Un quart en moins
Des femmes se battent pour en finir avec les inégalités de salaires

Rachel SILVERA

Malgré les lois, discours et autres chartes, en France, le salaire des femmes reste inférieur d’un quart à celui des hommes. Comment expliquer cet écart persistant ? Au XIXe siècle, on considérait qu’il n’était pas vital pour une femme de travailler. Pouvant compter sur « monsieur Gagnepain », celle-ci ne pouvait prétendre qu’à un « salaire d’appoint ». De manière insidieuse, ce modèle pèse encore aujourd’hui. Les salariées semblent piégées, entre « plancher collant » et « plafond de verre ».
Pourtant, ces dernières années, des femmes ont décidé de se battre et ont obtenu gain de cause. Rachel Silvera leur donne largement la parole. Parce qu’elles ont eu des enfants, sont passées à temps partiel, ou simplement parce qu’elles sont femmes, Maria, Flora et les autres n’ont eu aucune augmentation de salaire, ou très peu, au cours de leur carrière. Les juges ont reconnu qu’elles étaient victimes de discrimination et devaient obtenir réparation à travers un rappel de salaires et une requalification.
À jour de la jurisprudence la plus récente, ce livre donne de nouveaux moyens pour en finir avec des inégalités d’un autre âge. Au-delà, il plaide pour une autre façon d’évaluer les compétences, celles des femmes restant trop souvent perçues comme relevant de qualités « innées ».

Version papier : 16,00 €
Version numérique : 9,99 €
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Détails techniques
Préface de : Michelle PERROT
Collection : Cahiers libres
Parution : 06/03/2014
Format : EPub
ISBN papier : 9782707179104 ISBN numérique: 9782707182487

Rachel SILVERA

Rachel SILVERA
Rachel Silvera, économiste, est enseignante à l’université Paris-Ouest Nanterre La Défense, chercheuse associée au CES (Centre d’économie de la Sorbonne) et membre du réseau de recherche « Marché du travail et genre » (Mage). Elle a codirigéComparer les emplois entre les femmes et les hommes. De nouvelles pistes vers l’égalité salariale (La Documentation française, Paris, 2010).

Table des matières


Préface. Des femmes en colère, par Michèle Perrot
Introduction
I / Le spectre du salaire d’appoint
1. Comment justifiait-on l’existence du salaire d’appoint ?

Derrière chaque femme se cache un père ou un mari
Quelques données sur le salaire « féminin »
Marx, Engels, Proudhon, Mill et le travail des femmes
Le salaire minimum des ouvrières à domicile date de 1915
Une femme, ça mange moins et c’est moins rentable !
Ouvrières régulières/ouvrières « d’appoint », célibataires/femmes mariées
2. La longue bataille contre le salaire féminin
Comment expliquer qu’un instituteur et une institutrice ne reçoivent par le même salaire ?
Les syndicats et les femmes n’ont pas toujours fait bon ménage - Les dames des Postes contre les hommes syndiqués
La guerre : une occasion de revisiter le salaire féminin ?
Infirmières : le dévouement n’a pas de prix
Malgré le rendez-vous exceptionnel de 1936, le salaire féminin se maintient…
La lutte finale contre le salaire féminin
Que reste-t-il du salaire d’appoint ?
II / Elles se battent aujourd’hui
3. Faire carrière, c’est pour les hommes !

La « méthode Clerc » ou comment calculer les retards de carrière pour une réparation complète des préjudices subis
Des mobilités contrastées selon le sexe
Être agente technique dans un univers d’homme, c’est déjà bien… (Flora)
L’impact des filières sexuées
Les stigmates de la filière administrative (Béatrice) – Une ouvrière modèle « invisible » (Maria)
4. Le piège de la maternité
L’ombre des enfants plane sur toutes les femmes
Cadre supérieure et mère de famille, Nicole obtient réparation pour discrimination – Une cadre de direction ne saurait être payée comme un homme ni être enceinte (Valérie)
Et après ? Le point sur les recours pour discrimination
Des démarches collectives contre les discriminations ?
III / À travail de valeur égale, salaire égal !
5. Parce qu’elles le valent bien !
Les contours flous de l’emploi à prédominance féminine
Une auxiliaire de vie heureuse ? (Julie) – « Bonne à tout faire » ou « étagère » au lycée ? (Anne) Des juges acceptent la comparaison d’emplois de valeur égale
La division sexuée chez les cadres
DRH dans une entreprise de six cents salariés (Carla)
6. Comment revaloriser les emplois à prédominance féminine ?
Reconnaître de vraies compétences : le retour de la qualification ?
Une assistante de direction vaut bien un technicien (Christine)
Une autre vision de la technicité
Une hôtesse de caisse qui a du mal à encaisser (Aïcha)
Les responsabilités au-delà de l’encadrement
Les responsabilités non reconnues d’une infirmière en psychiatrie (Catherine)
Reconnaître la pénibilité et la réalité des conditions de travail
Quid de la piste québécoise ?
Conclusion
Repères chronologiques
Notes.