Pourquoi ne croit-on plus au futur ? Pour l'historien Jérôme Baschet, "la conception de lHistoire universelle comme certitude optimiste que le futur sera meilleur, que lHistoire est tirée par lélan vers ce futur glorieux, sest radicalement effondré depuis quelques décennie." pic.twitter.com/5eQzruTH8Q
— France Culture (@franceculture) 5 avril 2018
Selon le dernier bilan de l'ONU, 244 millions de personnes vivaient à l'étranger en 2015, dont près de 20 millions de réfugiés. Au-delà d'une actualité brulante, révélatrice de tensions majeures dans nos sociétés, la question des migrations internationales doit être abordée par le biais de méthodes sérieuses prenant en compte la diversité des phénomènes migratoires et des questions qu'ils soulèvent. Dans ce domaine, plus que dans tout autre, les idées reçues circulent, parfois imperméables aux faits.
L'Assemblée du Collège de France a ainsi décidé de créer une chaire Migrations et sociétés et de la confier à François Héran, directeur de recherche à l'INED, l'Institut national d'études démographiques et auteur de Avec l'immigration.
« Cette création reconnait non seulement la nécessité d'étudier ces phénomènes de façon aussi scientifique que possible mais elle met en avant les interactions entre migrations et sociétés : il n'y a pas de sociétés sans migrations et les migrations modifient durablement les sociétés. Mon programme ne prétend pas trancher toutes les questions sur la place de l'immigration dans la société ; il entend les poser dans le respect des faits », estime ce dernier.
« Martin Luther King n'eut pas le temps de voir son plan à l'œuvre. Le 4 avril 1968, alors qu'il se trouvait à Memphis (Tennessee) pour soutenir la grève des éboueurs de la ville, défilant à leurs côtés en arborant une pancarte « I am a man » pour revendiquer le droit à un salaire et des conditions de travail décents, il fut tué par un délinquant, notoirement connu pour son racisme radical, James Earl Ray.
King n'avait pas quarante ans. Sa mort plongea l'Amérique blanche dans la stupeur, l'Amérique noire dans la colère. Des émeutes éclatèrent dans 125 villes, faisant de la nuit du 4 au 5 avril 1968 la pire nuit de violences raciales de l'histoire du pays. Certains tentèrent de calmer la situation en rappelant que King était l'apôtre de la non-violence. En vain. [...]
La mort de l'apôtre de la non-violence transforma la vision que les étudiants africains-américains se faisaient de l'avenir de l'Amérique noire : convaincus que la persuasion morale comme arme de la lutte était morte avec son plus grand artisan, ils optèrent pour la démonstration de force. »
Cet extrait de Black America de Caroline Rolland-Diamond revient sur la mort de Martin Luther King, épisode traumatisant et lourd de conséquences dans la lutte pour l'égalité et la justice des afro-américains.
L'image a fait le tour des réseaux sociaux : un jeune homme joue et chante dans la rue, au milieu des décombres et des maisons éventrées de Yarmouk, une ville de réfugiés palestiniens proche de Damas. Figure iconique, celui que l'on surnomme désormais « le musicien des ruines » a pourtant dû se résoudre à prendre le chemin de l'exil, Daech ayant finalement brûlé son instrument.
Aeham Ahmad sera à Paris pour la sortie de son livre.
Retouvez-le à la Philharmonie de Paris le 7 avril à 17h. Puis, le soir, à la librairie Folies d'encre à partir de 19h30.
Comment expliquer le basculement dans l’horreur absolue et la violence extrême d’un crime « sans mobile » ?
Cette question est le point de départ d’une enquête de terrain de dix ans menée par David Puaud, ancien éducateur de rue et aujourd’hui anthropologue. Il retrace le parcours de vie du jeune criminel à travers une véritable immersion dans le quartier populaire où ce dernier a grandi et dans les archives des services sociaux qui se sont occupés de lui. Il donne à voir tous les cadres – familiaux, sociaux, économiques et urbains – d’un parcours criminel.
Un texte brut qui prend un tour réflexif et une expérience de lecture intense pour tenter de comprendre l’impensable.
[Lire un extrait]


Le Vaisseau des morts, La Révolte des pendus, Rosa Blanca, ces titres vous sont familiers ? Ce sont quelques-uns des textes de B. Traven que nous avons publiés il y a plusieurs années. Si vous connaissez ces titres, vous devez savoir que leur auteur, le fameux B. Traven, lui, est très mystérieux...
Il a en tout cas inspiré à l'auteur et metteur en scène Frédéric Sonntag un spectacle en forme de puzzle. Comment faire autrement le portrait d'un homme qui a passé sa vie à se dissimuler ?
