Le choix de l'Afrique - Catherine COQUERY-VIDROVITCH

Le choix de l'Afrique
Les combats d'une pionnière de l'histoire africaine

Catherine COQUERY-VIDROVITCH

« Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. » Comment expliquer que, près d’un demi-siècle après l’indépendance des colonies africaines de la France, le président Nicolas Sarkozy ait pu ainsi afficher, à Dakar en 2007, son ignorance crasse de l’histoire du continent ? C’est que cette histoire, riche et complexe, a longtemps été ignorée des représentations publiques de l’ancienne métropole. Elle n’est devenue que récemment accessible à un large public, grâce au long combat conduit par des historiennes et des historiens, au premier rang desquels Catherine Coquery-Vidrovitch.
D’où l’intérêt majeur de ce livre très personnel, où elle retrace, au fil de six décennies, le combat d’une vie : découvrir et faire connaître l’importance de l’histoire africaine si longtemps niée. Elle y relate d’abord, avec pudeur et émotion, son enfance clandestine de fillette juive née dans une famille assimilée de longue date : la première grande aventure de sa vie, source de son insatiable curiosité. Une expérience qui nourrira sa lutte constante contre le racisme. Et tout autant son long travail d’enquête sur l’histoire en « terres africaines » à partir des années 1960, qu’elle évoque dans des pages passionnantes donnant à voir la dure réalité de la colonisation française et ses effets toujours actuels. Une réalité qu’elle a contribué à faire connaître par sa volonté de fonder un cadre novateur de réflexion au sein des universités françaises et de celles d’Afrique francophone. Et par les liens qu’elle a su établir avec les universités étatsuniennes, comme avec des médias européens enfin soucieux de faire découvrir au grand public l’importance de l’histoire africaine dans l’histoire du monde.

Version papier : 22,00 €
Version numérique : 14,99 €
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Détails techniques
Collection : Sciences humaines
Parution : 14/10/2021
Format : EPub
ISBN papier : 9782348068003 ISBN numérique: 9782348068102

Catherine COQUERY-VIDROVITCH

Catherine COQUERY-VIDROVITCH

Catherine Coquery-Vidrovitch, née en 1935, est une historienne spécialiste de l’Afrique, professeur émérite de l’université Paris-Diderot. Elle est l’auteure de nombreux ouvrages, dont, à La Découverte, Petite histoire de l’Afrique. L’Afrique au sud du Sahara de la préhistoire à nos jours (2010) et Être esclave. Afrique-Amériques, XVe-XIXe siècle (avec Éric Mesnard, 2013).

Table des matières

Introduction. Pourquoi j’ai choisi l’histoire de l’Afrique
I. De l’enfance clandestine au choix de l’Afrique (1940‑1960)
1. 1940-1942, de Beauvais à Paris, la mort du père

Les années de ma prime enfance
L’exode et le retour à Beauvais
La conversion au christianisme pour nous protéger
Un père mort trop jeune
2. 1942-1943 et le choc de la déportation de mon grand-père Émile
Le suicide de grand-père Paul
L’arrestation de mon grand-père Emile
Face aux nazis, l’attitude folle et superbe de ma mère
L’aide d’Henri Menardais, curé résistant
Déménagement rue de Grenelle
En dépit de tout, une enfance heureuse
3. La vie quotidienne sous l’Occupation
Face aux risques, la résistance silencieuse
Les Clozier et la Résistance
La vie a la maison, Denise et quelques autres
La Libération, une immense jubilation
4. Une vocation d’historienne à la fois enracinée et conjoncturelle
Une vocation précoce ?
« Mouton noir » à Normale Sup
1960 : l’expérience marquante de l’Algérie en guerre
Automne 1962 : l’entrée à la VIe section de l’Ecole pratique des hautes études
II. L’Afrique et les années 68
5. La découverte de l’Afrique néocoloniale des années 1960 et 1970

