique Lévy
Les économies et les sociétés des États-Unis et de l’Europe sont aujourd’hui au seuil d’une grande bifurcation. À droite, de nouvelles configurations sociales se dessinent sous nos yeux, prolongeant, en dépit de la crise, les voies néolibérales au bénéfice des plus favorisés. L’urgence est grande du basculement vers l’autre branche de l’alternative, à gauche cette fois. Tel est le constat de ce livre, nourri par une enquête sur la dynamique historique du capitalisme depuis un siècle.
Derrière l’évolution aujourd’hui bien documentée des inégalités entre revenus du capital et revenus du travail, et entre hauts et bas salaires, se cache une structure de classes non pas bipolaire mais tripolaire – comprenant capitalistes, cadres et classes populaires –, qui fut tout au long du siècle dernier le terrain de différentes coalitions politiques. L’alliance sociale et surtout politique entre capitalistes et cadres, typique du néolibéralisme, est le marqueur de la droite ; celle entre classes populaires et cadres, qui a caractérisé l’après-Seconde Guerre mondiale en Occident, fut celui de la gauche.
Dans ce livre documenté et engagé, issu de nombreuses années de recherches, Gérard Duménil et Dominique Lévy défendent dès lors une thèse simple reposant sur une idée centrale : la réouverture des voies du progrès social passe par la capacité politique d’ébranler les grands réseaux financiers de la propriété capitaliste et la connivence entre propriétaires et hauts gestionnaires. Telle est la condition pour enclencher un nouveau compromis à gauche entre classes populaires et cadres, et ouvrir les voies du dépassement graduel du capitalisme.
 

* Gens de paroles - Dominique Casajus

Les Touaregs vivent dans le Sahel et le Sahara méridional, répartis entre plusieurs groupements qui furent jusqu'au début de ce siècle des unités politiques indépendantes. Par-delà les frontières nationales qui les séparent aujourd'hui, la langue qu'ils partagent leur donne le sentiment de former une communauté. Mais, autant que la langue elle-même, ce qui les rassemble, eux qui se désignent comme les " gens de la parole ", c'est le souci du bien-parler. Dans ce livre magnifique, Dominique Casajus s'efforce de révéler les mystères et de restituer toute la subtilité de cette parole " pénombreuse ", qui accorde une place singulière au silence et au non-dit. Partant à la rencontre des hommes voilés, il évoque ces paroles échangées à l'ombre des tentes et notamment la forme de parole la plus précieuse, la poésie, élégiaque ou guerrière. De l'exploration de ces faits langagiers, prosaïques ou poétiques, l'image d'une société bruissante de mots échangés se dégage peu à peu, dans laquelle certains ont plus que d'autres droit à la parole et où ceux qu'opposaient la guerre s'adressaient jadis des poèmes tandis qu'ils croisaient le fer. Mais Dominique Casajus n'oublie pas l'autre langue, celle du Coran. Car, si la langue des Touaregs les installe dans leur spécificité et les oppose à tous les autres hommes, l'adhésion à la religion du Livre les fait membres de la communauté des Croyants et les installe dans l'universel.
(Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2000.)

 

Les nouveautés numériques du 17 avril 2014

Notre catalogue numérique s'enrichit de deux nouveaux titres.

À (re)découvrir !

 

 

* Le travail du consommateur - Marie-Anne Dujarier
 

Comment faire travailler un consommateur ? Partant de situations quotidiennes dans des services marchands (transports, banque, distribution, loisirs, restauration, médias, culture, médecine, formation, etc.), l’auteure décrit le processus d’externalisation des tâches productives vers le consommateur. Elle analyse ces configurations organisationnelles où le marketing et les technologies jouent un rôle central.
Un livre essentiel pour comprendre les transformations du capitalisme et de son esprit.

 

 

* L'extrême droite en Europe - Béatrice Giblin (dir.)

La revue Hérodote avait choisi, en 2012, de présenter diverses situations européennes pour mieux les comprendre. Devant l’actualité et les enjeux de cette question, cette édition de poche reprend, sous la direction de Béatrice Giblin, de nombreux articles tirés de son numéro 144, qui avait eu un très large écho, articles actualisés, voire totalement refondus afin de tenir compte des évolutions de fond importantes, et nouveaux articles inédits. Une synthèse de référence, au cœur de l'actualité.
 
 

 

   


Les nouveautés numériques du 20 février 2014

Notre catalogue numérique s'enrichit de 5 nouveaux titres au format epub (et toujours sans DRM).

 

 

* Hold-up à Bruxelles - José Bové
À travers des cas concrets vécus au quotidien, le député européen José Bové livre la réalité des couloirs de Bruxelles : défendre les paysans face à la politique agricole commune instrumentalisée par les firmes agroalimentaires et agrochimiques, batailler pour l’indépendance des agences de contrôle infiltrées par les multinationales, révéler un complot de l’industrie du tabac contre la directive sanitaire en préparation, fédérer la lutte contre l’exploitation des gaz de schiste en Europe, dénoncer les accords de libre-échange…  

 
* L'affaire Snowden - Antoine Lefébure
Il aura fallu la révolte du jeune Edward Snowden, informaticien travaillant pour la National Security Agency (NSA) américaine, pour que le monde entier découvre l’étendue de la surveillance menée en secret par les États-Unis. Relatant les dessous méconnus de cette incroyable histoire, ce livre permet de comprendre les motivations de ses acteurs, l’enjeu des secrets révélés et leurs conséquences sur la marche du monde.  

 

* Le travail pornographique - Mathieu Trachman
La pornographie fait l’objet de nombreux débats, qui portent sur les conditions de travail des actrices, l’influence des images sur les adolescents, ou encore la censure dont elles feraient l’objet. C’est aussi un monde mal connu.
À partir d’une enquête ethnographique au sein de la production pornographique française, ce livre s’attache à décrire et à analyser l’organisation d’un travail sexuel en tant que tel.  

 

* L'empowerment, une pratique émancipatrice
L'empowerment (le « pouvoir d’agir »), a été utilisé par des mouvements sociaux étasuniens dans les années 1970, adopté à la même époque par des féministes défendant de nouvelles pratiques de développement dans les pays du Sud. Cette notion a connu un succès important depuis les années 1990 dans des sphères sociales, intellectuelles et dans des contextes politiques fort divers.  Cet ouvrage propose une discussion critique de ses utilisations et explicite ces différentes interprétations. Défendant résolument l’acception émancipatrice du concept, les auteures en clarifient les différentes visions et mettent en évidence ses enjeux.  

 

* Vivre avec les animaux - Jocelyne Porcher
Dans notre monde radicalement artificialisé, seuls les animaux, peut-être, nous permettront de nous souvenir de notre propre humanité. Cet ouvrage a pour but de comprendre les enjeux de notre relation aux animaux d'élevage, mais aussi, plus largement, aux animaux domestiques. Qu'est-ce que l'élevage ? Quelles différences entre « élevage » et « productions animales » ? Quelle est la place de la mort dans le travail avec les animaux ? Peut-on améliorer le sort des animaux dans les systèmes industriels ? Faut-il « libérer les animaux » ?


Les nouveautés numériques du 05 juin 2014

Notre catalogue numérique s'enrichit de deux nouveaux titres au format ePub :

 

* L'économie de l'attention - sous la direction d'Yves Citton
Depuis une vingtaine d’années, on entend dire qu’une « nouvelle économie » est en passe de supplanter les anciens modes d’échange des biens matériels – une économie dont l’attention constituerait la première rareté et la plus précieuse source de valeur. À quoi ressemble donc cette économie de l’attention ? Quels nouveaux outils sont nécessaires pour en comprendre les mécanismes ? Que faut-il en craindre ou que pouvons-nous en espérer ?
Des neurosciences à la sociologie, de la création de logiciels à la philosophie éthique, une grande diversité de disciplines sont convoquées ici pour éclairer l’économie de l’attention à partir de multiples perspectives critiques. Il en ressort qu’il est aujourd’hui indispensable de penser le destin de nos économies en termes d’attention – mais qu’il serait calamiteux de laisser les seules logiques capitalistes reconfigurer nos régimes attentionnels.
Remède au productivisme forcené qui épuise nos ressources matérielles, ou symptôme de la colonisation qui soumet nos esprits à l’emprise du capital ? L’économie de l’attention ne se situe pas seulement au carrefour des disciplines : elle est surtout au carrefour des chemins où se tracera notre avenir.
 

 

* Affreux, sales et méchants ? - Stéphane Beaud
Depuis leur grève lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud, en juin 2010, les joueurs de l’équipe de France de football souffrent toujours d’une image exécrable dans les médias et dans l’opinion publique. Qu’est-ce qui explique cette durable infamie ?
Pour répondre à cette question, ce livre poursuit la réflexion initiée en 2011 avec Traîtres à la nation ?, dont il reprend certains éléments d’analyse, en examinant de plus près, d’une part, les profondes transformations du football professionnel depuis le milieu des années 1990 et, d’autre part, la tension structurelle qui existe aujourd’hui entre des joueurs au sommet de la réussite, sportive et économique, et des journalistes soumis à une forte concurrence, avides d’infos et de scoops. Le livre montre aussi que le football peut se révéler un analyseur fin de la crispation autour de la place accordée aux jeunes issus de l’immigration postcoloniale. Souvent suspectés de ne pas chanter La Marseillaise, de ne pas « mouiller le maillot » tricolore, de ne pas aimer jouer « pour la France », les joueurs issus des cités de banlieue ont pourtant grandement contribué à qualifier l’équipe nationale pour le Mondial 2014 au Brésil. Cette qualification ouvre-t-elle la voie d’une reconquête sportive et d’un retournement de l’opinion en leur faveur ?
 

Les nouveautés numériques du 22 mai 2014

Notre catalogue numérique s'enrichit de trois titres au format ePub.

 

* Le retour de la bicyclette - Frédéric Héran Retraçant le parcours de la bicyclette, depuis la draisienne du XIXe siècle jusqu’aux prototypes du XXIe, en s’attachant à son environnement économique, culturel et social autant qu’à ses aspects techniques, Frédéric Héran raconte avec talent, et non sans humour, une autre histoire des déplacements urbains.Mise au garage pendant des décennies, la bicyclette, pourrait en effet se révéler l’outil idéal pour faire de la ville un espace harmonieux, égalitaire et partagé.

 

* Ce à quoi nous tenons - Émilie Hache  

La nature qui nous entoure n'est plus une ressource inépuisable ni même une ressource tout court, au sens de simples moyens, mais elle exige d'être traitée comme une fin. Comment définir notre responsabilité morale dans cette recomposition du monde ? Ce livre cherchera à rendre compte de l'émergence de nouvelles pratiques indissociablement morales et politiques. Et ces expérimentations, amenant les acteurs concernés à « se mêler de ce qui n'est pas censé nous regarder », nous donnent quelques raisons d'espérer.  

* Nourrir l'humanité - Bruno Parmentier  

Dans cet ouvrage, Bruno Parmentier présente un défi énorme : nourrir l'humanité. En partant d’exemples concrets, il expose des problèmes cruciaux et contemporains : OGM, commerce international des produits alimentaires, rapports entre le monde agricole, l’agro-industrie et la grande distribution, subventions agricoles, pénurie énergétique, crises sanitaires, commerce équitable, etc. Un ouvrage complet et accessible qui passionnera tout ceux qui, de près ou de loin s’intéressent à l’agriculture.