Le spectacle B. Traven sera présenté au Nouveau Théâtre de Montreuil (avant de tourner en région) du 20 mars au 14 avril.
Suite à l’effondrement d’une vision optimiste de l’avenir, celle de la modernité, le présent règne désormais en maître, nous vouant au fatalisme face à la réalité existante et nous rendant incapable de nous projeter dans un horizon alternatif. Dans une langue lumineuse et riche, l’historien Jérôme Baschet étudie les mécanismes à l’œuvre dans cette hégémonie du présentisme pour dessiner les voies inédites vers une nouvelle temporalité révolutionnaire.
À voir : Les Détricoteuses invitent à la lecture du nouveau livre de Jérôme Baschet, Défaire la tyrannie du présent.
À écouter : Présent perpétuel sur France Inter dans l'émission de Laure Adler, « L’heure bleue ».
« Dans sa foisonnante Histoire populaire du football, l’auteur remonte aux origines de la discipline pour montrer à quel point elle est devenue, depuis le XIXe siècle, une prodigieuse "arme d’émancipation". » Rémi Dupré, Le Monde
« Mickaël Correia a fait de son engagement sportif une démarche quasi citoyenne. Ce journaliste de 34 ans raconte dans Une histoire populaire du football comment le ballon rond a été une poche de résistance libertaire contre les institutions qui cherchaient à l'encadrer, les régimes politiques qui utilisaient sa popularité, les puissances financières qui voulaient en tirer profit. Son livre est un voyage. » Aurélien Ferenczi, Télérama
À écouter : Mickaël Correia était l'invité de Philippe Collin sur France Inter.
« Dans Le Plus Beau Métier du monde, l'anthropologue Giulia Mensitieri (EHESS) donne la parole aux travailleurs créatifs, pour qui le simple fait de participer à la création de produits désirés par le plus grand nombre sur la planète compense tous les sacrifices. La chercheuse dévoile ainsi les aspects peu reluisants d'une industrie qui constitue pourtant "l'image étincelante du capitalisme, combinant prestige, beauté et pouvoir". » Marie Ottavi, Libération
« Au-delà de sa richesse ethnographique, ce livre montre comment s'agencent, avec une insolente évidence, visibilité et secret, enchantement et déconvenues, indépendance et soumission. » Anne Both, Le Monde
À voir : La mode « déglamourisée ». Giulia Mensitieri était l'invitée de La Grande Table sur France Culture.
« Qu’il ait exploré les ressorts de nos actions (L’Homme pluriel) ou la complexité de nos pratiques culturelles (La Culture des individus), qu’il ait entrepris de bâtir une théorie de la création littéraire (Franz Kafka) ou de la "magie sociale" qui opère dans notre rapport à l’art (Ceci n’est pas qu’un tableau), il visait toujours, au-delà, une véritable pensée du monde social. On retrouve cette ambition, et ce projet, dans son nouveau livre, L’Interprétation sociologique des rêves, premier tome d’une enquête qui en comptera deux, produit d’une recherche audacieuse entamée il y a vingt ans. Dialoguant avec d’autres disciplines (psychanalyse, neurosciences, linguistique, anthropologie…), le sociologue y propose un nouveau modèle d’interprétation des rêves, envisagés d’abord comme une "forme d’expression". » Le Monde
À écouter : « Rêvisitation » sur France Inter avec Laure Adler.
À voir : "L'inconscient comme objet d'étude pour la sociologie" Bernard Lahire dans La Grande Table.
Dans Paroles de Sourds, on découvre les étonnants récits de vie de six adultes sourds, formulés et enregistrés en langue des signes puis traduits en français.
Tous y affirment le même espoir : celui d'être reconnus dans leur normalité, dans leur droit à vivre avec leur différence, avec leur langue et leur culture.
Invités à la librairie Mollat, c’était l’occasion pour Patrick Belissen et Jeannine Vergès de présenter leur livre, de raconter leur parcours et de réaffirmer leur culture, leur propre langue grâce à laquelle l'ouverture sur le monde est possible.
À voir également : la vidéo de L'Obs avec Patrick Belissen.
Dans Généraux, gangsters et jihadistes, l'historien analyse le processus de contre-révolution après les printemps arabes de 2011 en le comparant au pouvoir de ces esclaves affranchis qui gouvernaient en Syrie et en Égypte entre 1260 et 1516.
À écouter : Jean-Pierre Filiu sur France Culture, dans l'émission de Affaires étrangères.
À voir : Jean-Pierre Filiu à Mediapart avec Rachida El Azzouzi et Thomas Cantaloube.