L'Union soviétique et la Shoah - Antonella SALOMONI

L'Union soviétique et la Shoah

Antonella SALOMONI

Alors que la Shoah est traditionnellement associée à l’organisation de l’extermination dans les camps nazis, le massacre des Juifs soviétiques d’Europe orientale et des Pays baltes suivit souvent une tout autre logique, bien moins connue. Auschwitz devint un lieu de mémoire, tandis que Baby Yar attend toujours la plaque qui commémorera sans équivoque le massacre de civils juifs.
Répondant à ce double défaut de connaissance et de mémoire, Antonella Salomoni exploite ici les informations mises au jour grâce à l’ouverture des archives soviétiques ainsi que les plus récentes recherches pour reconstituer l’histoire des persécutions nazies dans ces régions et les contradictions de la politique de Moscou face à la Shoah. L’auteure met ainsi en lumière certaines spécificités de ces crimes : l’exécution immédiate des « ordres » d’identification et d’élimination des Juifs ; le succès de la propagande antisémite nazie ; l’importante collaboration locale.
De même analyse-t-elle les diverses formes du refus idéologique déployées par Moscou – hostile à toute différenciation de la nationalité juive – pour éviter de reconnaître la spécificité du massacre des Juifs, avec tous les laissés-pour-compte et la répression que cela entraîna. Ainsi le Comité antifasciste juif, créé à Moscou en 1941, vit-il ses principaux dirigeants emprisonnés et exécutés entre 1948 et 1952, généralement pour cause de « sionisme ». Enfin, son vaste recueil de documentation, le Livre noir sur l’extermination des Juifs en URSS et en Pologne, ne put paraître en version complète qu’en 1993.

Facebook Twitter Google+ Pinterest
Détails techniques
Traduitde l'Italien par : Marc SAINT-UPÉRY
Collection : Hors collection Sciences Humaines
Parution : 16/10/2008
ISBN : 9782707154682
Nb de pages : 348
Dimensions : 155 * 240 mm
Façonnage : Broché

Antonella SALOMONI

Antonella Salomoni est professeure d’histoire contemporaine à la Faculté de sciences politiques de l’université de Calabre. Spécialiste des mondes russe et soviétique, elle a développé des recherches sur le judaïsme en URSS et en Russie dans le cadre du rapport entre droit de la citoyenneté et droit de la nationalité.

Extraits presse

« L'immensité de la Shoah entraîne la multiplicité de ses objets d'études et des manières de les aborder. Voici, un livre au contenu terrifiant, se rattachant à ce qu'on a nommé "la Shoah par balle", et qui met en cause la manière dont le génocide fut capté et détourné par la politique soviétique. L'ouverture récente d'archives a rendu ce travail possible. [...] Ce livre douloureux et essentiel en fournit les clés. »
LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN

« Le massacre des Juifs soviétiques d'Europe orientale et des pays baltes est peu connu. Il s'est effectué selon un mode opératoire très différent de celui que les Allemands ont utilisé pour exterminer les autres Juifs d'Europe. Par exemple, l'auteur étudie avec beaucoup de détails le massacre de Baby Jar, où en 1941, 30 000 Juifs furent exécutés en un jour, et pour beaucoup d'entre eux à proximité de leur domicile ! Au total, l'historienne met en lumière trois grandes spécificités de la "Shoah" en Union soviétique: l'exécution immédiate des "ordres" d'identification et d'élimination des Juifs; le succès de la propagande antisémite nazie; l'importance de la collaboration locale. Un "trou de mémoire" est bouché avec cette étude édifiante. »
ACTUALITÉ JUIVE

0000-00-00 - PRESSE

 

Antonella Salomoni est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Calabre, et spécialiste de la Russie et de l’URSS. Si les travaux du père Desbois ont permis de mettre en évidence l’importance des massacres commis par les Einsatzgruppen sur le territoire de l’Union soviétique, peu d’ouvrages ont entrepris une étude plus générale sur la manière dont le génocide a été perpétré et ressenti en Union soviétique. Un vide que vient ici combler l’ouvrage d’Antonella Salomoni.

2009-02-25 - François Trebosc - Les clionautes

 

Table des matières

Introduction - Prologue. Baby Yar - 1. Faits de guerre - Évacuation et exodes - Occupation et premiers massacres - La « croisade antibolchevique » - 2. Réactions - Les gouvernements occidentaux et la persécution raciale - L’Union soviétique et le problème des réfugiés - 23 août 1939 - 22 juin 1941 : une paix inquiétante - Désinformation, absence de préparation, perceptions erronées - Informations officielles - L’appel aux « nations » - La naissance du Comité antifasciste juif - La redécouverte de l’identité - La résistance juive et le mythe de la « passivité » - 3. Discours - Le cas Ehrenbourg - « Éduquer » à la haine - La langue du témoignage - La dénonciation de l’antisémitisme interne - Thèmes juifs en littérature - 4. Documents - « Sur les traces encore fraîches du sang de nos frères » - La ligne juridique soviétique - Établir les responsabilités : les enquêtes - Premiers procès en Union soviétique - Le Livre noir - Finalités du « témoignage » - Le cas Grossman - Les « petites bontés »- 5. Libération et jugement - Les difficultés des opérations de secours - Un organisme de représentation - Le projet de réinstallation en Crimée - L’arrivée à Auschwitz - Le traumatisme de la libération - Vengeance ou punition ? - 6. Une identité intolérable - Réévacuation et retour des survivants - Les effets de la « réconciliation nationale » -Dispositions « nationalistes » et tendances « mystico-religieuses » - La censure du Livre noir - Le réveil « sioniste » - Préoccupations et soupçons - L’époque de la répression.