À paraître
Des Caraïbes à l'Afrique de l'Ouest, en passant par le Maghreb, des hommes, des femmes et des enfants ont opposé à l'esclavage, à la colonisation et aux violences néocoloniales une forme de résistance radicale : le suicide. Longtemps dissimulée, minimisée ou réduite au silence dans les archives françaises, cette histoire dérangeante demeure largement absente des grands récits de la colonisation et de ses héritages.
Cet ouvrage pluridisciplinaire, transnational et transhistorique propose une relecture audacieuse de ces silences. De la traite esclavagiste à la guerre d'indépendance algérienne, jusqu'à la révolution tunisienne, il établit une généalogie des pratiques de résistance suicidaire et interroge le suicide comme langage politique, geste de refus et ultime affirmation de liberté : une façon de mourir pour n'être à personne.
Face aux lacunes des sources coloniales – dossiers de police, rapports médicaux, procédures judiciaires ou textes scientifiques –, le livre mobilise d'autres formes de savoir : romans africains et afro-caribéens contemporains, films, traditions orales sénégalaises, arts visuels. Ces œuvres esthétiques et narratives constituent autant d'archives alternatives, capables de préserver la mémoire de vies effacées et de réécrire l'histoire de la résistance et de la perte.
En croisant des documents inédits en français, anglais, wolof, arabe et kreyòl, l'ouvrage renouvelle en profondeur notre manière de penser le suicide, l'esclavage et la colonialité. Il montre comment la littérature et le cinéma ne se contentent pas de représenter le passé : ils l'interrogent, le contestent et le maintiennent vivant. Une contribution essentielle à l'histoire coloniale, aux études littéraires et aux pensées décoloniales.