 

Les nouveautés numériques du 22 mai 2014

Notre catalogue numérique s'enrichit de trois titres au format ePub.

 

* Le retour de la bicyclette - Frédéric Héran Retraçant le parcours de la bicyclette, depuis la draisienne du XIXe siècle jusqu’aux prototypes du XXIe, en s’attachant à son environnement économique, culturel et social autant qu’à ses aspects techniques, Frédéric Héran raconte avec talent, et non sans humour, une autre histoire des déplacements urbains.Mise au garage pendant des décennies, la bicyclette, pourrait en effet se révéler l’outil idéal pour faire de la ville un espace harmonieux, égalitaire et partagé.

 

* Ce à quoi nous tenons - Émilie Hache  

La nature qui nous entoure n'est plus une ressource inépuisable ni même une ressource tout court, au sens de simples moyens, mais elle exige d'être traitée comme une fin. Comment définir notre responsabilité morale dans cette recomposition du monde ? Ce livre cherchera à rendre compte de l'émergence de nouvelles pratiques indissociablement morales et politiques. Et ces expérimentations, amenant les acteurs concernés à « se mêler de ce qui n'est pas censé nous regarder », nous donnent quelques raisons d'espérer.  

* Nourrir l'humanité - Bruno Parmentier  

Dans cet ouvrage, Bruno Parmentier présente un défi énorme : nourrir l'humanité. En partant d’exemples concrets, il expose des problèmes cruciaux et contemporains : OGM, commerce international des produits alimentaires, rapports entre le monde agricole, l’agro-industrie et la grande distribution, subventions agricoles, pénurie énergétique, crises sanitaires, commerce équitable, etc. Un ouvrage complet et accessible qui passionnera tout ceux qui, de près ou de loin s’intéressent à l’agriculture.

Les nouveautés numériques du 27 mars 2014

Notre catalogue numérique s'enrichit de 5 nouveaux titres au format epub (et toujours sans DRM).

 

 

* L'usage du monde - Nicolas Bouvier

 
 

À l'été 1953, un jeune homme de 24 ans, fils de bonne famille calviniste, quitte Genève et son université, où il suit des cours de sanscrit et d'histoire médiévale puis de droit, à bord de sa Fiat Topolino. Nicolas Bouvier a déjà effectué de courts voyages ou des séjours plus long en Bourgogne, en Finlande, en Algérie, en Espagne, puis en Yougoslavie, via l'Italie et la Grèce. Cette fois, il vise plus loin : la Turquie, l'Iran, Kaboul puis la frontière avec l'Inde. Il est accompagné de son ami, Thierry Vernet, qui documentera l'expédition en dessins et croquis.
Ces six mois de voyage à travers l'Anatolie, l'Iran puis l'Afghanistan donneront naissance à l'un des grands chefs-d'œuvre de la littérature dite « de voyage », L'Usage du monde, republié ici.  

 
* La capture - Christian Chavagneux, Thierry Philipponnat

 
 

Comment remettre la finance au service de la société alors qu'on assiste à un phénomène de capture d’une partie des forces politiques et administratives par les intérêts financiers ?
En six chapitres clairs, incisifs et pédagogiques, les auteurs décryptent les enjeux de fond et les batailles politiques auxquelles donnent lieu les tentatives de régulation de la finance. Les avancées, et les échecs, les incertitudes et les combats à venir. Car ce n’est pas terminé !

 

 

* La nature est un champ de bataille - Razmig Keucheyan

 
 

Nous sommes entrés dans une crise écologique prolongée, d’une ampleur sans précédent. Face à la catastrophe annoncée, les bonnes âmes appellent l’humanité à « dépasser ses divisions » pour s’unir dans un « pacte écologique ».
Cet essai polémique s’attaque à cette idée reçue. Il n’y aura pas de consensus environnemental. L’unanimisme ne saurait en la matière être que de façade. Loin d’effacer les antagonismes existants, la crise écologique se greffe au contraire à eux pour les porter à incandescence. La nature devient un champ de bataille.

 

 

* "Au nom de la France" - Benoît Collombat, David Servenay

 

Dans ce livre d’enquête, Benoît Collombat et David Servenay démontent les entreprises d’intoxication politico-médiatiques qui ont voulu exonérer la responsabilité de notre pays, et racontent l’engrenage qui a conduit la  France à mener une diplomatie secrète aux confins de l'Afrique, et à compromettre son armée dans une guerre qui s’est accompagnée d’un génocide : le massacre planifié de près d’un million de Tutsi et de Hutu modérés par le régime extrémiste de Kigali, durant l’été 1994.

 

 

* Commun - Pierre Dardot, Christian Laval

 
 

Aucune chose n’est en soi ou par nature « commune ». C’est l’activité des hommes qui la soustrait aux logiques d’appropriation en la réservant pour l’usage commun, en fonction de la détermination collective de fins sociales. Ainsi, « commun » est le nouveau nom d’un régime de pratiques et de luttes ouvrant sur un avenir non capitaliste. Une réflexion passionnante sur la sortie possible du capitalisme, par les auteurs de La Nouvelle raison du monde.
 


Les nouveautés numériques du 22 mai 2014

Notre catalogue numérique s'enrichit de trois titres au format ePub.

 

* Le retour de la bicyclette - Frédéric Héran
Retraçant le parcours de la bicyclette, depuis la draisienne du XIXe siècle jusqu’aux prototypes du XXIe, en s’attachant à son environnement économique, culturel et social autant qu’à ses aspects techniques, Frédéric Héran raconte avec talent, et non sans humour, une autre histoire des déplacements urbains.Mise au garage pendant des décennies, la bicyclette, pourrait en effet se révéler l’outil idéal pour faire de la ville un espace harmonieux, égalitaire et partagé.

 

* Ce à quoi nous tenons - Émilie Hache
 

La nature qui nous entoure n'est plus une ressource inépuisable ni même une ressource tout court, au sens de simples moyens, mais elle exige d'être traitée comme une fin. Comment définir notre responsabilité morale dans cette recomposition du monde ? Ce livre cherchera à rendre compte de l'émergence de nouvelles pratiques indissociablement morales et politiques. Et ces expérimentations, amenant les acteurs concernés à « se mêler de ce qui n'est pas censé nous regarder », nous donnent quelques raisons d'espérer.  

* Nourrir l'humanité - Bruno Parmentier
 

Dans cet ouvrage, Bruno Parmentier présente un défi énorme : nourrir l'humanité. En partant d’exemples concrets, il expose des problèmes cruciaux et contemporains : OGM, commerce international des produits alimentaires, rapports entre le monde agricole, l’agro-industrie et la grande distribution, subventions agricoles, pénurie énergétique, crises sanitaires, commerce équitable, etc. Un ouvrage complet et accessible qui passionnera tout ceux qui, de près ou de loin s’intéressent à l’agriculture.  
 

Les nouveautés numériques du 30 avril 2014

Notre catalogue numérique s'enrichit de deux nouveaux titres au format ePub.
L'occasion de les redécouvrir !

 

* Éloge du conflit - Miguel Benasayag et Angélique del Rey

 
 

Dans les sociétés occidentales hyperformatées, l’idée même du conflit n’a plus de place. Les conceptions de la vie commune tendent vers l’intolérance à toute opposition. Le minoritaire doit se soumettre à la majorité et, de plus en plus, contestataires et dissidents semblent relever de l’« anormal ».
Dans cet essai iconoclaste, Miguel Benasayag et Angélique del Rey explorent les racines et les effets délétères de cette idéologie. Analysant les différentes dimensions du conflit – entre nations, dans la société ou au sein même de l’individu –, les auteurs mettent à jour les ressorts profonds de la dérive conservatrice des sociétés postmodernes. Ils démontent aussi bien les illusions de la « tolérance zéro » que celles de la « paix universelle » : nier les conflits nés de la multiplicité, ceux dont la reconnaissance fait société, c’est mettre en danger la vie. Le refoulement du conflit ne peut conduire qu’à la violence généralisée, et l’enjeu auquel nous sommes tous confrontés est bien celui de l’assomption du conflit, « père de toutes choses » selon Héraclite.  

 

* Les miracles de l'esprit - Bertrand Méheust

 
 

L'approche contemporaine de la divination est aujourd'hui traversée par un paradoxe : quand elle est étudiée par des historiens et des anthropologues, et porte sur des formes antiques ou non occidentales, elle constitue un objet prestigieux. En revanche, lorsque les parapsychologues et les métapsychistes se penchent sur les pratiques des voyants contemporains, ici même, en Occident, leur démarche est considérée comme suspecte et leur objet est taxé d'illusoire. C'est ce consensus que l'auteur conteste. Aujourd'hui encore, en Occident, des hommes et des femmes savent se mettre  dans un état de conscience spécial  afin de se porter vers des « cibles » éloignées dans le temps et l'espace pour en ramener des informations vérifiables. On débouche alors sur une compréhension nouvelle de la vie psychique.  
 


Les nouveautés numériques du 07 mai 2014

Notre catalogue numérique s'enrichit de deux nouveaux titres au format ePub.

 

* Lire, s'évader, résister - Vincent Platini
Contrairement à ce que l’on a coutume de croire, on s’est beau coup amusé sous la dictature nazie ; et plus le pays s’est enfoncé dans la folie et les massacres, plus les loisirs se sont multipliés, recouvrant de leur « clameur » les râles des victimes. Le Reich était en effet une société de consommation comme les autres, rêvant des mêmes plaisirs… Est-ce si étonnant, à défaut d’être innocent ? Les loisirs aidaient à supporter l’oppression, tout en permettant d’imposer des normes fascistes sous des dehors « divertissants ». Faut-il pour autant considérer la culture de masse comme une propagande douce ? Justement, non, et là est tout l’enjeu de ce livre : si la « haute » culture a bel et bien été mise au pas, le divertissement populaire, précisément parce qu’il n’était pas considéré comme digne d’intérêt, a joui d’une certaine liberté. Il a donc existé, au sein même du IIIe Reich, des romans, journaux, des jeux et des films qui recelaient une critique féroce, mais « codée », du régime et qui furent diffusés en masse.
Ce livre offre ainsi une lecture totalement inédite du régime nazi en prenant en compte sa dimension infra-politique. Il montre comment les romans policiers, la science-fiction, l’humour ou le sport, mais aussi les films d’aventures ou la culture automobile ont pu être le creuset d’une dissidence voilée, d’une micro-résistance du quotidien qui témoigne d’un autre visage de l’Allemagne sous la dictature hitlérienne.

 

 

* Une histoire du rap en France - Karim Hammou
Lorsque rap et hip-hop apparaissent en France au tournant des années 1980, nombreux sont ceux qui n’y voient qu’un phénomène éphémère. Trente ans plus tard, ce genre musical est non seulement bien vivant, mais il fait durablement partie des industries musicales, et la scène rap française est même l’une des plus visibles au niveau international.
Comment le rap est-il né en France et comment s’est-il développé ? Qui a tiré profit de la commercialisation de ses chansons ? Pourquoi ce genre musical est-il si étroitement associé aux banlieues ? Qui sont les artistes qui l’ont promu, et en s’appuyant sur quelles ressources ? Pourquoi continue-t-il régulièrement à déchaîner les passions ?
Émaillé de nombreux entretiens réalisés auprès de rappeurs, de DJ, d’animateurs, de professionnels de l’industrie du disque, etc., ce livre décrit comment l’émergence et l’inscription durable du rap en France ont été possibles. En s’intéressant aux artistes, mais aussi amateurs, en circulant des MJC des quartiers populaires aux bancs de l’Assemblée nationale, en observant les plateaux de télévision et les radios locales, Karim Hammou montre comment s’est imposée en France une nouvelle spécialité artistique, fondée sur une forme d’interprétation originale, ni parlée ni chantée : rappée.
 