Août-novembre 1965 : mon premier voyage en terre africaine
Le choc de la découverte du racisme néocolonial
L’Orstom des années 1960 et 1970, bastion de la « coopération » néocoloniale
Les ambiguïtés de la coopération universitaire
La « coopération technique », autre pivot néocolonial
L’utile regard des « broussards » coloniaux
Le massacre de la Mpoko en 1905 : les révélations tardives du gouverneur Gaston Guibet
Le flagrant déficit éducatif hérite de l’époque coloniale
6. 1965‑1967 : la quête des sources
Mes premières plongées dans les archives coloniales
Sur les traces de Savorgnan de Brazza au Congo
A la découverte des chantiers forestiers du Gabon et du Congo
L’hôpital d’Albert Schweitzer et les archives coloniales du Gabon
Bangui, N’Djamena,
Yaounde, Conakry, Dakar : des archives dans tous les états
Mes premières découvertes des réalités culturelles africaines : quelques moments Forts
Ma visite au makoko de Mbe au Congo
Une intéressante expérience ivoirienne
La place secondaire des femmes
7. Les années 1968‑1970 en France
Le marxisme poststalinien des années 1960 et 1970
Le rôle oublie des congres d’études africaines en Afrique
L’effervescence de Mai 68
Mes deux thèses : de Brazza l’aventureux aux compagnies prédatrices
L’échec et la violence de l’économie prédatrice en AEF
Au contact de la « langue de bois » stalinienne
8. En Afrique de l’Ouest (1970‑1990)
L’université de Dakar des années 1970 : de la Faculté d’économie…
… au département d’histoire
L’éclosion de l’« école de Dakar »
A la découverte du Sénégal
Du Burkina-Faso au Gabon : mes autres missions universitaires en Afrique francophone
1973 : mon étrange entrevue avec Omar Bongo, le corrupteur
Du Congo au Benin, les régimes marxistes-léninistes des années 1970
Mali : les espoirs politiques du début des années 1990
9. Incursions en pays anglophones et au Mozambique
1971 : du Ghana au Nigeria
1983 : du Botswana à la Zambie
La découverte du Zimbabwe
Du Mozambique à l’Afrique du Sud
10. L’aventure du laboratoire « Connaissance du tiers monde » de Paris-7
Après 1968 : la réorganisation de l’histoire a l’université
1974 : le laboratoire « Connaissance du tiers monde », une création originale à imposer
La reconnaissance du CNRS et le rayonnement du laboratoire
Un combat d’idées permanent
La reconnaissance des historiens africains francophones
III. L’Ouverture sur le monde
11. L’aventure américaine
De Montréal à New York
Un quart de siècle d’enseignement à la State University of New York de Binghamton
Les universités américaines, un paradis pour les chercheurs
12. L’accomplissement des années 2010
L’émergence publique de la mémoire de l’esclavage
Retours sur l’histoire de l’esclavage africain
L’Afrique des routes dans l’histoire au Musée du Quai Branly
La nouvelle Histoire générale de l'Afrique
Les Français noirs
Conclusion. L’histoire africaine, ouverture au monde
L’évolution des études africaines en France après les indépendances
Le racisme toujours présent, toujours à combattre
Notes
Index.

Droits étrangers

THE FIGHT FOR AFRICA
Anti-racism, Pro-history

The intellectual autobiography of a French historian renowned for her research on political struggles. From the birth of a calling to public figurehood in academia and the media, the journey of a pioneer in postcolonial studies, an anti-racist activist, and a specialist in the African continent.


Catherine Coquery-Vidrovitch, born in 1935, is a historian specializing in Africa and a Professor Emeritus at the University of Paris-Diderot. She has authored several works, among them the following from La Découverte: Petite histoire de l’Afrique. L’Afrique au sud du Sahara de la préhistoire à nos jours (A Short History of Africa: Sub-Sarahan Africa from Prehistoric Times to the Present, 2010) and Être esclave. Afrique-Amériques, XVe-XIXe siècle (Being a Slave: Africa-Americas, 15th to the 19th century, with Éric Mesnard, 2013).


Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com