À paraître
La contradiction fondamentale entre le pouvoir du peuple et celui du marché a grandi avec le néolibéralisme, nous amenant au point où le basculement fasciste redevient possible. Les économistes ont trop souvent joué avec le feu : en plaidant pour la subordination au marché, ils ont sapé la démocratie, savonnant la planche qui nous conduit au désastre. Ce constat sans concession conduit Isabella Weber à indiquer une autre voie. Si nous voulons sérieusement sauver la démocratie et enrayer la montée du fascisme, il nous faut construire une économie qui place les besoins, la dignité des personnes et l'habitabilité de la Terre au centre.
Pour y parvenir, ce livre puise dans l'histoire et les théories économiques hétérodoxes, offrant des perspectives concrètes et réalistes.
Selon Weber, l'État doit certes jouer un rôle important, mais une véritable démocratie économique ne se résume pas à cela. Un des enjeux les plus importants consiste à garantir un accès à des prix raisonnables et stables aux " essentiels " : les essentiels pour la production (les matières premières, l'énergie, les puces électroniques), les essentiels pour la vie (le logement, la nourriture, les soins) et les essentiels pour la circulation (les transports, les services financiers, les services numériques). En empêchant que ces ressources soient prises en otage, il s'agit de lutter contre l'accaparement et les profits des multinationales tout en protégeant les limites écologiques.
L'économie antifasciste repose ainsi simultanément sur la lutte contre les inégalités de richesse et de revenus et sur la restriction du pouvoir du capital. Elle prône la taxation des ultra-riches, la contrainte contre les monopoles privés, la garantie de l'emploi, le droit à un revenu digne et la protection contre la vie chère. Seule une économie capable de tenir ces objectifs peut rallier un soutien populaire suffisant pour endiguer la menace fasciste.