 

Les nouveautés numériques du 15 mai 2014

Notre catalogue numérique s'enrichit de deux nouveaux titres au format ePub. 
* Sylvia Tabet - Les patientes

 
Ce live offre, à partir d’une expérience partagée par des millions de femmes, le cancer du sein, une réflexion sur l’acte d’écriture et une leçon de liberté : celle de penser que lorsque tout est sombre, la plume offre des fenêtres gorgées de vitalité et de sentiment en nous éclairant sur notre histoire collective. À la fois roman intimiste et témoignage sur la cruauté de la maladie, ce livre échappe aux explications généralisantes, aux démonstrations. Il s’agit de mettre des mots sur une expérience abyssale qui conduit chacune au cœur de sa propre histoire. Chaque minute gagnée sur la vie peut prendre la saveur d’anecdotes cocasses comme devenir le révélateur de vérités essentielles.

 

 

*  Carte de fidélité - Sylvain Rossignol

 
Comme la plupart d'entre nous, Noémie la caissière, et ses collègues passent surtout leur vie au travail. Le supermarché est le décor dans lequel ils évoluent. Mais cet univers se fissure lorsque survient une menace de grève... Ce roman original croise habilement histoire de sentiments et histoire de travail.
 
 

Summer of the 90's sur Arte #1

Ce week end : Faces of the 90’s
Extrait de la page 101 de "Une histoire (critique) des années 1990" sous la direction de François Cusset:

 

Le premier phénomène des années 1990, et sans doute le plus révélateur, est l’émergence de Nirvana en 1991. Ce trio s’inscrit dans un courant musical le métal à la fois ignoré du grand public et méprisé par la critique. Le premier le seul ? prophète des années 1990 vient donc de nulle part.

C’est un paria et un marginal. À vingt-quatre ans, Kurt Cobain n’a pas vécu grand-chose. Il a grandi à Aberdeen, une ville côtière sans attrait du nord de l’État de Washington, où la pêche et l’exploitation du bois ne font plus vivre que médiocrement une population stagnante. Son père, un amateur de hard rock employé d’une station-service, a quitté le foyer à la fin de l’enfance du garçon. Le seul avenir qu’il envisage alors pour celui-ci, c’est l’US Navy. À dix-sept ans, Kurt rompt les amarres. Après avoir vécu chez sa mère, il part définitivement. Il dort souvent dans la rue, sur des cartons ou dans la salle d’attente d’un hospice. Il vivote en travaillant comme gardien, dans la restauration, ou encore en faisant des travaux de maintenance dans un hôtel.

À vingt ans, il s’installe dans la ville avoisinante d’Olympia, à une centaine de kilomètres au sud de Seattle. C’est un des centres du rock alternatif américain, ou d’autres parias dans son genre ont pris racine une vingtaine d’années plus tard, Beth Ditto et son groupe Gossip y feront leurs débuts. Là, il se passionne pour un groupe local de rock alternatif, les Melvins, qu’il suit partout, et qui fait son éducation musicale. En 1987, Cobain fonde son propre trio, Nirvana. L’année suivante, le groupe enregistre en trois jours son premier album, Bleach, pour un budget de 600 dollars. Le disque sort en 1989 dans l’indifférence générale. Le label Sub Pop n’a rien fait pour le promouvoir. Grâce à un bon avocat, Nirvana se dépêtre de son contrat et en signe un autre avec le label national Geffen. Apres avoir répété pendant des mois dans une grange près d’Olympia, le groupe enregistre à Los Angeles son second album. Nevermind, précédé du 45 tours Smells Like Teen Spirit, sort à l’automne 1991.

Ce titre (qui ferait référence au slogan d’un déodorant pour adolescents) balance entre apathie, rebellion et tendance à l’autodestruction. Dans le refrain, Cobain chante, entre abattement et autodérision : I’m worse at what I do best/And for this gift I feel blessed/I found it hard/It was hard to find/Oh well, whatever, nevermind ( Je suis le pire a ce que je fais de mieux/Et je me sens béni pour ce talent/J’ai trouve ça dur/Ca a été dur à atteindre/Bon, après tout, laisse tomber ). La chanson juxtapose des passages au calme angoissant et des explosions de rage impuissante un style anticipé par les Pixies quelques années auparavant. Elle devient un hymne universel d’un genre paradoxal. Nirvana et le mouvement grunge (un terme qui signifie la crasse ) connaissent un succès grand public absolument imprévisible.

Même si Cobain cherche a vivre de sa musique, le succès mondial et massif n’a jamais fait partie de ses aspirations et représente même pour lui quelque chose de moralement méprisable. Selon Dave Grohl, le batteur du groupe, Nirvana a alors une vision modeste du succès : Pour nous, c’était des concerts avec sept cent cinquante personnes, de quoi se payer de l’essence, avec un peu de chance une chambre d’hôtel pour moi tout seul et de quoi me payer deux paquets de clopes par jour.

Ce succès pop et facile auprès du grand public représente en quelque sorte une trahison des valeurs du rock indépendant, marginal et fier de l’être ; il fera naitre chez Cobain un malaise durable qui ne sera pas étranger à sa dépression. En quelques mois, le musicien devient un antihéros fascinant. Il est couronne porte-parole de la génération X , en référence à un livre publié en 1991 par l’écrivain canadien Douglas Coupland, ou celui-ci raconte les errances de trois jeunes gens sans aspiration ni espoir.

C’est ainsi le premier renversement des années 1990, et peut-être leur véritable acte de naissance : les marginaux, les inadaptés et les parias peuvent devenir des phares pour la jeunesse du monde entier.


Summer of the 90's sur Arte #2

Ce week end : Love, peace and ecstasy : dance culture
Extrait de la page 198 de "Une histoire (critique) des années 1990" sous la direction de François Cusset:

 

Danser, un acte politique

D’aucuns, comme le critique musical britannique Simon Reynolds, estiment que l’émergence du phénomène rave sonne avant tout comme une revendication générationnelle, qui verrait le nous supplanter le je , un idéalisme inédit se substituer au matérialisme consumériste et a l’égoïsme des années 1980, ou même la simplicité s’affirmer comme une véritable forme de vie et dépasser le stade de la pose.

La plupart des artistes de musique électronique du début des années 1990 insisteront d’ailleurs sur le refus du vedettariat propre au rock, et sur une forme d’égalitarisme dansant, pour légitimer le caractère révolutionnaire de leur musique. Pour eux, la dance music de la fin des années 1980 reste subversive parce qu’elle prône le métissage généralisé et promeut de fait un vaste mélange des populations, quels que soient l’origine sociale, l’âge, l’orientation sexuelle ou même le style de vie adopte. Par l’hédonisme acharne qui la caractérise, par l’expérience spirituelle qu’elle propose, la dance music est en outre, toujours selon les musiciens qui en fournissent le combustible, une tentative de réconciliation entre le corps et l’esprit, par-delà les répressions organisées alors contre chacun des deux.

On a même considéré que cette musique et les rassemblements de dizaines de milliers de jeunes qu’elle avait inspirés au début étaient l’occasion de renverser les hiérarchies symboliques encore en place, en substituant la puissance collective de la nuit et l’énergie de la fête a l’individualisme et a l’ambition forcenés, causes de tous nos maux pour les (nombreux) déçus des années 1980. Il faut dire que le mode opératoire adopte par les fondus de dance est renversant a bien des égards : les clubs ne suffisant plus a les accueillir, des fêtes s’improvisent ici et la après les heures légales de fermeture, et se déplacent bientôt dans des lieux de plus en plus périphériques, le plus souvent en rase campagne. Naissent alors les premières rave parties , en marge d’établissements comme la mythique Hacienda de Manchester qui ont fait découvrir en pionniers la house et la techno. Lesquelles ont donc été conçues d’abord comme des événements festifs parfaitement compatibles avec le souci de rentabilité des entrepreneurs de spectacles, mais ont dérivé ensuite, sous la pression d’un public de plus en plus large, vers une formulation plus libertaire, ou prédomine l’idée fièrement revendiquée d’une communion des corps et des esprits.

Les raves se tiennent dans des entrepôts désaffectés, des studios de cinéma à l’abandon, des gares ou des aérodromes, des granges malodorantes, des plages tropicales bientôt. Dans le courant des années 1990, on squattera les plus beaux sites naturels d’Europe, comme, pour la France, le Chaos de Montpellier-le-Vieux (parc naturel spectaculaire dans l’Aveyron) ou le surplomb de la Seine dans le méandre des Andelys, sites respectifs de deux teknivals monstres (en 1994 et 1996), pour y installer pendant quatre a six jours plusieurs sound systems ultrapuissants autorisant une immersion presque continue dans une bulle de rythmes et de sons électroniques prétextes à une vie communautaire inédite dont certains accents, la rhétorique gauchiste en moins, rappelleront les belles heures de la contre-culture coopérative des années 1960.

 

Lire les extraits précédents

* Épisode #1 : Faces of the 90's  


Summer of the 90's sur Arte #3

Ce week end : Total entertainment

Extrait de la page 104 de "Une histoire (critique) des années 1990" sous la direction de François Cusset:

 

Indéniablement, les années 1990 sont particulièrement fastes pour la pop music, catégorie esthétique fourre-tout où l’on peut encore ranger tout ce que les professionnels de l’entertainment produisent à l’intention du grand public en tentant de mettre opportunément à profit l’air du temps. La généralisation d’un nouveau format (le compact disc) qui écrase tous les autres et oblige insidieusement le consommateur à remplacer intégralement sa discothèque dégage une marge de revenus considérable et hisse les profits de l’industrie du disque vers des sommets inédits.
Ou plutôt, d’une certaine industrie du disque : celles que l’on appelle au début des années 1990 les « major companies » vont petit à petit phagocyter toute tentative de s’éloigner du modèle économique qu’elles ont préalablement monopolisé, en s’assurant la mainmise sur la distribution et les circuits d’acheminement vers les détaillants. Mais ce moment de triomphe pourrait à bien des égards être considéré comme un point de non-retour, ou l’empyrée qui précède le déclin. Avec la démocratisation d’Internet à la fin de la décennie et des possibilités de mise à disposition de données qu’offre bientôt le réseau mondial, avec la dématérialisation du support numérique et l’apparition de formats mobiles et téléchargeables tels que le MP3, l’industrie du disque vit dans les années 1990 ses derniers moments de grandeur, bientôt sérieusement menacée par les nouvelles pratiques d’écoute non marchande et la piraterie organisée.
Au printemps 1999, l’apparition de Napster va semer la panique chez les acteurs du music business en mettant la technologie Internet au service de l’échange massif de fichiers numériques compressés, chacun pouvant désormais mettre à la disposition de tous sa discothèque préalablement importée, encodée et compactée dans son ordinateur. Les tentatives de proposer l’achat de chansons ou d’albums au format numérique resteront inefficaces en ce tournant des années 2000, où aucune législation ne permet encore de menacer d’une quelconque punition les pirates occasionnels ou réguliers. Ce moment de basculement pour une industrie de la pop music bientôt en péril est aussi celui d’un questionnement artistique inédit pour la pop culture.
Le « retour du rock » qui sera orchestré au début des années 2000, avec des groupes parodiant parfois, au son d’ampli près, les figures majeures de l’histoire du rock, relève à cet égard d’une mise en scène emblématique, et mal maîtrisée, pour faire du neuf avec du vieux. À la fin de la décennie, l’industrie orchestre un recyclage général, dont témoigne la multiplication des compilations, permettant aux maisons de disques et aux éditeurs musicaux d’exploiter au mieux les fonds et les bas-fonds de leurs catalogues. Il plane déjà sur la pop music, invention du xxe siècle, une impression de déjà-vu, autant qu’une amertume tenace pour les amoureux de la nouveauté esthétique.

