À paraître
Les " nouvelles têtes " ont quitté leur centre-ville ou leur cité HLM pour des campagnes plus ou moins éloignées. À ces jeunes ménages, la maison offre ce que le travail et l'école ne promettent plus : une ascension sociale par la pierre, un patrimoine " à soi ", d'autant plus mérité qu'on l'a bâti de ses mains. Benoît Coquard a suivi pendant plusieurs années leur parcours. Il saisit la manière dont les nouveaux venus font leur place et les remous que leur arrivée provoque. D'où l'ambiguïté d'un " chez-soi chez les autres " : la fierté d'être propriétaire, mais jamais tout à fait d'ici. De ces appartenances ambivalentes naissent aussi des amitiés improbables, entre des personnes qui s'opposent politiquement mais s'entraident au quotidien.
D'un côté, il y a les familles venues des cités, en quête de discrétion et, de l'autre, des néoruraux qui veulent " changer le village ". Au centre, une bourgeoisie économique (artisans, petits patrons, agriculteurs) anciennement établie donne le ton. Elle parle davantage aux classes populaires en rendant désirables ses modèles de réussite, là où les milieux culturels échouent. Ainsi le " populisme d'appropriation " s'empare-t-il du populaire pour mieux l'orienter, même si l'expérience du racisme en brouille les évidences. Loin des poncifs sur la ruralité et l'identité nationale, Les Nouvelles Têtes donne à voir une recomposition profonde du monde social, à quelques mois d'une présidentielle où ces campagnes feront l'objet de toutes les convoitises.