 

Matthieu Rémy

 

Lire les extraits précédents* Épisode #1 : Faces of the 90's
* Épisode #2 : Love, peace and ecstasy : dance culture

 


Summer of the 90's sur Arte #4

Ce week end : Alternative culture
Extrait de la page 98 de "Une histoire (critique) des années 1990" sous la direction de François Cusset:



LA WORLD MUSIC

Inventé par les ethnomusicologues des années 1960 pour désigner les musiques traditionnelles propres à chaque aire culturelle, le terme « world music » a été détourné par l’industrie musicale dans les années 1980 pour venir coiffer les nouveaux mélanges en vogue entre les musiques autrefois appelées « ethniques » et les courants occidentaux dominants (pop, rock, jazz, etc.).
On considère souvent que c’est Peter Gabriel qui rendit cette dénomination commercialement incontournable avec la création du label Real World, en 1989. À travers l’enregistrement et le management d’artistes comme le Pakistanais Nusrat Fateh Ali Khan ou l’Ougandais Geoffrey Oryema, Real World s’est attaché à faire découvrir au grand public une certaine partie des « musiques du monde », habillée aux couleurs des représentations occidentales et produite selon les standards de la pop culture des major companies.
Dès lors, la « world music » a constitué une étiquette à part entière chez les disquaires du monde entier, accueillant non seulement cette nouvelle catégorie d’artistes mêlant traditions musicales nationales et modernité pop, mais aussi les heureuses rééditions de musiques phares négligées jusque-là, du jazz éthiopien aux sonorités balinaises. Ainsi, malgré son caractère fourre-tout et le cynisme qui en a motivé l’utilisation, ce nouveau label de « world music » a permis, dans les années 1990, de donner une vraie visibilité médiatique à de nombreux artistes qui ne bénéficiaient pas de l’attention du public occidental.
La création du magazine franco-suisse Vibrations en 1991 signale la rencontre fructueuse entre cette attention nouvelle et la curiosité enfin récompensée de quelques journalistes œuvrant dans le domaine des musiques du monde depuis les années 1970. Car les genres musicaux découverts alors sur leur chemin par ces plumes pionnières auront attendu quinze ou vingt ans pour que soient connus plus largement, voire enregistrés eux-mêmes, certains de ces artistes majeurs.
Radio Nova, créée en 1981 par Jean-François Bizot dans le sillage du magazine Actuel, sera en France le fer de lance de la diffusion de ce qu’on surnomme alors la « sono mondiale », avec la programmation de très nombreux musiciens étiquetés « world music », dont certains deviendront des stars internationales, comme Fela Anikulapo Kuti (mort en 1997) ou la chanteuse cap-verdienne Cesaria Evora.
De fait, depuis le milieu des années 1990, et grâce à l’ouverture des médias traditionnels à la notion de « musiques du monde » (bientôt préférée à celle de « world music »), l’intérêt pour les traditions musicales les plus anciennes et les plus étrangères aux normes occidentales a crû continûment – non sans que quelques coups médiatiques ne soient régulièrement tentés pour amadouer le public le plus large, à l’image du succès immense de l’opération Buena Vista Social Club, qui fit en 1998 des classiques locaux d’une poignée de vieux crooners cubains les tubes mondiaux de la fin de la décennie.

 

Matthieu Rémy  

Lire les extraits précédents* Épisode #1 : Faces of the 90's
* Épisode #2 : Love, peace and ecstasy : dance culture

* Épisode #3 : Total entertainment

 


Summer of the 90's sur Arte #5

Ce week end : Street and style
Extrait de la page 103 de "Une histoire (critique) des années 1990" sous la direction de François Cusset :

 



LE RAP ET L’IMPUISSANTE FUREUR

Né sur un tout autre versant musical, le gangsta rap annonce le même évangile : les exclus sont les vrais héros, les losers sont les vrais winners. Le message hyperréaliste et violent du gangsta rap a été anticipé dès la fin des années 1980 par les New-Yorkais de Run D.M.C. et Public Enemy. C’est quelques années plus tard cependant qu’il explose, et à Los Angeles, grâce a des rappeurs comme Ice T, Niggaz wit Attitudes et 2Pac. Il servira vite de modèle au rap français, et à Supreme NTM en particulier, et aura même, pourrait-on dire, une valeur de révélation pour toute une partie de la jeunesse.
En France, le rock, a quelques exceptions près, n’a pris qu’en surface. Aucun groupe français d’envergure n’a dépassé le statut de phénomène générationnel. Téléphone s’est arrêté très vite ; Trust n’a pas su se maintenir au sommet ; Indochine, lié au début des années 1980, a connu une longue traversée du désert ; et Noir Désir n’a touché qu’une partie de la jeunesse. En revanche, le rap s’impose comme un langage universel, prenant même racine dans une société française d’où la révolte collective s’éloigne et où le désenchantement individuel s’installe. La colère devient alors une pulsion impuissante et la rage, impossible à canaliser dans une action à long terme, se grise d’elle-même pour devenir un happening sans suite, comme la longue grève générale de l’hiver 1995 qui en fin de compte ne mènera pas à grand-chose.
Le rap et sa parole enragée, sa révolte masturbatoire et enfermée en elle-même commencent à déborder largement le cadre des populations marginales ou il est né. Il entre en résonance avec le sentiment de fureur impuissante qui parcourt la société. Accroche à la tradition de notre chanson engagée, il devient le mode d’expression d’une population jeune (et moins jeune) qui trouve là un exutoire a toutes ses frustrations. Le rappeur est un curieux antihéros : évidemment marginal et asocial, il est également le vertueux par excellence.
Sa haine des flics et des juges ne fait qu’exprimer la révolte de son âme a la pureté d’enfant, dressée contre toutes les injustices. Son langage ordurier, son désir d’assouvir toutes ses pulsions, y compris les plus basses, l’origine frauduleuse de ses revenus, nés de trafics illicites, tout cela n’est en rien contradictoire avec la vertu qu’on lui prête, puisque, dans la société communicante et ce monde d’hypocrites, être assoiffe de sincérité est, un peu comme au jeu des Mille Bornes, la carte prioritaire . On ne peut rien vous refuser. Parce que vous êtes un perdant, vous passez en premier. Vous êtes le seul a pouvoir gagner a ce jeu-la celui du pouvoir symbolique, faute d’avoir le moindre pouvoir effectif. Le rap est le lot de consolation des perdants. Très vite, il deviendra une religion officieuse et un commerce dont quelques-uns seront les rois.

 

Lire les extraits précédents* Épisode #1 : Faces of the 90's
* Épisode #2 : Love, peace and ecstasy : dance culture

* Épisode #3 : Total entertainment

* Épisode #4 : Alternative culture

 


Summer of the 90's sur Arte #6

Ce week end : Cool Britannia
Extrait de la page 105 de "Une histoire (critique) des années 1990" sous la direction de François Cusset :

 



Vers le milieu des années 1990, de nouveaux rôles sont ainsi distribues. Le rap a pour lui la conscience sociale et le discours de la révolte. Quant au rock, y compris indépendant et marginal on l’a vu avec Nirvana , il s’est transformé, pour une élite autoproclamée, en must de l’entertainment culturel. Le rôle du magazine Les Inrockuptibles, qui devient hebdomadaire en 1995, est à cet égard exemplaire : semaine après semaine, sur le modèle de la presse britannique, de nouveaux chanteurs, groupes et courants sont promus comme autant de produits frais a consommer rapidement, comme les films qui sortent tous les mercredis et, bientôt, les livres en (petites) piles près de la caisse chez les libraires. The Divine Comedy, Supergrass, The Verve… : régulièrement, une nouvelle tête d’affiche de la Britpop orne la couverture du journal.
On répercute l’affrontement Blur-Oasis : le sud de l’Angleterre, individualiste et dynamique, pour qui la désindustrialisation est un atout représenté par le groupe de Damon Albarn, gentiment pervers et décadent , et le nord dévasté, sans perspective défendu par le groupe des frères Gallagher, forme par des ex-délinquants bagarreurs. Les deux groupes rencontrent une relative popularité en France (surtout Oasis), mais on en discute comme de la qualité de deux restaurants présentant des cuisines concurrentes : leur musique n’offre qu’un plaisir sensuel et esthétique, et Les Inrocks tiennent un peu lieu de guide gastronomique, modelant la façon de rendre compte du rock dans les autres medias, depuis les magazines féminins jusqu’au journal du TGV.  

Lire les extraits précédents* Épisode #1 : Faces of the 90's
* Épisode #2 : Love, peace and ecstasy : dance culture

* Épisode #3 : Total entertainment * Épisode #4 : Alternative culture

* Épisode #5 : Street style
 


Les premiers titres La Découverte/Dominique Carré sont en librairie

Nous accueillons les nouvelles publications de Dominique Carré, éditeur d'architecture, urbanisme, beaux-livres et catalogues d'exposition.

 

 

Nous avions déjà eu l'occasion de travailler ensemble pour la coédition des magnifiques ouvrages du photographe américain Alex MacLean : Over, Chroniques aériennes et Sur les toits de New-York.

 

 

En juin 2015 paraîssent les trois premiers titres : Architrek, marcher pour savourer l'espace de Philippe Robert, DGLA de Thierry de Dinechin, Philippe Gorce, Yves Simon et Marie-Laure Langlois et Panorama, Île-de-France 2030 par les Ateliers de création urbaine.

 

Les Arabes, leur destin et le nôtre, Jean-Pierre Filiu

Depuis des décennies, l’actualité offre l’image d’un monde arabe sombrant dans la violence et le fanatisme. Comme si une malédiction frappait ces peuples, de l’interminable conflit israélo-palestinien aux guerres d’Irak et de Syrie, en passant par l’essor du jihadisme international.


Jean-Pierre Filiu remonte à l’expédition de Bonaparte en Égypte, en 1798, pour nous offrir une autre histoire des Arabes. Une histoire intimement liée à la nôtre, celle de l’Occident, de l’Europe, de la France. Une histoire faite d’expéditions militaires et de colonisations brutales, de promesses trahies et de manœuvres diplomatiques, une histoire de soutien à des dictatures féroces ou à des régimes obscurantistes, mais tous riches en pétrole.


Cette « histoire commune » qui a fait le malheur des Arabes ne doit pas faire oublier une autre histoire, largement méconnue : une histoire d’émancipation intellectuelle, celle des « Lumières arabes » du XIXe siècle, mais aussi une histoire d’ébullition démocratique et de révoltes sociales, souvent écrasées dans le sang. Autant de tentatives pour se libérer du joug occidental et de l’oppression des despotes, afin de pouvoir, enfin, écrire sa propre histoire.
Sous la plume de Jean-Pierre Filiu, les convulsions du présent se prêtent alors à une autre lecture, remplie d’espoir : dans la tragédie, un nouveau monde arabe est en train de naître sous nos yeux.

 

Lire un extrait de l'ouvrage

 

Lire une interview de l'auteur

Rentrée 2015

School business par Arnaud Parienty et Les Arabes, leur destin et le nôtre par Jean-Pierre Filiu
 

Cette semaine, nous vous présentons School business par Arnaud Parienty et Les Arabes, leur histoire et la nôtre par Jean-Pierre Filiu.

 

School business, Arnaud Parienty

En librairie le 27 août 2015

Lorsqu’il est muté dans un lycée prestigieux, au recrutement très favorisé, l’auteur découvre que l’École ne fonctionne plus comme il le pensait. L’argent est partout. Quand on a été élevé dans l’idée que l’école française est publique, gratuite et méritocratique, c’est un vrai choc culturel.
La compétition pour accéder aux meilleures formations est devenue féroce. Elle angoisse les parents, disposés à de lourds sacrifices financiers afin d’assurer l’avenir de leurs enfants. Dans cette course au diplôme, tous les moyens que l’argent peut acheter sont bons : déménagement pour intégrer les meilleurs établissements, formations coûteuses, privées ou publiques, soutien scolaire, coaching, stages à l’étranger, préparation aux concours. Dissertations et mémoires de master sont en vente sur Internet. Quant au tourisme scolaire, il permet de contourner la sélection pour obtenir des diplômes prestigieux.


Également disponible au format ePub

 

* Les Arabes, leur destin et le nôtre, Jean-Pierre Filiu

En librairie le 27 août 2015

Dans ce livre accessible à tous, Jean-Pierre Filiu offre à lire une histoire du monde arabe depuis l’expédition de Napoléon Bonaparte en Egypte en 1798 jusqu’à aujourd’hui. Et il montre de façon magistrale que l’histoire des Arabes est intimement liée à la nôtre, celle de l’Occident, de l’Europe, de la France : une histoire faite d’expéditions militaires sanglantes et de colonisation brutale, de promesses trahies et de double jeux diplomatiques où le cynisme s’est allié aux préjugés les plus racistes, une histoire de soutien à des dictatures policières ou militaires féroces, et à des régimes religieux fondamentalistes mais riches en pétrole…

 

Également disponible au format ePub

 

Découvrez un extrait de School business et un entretien avec Jean-Pierre Filiu

Témoignages des Éditions La Découverte à la disparition de François Maspéro

11 avril 2015
C’est en 1983 que les Éditions La Découverte ont pris le relais des Éditions François Maspero (créées en 1959).


En mai 1982, François Maspero décidait de quitter la maison qu’il avait fondée, après en avoir confié la direction à François Gèze, en lui demandant de poursuivre l’activité, mais en changeant de nom.

Le 11 avril 2015, François Maspero est décédé.


Hugues Jallon et François Gèze, respectivement actuel et ancien PDG des Éditions La Découverte, se sont exprimés à cette occasion.

 

François Maspero, un héritage



Au sein de l'équipe actuelle des Éditions La Découverte, nous étions peu à avoir connu ou même rencontré François Maspero. Je ne l'avais moi-même croisé qu'une seule fois, il y a trois ans, dans le bureau d'Annie Morvan, aux Éditions du Seuil, alors qu'il mettait la dernière main à la réédition de son livre terrible et magnifique, L'Honneur de Saint-Arnaud. Une entrevue brève, quelques mots échangés à peine. Je savais depuis longtemps, comme beaucoup, que François Maspero entretenait une relation complexe et douloureuse à son passé d'éditeur. Les nombreux ouvrages qu'il avait publiés vivent aujourd'hui pour une large part dans le catalogue des Éditions La Découverte. À l'occasion de leur réimpression régulière et des nouvelles éditions, ils continuent d'incarner, au sein de la maison, un lien fort, avec l'histoire des Éditions François Maspero. Une forme d'hommage quotidien à son travail et à ses engagements. Cette longue histoire de lutte, que François Maspero a lui-même évoquée dans ses propres livres, est aussi, et surtout, de celles qui incitent à ne pas céder au découragement face à l'époque et à poursuivre sans relâche les combats du présent. À ce titre, à nos yeux, comme aux yeux de beaucoup d'autres, dans le monde de l'édition et ailleurs, son héritage, qui avait commencé d'essaimer bien avant sa mort, demeure irremplaçable. Et vivant.

 

Hugues Jallon
PDG des Éditions La Découverte

 

 

 

François Maspero, cet homme libre à qui je dois tant



Comme beaucoup de celles et ceux ma génération, qui ont eu vingt ans lors du « moment 68 », la disparition de François Maspero me touche profondément. Et elle me touche d’autant plus que ma rencontre avec lui, à la fin des années 1970, a tout simplement changé le cours de ma vie.

Quand je l’ai connu à cette époque-là, je militais au sein du Cedetim (Centre d’études anti-impérialistes) et il avait accepté de publier la collection de livres que nous lui avions proposée et dont j’ai assuré la direction. J’ai découvert alors ce monde de l’édition dont j’ignorais tout et qui me semblait passionnant.
Du coup, quand François Maspero a voulu fermer sa maison suite aux difficultés financières qui s’accumulaient, j’ai été de ceux qui l’ont convaincu de poursuivre. Il a demandé que je vienne l’aider, puis de fil en aiguille, de rester, avant de me confier la direction des éditions.

En mai 1982, il a définitivement quitté la maison qu’il avait fondée en 1959, m’a donné les actions qui lui restaient, demandant simplement de « reprendre son nom ». Devenue La Découverte, je l’ai dirigée jusqu’en février 2014 et c’est maintenant Hugues Jallon qui a pris le relais, dans la même fidélité à l’héritage formidable qu’il nous a confié.

D’autres que moi sauront mieux dire les multiples facettes d’un homme qui, libraire essentiel, grand éditeur, fut aussi un écrivain et un traducteur de premier plan. Je me permets de renvoyer au petit film très émouvant tourné sur lui en 1970 par son ami Chris Marker, « On vous parle de Paris - Maspero, les mots ont un sens », ainsi qu’à celui, plus long et réalisé en 2014, « François Maspero, les chemins de la liberté ». Et à l’ouvrage collectif publié en 2009, « François Maspero et les paysages humains » (La Fosse aux ours).

Très égoïstement, je dois à cette rencontre d'avoir vécu des années professionnelles passionnantes et, surtout, de m'être ouvert l'esprit, grâce à elle, à des univers politiques, historiques et culturels dont j'étais très ignorant. François Maspero, lui, avait une culture impressionnante, acquise notamment dans ses librairies (L'Escalier, puis La Joie de lire), allant de la poésie aux sciences humaines en passant par toutes les variantes de l'engagement révolutionnaire, en France et dans le monde, au XIXe comme au XXe siècle. Une culture qui nourrissait pleinement son engagement d'homme libre, sans jamais être mise en avant.

Je lui dois donc beaucoup à titre personnel, en particulier dans deux domaines qui me tiennent toujours particulièrement à cœur: l'histoire coloniale de la France, les luttes pour la santé des travailleurs. Comme pour tant d'autres domaines, les livres et les auteurs qu'il avait publiés dans ces deux champs m'ont ouvert les yeux. J'ai d'abord pris conscience de l'importance de ceux sur l'histoire coloniale, qui restait un véritable tabou dans la France des années 1960 et 1970. Ce qui m'incitera à poursuivre cet axe à La Découverte, s'agissant en particulier de la colonisation de l'Algérie (Maspero publiera lui-même au Seuil en 1993 ce qui restera sans aucun doute l'un des ouvrages de référence essentiels sur la question, « l'Honneur de Saint-Arnaud »).

Dans son attention constante aux luttes sociales, François Maspero a toujours été très sensible aux atteintes patronales à la santé des travailleurs. En 1977, il avait publié le livre du Collectif intersyndical de Jussieu, « Danger amiante », et c'est lui qui me donna l'idée de réaliser un ouvrage collectif intitulé « les Risques du travail. Pour ne pas perdre sa vie à la gagner» (1985), dont une version entièrement nouvelle vient d'être publiée - trente ans plus tard - à La Découverte, sous le même titre. Sans parler de nombre d'autres titres sur ces questions...

Je pourrais bien sûr multiplier les exemples de ce que le catalogue de La Découverte doit à celui des Éditions François Maspero – dont de très nombreux titres sont toujours vivants. Toujours vivant, François Maspero le restera dans mon esprit grâce aux engagements partagés. Et à jamais identifié à son formidable et si fragile sourire…

François Gèze
Ancien directeur des Editions La Découverte, ex-éditions Maspéro

 

 

 

François Maspero (1932-2015) Partisan de liberté





À lire les nombreux témoignages publiés au lendemain de l'annonce de son décès, l'on mesure à quel point François Maspero a marqué les esprits de son temps, ce que les plus jeunes ne peuvent imaginer, tant l'édition et surtout le « monde de la librairie » ont changé en une vingtaine d'années. Le nom « Maspero », pour celles et ceux qui ont vingt ans au cours des années 1960 et 1970, est synonyme à la fois, d'une librairie, « La joie de lire », sise rue Saint- Séverin, et d'une maison d'édition d'extrême gauche (entendre par cette expression qu'on trouve dans son catalogue des auteurs « engagés », révolutionnaires, interdits chez eux, tolérés ici, plus ou moins inspirés par un « isme » apparenté aux divers marxismes) installée place Paul Painlevé. Une telle association est, à cette époque, unique. Certes, les plus érudits évoqueront le libraire et éditeur Charles Péguy et plus près de nous, José Corti ou Jean-Jacques Pauvert, mais la figure, pourtant discrète, de François Maspero s'impose. Lire « Maspero » n'est jamais neutre, c'est afficher une orientation politique et une exigence critique. Être publié sous ce label s'avère un gage d'anti- académisme et de préoccupation partisane...   Le frère de sa grand- mère paternelle, Paul d'Estournelles de Constant (1852-1924), petit neveu de Benjamin Constant, est anticolonialiste et obtient le prix Nobel de la paix en 1909 pour sa position en faveur du Tribunal international de La Haye, sans se douter qu'un descendant éditeur usera d'une partie de son nom, Constant, comme pseudonyme (Louis Constant) pour signer des préfaces (Voyage de la frégate La Boudeuse et de la flûte L'Étoile autour du monde, de Louis- Antoine de Bougainville) ou diriger une collection (« Actes et mémoires du peuple » qui rassemble des témoignages comme ceux d'Agricole Perdiguier, Norbert Truquin, Constant Malva, Varlam Chalamov, Jean Allemane, Louise Michel, Denis Poulot, etc.)... Son grand- père paternel est l'égyptologue Gaston Maspero (1846-1916). Son père, le sinologue Henri Maspero (1883-1945), professeur au Collège de France, meurt en déportation à Buchenwald. Sa mère est également déportée, en tant que résistante, au camp de Ravensbrück, dont elle revint. Son frère ainé, membre des Francs tireurs partisans (FTP), est tué au combat en Moselle. La guerre ne fait aucun cadeau. Le jeune François n'accroche guère aux études universitaires et obtient, tant bien que mal, un certificat d'anthropologie. Héritier d'un petit pécule, et dispensé du service militaire en tant que pupille de la Nation, François Maspero envisage, en 1953, d'acheter un stand de barbe- à- papa à la Foire du Trône, mais finalement acquiert en 1955 une librairie tarabiscotée, rue Monsieur- le- Prince, qu'il baptise « L'Escalier ». Libraire curieux de tout, il veut que sa librairie soit une fenêtre ouverte à toutes les littératures du monde et aide à comprendre toutes les sociétés. À deux pas de sa boutique siège « Peuple et Culture », association née de la Résistance, animée par le compagnon charpentier Bénigno Cacérès, avec le cinéaste Chris Marker (qui tournera en 1972, Les mots ont un sens, documentaire sur François Maspero) et de nombreux auteurs du Seuil. Un an plus tard, il prend possession d'une librairie plus grande et mieux située, rue Saint- Séverin, que son ancien propriétaire, collaborateur pétainiste, avait appelée « La joie de lire », qu'il n'aura pas l'occasion de débaptiser, ayant d'autres chats à fouetter !   En juin 1959, il publie son premier livre en tant qu'éditeur, La Guerre d'Espagne, d'un socialiste italien, ancien brigadiste international, Pietro Nenni, dans la collection « Cahiers libres ». Suivront Franz Fanon (L'an V de la révolution algérienne, ouvrage saisi par le gouvernement), Jean Baby (Critique de base : le parti communiste entre le passé et l'avenir, 1960), Maurice Maschino (Le Refus, en 1960, sitôt interdit par la censure, de même que L'Engagement publié un an plus tard), Paul Nizan (Aden Arabie, avec une somptueuse préface de Jean- Paul Sartre qui préfacera également, Les Damnés de la terre de Franz Fanon en 1961). Dénonciation de la guerre d'Algérie et de la torture d'État, défense de la révolution cubaine, enquête sur les colonialismes (Vietnam, Amérique Latine, Afrique noire, etc.), analyse du tiers monde, soutien aux nombreux mouvements d'émancipation, etc., sont les thèmes abordés. En 1982, cette collection comptera 371 titres d'auteurs aussi différents que Régis Debray, Gérard Chaliand, Pierre Jalée (Le Pillage du tiers-monde), Ernesto Guevara, Malcom X, Fadela M'Rabet, Wilfred Burchett, Eduardo Galeano, Roger Gentis, Christian Baudelot et Roger Establet (L'École capitaliste en France), Élise Freinet, Almicar Cabral, Paulo Freire, Günther Walraff, Roy Medvedev, etc. La maison d'édition se développe avec l'engouement et les compétences de Jean- Philippe Talbo- Bernigaud (librairie et commercial), Fanchita Gonzalez Batlle (édition, gestion des droits étrangers et traduction, elle dirige la collection « Voix » et signe de remarquables traductions de l'espagnol, du catalan et de l'anglais) et Émile Copfermann (1931-1999, édition) et de quelques directeurs de collection (Pierre Vidal- Naquet, Georges Haupt, Albert Memmi, Charles Bettelheim, Maurice Godelier, Gérard Althabe ou Pierre Salama).   De juin 1959 à mai 1982 - date à laquelle François Maspero quitte son métier d'éditeur et laisse la place à une nouvelle équipe, dirigée par François Gèze, à l'enseigne de La Découverte, sur laquelle il se gardera publiquement d'émettre un quelconque jugement -, le catalogue des éditions Maspero s'enorgueillit de 1 350 titres, de 30 collections et d'une dizaine de revues. Malgré ce nombre impressionnant d'ouvrages, parfois avec de grosses ventes (300 000 exemplaires pour Libres enfants de Summerhill de A. Neill et 30 000 exemplaires de l'extraordinaire récit, Le Pain nu de Mohamed Choukri, traduit de l'arabe par Tahar Ben Jelloun), ce sont les librairies (celle de Paris et celles de Montpellier et Bordeaux) qui assurent le gros de l'autodistribution des éditions et un chiffre d'affaires important. En 1971, « La joie de lire » emploie une quarantaine de salariés, on y trouve tout ce qui participe de la contestation du capitalisme à l'échelle mondiale (brochures de collectifs et d'associations, production des petites maisons d'édition militantes, revues et publications souvent difficiles à trouver ailleurs), et ce jusqu'à minuit ! Menacée par des actes terroristes, surtout durant la guerre d'Algérie, la librairie est régulièrement surveillée par des clients- amis qui effectuent un tour de garde. Une telle librairie s'avérait un lieu de rendez- vous, une source d'informations, un carrefour des idées. Il est vrai qu'à l'époque un livre déclenchait les passions et relevait de la communication, alors que dorénavant, ainsi que le constate François Maspero (« Comment je suis devenu éditeur », Le Monde du 26 mars 1982), « il est totalement à la remorque. Il n'est d'ailleurs que le sous- produit d'émissions, de téléfilms. Il ne peut plus exister que cité massivement dans la presse et les écrans. Il faut que son auteur "passe" à l'écran. »   Revuiste, François Maspero soutient plusieurs périodiques qui prennent position, la plus connue des revues, qu'il dirige lui- même et qui sera à de nombreuses reprises interdite ou condamnée, est Partisans (1961-1972). Une autre revue accapare son attention, L'Alternative. Pour les droits et les libertés en Europe de l'Est (1979-1985) : elle aura 31 numéros, dont la plupart se vendront entre 4 000 et 5 000 exemplaires, avec un pic de 18 000 exemplaires pour le dossier consacré à « Solidarnosc » en 1982. Il convient également de citer Acoma (1971-1973, dirigée par Édouard Glissant), Critique de l'économie politique (1970-1982, une cinquantaine de numéros) et Hérodote (fondée en 1976 par le géopoliticien Yves Lacoste).   Pour l'étudiant que j'étais, qui a peu fréquenté « La joie de lire », vendue en 1974, et n'y a jamais dérobé un livre (certains sots s'en vantent encore !), les éditions Maspero se résumaient à la philosophie marxiste d'Althusser et de ses élèves (dont Étienne Balibar et Jacques Rancière), à l'économie « socialiste » impulsée par Charles Bettelheim, à la série « Histoire classique » de Pierre Vidal- Naquet et surtout aux « PCM », rare collection de poche solidement fabriquée, avec ses larges rabats et ses cahiers cousus, 273 volumes aux couleurs de l'arc- en- ciel, véritable bibliothèque du curieux, mais d'un curieux combinant « théorie » et « pratique », voulant toujours comprendre le monde pour le transformer... C'est grâce à cette collection que j'ai lu Paul Lafargue (Le droit à la paresse, avec une excellente introduction de Maurice Dommanget, auteur de La Jacquerie), Fernand Deligny (Les vagabonds efficaces et autres récits), Eric J. Hobsbawm (Les Bandits), John Reed (Le Mexique insurgé, traduit de l'anglais par Louis Constant), Augusto Boal (Théâtre de l'opprimé), et tant d'autres que je lis encore...   « Une maison d'édition, explique- t-il dans Le Monde du 26 mars 1982, ne se construit pas sur un programme structuré ; ce n'est pas un parti politique, ce n'est pas un institut, c'est un tissu lâche de pulsions souvent contraires : l'éditeur s'apparente au photographe : il travaille sur une plaque sensible, à partir d'éléments dont il n'est pas maître, et son intervention se situe dans une orientation, des teintes, des choix qui ne peuvent être totalement rationalisés. Il n'est jamais le créateur au premier degré. Sinon, il tombe soit dans le sectarisme stérilisant, soit dans le marketing, ce qui en fin de compte revient au même pour ce qui concerne la valeur du contenu. J'ai donc essayé de refuser les programmes et les définitions : rien de plus pénible que ces textes- étiquettes que réclament les services commerciaux en disant : "Définissez donc votre nouvelle collection", "Précisez votre cible", etc. » Une maison d'édition correspond, avant tout, à l'éditeur. Libraire précoce, éditeur tout jeune, c'est à cinquante ans qu'il renonce à ce qu'il a fait si bien, avec tant de sérieux et d'attention, l'édition, pour devenir auteur et traducteur, manière de ne pas quitter le livre. Les Passagers du Roissy-Express (avec des photographies d'Anaïk Frantz, 1990) est une autre manière de voyager, de visiter le lointain à notre porte, de rendre compte de l'urbanisation et de ses exclusions et ségrégations. À l'heure de l'éventuel « Grand Paris », cet ouvrage est impérativement à lire ou à relire ! Ayant appris l'allemand au lycée, il ne traduira aucun texte de cette langue, l'ombre de la guerre étant encore tenace, mais il traduira de l'italien (Eraldo Affinati, Francesco Biamonti, Rita Charbonnier, Piero Meldini, etc.), de l'espagnol (Jorge Luis Borges, Eduardo Mendoza, Alvaro Mutis, Arturo Pérez- Reverte, Augusto Roa Bastos, Luis Sepulveda, Antonio Skarmeta, Manuel Vasquez Montalban, etc.) et de l'anglais (Joseph Conrad et John Reed), trois langues apprises sur le tas.   « Finalement, écrit- il dans Les Abeilles et la guêpe en 2002, qu'ai- je tenté d'autre que ce qui fit don Pedro d'Afaroubeira qui, avec ses quatre dromadaires, comme le chanta Apollinaire, courut le monde et l'admira ? Il est encore permis de rêver d'un monde sillonné d'innombrables dromadaires conduits par des hommes occupés, le temps de leur passage sur terre, à l'admirer plutôt qu'à le détruire. »   Thierry Paquot
Auteur aux Éditions La Découverte

 

Rentrée 2015

Au bonheur des morts par Vinciane Despret et Une histoire de la modernité sonore par Jonathan Sterne

Retrouvez tout au long de l'été des aperçus de notre rentrée 2015.

Cette semaine, nous vous présentons Au bonheur des morts par Vinciane Despret et Une histoire de la modernité sonore par Jonathan Sterne.

 

* Au bonheur des morts, Vinciane Despret

En librairie le 1er octobre 2015

 
Faire son deuil », tel est l’impératif, presque banal, qui s’impose désormais à tous ceux qui se trouvent confrontés au décès d’un proche. Mais cela va-t-il de soi ? Se débarrasser de ses morts est-il un idéal indépassable et incontournable si l'on ne veut pas trop souffrir ? Non, répond Vinciane Despret dans ce beau livre de témoignages recueillis auprès de celles et ceux qui, au contraire, ont dit non au travail de deuil en inventant mille manières de vivre, au quotidien, avec leurs morts.

Également disponible au format ePub

 

 

* Une histoire de la modernité sonore, Jonathan Sterne

En librairie le 10 septembre 2015

 
C'est le livre fondateur des sound studies. Il montre comment, au cours du XIXe siècle, s’est mise en place une nouvelle culture du son qui a accompagné la naissance des techniques d’enregistrement et des dispositifs de communication, devenus désormais omniprésents. Cette histoire témoigne des liens existant entre l’histoire du son et les traits propres à la « modernité » : l’évolution de la médecine, des sciences et de la philosophie et le développement du capitalisme industriel, du colonialisme, de l’urbanisation et de la technologie moderne.


Également disponible au format ePub

 
 

Cliquez ici pour lire en exclusivité deux extraits de notre rentrée 2015


Rentrée 2015

Commun, en librairie le 20 août 2015
Commun, l'ouvrage de Pierre Dardot et Christian Laval, sort au format poche le 20 août prochain, en version papier et en numérique. 

 

Commun, c'est une réflexion passionnante sur des formes démocratiques nouvelles et la sortie possible du capitalisme.
 

Car aucune chose n’est en soi ou par nature « commune ». C’est l’activité des hommes qui la soustrait aux logiques d’appropriation en la réservant pour l’usage commun, en fonction de la détermination collective de fins sociales.

 

Lire un extrait

 

Jean-Christophe Féraud dans Libération du 06/04/2014 :

 

« Avis aux non-communistes : tout est commun, même Dieu.» Le bon mot de Charles Baudelaire cité en exergue de ce volumineux pavé (600 pages) résume bien le propos de Pierre Dardot et Christian Laval. Respectivement philosophe et sociologue, ces deux spécialistes de Marx se sont lancés dans une folle aventure intellectuelle et politique : réhabiliter l'idée du «commun», c'est-à-dire du « vivre ensemble » par tous et pour tous. Plutôt optimiste en ces temps de « désolation » du collectif... Mais Dardot et Laval n'en sont pas à leur coup d'essai : ils avaient déjà publié en 2007 un Sauver Marx qui redonnait toute sa modernité à la pensée du prophète barbu. Leur « commun » s'écrit lui aussi sans « isme », et il n'est pas plus comptable que ce bon vieux Karl du désastre du « socialisme réel » au XXe siècle. Exit le procès en paléo-marxisme-léninisme. Envers et contre « l'hypothèque communiste », les auteurs ambitionnent de reconstruire une hypothèse du commun, pour paraphraser Alain Badiou. Alors que l'idéologie du marché s'impose partout, ils revendiquent le droit d'imaginer « un au-delà du capitalisme ». Car ce système tournant sur lui-même, au profit d'une infime minorité et au détriment de tous, est encore plus mortifère qu'il ne l'était au temps de Marx : l'exploitation n'est plus une fin, le turbo-capitalisme du XXIe siècle « est en train de détruire les conditions de vie sur la planète et conduit à la destruction de l'homme par l'homme », assènent Dardot et Laval. Accroissement des inégalités, appropriation des ressources naturelles, des espaces publics, du savoir et des réseaux de communication au profit « d'une petite oligarchie » ... Rien ne semble pouvoir arrêter « l'implacable logique » du néolibéralisme triomphant. [...] Au final, ce travail théorique impressionnant débouche sur une rhétorique néomarxiste que l'on jugera éculée ou d'une brûlante actualité. C'est selon. Reste cette interrogation: la force du verbe peut-elle encore faire chavirer ce monde comme elle renversa l'ancien ? »

 

 

Retrouvez les mises en avant de la rentrée 2015 :

 

* School Business // Les arabes, leur destin et le nôtre

 

* Au bonheur des morts // Une histoire de la modernité sonore
 

 

Votre lecture de l'été

C’est parce que Mona Chollet, auteur de Beauté fatale et journaliste au Monde diplomatique, peut passer des heures dans son petit appartement parisien et que ses proches ne le comprennent pas toujours qu’elle a décidé d’explorer la question de l’espace domestique dans Chez soi.

Le foyer, un lieu de repli frileux où l’on s’avachit devant la télévision en pyjama informe ? Sans doute. Mais aussi, dans une époque dure et désorientée, une base arrière où l’on peut se protéger, refaire ses forces, se souvenir de ses désirs. Dans l’ardeur que l’on met à se blottir chez soi ou à rêver de l’habitation idéale s’exprime ce qu’il nous reste de vitalité, de foi en l’avenir.


Ce livre voudrait dire la sagesse des casaniers, injustement dénigrés. Mais il explore aussi la façon dont ce monde que l’on croyait fuir revient par la fenêtre.

 

Lire un extrait

 

Chez soi est également disponible au format ePub si vous souhaitez malgré tout emmener votre tablette en vacances.

Rentrée 2015

Tentative d'évasion (fiscale), en librairie le 10 septembre 2015
Même un ministre du Budget peut frauder le fisc !

Comment est-ce possible ?

 

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues, ont décidé d’aller voir par eux-mêmes comment l’on extrade aujourd’hui les petites, mais surtout les grandes fortunes.

Suisse, Luxembourg, paradis fiscaux, sociétés écrans, montages financiers, cette enquête de terrain, ludique et argumentée permetde comprendre les rouages de l’évasion fiscale et ses enjeux politiques.

En effet, la clé du coffre est sans doute cachée du côté de Bercy ... et dans l'ouvrage à paraître le 10 septembre prochain : Tentative d'évasion (fiscale).

 

Lire une interview des auteurs

Rentrée 2015

Le grand repli, en librairie le 24 septembre 2015
Dix ans après La fracture coloniale, Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Ahmed Boubeker reprennent à nouveau la plume pour décrypter la société française actuelle.

 

Le grand repli est d’abord une réaction au processus qui mène la France au bord de l’abîme, sur fond d’angoisses identitaires et de nostalgie de grandeur.

Comment en est-on arrivé là ?

À cette fragmentation de la société, à ces tensions intercommunautaires, au ressac effrayant de l’antisémitisme, du rejet de l’islam et de la haine de soi ?

Comment en est-on arrivé à une logique de repli généralisée ?

 

Lire l'entretien de Pascal Blanchard et Nicolas Bancel  
 


Un monde d'inégalités, l'état du monde 2016

L'édition 2016 de L’état du monde propose cette année de nouvelles perspectives pour comprendre les inégalités contemporaines à l’échelle mondiale, régionale et nationale.

S’appuyant sur de solides ressources statistiques et sur d’innombrables exemples, sur les cinq continents, les spécialistes qui ont contribué à ce volume en décortiquent les mécanismes et fournissent ainsi quelques pistes pour tenter de les combattre.

 

Lire un extrait de l'ouvrage dirigé par Bertrand Badie et Dominique Vidal

 

Cette année encore, Un monde d'inégalités, l'état du monde 2016 est disponible au format papier et au format ePub.

 

Vous pouvez également acheter certains chapitres à l'unité au format ePub au prix de 1,99 €.

 

* Vers une hyper-bourgeoisie globalisée par Bruno Cousin et Sébastien Chauvin

 

* Que reste-t-il du "développement" ? par Gilbert Rist

 

* Qu'est-ce qu'un monde d'inégalité ? par Bertrand Badie

 

* Israël, premier de la classe néolibérale par Dominique Vidal

 

* Inégalités et violence politique par Laurent Gayet

 

* Femmes-hommes, les écarts se creusent par Jules Falquet

 

 

 

 

 

Lectures d'été : des enquêtes qui se lisent comme des polars

Des affaires, Snowden, SwissLeaks, Rainbow Warrior, des disparitions, Ben Barka, Philippe de Dieuleveult...

 

Autant d'histoires réelles qui trouveraient leur place dans un roman policier qui tiendrait en haleine son lecteur.

 

 

* Histoire politique des services secrets par Roger Faligot, Jean Guisnel et Rémi Kauffer
 

Brossant le portrait des hommes et parfois des femmes des services, narrant les détails de leurs opérations clandestines les mieux camouflées, sur tous les continents, trois spécialistes ont mis en commun leur fonds d’archives originales, accumulées pendant près de quatre décennies, et révèle des dizaines de témoignages inédits, du début des années 1940 jusqu’à nos jours.

 

Également au format ePub

 

 

 

* Histoire secrète de la Ve République, sous la direction de Roger Faligot et Jean Guisnel
 

De l’« opération Résurrection » en 1958, coup d’État fondateur qui ne dit pas son nom, à l’« affaire Clearstream » de 2006, l’histoire officielle de la Ve République s’est toujours doublée d’une histoire secrète, au rôle essentiel. Dans cette histoire-là, il est question d’officines très discrètes, d’agents secrets et de « barbouzes », d’opérations militaires clandestines et souvent sanglantes, d’assassinats, de torture, de disparitions, de suicides, de manipulations en tous genres, de corruption et de scandales financiers, de réseaux occultes et de lobbies puissants et invisibles.

 

 

 

* L'affaire Snowden par Antoine Lefébure

 

Il aura fallu la révolte du jeune Edward Snowden, informaticien travaillant pour la National Security Agency (NSA) américaine, pour que le monde entier découvre l’étendue de la surveillance menée en secret par les États-Unis. Relatant les dessous méconnus de cette incroyable histoire, ce livre permet de comprendre les motivations de ses acteurs, l’enjeu des secrets révélés et leurs conséquences sur la marche du monde.

 

Également au format ePub

 

 

 

*  Séisme sur la planète finance par Hervé Falciani
 

En février 2015, au terme d’un an d’enquête, qui mobilise plus de 150 journalistes de 50 pays, SwissLeaks révèle l’existence d’un système international de fraude fiscale et de blanchiment d'argent qui aurait été mis en place par la banque HSBC à partir de la Suisse.
À l’origine de ce scandale d’ampleur internationale, il y a un homme : Hervé Falciani. Informaticien à la HSBC Private Bank de Genève, il est celui qui a décidé de rompre le sacro-saint secret bancaire helvétique. Dans ce livre, il raconte comment il est devenu un « lanceur d'alerte », en transmettant quantité de données ultraconfidentielles aux autorités françaises.

 

Également au format ePub

 

 

 

* Histoire secrète du patronat français de 1945 à nos jours, sous la direction de Benoît Collombat et David Servenay

 

Des Trente Glorieuses à la crise financière de 2008-2009, en passant par le choc pétrolier de 1979, les nationalisations de 1981 et les privatisations de 1986 : telles sont les grandes étapes de l’histoire de l’économie française depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais, derrière cette histoire officielle sans visage, celle des manuels scolaires, s’en cache une autre, secrète, qui met en scène les hommes qui ont réellement fait, et défait, le capitalisme français de l’après-guerre. C’est cette histoire que raconte ce livre emmené par cinq journalistes d’investigation : le rôle des anciens cadres de Vichy dans la Reconstruction, les liens du patronat avec le monde de la pègre, le financement secret des partis politiques, les dessous du paritarisme, les caisses noires des syndicats patronaux. Il plonge le lecteur dans les arcanes d’un véritable « système » né dans l’après-guerre et qui s’est maintenu jusqu’à aujourd’hui…

 

Également au format ePub

 

 

 

* Le frère perdu par Bernard Kieffer

 
Pourquoi le journaliste Guy-André Kieffer a-t-il disparu en Côte-d’Ivoire, en 2004, alors qu’il enquêtait sur l’argent sale du cacao ? Depuis dix ans, son frère Bernard mène une enquête au long cours qui, du Quai d'Orsay et de l'Élysée au clan Gbagbo et aux trafics locaux, remonte les tenaces réseaux de la vieille « Françafrique ». Une enquête passionnante doublée d'un témoignage poignant.
Également au format ePub

 

 


Lectures d'été : quand l'histoire se lit comme un roman

Napoléon voulant se convertir pour mieux conquérir l'Égypte, des enfants et des adolescents de tous les pays d'Europe luttant contre l'occupant nazi, les Peuples de la mer qui auraient provoqué la fin d'une civilisation en 1177 av. J.-C., l'Histoire avec un grand H peut se lire comme un vrai roman d'aventures et/ou de suspense.

 

 

* Bonaparte et la République française d'Égypte par Juan Cole

 
Le 1er juillet 1798, plus de cinquante mille Français débarquent près d’Alexandrie sous le commandement de Bonaparte, jeune général de vingt-neuf ans qui s’est couvert de gloire en Italie. C’est le point de départ d’une expédition militaire et scientifique qui va conduire la France du Directoire à occuper le pays des Pharaons trois ans durant. Ce livre raconte l’histoire de ce que Juan Cole nomme la « République française d’Égypte ». S’appuyant sur leurs nombreux témoignages en les confrontant à ceux des Égyptiens et des Ottomans, il nous fait revivre la rencontre des officiers et des savants français avec la population locale.

 

 

* La rose et l'edelweiss par Roger Faligot
 

Ils avaient pour nom « La Rose blanche », « Les Pirates de l’Edelweiss », « La Main noire », « Le Club Churchill »... Dans toute l’Europe, ces groupes d’« enfants de la liberté », de douze à dix-neuf ans, combattaient le nazisme. Leur action fut déterminante dans les maquis français ou italiens, soviétiques ou polonais... Des documents inédits, interviews et témoignages apportent un nouvel éclairage historique sur la Résistance.  

 

*  Mes cahiers rouges par Maxime Vuillaume
 

Parus entre 1908 et 1914 dans les célèbres Cahiers de la Quinzaine de Charles Péguy, Mes cahiers rouges - ici reproduits, pour la première fois, dans leur intégralité - constituent un classique de la littérature communarde. Durant l'Année terrible (1871), leur auteur, Maxime Vuillaume, fut constamment aux premières loges, tantôt comme spectateur, le plus souvent comme protagoniste. Rédigé dans un style franc et direct, il ressuscite tout un pan de l'histoire de France, trop souvent négligé : l'opposition tumultueuse au Second Empire décadent, le siège de Paris, cette fraternelle utopie que fut la Commune de 1871, avec ses joies, son allégresse, ses désillusions et ses déboires. Des pages plus sombres également : la brutalité et la férocité de la répression, la proscription et son lot de souffrances, le retour des exilés et la nostalgie d'un espoir assassiné.  

 

* 1177 avant J.-C., le jour où la civilisation s'est effondrée par Eric H. Cline


 
Tout autour de la Méditerranée s’est développée à l’âge du Bronze, entre 2500 et 1200 av. J.-C., une civilisation rassemblant les Minoens de Crète, les Mycéniens de Grèce continentale, les Égyptiens, les Cananéens, les Hittites, les Assyriens, les Mitanniens, etc. Ceux qui ont visité la Grèce ont pu être frappés par la puissance de Mycènes et nombreux sont ceux qui se sont passionnés pour l’Égypte d’Akhenaton, de Toutankhamon ou des Ramsès. Et tout le monde connaît les deux événements qui ont marqué cet âge du Bronze : la guerre de Troie (dont Homère a stabilisé le récit au viiie siècle av. J.-C.) et la fuite des Hébreux d’Égypte (« L’Exode »).
Or, en vingt ans, toute cette civilisation s’est effondrée, un effondrement longtemps imputé aux mystérieux Peuples de la Mer évoqués dans des inscriptions égyptiennes. Des régions entières ont été désertées, des villes détruites et définitivement vidées de leurs habitants. L’Égypte, notamment, n’était plus que l’ombre de ce qu’elle avait été.
Comment un ensemble de civilisations peut-il disparaître aussi brutalement ? Que nous dit cette catastrophe sur notre époque ? Une enquête passionnante, récent best-seller aux États-Unis.

Également disponible en ePub

 

 

* Or noir par Matthieu Auzanneau

 
Des premiers puits américains jusqu’à nos jours, une passionnante relecture de l’histoire moderne à l’aune du lien, sans cesse resserré, qui unit l’homme au pétrole.
Remarquablement documentée, emmenée sur un rythme haletant, cette grande histoire du pétrole se lit comme un roman.
L'auteur raconte comment l’abondance du pétrole a transfiguré l’expérience humaine, et explique les travers et les limites de cette abondance.

Également disponible en ePub

 

 

* Tricontinentale par Roger Faligot

 
 

En janvier 1966, naît à Cuba la Tricontinentale, organisation regroupant les forces « anti-impérialistes » des trois continents : Afrique, Asie et Amérique latine. Pendant un mois, l’hôtel Habana Libre, vraie tour de Babel, devient le quartier général de la révolution mondiale où se croiseront Che Guevara, Salvador Allende, Hô Chi Minh, Ahmed Ben Bella, Mehdi Ben Barka, Amílcar Cabral, Douglas Bravo, Turcios Lima, Régis Debray ou Joséphine Baker… L’Amérique est au cœur des accusations, du fait de la guerre qu’elle mène au Viêt-Nam et de la volonté de la CIA de décapiter les groupes présents au Habana Libre.
Avec comme fil rouge le récit inédit de cette rencontre historique, Roger Faligot retrace ici l’étonnante épopée de la Tricontinentale, qui marqua l’actualité mondiale des années 1960, quand « le fond de l’air était rouge ».

Également disponible en ePub  
 

 


Une architecture de l'engagement : l'AUA (1960-1985)

Exposition à la Cité de l'architecture & du patrimoine
Rassemblant plusieurs générations de concepteurs aux origines disciplinaires et géographiques très diverses, l’AUA a développé son activité pendant 25 ans dans une France saisie par la modernisation et en proie à une activité politique intense – de la guerre d’Algérie finissante au premier mandat de François Mitterrand. En quelque sorte banni des grands centres urbains, il a opéré dans les territoires de banlieue et dans les premières villes nouvelles, dans un jeu permanent entre les initiatives des collectivités locales et les programme de l’État.


L’engagement, défini par une participation active à l’histoire, marque l’ensemble des actions de l’AUA, qui n’a jamais dissocié la réponse aux attentes des élus et des militants de ses objectifs architecturaux. Cette démarche traverse tous les domaines dans lesquels l’Atelier a déployé son action ; l’habitation et les équipements publics ; l’urbanisme des tissus de banlieue et un souci pionnier du paysage ; la confrontation avec les techniques d’industrialisation et les modèles innovants. L’AUA a par ailleurs été parmi les pionniers d’un nouvel exercice professionnel fondé sur la coopération, le dialogue et le partage, qui a fait figure d’exemple et dont l’esprit pionnier et fécond est lisible dans les projets conduits par une nouvelle génération d’architectes issus de l’enseignement d’après 1968. La diversité des écritures architecturales (Jacques Kalisz, Henri Ciriani, Paul Chemetov, etc.) s’accompagne d’une adhésion partagée à un ensemble de principes, comme la fidélité aux idées du mouvement moderne, une réflexion persistante sur le travail d’équipe avec le souci de la pluridisciplinarité et l’attachement à la dimension sociale de l’architecture.


Conçu comme un livre-catalogue, l’ouvrage accompagnera une exposition temporaire du même nom à la Cité de l’architecture et du patrimoine qui se tiendra du 30 octobre 2015 au 29 février 2016.

 

Feuilletez l'ouvrage


WE ARCHI : une nouvelle revue d'architecture

Deux numéros actuellement en librairie
Il existe peu d'opportunités en France, pour un architecte, de faire connaître son travail dans une collection d'ouvrages à dimension internationale. Certes, on connaît les magnifiques livres-revues que sont GA au Japon et El Croquis en Espagne. Mais ces éditions monographiques sont d'autant plus sélectives qu'elles ne retiennent, le plus souvent, que les architectes-stars.
Pourtant, nombreux sont ceux qui ont une œuvre de valeur internationale, parfois publiée, mais trop souvent sans véritable travail éditorial. Le principe de la revue convoque l'idée de périodicité, deux numéros sortiront chaque année. Une revue est aussi plus libre. Si un livre bilingue trouve difficilement sa place, la revue, elle, s'honore d'être bilingue. Et cette dimension est bien sûr primordiale pour l'architecte et la représentation de son œuvre à l'étranger. We Archi propose un cadre original pour présenter la production d'un architecte, d'un urbaniste, d'un paysagiste... bref, de tout créateur influent de l'urbanité. L'objet est de révéler sa pensée, sa  posture, son engagement militant ou poétique, dans un rapport dynamique à l'éditorial et au graphisme et dans une édition bilingue.  

Deux numéros en librarie le 30 juin 2016

We Archi #1 /François Leclercq

We Archi #2 / Corinne Vezzoni & Associés   

 Directeur de la collection
Journaliste depuis 1982, Frédéric Lenne a notamment travaillé autour du développement des métropoles de l'après-Kyoto, en particulier sur le Grand Paris. Il a effectué une bonne partie de sa carrière au Groupe Moniteur au sein duquel il a été directeur de la rédaction de la revue AMC - Le Moniteur architecture. Il a organisé les Prix d'architecture du Moniteur (Équerre d'argent et Première œuvre). Il a créé et animé les rencontres « Défis de ville » à la Cité de l'architecture et du patrimoine. Il est fondateur de la structure Esprit urbain. Il est membre associé de l'Académie d'architecture depuis novembre 2015.

Fête de l'Huma 2016 - Village du livre

Venez-nous voir sur notre stand du vendredi 9 au dimanche 11 septembre 2016
Cette année encore, nous serons sur le village du livre de la Fête de l'Humanité 2016.

Vous pourrez y trouver une sélection de notre catalogue ainsi que des rencontres et des dédicaces avec nos auteurs.

L'agenda sera bientôt mis en ligne mais sont déjà annoncés plusieurs événement :

 

* Samedi 10 septembre, à 16h, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, auteurs de Tentative d'évasion (fiscale), seront sur le stand des Amis de l'Huma pour un débat toujours d'actualité La violence des riches puissance 10

 

* Samedi 10 septembre, à 19h, Pascal Boniface, auteur de Léo Ferré, toujours vivant, sera présent pour célébrer le centenaire de la naissance de Léo Ferré, en présence de la famille et des amis du chanteur poète.

 

* Dimanche 11 septembre, à 12h, une carte blanche sera donnée à Michèle Riot-Sarcey, dont le dernier ouvrage, Le procès de la liberté, a reçu le prix Pétrarque en juin dernier.

 

* Dimanche 11 septembre, à 14h, Alain Bertho, auteur de l'ouvrage Les enfants du chaos, sera l'invité du débat, L'identité contre l'égalité ?, en compagnie de Roger Martelli.

Exposition "Ailleurs - 50 architectures françaises dans le monde"

Galerie d'Orléans du Palais Royal - Paris
À l'occasion de ses 20 ans, l'AFEX présente, en une exposition et un livre, 10 ans d'architecture française dans le monde, soit un panorama de la diversité des talents, une collection d'une cinquantaine de projets construits par des architectes français sur les cinq continents - architectes sélectionnés, nominés ou primés au Grand Prix de l'AFEX depuis son origine, il y a 8 ans.

  La scénographie a été confiée à DGT, lauréat du Grand Prix AFEX 2016 pour le Musée national d'Estonie.

  Cet événement organisé par l'AFEX a débuté au moment des Journées nationales de l'architecture, organisées par le ministère de la Culture du 14 au 16 octobre. Il se poursuivra sur une durée d'un mois. Les visiteurs découvriront dans l'écrin du Palais Royal, des bâtiments remarquables, dans une scénographie accessible au grand public. Des films seront projetés dans un espace abrité, et une boutique sous les arcades proposera un livre présentant tous les projets de l'exposition. Exposition en plein air, accrochée sur les colonnades de la cour d'Orléans habitée par les deux fontaines à boules de Pol Bury.

    Un ouvrage bilingue français-anglais, Ailleurs / Outwards - 50 architectures françaises dans le monde, publié aux Éditions Dominique Carré et rédigé par Frédéric Lenne, présente les 50 projets sélectionnés dans le cadre du Grand Prix AFEX depuis son origine ainsi que quelques autres bâtiments significatifs et une série de portraits de leurs architectes.

 

Feuilleter l'ouvrage

 

Exposition "Ailleurs / Outwards - 50 architectures françaises dans le monde"
Galerie d'Orléans du Palais Royal
5 rue de Valois, 75001 Paris 

 
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